LES INTERETS ÉCONOMIQUES ET L 'IMPERIALISME
(Russie, en igiS, leur a vendu pour i 424 millions de M., la Grande-Bretagne vient immédiatement après, avec 876 milions de M., mais elle leur a acheté pour i 438 millions de M Elle est leur meilleur client. L'Autriche-Hongrie, malgré nitoyenneté, a fait de moindres achats : i io4 millions de M. mt à la Turquie, malgré tous les efforts du Kaiser, et maltoute l'activité développée par les voyageurs allemands, n'a acheté que pour 98 millions de M . et dans ce chiffre sont ipris des fournitures pour le chemin de fer de Bagdad et jLobablement quelques envois de l'usine Krupppour l'armée. Les intérêts économiques de l'Allemagne exigeaient-ils ju elle fît la guerre à ses deux meilleurs fournisseurs et à on meilleur client?
Dans l'étude dont j'ai déjà parlé sur le commerce angloillemand, M. Diepenhorst, après avoir énuméré tous les iiments que pouvait lui dicter son anglophobie éconojue, s'est sans doute aperçu qu'ils se retournaient contre a thèse : et alors il conclut que dans l'opinion de beaucoup le gens le problème anglo-allemand ne peut être résolu que )ar les armes, et lui-même prend à son compte la déclaraion suivante :
Ce n'est pas l'économiste, c'est Thomme politique qui doit déterainer de quelle façon les deux peuples arriveront le mieux à 'entendre.
La concurrence économique ne suffisait pas à cet Allemand. J proclamait hautement qu'elle avait fait place à la concurence politique. Et pourquoi.»^ Pour hâter le moment de la uprématie économique de l'Allemagne? 11 n'avait donc as, en dépit des chiffres que constatent leurs industriels et ommerçants, confiance dans leur avenir. II pensait donc ue la loi de l'offre et demande appliquée librement ne sufsait pas. Il fallait le coup de force qui écraserait le conçurent et leur laisserait la place complètement libre.
Ce n'était plus l'intérêt objectif du gain qui les animait
quand ils mettaient de côté l'économiste pour le remplacer par le guerrier : C'était la passion suggestive du prestige 1
Un parti de la guerre, qu'on a appelé la trinité Bernhardi — Keim — Reventlow, avec le journal de Harden, la Kukunfi pour organe, et le Kronprinz pour représentant, exploitai] ces sentiments.
Harden se plaignait de ce que a le bourgeois allemanc était trop préoccupé de ses affaires, de son travail, de sor argent. Peu de gens songent à la guerre, ou bien ont troj besoin de la paix^ ».
Il essayait de les arracher à cet engourdissement pacifique par des excitations comme celles-ci :
L'Allemagne étouffe de pléthore industrielle. Ne lui a t-on pas pro mis qu'elle dominerait sur les mers et qu'on ne partagerait pas ui pouce de terrain dans le monde sans qu'elle en eût la meilleure pari?.. A-t-on, depuis, partagé la terre? Non, pas même l'Afrique, ni le golf de Bothnie... Au lieu des succès attendus, elle voit toujours com mettre faute sur faute. Ce n'est pas la Pàx Germanica, mais la Pa, Britannica qui règne sur l'univers. A quoi a servi le coup d'Agadir A nous donner, au fond du Congo, quelques marécages improductif et à réveiller en France le chauvinisme et l'instinct militaire.
C'est avec le fer qu'on forge l'or, mais non le fer avec de l'or. Prt tendre le contraire est un péché mortel contre le saint esprit de l nation. Ecoutez, bonnes gens, ce que dira l'étranger : quarante-tioi ans après Sedan, le riche Empire d'Allemagne, pour défendre se 68 millions d'hommes contre 4o millions de Français, doit procéder la confiscation des biens, parce qu'il ne peut plus même cueillir u seul brin d'herbe sur les sentiers qu'il s'est tracés. Le vrai Prussien qui a toujours su dans quel but il travaillait, serait-il donc mort ^?