‹ Les causes finalesChapitre 117 sur 142 · Monaéhlogie · texte numérisé non relu

Monaéhlogie

3. Remarq. sur Spinoza {LeibniSf Descartes et Spin^sa, par Foscber dB Osw Paris, 1S63), p. 2i5i

une vitesse capable de pousser un corps dur éf pesant contre les murailles de la place. . . Cela me fait souvenir d'un beau passage de Socrate dans le Phédon , qui est merveilleusement conformé à mes sentiments sur ce point, et semble être fait exprès contre nos philosophes trop matériels'. »

î^ Critique de Descartes.

Cette revendication des causes finales est un des points sur lesquels la philosophie de Leibniz s'oppose à la philosophie de Descartes. Il lui reproche son mécanisme absolu comme tendant à l'épicuréisme.

« Après avoir détourné les philosophes de la recherche des causes finales... il (Descartes) en fait voir la raison dans uù endroit de ses Principes où, voulant s'excuser de ce quHl semble avoir at4:ribué artistement à la matière certaines figures et certains mouvements, il dit qu'il a eu le droit de le faire parce que la matière prend successivement toutes les formes possibles, et qu'ainsi il a fallu qu'elle soit enfin venue à celles qu'il a supposées. Mais si ce qu'il dit est vrai, si tout possible doit arriver... il s'ensuit qu'il n'y a ni choix, ni Providence ; que ce qui n'arrive point est impossible, et que ce qui arrive est nécessaire, comme Hobbes et Spinoza le disent en termes plus clairs *. »

€ Il ne voulait point se servir de ce moyen pour prouver l'existence do Dieu, on peut Texcuser là-dessus... Mais si Dieu est auteur des choses, on ne saurait assez bien raisonner de la structure de Tunivers, sans y faire entrer les vues de sa sagesse, comme raisonner sur un bâtiment, sans entrer dans les fins de l'archi* tecte. — Mais, dit-on, en physique on ne demande point pourquoi les choses sont, mais comment elles sont. Je réponds qu'on y demande l'un et l'autre... Je voudrais qu'on se servit encore de cette

i. Disc, de mélaphys., p. 354, 385.

2. Leltie à l'abbé Nicaiae, 1697, iilrdaMUM}, XLii, p. 139. — Voir plus loio^ Réflexions dfun anonyme, 141, qui demande qu'on cite le texte. Leibois répond eo cUant le texte des Prineipe^, 47, 3« partie. «... Ces lois étant cause que la matière doit prendre sii«ceasiveffleai tontes les formée, si oo coosidèse par ordre ces formes, on pourra enfln parvenir à celle qui se trouve à présent dans le monde. »

méthode en m^cclae. Le corps de Tanimal est uno machine eo même temps hydraulique, pneumatique et pyrobolique ^ i

c Aussi ne veut-il point que son Dieu agisse suivant quelque lin, sous ce prétexte que nous ne sommes pas capables de découvrir les fins, au lieu que Platon a si bien fait voir que la véritable physique est de savoir les lins et Tusage des choses... c'est pourquoi la considération de Vusage des parties est si utile dans hu tomie^, »

< Plane sentio et cognoscere nos ssepissimè fines seu scopos Dei et summâ utilitate investigare ; et contemptum hujus inquisitioois periculo aut suspicione non carere. Et in universum quoties cumque rem aliquam egregias utilitates habere videmus, possumus totc pronuntiare, hune inter alios finem Deo eam producenti propositum fuisse, ut ea obtineretur.... Alibi notavi et exemplis ostendi arcaoas quasdam magni momenti veritaf es physicas erui posse quas ik)& aequo facile licuit cognoscere per causam efficientem *. »

En résuméy Leibniz reproche trois choses à Descartes : 1^ d'avoif comme Socrate le reprochait déjà à Anaxagore, et comme Paso) Ta reproché aussi à Descartes lui-même, d'avoir admis une inteUi* gence souveraine, et de n*en faire aucun usage dans la pratique S'il y a un Dieu, on doit en trouver des traces dans le monde; ^ n'invoquer que les causes physiques , c'est confondre les mojeas avec les causes. 2o De tomber dans Tépicuréisme et d'exclure i» Providence de l'univers ; 3<> de se priver, soit en médecine, soit e& anatomie, soit même en physique, d'un principe d'explication très* utile.

3<> Les causes finales en physique.

Leibniz revient assez souvent sur cette utilité des causes fins^^ en physique, et il en donne pour exemple ses propres découvertes. A dire la vérité, l'usage qu'il a pu en faire, en optique par exempte» se réduit à un seul cas. Il démontre en effet que la lumière pouf

I. Réponee aux Réflexions d'an anonyme, xlix, Erdmann, p. 443. S. LeUres et opuseulei^ etc., p.. 5.

3. Animadversiones ad Cartetii Principia (Guhraoer, ad. 38, p. 34* M 1844), — Cf. De unico optim principiOf Dotens, III, p. 145.

aller d'un point a un autro, suit toujours la voie la plus facile, oelle qui offre le moins de résistance. iOn peut se demander s'il y a là véritablement une cause finale, et si le principe du chemin le pl^is facile ne pourrait pas se déduire de la causalité efïiciente aussi bien que do la cause finale. Mais nous reviendrons plus loin sur cette question, en traitant de Maupertuis et du principe de la moindre action. Quoi qu'il en soit, voici quelques-uns des passages où Leibniz s'explique sur ce point.

c Je trouve que plusieurs effets de la nature peuvent se démon^ irer double, savoir par la considération de la cause efficiente^ et encore à part par la considération de la cause fmale..., comme j'ai fait voir ailleurs en rendant compte des règles de la catoptrique et de la dioptrique *. »

c SnelliuSy qui est le premier inventeur des règles de la réfraction, aurait attendu longtemps à les trouver, s'il avait voulu chercher comment la lumière se forme. Mais il a suivi apparemment la méthode dont les anciens se sont servis pour la catoptrique qui est en effet par les finales. Car cherchant la voie la plus aisée pour conduire un rayon d'un point donné à un autre point..., ils ont trouvé régalité des angles d'incidence et de réflexion , comme on peut voir dans le petit traité d'Héliodore de Larisse, ce que M. 8nellius, et après lui M. Fermât ont appliqué ingénieusement à la réfraction... Car il se trouve que c'est la voie la plus aisée ou du moins la plus déterminée pour passer d'un milieu dans un autre *. » c Je pense que c'est par des raisons d'ordre et de sagesse que Dieu a été amené à créer les lois que nous observons dans la nature ; et par là il est évident selon la remarque que fai faite autrefois h l'occasion de la loi d'optique, et que Phonorable Molineux a fort applaudie dans la dioptrique, que la cajxse finale n^est pas seule utile à la piété, mais que même en physique^ elle sert à découvrir des vérités cachées •. »

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