‹ Les causes finalesChapitre 99 sur 142 · LES AGE DE GENÈVE · texte numérisé non relu

LES AGE DE GENÈVE

pas à rattentc de ce que promettait le titre. Nous en extrairons les passages suivants :

c Un système étant donc à examiner, il y a une infinité d'h3rpo* thèses qui peuvent y répondre plus ou moins bien ; mais elles se trouvent toutes entre ces deux extrêmes : !• Le système en question n'a d'autre arrangement que celui quUl a reçu du hasard, ou ce qni est la même chose, il n'y a pas de fins. 2* Ce système est dans toutes ses parties et à tous les égards l'ouvrage d'une cause intelligente.

c L'hypothèse qui attribue au hasard un système peut être confirmée ou renversée, en comparant les lois connues que suit le hasard avec les usages du système proposé^.

< La supposition d'une cause intelligente qui remplit ses fins avec toute la précision possible, n'est pas une hypothèse complète : il faut encore lui attribuer quelque fin en particulier; mais pour ne pas le faire au hasard, il sera bon de faire les observations suivantes :

lo La fin de l'auteur d'un ouvrage est un des effets de cet ouvrage.

2<> Toutes les parties de cet ouvrage doivent tendre à l'exécution de la plus parfaite fin, soit comme un moyen direct, soit comme remède aux obstacles ; ou bien , s'il y a des parties et des effets de cet ouvrage qui ne tendent pas directement à la fin , ces parties et ces effets sont des accompagnements nécessaires et inséparables de la plus parfaite exécution de la fin.

30 Lorsqu'on observe dans un ouvrage une partie qui n'a d'autre effet que d'arrêter un certain mouvement, ce mouvement doit être aussi contraire à la fin.

4® On doit éviter d'attMbuer une fin à un être fort intelligent, lorsque l'exécution de cette fin est opérée par des moyens fort compliqués, tandis qu'on en connaîtrait de plus simples qui auraient produit le même effet. Et si Ton hésitait entre deux fins, il faudrait, à choses d'ailleurs égales, lui attribuer celle qui parait remplie par les moyens les plus simples.

50 Lorsqu'on voit de l'uniformité entre plusieurs êtres, on doit supposer qu'ils sont faits pour la même fin, s'ils sont parfaitement

1'. Telle est à peu près Tidée fondamentale que nous avons nous-môme essayé de développer dans ce Traité.

semblables, pu pour de« fins i peu près pareilles, s'ils iie se resseiA* blent qu'à peu près.

4» En général , qua^id oi» ¥Oii; observ^ffii 4ai¥t ua iouvraje les règles q^e suivenl; }eis ê^e^ intelUgeiits cUqs leurs opérations (cb.. ï''-')» ^9 4iPil ^wippofl^r q^e ces règles ont eDfodiv^^a^eot donné lieu au;ç p}iéuoffièaes, ce qi^i (MHiduit à I9 euppos»)4o9 d'mê to, la to 4u «yijt^e 49 l'auteur*

f[ I,49ir.fliq4ji'o9 «'^st uQjB lois fiicé à un effet, et qu'on «Gamine s'il Ast effectjyement ta an un^verarile, il as lant pius ntandonner 6on ^ypoth^ qx^md inêi»^ on trouve des effets ou des parties qui, si on les considère à part, p^iussent n'être pas entièrernoot coniormes h la fin «miy^s^rselle; car nous AfOfm vu (§ 3 et 4) qu'une fin universelle peut «A sji^^diyiser en pluflieurs fins partielles qui peuvent se croiser les unes les autres, p

 h suite dô ces d^ujf. .(^mpitres, il se trouve un troisitoe frsgmenti int^t^l^ Ds h^ variéts, et qui ne se lie pas par des liens tpès-4^rs h ce qui pfécàde. Nous en «ctrairons quelques lois intéressian^ 9HI point de vue de la finalité, que Fauteur avait extraites luiTffièPM d'un travail beaucoup plus complet, dont « le déchiffrement, nous dit-il, lui était devenu impossible. •

f i» La quantité de respiration dans un temps donné, et ehoses égales d'ailleurs, est proportionnelle aux surfaces; tandis que la qii^tité d^s humeurs qui y fournissent, est proportionnelle au voluïm de l'animal. Or, à mesure qu'on s'adresse à de plus petits animaux, la surface décroît suivant un rapport moindre que ne 1 Cait 1# volpme. Donc la respiration des petits animaux serait trop graa(}e relativement à U mass^ de leurs humeurs, si leur peau était aussi poreuse que pelle des grands animaux. Donc il convenait que la p(»au des insectes fût une espèce d'éoaille, et cela a lieu. »

c }o Ijft force avec laquelle un fruit tend à se détacher de son pédicule est proportionnée à sa pesanteur , ou à son inertie, o'està-dire dans l'un et l'autre cas, au cube de ses dimensions ; pendant que la résistance qui s'y oppose est ^oportionnelle à la ooupe transversale de ce pédicule, c'est-à-dire au carré seulement des dimensions : donc il fallait que les gros fruits eussent des pédi^

LBSAGB DE GENEVE 615

cules plus gros encore que s*ils étaient exactement semblables aux petits. Aussi voit-on que les plantes élevées ou ne portent point do gros fruits (selon la remarque de La Fontaine dans son Mathieu Garo), ou les portent collés contre le tronc et les maîtresses branches, comme cela a lieu à Tégard de quelques arbres des Indes.

€ 3° Pour que le poids des quadrupèdes herbivores fût proportionnel à la résistance de leur cou. il fallait que ceux qui avaient la tète plus grosse , comme le bœul , eussent le cou plus gros encore que dans la proportion des dimensions correspondantes ; ou bien que, comme le chameau^ ils eussent la tête plus petite que les autres à raison du tronc, le cou 9rdiP4tremeat vertical, et de la facilité à s'asseoir mollement pour prendre leur nourriture à terre, ou la ruminer ; ou enfin que, slls étaient trop gros pour que ces expédients fussent suffisants et exempts 4'ii^<^QvéQients , comme cela a lieu pour l'éléphant, ils n'eussent presque point de cou, mais un membre propre à aller arj^aoher leur nourriture aoUda, pomper leur boisson , et les apporter Tune et Twtre idaojs Imi? boucb^. 6( jtput oela se trouve réalisé daQB la nature, i

Voua fie HBfVQQA si ^s v^ggaH», on d*autrA3 A^mbla^iM «0 vérifient d'uod jmnmQ géodrale ea soobgiû : nous les y»pport0Q3 ooBun^ exempiefl d'une tentative do Famener à des principes aoieii*tifiquas la théorie de la finalité.

Les extraits que nous venons de citer suffisent pour nous donner qudque idéte de ce qu'aurait été la Téiéoiogie de Lesage, s'il avait eu le temps de l'exécuter. C'eût été, on le voit, un livre d'une tout autre nature que les traités de téiéoiogie physique, si nombreux au xwm9 eièeie. il eût posé des principes généraux, des règles, des théorèmes, au lieu de se contenter d'énumérer des exemples. Cependant, d'a^ès les fragments qui nous restent, il semble que i'auleur se proposait plutôt de nous fournir des règles pour détermine i* iee fi«3 de la nature, que nous donner la preuve qu'il y a des fins, et le critérium .précis de leur existence. Son ouvrage eût été plutôt «ne «àéone des fias q^t^uoe eri tique de ia finalité. Oe n'était pas encore l'ouvrage de Kapt : paai^f c'eût été plus gu© lies puyragçis ô© Derham et de Paley.

GEOFFROY 8A1NT-HILAIRB BT LA DOCTRINE DBS CAUSES FINALES,

(Ut. I, eh. nr, p. 170.)

L*anatomie, aussi bien que la physiologie, a égalemwit proteste contre Tusage exagéré du principe des causes finales. G. St-Hilaire condamnait hautement cette méthode quMl appelait la méthode aristotélique, exclusivement bornée, suivant lui, à la considération des formes et des usages des organes ^ Il reproche à cette méthode de n'avoir pas aperçu les profondes analogies des organes cachés sous d'innombrables différences de formes et de structure, ou du moins de n'avoir saisi de ces analogies que eelles qui frappent les yeux du vulgaire, et de ne fournir aucune méthode scientifique pour démêler les rapports cachés, c Elle s'arrête, dit-il, juste au moment où elle devrait être doctrinale, où il faudrait qu'elle devint un fil d'Ariane pour faire découvrir des rapports plus cachés.... Cette méthode consiste, dit-il enoore, à suivre pas à pas ce qu'elle appelle la dégradation des formes en partant de l'homme qu'elle considérait comme la créature la plus parfaite ; à chaque moment de ses recherches, elle est sur un à peu près semblable, d'où elle descend sur chaque différence saisissable. Cette main d'oran^ outang est à peu près celle de Thomme ; mais elle en diffère par un

1. Oeoffroy-SRint-HIlaire, Philosophie Zoologique, — Disconn prâimiDiiie* " Noas sommes obligé, en citant cet illustre naturaliste, de respecter le détesUble style par lequel il a exprimé ses graodea et p.ofondes pensée''.

Page 1