Animadvêra, m Carhûtnnf 36, p
tum et celoritatem (motûs gradum) tanquam realem quandam, et absolutam in rébus entitatem; et quamadmodum eadem salis quantitas por minorem aut majorem aquœ copiam diffunditur, quâ similitudine Rohaultius utebatur. Unde mirum ipsis videtur augeri vcl minui posse quantitatem motûs sine miraculo Del creantis vel annihilantis. Sed motus in respectu quodam consistit ; quin et cùm rigide loquendo nusquam existât, non magis quàm tempus, aliaquo tota, quorum partes simul esse non possunt , eo minus mirum esse débet, quantitatem ejus eamdem non conservari. Sed vis ipsa motrix est absolutum quiddam et subsistens. Unde ctiam discimus aliquid aliud in rébus esse, quam extcnsionem et motum^ »
L'erreur des cartésiens est donc de considérer le mouvement comme quelque chose de réel, de substantiel, d absolu, comme une entité; tandis que pour Leibniz, le mouvement n^est qu'un phénomène. La seule chose réelle, substantielle, absolue, c'est la force. Si donc il y a une chose qui ne change pas, ce ne doit pas être la quantité de mouvement, mais la quantité de force.
c L'affaire est de conséquence, non-seulement pour les mécani» ques, mais encore en métaphysique ; car le mouvement en luimême séparé de la force est quelque chose de relatif, et ne saurait déterminer son sujet. Mats la force est quelque chose de réel et d^ absolu, et son calcul étant différent de celui du mouvement, comme je le démontre clairement, il ne faut point s'étonner que la nature garde la même quantité de force, et non pas la même quantité de mouvement. Cependant il s'ensuit qu'il y a dans la nature quelque autre chose que l'étendue et le mouvement s. »
Mais ce n'est pas seulement par des considérations métaphysiques que Leibniz critique le principe cartésien. Il donne en outre une démonstration mathématique.
Quelques explications très-brèves sont ici nécessaires. Qu'appclle-t-on quantité de mouvement? Qu'appelle -t-on quantité de force ou de force vive ? Ce ne sont pas là seulement des notions métaphysiques : ce sont des quantités mathématiques.