B%$t, naturelle^ époques de la nature
^ LIVRE I, GHAP. 1
eX qu'on \eÈ désigne par le nom à'av&rsek. Les physicieils et les astronomes n'ont pas considéré comme ùiié cîrcdnstahdè indifférente cette production particulièrement àbonfdahte du p&énomëne à bne épocfue détermitiée. Ils ont dotic imaginé qu'à cette époque de Tannée, là tferre traverse un vaste anneau composé d'astéroïdes qui, entraînés dans l'orbite terrestre par Tâttraction, se précipitent Vei^ la terré. En outre, des averses nombreuses aysoit coïncidé dans ces derniers temps avec l*àbience d'une comète attendue, la comète de Biélà, on a supposé qu'elles en étaient les débris. Quelle que soit la valeùt- de ces hypothèàefe, dn voit qu'elles ont lem: raison datîs 'celle loS de notre esprit^ qui nous demande une causé non^seuletnent pofiïr chàqtie phënomène particulier, mais encore jpôur l'accôrd et fil Rencontre des phénomènes i.
Ce soidt des coilsidérations du même genre qui ont amën^ les astronomes à penser que lès étoiles ne sont pas jetées au hasard dans l'étendue du firmament, qu'elles forment des groupes et des systèmes et sont dans une dépendance réciproque. Arago, dans son Astronomie populaire^ nous explique ce mode de raisonnement :
« Tout le monde comprendra, dit-il, qu'en cherchant la probabilité que des étoiles dispersées dans le firmament sans aucune règle se présenteront par groupes de deux ; que cette
i. Un autre exemple familier est celai que nous fournit, en arithmétique, la preuve de Taddition : cette preuve consiste à recommencer Topéralion en sens inverse, c'est-à-dire de bas en haut ; elle repose donc sur le peu de prôtiabilitô d'une colQcideooe d'erreur, daos rintervenaioô des données.
si
probabilité, disons-nous, sera d'autant plus petite que leà groupes en question devront avoir des dimensions moindres. C'est, eii effet, comme si Ton calculait la chance qu'en jetant un certain nombre clé grains de blé sur un échiquier, ils se trouVero'nt réunis dans les cases par groupes dé deux : la chance doit évidemment diminuer en même temps que les dimensions de ces cases dans le problème proposé : les grains de blé sont des étoiles; l'échiquier, c'est le firmament. Les casés, pour la première classe d'Hershell, ce sont des espaces de quatre secondes au plus de diamètre : pour la quatrième classe, les dimensions des cases vont jusqu'à trente-deux secondes. Dans l'hypothèse d'une indépendance absolue entre tous les astres dont le ciel est parsemé, la première classe d'étoiles doubles serait beaucoup moins nombreuse que la seconde, que la troisième, et surtout que la quatrième. Or, c'est le contraire qui a lieu. Nous voilà donc amenés , par de simples considérations de probabilités, à reconnaître que les étoiles voisines
les unes des autres ne le sont pas seulement en apparence,
cVsi-à-dire par un effet d'optique ou de perspective, mais bien
qu'elles forment des systèmes ^ >
Le même principe, le même besoin de l'esprit a conduit Laplace à sa célèbre hypothèse sur l'origine de notre système solaire. Partant de cette considération qui du reste avait déjà frappé Newton, Kant et Buffon, à savoir que tous les astres