LES INTERETS ÉCONOMIQUES ET L 'IMPÉRIALISME
un côté, « l'ennemi héréditaire » de l'autre côté ; et enfin,
perfide Albion, que les officiers de marine qui prenaient lart aux parades de la Ligue navale dénonçaient comme si
le avait empêché les navires de la Hamburg American inie ou du Norddeutscher Lloyd de franchir le Pas-de-
alais.
Pour justifier la guerre, M. Thyssen, le grand métalluriste, qui a mis en exploitation les mines de fer de Perières, de Soumont et de Diélette, dans la Normandie, dit :
Chaque Anglais perspicace doit avoir prévu que rAllemagne ne
)lérerait pas toujours la pression exercée par l'Angleterre.
La politique de l'Angleterre a rendu la guerre inévitable et eHe ne
ut pas finir avant que l'égoïsme et l'arrogance de l'Angleterre ne
)ient brisés et que la position de l'Allemagne dans le monde ne soit
îconnue.
En quoi la Grande-Bretagne gênait-elle M. Thyssen? L'aelle empêché de s'installer en Normandie; elle n'a même js essayé de lui faire concurrence.
L'Allemagne a troublé le monde sous prétexte d'avoir les ines de fer du Maroc. Personne n'a refusé de lui vendre 1 minerai. Ses métallurgistes ont pu pénétrer pacifiqueent dans le bassin de Meurthe-et-Moselle. Ils ont des irticipations dans sept concessions d'une superficie totale î 5 i65 hectares : Valleroy, Jarny et Sancy, Murville, Mouîrs, Conflans et Serrouville.
La cession d'une partie de Serrouville a été faite en hange de la cession d'une partie d'un charbonnage en Alleagne. Pour les participations dans la concession de Valleroy, Société des aciéries de Longwy a obtenu des Rôchling une rticipation dans le charbonnage Garl Alexander à Baesîiler. La Société métallurgique de Senelle-Maubeuge a nstitué la Société des mines de Jarny qui constitue une rticipation avec trois établissements métallurgiques alleinds : Phœniay A. -G. far Derghau u Jliitlenbetrieb, de
Hœrde; Easper, Eisen-u, Slahlwerky de Hasper et Hœsch. Elsen-u, Stahlwerk, de Dortmund. La Société Senelle-Maubeugea également constitué pour l'exploitation des mines df Murville, une société avec les hauts fournaux lorrains ^ Aametz-Friede. La mine de Moutiers est exploitée par un Consortium formé en 1900, qui compte deux groupes français, deux groupes belges et un groupe allemand. Dans la concession de Conflans, sur 200 parts, 100 appartiennent à MM. Vieillon et Migeon, 70 aux Dislinger verke de Detlingen (ALllemagne), 10 à une société belge. La Gelsenkisken possède près de 2000 hectares du bassin lorrain avec les concessions de Saint-Pierremont, Sexey, Haute-Lay, Saint-Jean, Sainte-Barbe, Grusnes et Villerupt.
Enfin M. Thyssen lui-même a acquis, dans le bassin de Meurthe-et-Moselle, les concessions de Batilly, de Bouligny et de Jouaville, destinées à alimenter son usine de Hagendingen, située près de la Moselle.
Les Allemands contrôlent, pour nous servir du terme anglais, dix-huit concessions du bassin de l'Est s'étendant sur plus de 10 000 hectares, soit le septième du bassin, et dix concessions normandes, comprenant 7800 hectares ^
Si les Allemands entendent que l'Allemagne se suffise à elle-même pour toutes ses matières premières, ils doivent annexer la Louisiane et quelques autres Etats du Sud des États-Unis, pour avoir le coton, et la République Argentine et l'Australie pour avoir la laine.
Mais, sur 717000 kilos d'or iin, y^ioBoo kilos proviennent des territoires de l'Empire Britannique! soit i4t2 millions de francs sur 2 465 millions de francs. Toutefois personne n'a; empêché les Allemands d'acheter des actions des mines du| Transvaal et, avant la guerre, ils ont toujours pu acheter de| l'or à Londres.
La Grande-Bretagne ne refuse pas de le leur vendre. Si la':
I. L'Allemagne en France. Enquêtes économiques, ^ar Louis Bruneau.