Ibid
étudier aussi les causes nécessaires, en vue de ce qui est divin (to B' àvayxaîov exetvwv x^P^v)? sachant bien que sans elles il est impossible de comprendre cet objet de nos désirs, ni de l'obtenir ni d'y participer en aucune manière *. »
Ainsi, suivant Platon, Dieu se sert de causes nécessaires, c'est-àdire de la matière préexistante pour réaliser le bien. Mais pour cela, il lui faut un modèle; et ce modèle, c'est le monde divin des idées, qui deviennent ainsi les causes finales des choses : et c*est ainsi que, suivant le texte du Philèbe, le phénomène existe en vue de l'être.
Ce monde des idées compose ce que Platon appelle le modèle (yh Ttapa&tYjjia), lequel renferme d'avance l'idée de tous les êtres, et est en quelque sorte lui-même, le vivant en soi, le vivant absolu, TO auTO C<)t)0V9 TO TcavTgXeT Ctoov.
€ La suite des idées nous amène à dire à la ressemblance de quel animal le monde a été formé par son auteur. Ce modèle contient et comprend en lui-même tous les animaux intelligibles, de même que dans ce monde-ci nous sommes renfermés nousmêmes ainsi que tous les animaux produits et visibles. Car Dieu voulant le rendre semblable à Vêtre intelligible le plus beau et le plus parfait, a formé un animal visible renfermant tous les animaux *. »
De ces principes généraux, Platon a tiré une téléologie, fort arbitraire et fort imaginaire sans doute, mais qui peut être considérée comme le premier essai de ce que l'on a appelé dans les temps modernes la théologie physique, et qui prouve précisément que la théorie des causes finales a fait des progrès incontestables, non moins que celles des causes efficientes.
C'est ainsi qu'il nous d\t que « Dieu a placé l'eau et l'air entre le feu et la terre, et a formé ainsi le corps du monde plein de proportion et d'harmonie, et qui tient de sa composition cet amour
par lequel il à'unit de manière à ne faire qu'un avec lui-même,