‹ Les causes finalesChapitre 101 sur 142 · GEOFFROY &A1NT-H1LAIRE · texte numérisé non relu

GEOFFROY &A1NT-H1LAIRE

En Buivant toutes ces voies^ Técole de Tunité arrive à cette double conception : 1* un type végétal universel se réduisant à un rameau p<Hrtant des ieutUes, 2® rni type animal universel se réduisant à une cavité digestive entourée d'un sac musculaire pourvu d'appendices* Enfin une école plus hardie encore, poussant plus loin l'abstraction, réduirait à la Cellule l'idée élémentaire de l'organisation , et x^ verrait dans le végétal ou l'animal que deux systèmes différents d'agglomération' de globules ^

8aik» dottte^ si Ton en croit les objections de Cuvier et de son école^ il se peut que la doctrine de l'unité de type ait été exagérée : mais laissant ce point à débattre entre tous les naturalistes, et pre- Baoft l'idée de l'organisation telle qu'elle nous est donnée pair Técole de GfeoJTfroy St-Hilaire, voyon» si elle est en contradiction avec l'idée^ i|tie nous en a donnée Cuvier. En aucune lagon^ Car lors même qu'il serait vrai que la nature n'emploie qu'un très-petit nombre de matériaux, ou même qu'un seul élément infiniment modifié pour produire tous les êtres organisés, encore faut-il que toutes ces modifications amènent dans chaque être vivant des formes et des organes compatibles ensemble et liés harmoniquement. Que le crâne soit une vertèbre ou non, il n*en est pas moins vrai que la vertèbre ne prend cette forme remarquable, que là où elle doit contenir un cerveau. Il y a donc toujours une harmonie entre le crâne et le cerveau. Ainsi, il sera toujours permis de remarquer que là où la moelle épinière s'épanouit sous forme d'encéphale, la colonne vertébrale se développe sous forme de crâne. Je dis plus : sans ces rapports harmoniques^ les transformations, répétitions, symétries, connexions, analogies ne sont que des faits purement matériels, purement anatomiques, qui ne disent rien à l'esprit. En omettant ou en écartant Tidée de la fonction, l'école de Geoffroy St-Hilaire sacrifierait la physiologie à Tanatomie, et supprimerait en quelque sorte l'idée de Têtre vivant pour ne plus voir que le nombre et la disposition des pièces, le matériel de la vie au lieu de la vie elle«

1. Voir, sur celte doctrine et ses récenls développements, le travail de M. Mar« lins : De Vunité organique des animaux et des végétaux t (ReVé des Deux- Mondes, 15 juin 1862.)

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même : car qa'est-ce que la vie, si oe n'est la fonetioii et la ooordination des fonctions?

En résumé, l'idée de Cuvier et celle de 6. St-Hilaire n'ont rien d'inconciliable, et Goethe a pu dire avec profondeur : c Les naturalistes partisans de Cuvier et de Geoffroi me paraissent des soldats qui creusent des mines et des contremines; les uns fouillent du dehors au dedans; les autres du dedans au dehors; s'ils sont habiles, ils doivent se rencontrer dans les profondeurs ^. >

Quant aux causes finales, la théorie de G. 8t-Hilaire ne leur est pas plus contraire que celle dé Cuvier. Seulement, l'une se rattache à ce que nous avons appelé la finalité de plan, et l'autre à la finalité d'usage *. L'unité de plan est aussi conforme à Tidée d'une sagesse primordiale, que l'utilité des organes; et il n'est pas plus facile à une nature aveugle de faire un animal bien dessiné que de faire des machines appropriées.

i. Œuvre» seientifiquet de Goethe par Ernest Faivre (Paris, u:- S", 16i2), p. 3''1« — M. Faivre muntre également par des exemples cou.mciit les deux principes peuvent se concilier.

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