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qui composent ce système ont leur mouvement, soit de rotation, soit de révolution dans la même direction (d'orient en occident), ce qui donne, nous dit Arago, 43 mouvements coordonnés dans le même sens; et que, de plus, tous ces astres se trouvent placés à peu près dans la plan de Fécliptique, Laplace pensa qu'une pareille disposition ne pouvait pas être l'effet du hasard, et doit avoir une cause déterminée. Buffon avait déjà eu cette pensée, et avait essayé d'expliquer notre système par l'hypothèse d'une comète tombée sur le soleil, et dont les morceaux, devenus planètes, auraient été entraînés par l'attraction solaire. Rant, dans son Histoire naturelle du ciel^ a également proposé une hypothèse pour expliquer les mêmes phénomènes; et cette hypothèse est analogue à celle de Laplace. Celui-ci, comme on sait, a cru résoudre la question en supposant que les planètes faisaient partie avec le soleil primi^ tivement d'une seule et même nébuleuse animée d'un mouve* ment rotatoirc, et qui, s'étant brisée par suite du refroidissement (circonstance devenue douteuse, d'après les nouvelles théories sur la chaleur), aurait ainsi donné naissance à des corps distincts aiiimés du même mouvement que la nébuleuse primitive. Et ainsi le prodige des 43 mouvements coordonnés dans le même sens s'expliquerait de la manière la plus naturelle par le morcellement du mouvement primitif. Quoi qu'il en soit de la valeur intrinsèque de cette explication, dont les lignes essentielles subsistent encore aujourd'hui, le point capital à remarquer, c'est que, dans ce cas, comme dans les
précédents, toute coordination, toute coïncidence répétée est toujours considérée par les savants comme appelant une explication spéciale. Supposé qu'on n'admette pas ce principe, à savoir : que la fréquence des coïncidences entre les phénomènes est encore un phénomène qui doit avoir sa cause, aucune des découvertes ou hypothèses précédentes n'aurait été fadte. Soit donnée à expliquer la présence d'un coquillage sur une mon* tagne, le passage fortuit d'un pèlerin y suffit ; soit donnée la chute d'une étoile filante, la rencontre fortuite de la terre avec un astéroïde suffit ; soit donnée une disposition quelconque des étoiles dans le ciel, des planètes dans notre système, la même cause générale inconnue, appelée cause initiale par les savants, peut expliquer cette distribution. C'est, au contraire, parce qu'on n'a pas cru qu'une disposition régulière pût être Teffet du hasard qu'on a été conduit à ces découvertes ou hypothèses : à savoir, la présence de la mer sur les hautes montagnes, la rencontre périodique d'un anneau d'astéroïdes, la disposition des étoiles en groupes et en systèmes, le morcellement d'une nébuleuse primitive, etc. Ce que Ton explique par ces hypothèses, ce n'est pas un certain vhénomine particulier, mais une concordance ou répétition de phénomènes.
Ajoutons que l'induction elle-même^ qui a tant embarrassé les logiciens, n'a pas d'autre principe que celui que nous venons d'énoncer : toute réoétition constante de phénomènes doit avoir une cause constante et déterminée et ne peut être l'effet du hasard; ce que nous traduisons en disant : c'est une loi de
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la nature. Quelle difiërence y a-t-il entre cette proposition si certaine : L'eau bout à cent d^rés\et cette autre proposition : Une éclipse est un présage de calamités publiques? La dififérenée, c'est que dans le premi^ cas, la colndéenoe des deux phénomènes est constante et sans exception, et que dans le second cas, la cdincidaioe ne se présente pas toujours. Or le hasard peut bien amener quelqudois, souvent même, une coïncidence entre une éclipse ^ an fût aussi fréquent que le sont les malheurs publics; mais la raison se r^ise à admettre que le hasard amène une coïncidence constante et sans exception. Cette coïncidence elle-mèine doit avoir sa raison d'être : la raison, c'est que Ton de ces phénomènes est la cause de l'autre, ou bien que les deux phénomènes ont une cause commune *.
Quelque important que soit le principe que nous venons d'établir pour la solution du problème que nous nous sommes proposé, il ne fiiudrait pas croire cependant que ce soit la solution même que nous cherchons.
En effet, dans les exemples dtés, nous voyons bien une cer^* taine coordination, une concordance, une fréquence de coïncidences : mais nous ne voyons pas encore de causes finales. On est trop disposé à croire, en général, qu'il n'y a pas de milieu entre le hasard et la finalité ; et au contraire c'est là
4.C*e8t-à-dîpe que, en cas d'ébulIitîoD de rean, la colonne thermométriqae montera toujours à un cerlain niveau appelé par définition 100 degrés. Nous faisons cette remarque^ parce que l'exemple cité a été accusé^ à tort selon nous, de tautologie.
g. Voir à V Appendice, la Disiertatioa 1 : duprobUmt de l'MmeHo»»
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préciséi^ent qu'est i» nœud et la dîffieallé du probièiM. Oe n'est ce^tainemeat pas par hasard qu'il y a d^ coquillages sur les Alpes ; mais dans quel but ; sont-ils, à qom serYent^k? C'est ce qu'on ne voit pi^ On aum donc safAsamiiient expliqué leur existence, en déterminant la cause physique qui tes y a apnenés ; et cette x^ause, c'est la présence de la mer. Ge n'est pas par has.ard que les météorites tombent à une certaine ^oqMe de Tannée : mais pourqaoi et dans quel but tombent ils i C'est ce qw personne ne sauçait dire» et ce à quoi per* sonne ne songe. Il suffit d'avoir- expliqué la fréqucBce des chutes par la rencontre présumée d'une chaîne de petits astres. Ce n'est pas par hasard que les étoiles sont concentrées dans certains points du ciel, plus que dans d'autres ; eu que les planètes tournent dans le même sens que le soleil» 4Mi dans ée même plan que TécUptique ; mais dans quel bul cela esl^l ainsi, et cela même a*t-il un but ? C'est ce qu'on ne se de* mande pas ; ou du moins c'est ce qu'il est permis de ne pas sa demander. Si l'on a trouvé une cause physique suffîsante pour expliquer ces remarquables dispositions, il semble qu'il n'y ait rien dç plus à chercher* Telle est du moins la premite^ apparence des choses; et peut-être trouyerons-nous plus .tard que ce n'est qu'une apparence * : en attenéaiRt, iwn jusqu'ici ne nous manifeste une finalké, et s'il n'y a^att pas d'autres &its dans la nature, peut-être n'irait-on pus plus loin. *
Cependant, tout en reconnaissant que le principe précédent