‹ Les causes et les conséquences de la guerreChapitre 9 sur 168 · I. Journal dti Économisies, nov. 1912, p · texte numérisé non relu

I. Journal dti Économisies, nov. 1912, p

24 LES catjSEs politiques de la guebre

sions que les puissances prendront au sujet de l'article 26 du traité de Berlin.

La Serbie, écoutant les conseils des grandes puissances, s'engage à renoncer à l'attitude de protestation et d'opposition qu'elle avait prise depuis octobre dernier, au sujet de l'annexion ; elle s'engage, en outre, à modifier la direction de sa politique actuelle à l'égard de l'Autriche-Hongrie et à vivre dorénavant avec cette puissance sur le pied de relations de bon voisinage.

L'humiliation des Etats comme des individus n'entraîne pas des sentiments de sympathie. Une note de ce genre n'était pas de nature à provoquer la cordialité des relations : et le Ballplatz s'employait à les troubler.

En décembre 1909, les membres de la coalition serbocroate dans la diète de Zagreb poursuivirent le docteur Friedjung qui les avait accusés de trahison, et on constata que son accusation avait eu pour base un document qui lui avait été fourni par le ministère des Affaires étrangères austro-hongrois et qui avait été fabriqué par un membre de la légation austro-hongroise à Belgrade ^

Cette politique, loin d'avoir pour résultat d'éloigner de la Serbie les Slaves du Sud de l'Autriche les en a rapprochés.

L'empereur François-Joseph a déclaré qu'il ne voulait pas annexer la Serbie. Je le comprends: car en l'annexant il aurait augmenté de 3 millions, en ne comptant que l'ancienne Serbie, de 5 millions, en comptant la nouvelle, les Slaves qui sont déjà en majorité à l'égard des Magyars et des Allemands dans la monarchie austro-hongroise.

Le gouvernement austro-hongrois voulait seulement châtier la Serbie. De quoi.î^ les assassins de l'archiduc étaient des sujets de Sa Majesté l'empereur d'Autriche et roi de Hongrie !

Il disait qu'il voulait se créer par la force des armes des

I. Voir le Manifeste du Kulturkr léger. Le récit donné par M. A.-W. Steed, dans son livre la Monarchie des Halsbourg y a été publié.

garanties indispensables pour assurer à son État le calme à l'intérieur et la paix permanente à l'extérieur.

Gomment? en démolissant à coups d'obus des maisons à ! Igrade et en tuant au hasard des femmes, des enfants et iios hommes inoffensifs et innocents.

Ces raisonnements incohérents étaient destinés à justifier l*ultimatum du 23 juillet: mais au fond, il n'était pas plus sérieux que les arguments que donnait François-Joseph à l'appui. Le comte Berchtold était convaincu que la Russie resterait passive comme en 1908. Il ne voulait faire qu'un bluff et, en prenant cette attitude de matamore, affirmer que la monarchie austro-hongroise pouvait tout se permettre; que la Russie n'était qu'une obèse impuissante qui ne paraissait forte qu'à la condition de ne pas bouger, et que la France et la Grande-Bretagne avaient trop grand peur de l'armée et de la flotte allemandes pour se permettre une protestation effective.

Mais, du moment que la Russie marchait, soutenue par la France, M. Berchtold ne demandait qu'à reculer, et le chancelier de l'Empire allemand le savait si bien qu'il envoya, le 3i juillet, à minuit, le comte Pourtalès couper les ponts derrière lui. Le i"" août, le comte Berchtold a dû comprendre la grandeur du rôle de dupe que la Wilhelmstrasse lui a fait jouer.

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