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n'est pas encore le principe des causes finales, ne croyons pas que nous n'ayons pas £adt un pas important yers la solution de notre problème. Nous avons en effet obtenu et établi ce résultat à savoir que l'esprit humain exige une cause, non seulement pour expliquer les phénomènes, c'est-A-dire ce qui tombe sous les sens, mais encore pour expliquer ce qui ne tombe pas 80U8 les sens, à savoir Vordre des phénomènes. Lorsque Ton dit : « point de phénomène sans cause, » on n'épuise pas la vertu du principe de causalité; car Tordre des phénomènes n'est pas un phénomène : cet ordre n'est saisi que par l'esprit; c'est un rapport intelligible entre les phénomènes, et dont cependant nous cherchons l'explication tout aussi bien que des phénomènes eux-mêmes. Soit une chute de pierre; elle s'explique par la loi de la pesanteur; soit une seconde chute, elle s'explique par la même loi. Mais soient cent chutes venant dans un même moment de points opposés de l'espace, quoiqu'il n'y ait là que cent phénomènes du même ordre, et rien de plus pour les sens, cependant ces cent chutes ne pourront plus s'expliquer par la répétition cent fois répétée d'une même cause ; et un esprit qui ne serait pas capable de remarquer cet accord des phé* nomènes, et qui continuerait à les expliquer indéfiniment par la même cause, nous paraîtrait par là même frappé d'imbécillité ^ Hais encore une fois, qu'y a-t-il ici de plus que dans cent

\i* Il en aérait de loi, oonune de cet homme, dont parle GaaseiKli, qui à moitié endonni enteodant sonner quatre heures, disait : cette horloge est détraquée; voilà quatre fois de suite qu'elle sonne une heure. Cet homme n'avait pas assez de force d'esprit pour réfléchir que quatre fois une heure font quatre heures. Ceux qui expliquent le monde par des rencontres fortuites d'atomes font preuve d'une force de synthèse à peu près égale.

chutes séparées ? Rien que leur convergence ou simultanéité, c'est-à-dire quelque chose d'intellectuel.

Ainsi raccord invisible des phénomènes doit lui-même être expliqué comme chaque phénomène visible pris séparément ; cette coordination est un effet qui doit avoir sa cause. Par exemple» la forme géométrique que prennent les minéraux en se cristallisant peut bien ne révéler aucune cause finale; mais personne ne s'avisera de dire que cette disposition géométrique est un fait indifférent dont il est inutile de chercher la cause, et que c'est par hasard, et par une simple rencontre, que les molécules de tel minéral viennent se ranger toujours sous la forme d'un hexaèdre, d'un dodécaèdre : car ce qui arrive d'une manière constante ne pjeut être l'effet d'un pur accident.

Maintenant pour aller plus loin, et de la combinaison mécanique passer à la combinaison téléologiquey il faut invoquer de nouvelles considérations.

Parmi les phénomènes de la nature qui tombent sous l'expérience, il en est qui ne sollicitent l'esprit qu'à la recherche de leurs causes efficientes, c'est-à-dire qui nous invitent à remonter en arrière la série des phénomènes, jusqu'à ce qu'on rencontre la circonstance décisive, appelée cause, d'où provient toute la série (sauf à remonter de cette circonstance elle-même à d'autres circonstances antérieures). Quant au dernier phénomène, il semble lui-même être la terminaison d'une série, et l'esprit n'éprouve nul besoin d'en chercher la

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mite. Une pierre tombe, par exemple; mi volcan fait explosion; le tonnerre éclate et foit des ravages. Une fois que le phénomène a en lieu» a?ec ses conséquences immédiates, il semble que tout est fini; on se demande comment il a été produit; mais la cause trouvée, l'esprit se déclare satisfit; et le phéDomëne qui vient de se passer devant nous, fût-il compliqué comme une éruption de volcan, un orage, un déluge, n'a aucun lien précis et déterminé avec l'avenir ; 0 semble être tout entier achevé en lui-même, et n'avoir de rapport qu'avec le passé dont il est l'effet

Sans doute, il y a là, je le reconnais, une certaine illusion; car aucun phénomène de l*nnivers n'est sans quelque rapport avec Tavenir aussi bien qu'avec le passé ; et Leibniz a dit avec raison que le futur se peut lire dans le passé, et que le présent est gros de l'avenir. En ce sens, il est certain qu'aucun phénomène n'est absolument achevé. Les vagues qui viennent frapper une falaise déterminent un éboulement de roches, qui brisées à la longue par l'effet de ces mêmes vagues, deviennent peu à peu du sable propre & certaines végétations, et ainsi de suite i rinâni: chaque phénomène, quel qu'il soit, n'est donc pas seulementla fin d'une série, il est encore le commencement d'une autre. Nous accordons tout cela; mais il reste vrai de dire que ce qui caractérise les phénomènes dont nous parlons, c'est que, pour les comprendre et en rendre compte, nous n'avons nul besoin de les rapporter à leurs conséquences futures. La vague s'explique par le mouvement de l'Océan, qui s'explique par

l'attraction combinée de la lune et du soleil; réboulemen! s'explique par le choc de la vague contre la falaise et ainsi de suite; chaque phénomène s'explique suffisamment et clairement par le précédent, sans aucun rapport nécessaire avec ce qui suit. Si^ au moment où le vent détermine la chute d'une pierre, un fiât de la puissance divine venait à anéantir l'univers, le dernier phénomène produit, quoique interrompu dans ses conséquences, n'en serait pas moins complet et expliqué en lui-même, et rien ne lui manquerait pour être tout entier ce qu'il doit être, à savoir une chute de pierres.

Mais il n'en est pas de même dans tous les cas, et nous touchons ici au nœud de la question.

Pour bien faire comprendre notre pensée, prenons un exemple dans un cas où la finalité est incontestable, je veux dire dans les œuvres de l'industrie humaine : nous verrons plus tard jusqu'à quel point on est autorisé à employer ce genre d'exemples *. Considérons, je suppose, une machine: je dis que ce qui distinguie c^te sorte d'objet, c'est d'être doublement déterminé, d'une part du cêté du passé par son rapport avec les causes efficientes, et d'autre part du côté de l'avenir par son rapport avec les causes finales. Par exemple, une locomotive est déterminée d'abord par les lois physiques, par la solidité du fer, par sa malléabilité, par l'élasticité de la vapeur, etc. , en un mot par toutes les propriétés physiques qui ont rendu possible la construction de cette mat^

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