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pouce plus courte et par des doigts plus longs... de là on passe à la main des atèles, bien autrement défectueuse; car dans une des espèces de ce genre, il n'y a plus de pouce. Qu'on passe à d'autres singes , les cinq doigts s'y voient encore ; Va peu de chose près dure toujours; mais au moment de rechercher les différences , on s'aperçoit que ce n'est plus une main... Passons aux ours ; leur patte est encore à peu près la main du singe,... mais les différences y sont plus prononcées. Je saute plusieurs intermédiaires pour arriver à la loutre. On y trouve une nouvelle circonstance : les doigts de ce mammifère sont réunis par de larges membranes. Cet à peu près la même chose a donc étrangement changé de forme; et comme il donne à l'animal de puissants moyens de natation, on lui donne le nom de nageoires. La méthode ne va pas plus loin ; elle fmit avec les mammifères onguiculés. »
A cette méthode aristotélique que G. Saint-Hilaire reproche h Cuvier d'avoir servilement adoptée, il fait deux critiques : !<> Elle n'est, suivant lui, ni logique, ni philosophique. « A chaque instant on est forcé d'invoquer une demi-ressemblance , un pressentiment de rapports non justifiés scientifiquement : une vague idée d'analogie est l'anneau auquel se rattachent ces observations de cas différents. Est-il logique de conclure de ressemblance à différence sans s'être préalablement expliqué sur ce qu'on doit entendre par l'a peu près semblable? 2<* Cette méthode est insuffisante. Vous vous êtes arrêtés aux mannifères fissipides ; et il faudrait aller jusqu'aux pieds des ruminants et des chevaux. Mais là les différences vous paraissent trop considérables... La méthode demeure silencieuse. C'était un fil indicateur ; il s'est rompu, on change de système. »
Ce serait donc à tort , selon le même naturaliste, que l'on considérerait Aristote comme le fondateur de Tanatomie comparée ; il en a eu le pressentiment, il n'en a pas la méthode ; pour faire de l'anatomie comparée une science exacte, il faut un principe philosophique et rigoureux qui permette de saisir d'une manière certaine^ non pas des à peu près de ressemblances, mais des analogies évidentes et rigoureusement démontrables. Ce principe découvert par G. Saint-Hilaire et qui est resté dans la science est ce qu'il appelle
la loi des connexions. Nous avons vu déjà que G. Cuvier, do son eàté, a découvert aussi une frauda loi, la loi dee corrélations. On peut dire que oes deux lois contiennent Tune et Tautre toute la philosophie xoologique de ces deux illustres naturalistes.
Nous connaissons déjà la loi de Çuvier. Elle repose sur cette idée si simple et si évidente, que dans un être organisé toutes les parties doivent être d'acccord ensemble pour accomplir une action commune. La loi des connexions, de son côté, repose sur ce fait qu'un organe est toujours dans un rapport constant de situation avec tel autre organe donné, lequel à son tour est dans un rapport constant de situation avec un autre ; de sorte que la situation peut servir à reconnaître l'organe, sous quelques formes qu'il se présente. Remarquons la différence des connexions et des corrélations. La corrélation est un rapport d'action, de coopération, de finalité. La connexion est un rapport tout physique, tout mécanique de position, d'engrenage en quelque sorte. Dans une machine, les parties les plus éloignées peuvent être en corrélation : les seules qui s'a voisinent et s'adaptent ensemble, sont en connexion, du moins selon le langage de G. Baint-Hilaire. Or, les connexions paraissent à ce grand anatomiste bien plus intéressantes que les corrélations. 8i vous négligez ce lien physique qui attache , suivant une loi fixe, un organe à un autre, vous vous laisserez surprendre par les apparences ; vous attacherez une importance exagérée aux formes des organes et à leurs usages ; et ces différences si frappantes pour les yeux superficiels, vous cacheront l'essence même de l'organe : les analogies disparaîtront sous les différences : on verra autant de types distincts que de formes accidentelles : l'unité de l'animal ahsitrait qui se cache sous 2a diversité des formes organiques s'évanouira. Qïf au contraire, vous fixez l'idée d'un organe par ses con« nexions précises et certaines avec les organes avoisinants, vous êtes sûr de ne psa le perdre de vue, quelques formes qa'U afiecteu Vous avez un fil conducteur, qui vous permet de reeoimaitre le typs sous toutes ses modifications : et c'est ainsi que vouâ arriverez à Je vraie philosophie de l'animalité.
Donnons une idée de la méthode de O. faint-Hflatre var aa
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«xemple très-simple, qu'il n<m« fournit lui-mèm«. Il faut partir, dit-il, d*un sujet déterminé, c'est-à-dîre d*une pièce précise, toujours reconnaissable. Cette ptèoe sera, par exemple, la portion terminal de l'extrémité antérieure. Cette extrémité, dans tous les ani* maux vertébrés, se compose do quatre parties, Tépaule, le bras, Tavant-bras, et un dernier tronçon susceptible de prendre des forme?» très-diverses (main, griffe, aile), mais qui, sous toutes ces modifications secondaires, a toujours une essence commune : c'est d*être lo quatrième tronçon du membre antérieur. Là où finit le troisième, commence le quatrième ; c'est là une donnée fixe, qui détermine Torgane : Tusage au contraire ne le détermine que d'une manière su« perficielle , et toute vulgaire. Quoi de plus différent qu'une main, une aile, une nageoire aux yeux du vulgaire? Pour l'anatomiste c'est une seule et même chose : c'est ce que l'école de Geoffroy appelle l'élément anatomique. Or en suivant cette méthode, en remontant d'organe en organe , de connexion en connexion, voici la loi que l'observation nous découvre : c Un organe peut être anéanti, atrophié, jamais transposé, i c'est ce qu'on appelle la loi des connexions.
Voici, suivante Sainte -Hilaire, les avantages de la nouvelle mé« thode comparée à l'ancienne : 1 1® Ce n'est point une répétition déguisée des anciennes idées sur les analogies de l'organisation. Car la théorie des analogues s'interdit les considérations de la forme et des fonctions au point de départ. 2^ Elle n'élargit pas seulement les anciennes bases de la zoologie, elle les renverse par sa recommandation de s'en tenir à un seul élément de considération pour premier sujet d'études. 3° Elle reconnaît d'autres principes, car pour elle, ce ne sont pas les organes dans leur totalité qui sont analogues, co qui a lieu toutefois dans des animaux presque semblables, mais les matériaux dont les organes sont composés. 4® Son but précis est autre ; car elle exige une rigueur mathématique dans la détermination de chaque sorte de matériaux à part. 5o Elle devient un instrument de découverte. (Exemple, l'os hyoïde), ô® Enfin la théorie des analogues, pour être partout également comparative, s'en tient, dans ce cas, à l'observation d'un seul ordre de faits. »
La loi des connexions a-t-elie la portée que G-. Saint-Hilaire lui attribuait ? peut-elle conduire à toutes les conséquences qu'il en a déduites ? c'est ce que nous ne nous permettrons pas de juger. Mais sans rien préjuger de cette portée de la loi, il est incontestable qu'il y a là une idée profonde , et qui a dû conduire certainement à percevoir des rapports et des analogies que l'école de Cuvier avait pu méconnaître en ne portant pas son attention de ce côté. La considération des fonctions si sévèrement exclue par G. Saint-Hilaire, si hautement recommandée par Cuvier, devait évidemment détourner celui-ci et ses disciples de la considération des éléments anatomiques, analogues par la situation et le rapport, profondément différents par la structure et la fonction. Ou il faut croire que les principes n'entraînent pas leurs conséquences, ou il faut présumer que Cuvier et ses disciples devaient surtout porter leurs regards sur les différences des animaux, et méconnaître les analogies, tandis que récole de Geoffroy, guidée par les principes du maître, a dû être particulièrement frappée de ces analogies, et par conséquent étendre la connaissance synthétique de l'animalité.
Est-ce à dire maintenant que la méthode de Cuvier fût, comme le prétendait G. Saint-Hilaire, une méthode peu philosophique, superficielle, obéissant aux préjugés vulgaires, et enfin peu féconde? Ce sont d'injustes accusations. Comment peut-on accuser de stérilité'une méthode qui a donné naissance à la paléontologie ? Essayez par le principe des connexions de reconstruire le moindre fossile , vous n'y parviendrez pas. En effet, étant donné un membre antérieur, auquel manquera le 4« tronçon, comment deviner par le seul fait de la connexion la forme qu'a dû prendre ce 4« tronçon, et par là la forme de tous les organes qui manquent? La loi des connexions sert à retrouver l'unité dans la variété donnée : ce qui est sans doute un grand objet philosophique : mais elle ne sert pas à retrouver la variété par l'unité. Dans les formes les plus variées et les plus complexes, elle saura démêler l'élément anatomique. Mais cet élément une fois donné, elle ne pourra pas reconstruire ces formes variées et complexes, qui sont l'animalité elle-même. En un mot, dans la loi des connexions, ot en général dans la méthode de
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G. Saint- Hilairé, que Ton considère généralement comme synthétique, je verrais plutôt une méthode d'analyse, et dans celle deCuvier, qui passe pour analytique, une méthode de synthèse : le premier ramènera Inorganisation abstraite à ses éléments ; le second reconstruira les organisations par le moyen de leurs éléments. Le premier est comme un chimiste qui vous ferait voir l'identité des éléments qui composent le charbon et le diamant : ce qui est une analyse ; Tautre est comme un chimiste qui, avec des éléments donnés, reconstruit les substances organiques, qui avaient si longtemps échappé à la synthèse. Le caractère éminent de la synthèse, c'est la reconstruction. Or, c'est là ce qu'il y a de moins contestable dans la philosophie zoologique de Cuvier.
Si nous comparons encore à un autre point de vue la loi des corrélations et la loi des connexions, il "nous paraîtra que la première nous donne l'unité et Fharmonie dans l'animal lui-même, la seconde l'unité et Tharmonie dans la série animale. Etant donné un être organisé, vous pouvez le considérer en lui-même, ou dans la série dont il fait partie. En lui-même, vous trouvez que toutes les pièces qui le composent sont liées entre elles par un but final : et c'est là son unité, sa forme, son essence. C'est ce qu'exprime la loi de Cuvier. Comparé au contraire aux autres êtres de la série, il montre des rapports constants sous les formes les plus différentes ; il exprime à sa manière un même type que tous ceux de la même série. C'est là ce qu'exprime la loi de G. Saint-Hilaire. Le premier nous donne une idée profonde et philosophique de l'organisation en soi, le second nous donne une idée philosophique de l'échelle animale, de la série organisée. Pourquoi sacrifier l'une de ces deux idées à l'autre ? celle de Cuvier n'est pas moins philosophique que celle de G. Saint-Hilaire ; mais elle l'est à un autre point de vue. Celui-ci avait donc tort de reprocher à son rival de pratiquer une méthode plus superficielle que philosophique. Mais il faut avouer que Cuvier avait le même tort de son côté. Car il reprochait à G. Saint. Hilaire de prendre des abstractions pour des réalités, des ressemblances vagues pour des analogies certaines. Sans doute, disait-il, il y a quelque chose de commun en lie tous les animaux, et cette analo**
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gie générale» frappé k Tulgfsire Itien »Taiïi les 0ftva»l«^pàisqu'it 1^ a réunis* 0ou« le nom eûmmùn û'âfiimal ; dtais âe là k une unité de type précise ctt déterminée, il jr si un dbliâe ^ue Thypothèse seule et l'imaginAtion peuvent franchir^ Ces obgervtftiôns pouvaient être fustifiées par rexcèd que Geoffroy et êaù. éeole faisaient du priiï-* eipe d'analogie ; mais elles ne portaient pas contre là loi des cott* neji^ioits prise en elle-même. Car èétte loi, au contraire (dont tots n'sYons pas à mesurer la portée et les liâiites), fotïi^issait un principe certain et précis dé conïparaisoR : attx analogies stiperfîct6llé0 aperçues par le t^ulgâire, elle sùt^ituâit dès analogies rationnelles et pltrs profond€?s.
Au reste, pour bien juger la doctrine dé Funîfé de type, de Tunite de composition, il latidrait là coni^déref lion-s^ettlemeïit telle que G. St-Hilaire Fa exposée, ûfl seul hotonàé fle pouvant tirer d'une idée todt ce qu'elle coiïtieftt, mais telle qu'elle est sortie des travaux d*n« grand nombre âe naturalistes, ses Coiitempotains ot( ^ successeurs, Gœthe, Okefl, GaruS, Caiidorlle, été. Ot de tous ce# travaux mtiltipliés^ dans Feiamen particulier desqueli^ il ne lïôttô appartient pas d'entrer, il résulte qùé non-seùlement tin orgîttïe peut Se modifier et preïîdre les formes lés plus différentes dans leâ différents animaux, dans lés différentes plantes (par des atrophies, des aYortements, des changements de dimension, des soudures, des sépstratiôns, etc.); mais en outre que dans Fêtre organisé luimême, ks différents organes né sont encore qu*un ùiéine organe modifié. Goethe Fâ montré dans soù traité dé la Métamorphose des plantes, Pour lui toui* les organes de la planté ne sont ([ue la feuille transformée ; et cette Vue a été adoptée par la pîus grande partie des naturalistes. De même dans Forganisation animale, iî est le premier qui ait reconnu Fanalogie du crâne avec la colonne ve^ tébrale : idée généralement adoptée aujôurdliui , et dont la d^moûstratîoiî appartient au naturaliste Oken. On a poursiïivî dantf cette vofe, et leS partisans décidés de cette méthode hardie ont essayé de ramener an principe vertébré jusqu'aux os de la poitrine, et queïques-uns même jusqu'aux membres. Enfin le système osseux lui-même a paru cme modification du i^stèmé mtï0culàire