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3. Le Problème économique franco-allemand^ i9i4, par Maurice Ajam, député de la Sarthe,

LES INTERETS ÉCONOMIQUES ET l'iiNIPÉRIALISME 227

Et revenant sur le péril slave, ils faisaient la réflexion, qu'a une guerre ne le supprimerait pas ».

M. Maurice Ajam avait reçu une telle impression de ces conversations, qu'il écrivait :

a paix ! J écris que tous les Allemands, sans exception, lorsqu'ils artiennent au monde des affaires, sont des partisans acharnés du ntien de la paix européenne.

i[élasl si M. Ajam avait des illusions, il les a chèrement \ ées, car il a eu un fils tué à l'ennemi ; mais ces industriels es commerçants donnaient des raisons de leurs motifs de iloir la paix.

L'industrie, lé commerce, la richesse de l'Allemagne se

eloppaient. La politique même de cartels et de dumping,

essive pour les industries auxquelles elle faisait concur-

ice, était avantageuse pour les consommateurs étrangers

faveur desquels elle était pratiquée. Il est facile de dire

iourd'hui, que les Allemands qui tenaient ce langage

talent pas de bonne foi; mais leurs arguments sont exacts

ourd'hui comme ils l'étaient en igiS, et on pourrait en

r la conclusion qu'en tirait M. Maurice Ajam.

Kaffalovich, qui connaît si bien l'Allemagne, a écrit :

( L'organisation économique de l'Allemagne est taillée pour

ici paix. »

Tandis que les individus des diverses nations font des langes, les gouvernements et les hommes qui les repréitentfont de la politique : toute action de l'Etat implique contrainte, et entre nations, la contrainte s'appelle la fl^uerre.

L'empereur d'Allemagne jouait, auprès des industriels et les commerçants allemands, le rôle de la mouche du coche ; 3t il est possible qu'un certain nombre d'entre eux crussent qu'il faisait avancer le char de l'industrie et que la pointe de son épée leur ouvrait des débouchés. Gela pouvait être vrai pour Krupp dont il se faisait le représentant. Il se donnait

la peine d'écrire lui-même au Sultan pour lui en recommand€ les canons et il le remerciait des commandes obtenues. Quan à la fin de 1906, tous les Etats européens envoyaient leurs escc dres en Crète pour faire une démonstration, seule l'Alk magne s'abstenait. En échange, Guillaume II avait obten d'Abdul Hamid une commande de 2 millions et demi 4 livres turques, soit de 60 millions de f rancs ^ ^

Guillaume II ne pouvait espérer remporter le même succè auprès de son oncle Edouard VII. Cependant quand il ail à Sandringham, en 1909, il emporta avec lui une pacolill de petits appareils à alcool pour l'éclairage, la cuisine, 1 chauffage et la coiffure, Lampen, Kochapparate, Frisierap paratCy et en les faisant fonctionner lui-même, il tenta 1 placement de ces produits de l'industrie allemande.

Il essayait d'appliquer l'économie nationale dont l'ensei gnement est réduit à des platitudes de ce genre. Il lui es interdit de dégager des principes généraux qui frappent e passionnent. Il doit chercher de petites recettes empirique à appliquer à chaque cas. Mais ces petites recettes empl riques, dépourvues d'application immédiate, perdent tou intérêt. Ce n'est pas dans les cours des universités qu'ui étudiant apprendra les procédés de vendre ou d'acheter Conscients de leur incapacité, les professeurs, au lieu de S( concentrer dans des études économiques, se livraient i des considérations politiques. Ils s'échappaient vers l'his toire; ils montraient comme idéal à leurs étudiants les coupi de force qui sont des victoires ou des défaites. Ils donnaien des leçons d'impérialisme économique.

Tous les généraux, les officiers, leurs familles aristocra tiques, les sous-officiers et leurs parents étaient intéressés à entretenir chez leurs compatriotes une passion guerrière car elle était leur raison d'être. L'empereur et le chanceliei leur fournissaient les formules qu'ils répétaient : le péril slave

[. Victor Bérard. La France et Guillaume //, p. 179.

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