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grand-duché de Berg et le donna à son beau-frère Mural

jniis à un des fils du roi de Hollande encore au berceau. Il

lit créé le royaume de Westphalie pour son frère Jérôme

l'il maria à la fille du roi de Wurtemberg. Il maria Eugène

Beauharnais à la fille du roi de Bavière. De l'électeur

Saxe, il fit un roi qu'il opposa au roi de Prusse; il lui

M nna le grand-duché de Varsovie et la nouvelle Galicie. En

taillant, de cette manière, l'Allemagne, il mécontenta et

inquiéta tout le monde; il n'eut comme allié fidèle et

î'voué que le grand duc de Hesse-Darmstadt.

Napoléon introduisit de vive force un certain nombre de

formes qui, avantageuses à la masse des individus, irri-

tnt les privilégiés. Il extirpait, au moyen de la conscrip-

[), les jeunes gens de leur sol natal. Le Blocus continental

fidait sa domination insupportable à chacun et attirait

ites les sympathies vers la Grande-Bretagne.

Il avait fait des rois, des grands-ducs, des ducs, mais il

prisait, dans leurs personnes, les dignités dont il les avait

ttifiées. Au lieu de récolter des sympathies, il soulevait

s haines formidables.

(Jn ministre de Prusse, Stein, organisa la résistance en iMisse. Napoléon, en l'expulsant du ministère, puis en ordonnant son arrestation et la confiscation de ses biens, le désigna à tous les Prussiens comme le représentant du palrio tisme.

Pour combattre l'oppression de Napoléon, Stein introduisait en Prusse les principes de H(). Il transformait le

270 CAUSES HISTORIQUES : CONSTITUTION DE l'eMPIRE ALLEMAND

vasselage des paysans en droit libre sur leurs propriété! territoriales. Bourgeois et paysans purent en acquérir ei même temps que les nobles purentpratiquer le commerce e l'industrie. Il donna aux villes la loi municipale français( de 1789.

L'armée avait été réduite à quarante-deux mille hommes. Le général Scharnorst organisa le service universel avec la landwehr et le landsturm, de manière à faire passer toute la population mâle par l'armée, et il ouvrit aux bourgeois l'accès aux grades supérieurs.

L'Autriche qui s'était réorganisée, sous la direction du comte Stadion, crut, en 1809, que le moment était venu de prendre sa revanche. Elle adressa un appel aux peuples allemands. Pas un, sauf le Tyrol, ne répondit. Battue à Wagram, elle dut céder à la Bavière, Salzbourg, Berchtesgaden, ses districts sur Tlnn, au duché de Varsovie la Galicie occidentale, et à la Russie, une partie de la Galicie orientale. La France prit la Croatie, la Garniole, le Frioul, Triesle qui, réunis à l'Istrie et à la Dalmatie, formèrent les provinces illyriennes. Le Tyrol s'acharna dans sa résistance à la domination de la Bavière. Quand il fut vaincu, la Bavière dut en céder une partie au royaume d'Italie. Elle dut remettre aussi Ulm au Wurtemberg et elle reçut en échange les principautés de Ratisbonne et de Baireuth.

Napoléon avait fait son frère Louis, roi de Hollande. Gomme celui-ci appliquait mal le Blocus continental, il dut abdiquer. La Hollande fut réunie à l'Empire français avec les villes hanséatiques de Hambourg, Brème et Lubeck, le duché d'Oldenbourg, une partie du Hanovre et quelques petites principautés (décembre 1810). L'Empire français comptait alors cent trente départements, s'étendait de l'Elbe au Garigliono en Italie, et avait comme feudataires les royaumes d'Italie, de Naples, d'Espagne, de Westphalie, de Saxe et de Bavière.

Mais le roi de Prusse, d'accord avec son ministre Hardenberg, offrait son alliance à la France au mois d'avril 181 1, et

^apoléon daignait l'accepter le 28 février 1812. Le 9 mars ( >i2, il partait de Paris et s'installait à Dresde où il tint une iir de rois jusqu'au 22 juin, date de sa déclaration de erre à la Russie.

!1 englobait dans son armée, vingt mille Prussiens, trente lie Autrichiens, et des troupes arrachées par la conscription à tous les États delà Confédération du Rhin.

Après la retraite de Moscou, le général York qui commaniliit les troupes prussiennes, sollicité par Clausewitz, service de la Russie, les lui livra. Le roi de Prusse, apprenant cette défection, fut terrifié. D'accord avec I ministre Hardenberg, il écrivit à Hatzfeld, son mitre à Paris : (( Je suis l'allié naturel de la France. En tngeant de système, je ne fais que donner à l'empereur Iroit de me traiter en ennemi. S'il me donne de l'argent,

puis encore lever et armer cinquante à soixante mille âmes pour son service*. »

î^n même temps, il offrait à l'empereur Alexandre d'entrer uns son alliance si la Russie voulait s'avancer de suite vers la Vistule et l'Oder.

Quelques jours avant la défection d'York, Hardenberg suggérait à Saint-Marsan, l'ambassadeur français, l'idée de faire le roi de Prusse, roi de Pologne : « Les côtes et les :erritoires de la Prusse et de la Pologne présenteraient iussi une masse compacte qui deviendrait une barrière 'ormidable contre les envahissements de la puissance 'US se. i)

Le roi de Prusse et Hardenberg ne pensaient qu'à la Prusse : ils se souciaient peu de la délivrance et de l'unité le l'Allemagne que les Hohenzollern ont depuis voulu ncarner en eux. Saint Marsan écrivait à Maret : « Si l'Empereur voulait faire quelque chose pour la Prusse, il serait ;rès facile, malgré l'exaspération de la nation, de retenir

1. V. Eugène Véron. Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II, J. 180. (Lib. Alcan.)

Frédéric-Guillaume dans la ligne qu'il a suivie jusqu'ici. Il prenait contre York les mesures prescrites par Napoléon mais York, installé dans le vrai royaume de Prusse ; Kœnigsberg, l'organisait avec Stein, muni des pleins pou voirs du Czar, sans se soucier des injonctions du roi, et com; plétait son armée. Les Cosaques s'avançaient jusqu'à Berlin| Scharnhorst opérait des levées en Silésie, au moment oi Napoléon achevait de ruiner le pays par des réquisition; pour ses garnisons de l'Oder.

En même temps, Napoléon déclarait au corps législati qu'il entendait maintenir à tous ses alliés l'intégrité de leurjj Etats. Le roi de Prusse ne pouvait donc plus compter sur leî| compensations qu'il espérait. Stein le rejoignit secrètement à Breslau, le 27 février.

L'armée russe, depuis le passage du Niémen, était réduite à environ cinquante mille hommes. L'empereur Alexandre était prêt à la paix. Cependant Koutousof, pour la Russie^ e: Scharnhorst, pour la Prusse, signaient, le 28 février, à Kalish un traité entre la Russie et la Prusse. Le roi de Prusse suil vit, et le 17 mars, il fît appel à son peuple, et par deux édits | leva la landwehr et le landsturm. Le préambule de l'éditde h.\ levée du landsturm, disait : a A l'approche de l'ennemi, tous les habitants des villages doivent s'en aller, combler les puits emporter ou détruire les farines. Le combat auquel tu es appelé sanctifie tous les moyens. Les plus terribles sont les riieilleurs. » En deux mois et demi, la Prusse qui ne comptait guère que 45ooooo habitants leva une armée de i48 000 hommes, qui deux mois plus tard, furent complétés par looooo autres. Napoléon, qui, par une incroyable négligence, n'avait pas pénétré le système de la landwehr et du landsturm, disait : « La Prusse pourra m'opposer lioono' hommes dans deux mois et jamais plus de 76 000. »

Le 10 avril, Napoléon avait offert à l'Autriche le partage, de la Prusse. Le i5 juin, l'Autriche, la Russie et la Prusse signèrent un traité d'alliance à Reichenbach. Le 2J août, l'Autriche déclarait la guerre à la France. Le 19 octobre, sur

le champ de bataille de Leipzig, les Saxons abandonnèrent Tarmée française.

La suppression du royaume de Westphalie avait été proclamée dès le 28 septembre. Le 8 octobre, la Bavière avait réuni ses troupes à celles de l'Autriche. La Confédération du Rhin était déjà dissoute ; le roi de Wurtemberg, le grandduc de Bade et le grand-duc de Hesse Darmsladt avaient fait des traités avec les alliés. Les princes dépossédés, Frédéric- Guillaume de Brunswick, le prince d'Oldenbourg, Télecteur de Hesse rentrèrent dans leurs Etats. L'œuvre de Napoléon sur la rive droite du Rhin n'existait plus à la lin de i8i3. Le I*'' janvier, les armées alliées traversèrent le fleuve.

Le i*' mars i8i4, la Russie, l'Angleterre, l'Autriche, la Prusse, par le traité de Ghaumont, s'engagèrent à ne pas faire de paix séparée et à ne pas traiter avec Napoléon.

Le 3o mai fut signé le traité de Paris limitant les frontières de la France à celles de janvier 1792. Il portait : a Les Etats de l'Allemagne seront indépendants et unis par un lien fédéral. » Le Congrès qui devait l'organiser se réunit à Vienne au mois de septembre.

T^MB OUTOT.

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