‹ Les causes finalesChapitre 14 sur 142 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

la composition de leur corps pour la faculté de voler ^ » Pour résoudre ce problème « ce n'est point assez de convertir les membres antérieurs d'une façon quelconque en une large lame, dont les mouvements d'élévation et d'abaissement alternatifs doivent produire la translation du corps d'arrière en avant dans l'air; mais il faut aussi que ces ailes soient disposées d'après certains principes de mécanique , pour que ce mouvement soit possible ; il faut en outre que cette nouvelle fonction ne trouble en rien les autres, et que là où elle exige un changement quelconque dans la forme et la disposition de quelque autre organe^ celui-ci soit également modifié en conséquence de cette fonction du vol. Il faut surtout que le nouvel être ou oiseau puisse aussi se tenir en station, et marcher sur ses membres postérieurs, et exercer d'ailleurs tous les autres mouvements à " des degrés plus ou moins éminents, selon l'usage auquel chaque orgaHe doit servir. Or, c'est dans ces nombreuses mo- . difications dépendantes les unes des autres, et toutes de la fonction principale ou du vol, qu'on trouve, comme partout ailleurs, Tapplication de la science la plus transcendante et de la plus sublime sagesse, p On voit clairement par ces mots que le problème posé est un problème d'analyse, à savoir : com-

1. Théologie de îa naturey t. I» p. 257. Cet ouvrage remarquable est un de ceux où l'argument des causes finales a été développé avec le plus de science et de précision. L'auteur d'ailleurs était un savant distingué; il est connu surtout par une Ihcorie sur le vol des insectes, que M. Marey a depuis perfectionnée. Celui-ci a bien caractérisé son ouvrage en l'appelant « un chaos d'idées ingénieuses, profondes et puériles. » (Voir Revue des Cours scientifiqueSf 1" çérie, t VI.)

iANET. ^

W LFVRE 1, GHAF. i

ment transformer un mamaiîf^ en okeau» étant âimnéee ke lois de la méeaniqcie, kd eoAdîtions physique» et* physiei^ gîqttes de la vie? on ¥oit a»ssi que la solution de oe (HroblèoMi exige q«e Taiiteiir ss^j^sè de oMe production aiit pemoiitè de prœbe en proche la série des conditions que cette sehstîoit figeait, )asqu'à ce qu'il mt arrivé an point dont il fallait partir, soit du type nsaBimilëre par voie de transformatitm^ soit dtt type vertébré par veie de défiéreociatioBv L'amteoF développe dans le plus grand détail, et d'une façon tonte tscb]9J($ue (pe nous ne pouvons analysât ici, celÉe savante nfr* i^tHiique. Parittî les précautions et memres pcises par la natisre pour la solution da probième, contsi^ns'^aausi d'en signaler ^lelqueshunes des pbis£Etciles à comprendre sans^coniiaissances^ spéciales, par exemple Vinventioft des plome» et c6^ dû' ver^ •is qm le9 cofcvrev La première de ees deuai imFentions répond à cette difficulté : comment couvrir le corps de Toiseau, sans^ angmenter trop> son poids, et sans rmdre le vol* trop difficiiet lia seoi^nde répond à cette autre dtffîcultô : comment empêcher les plumes de devenir trop pesantes par la pinte?

Pour ce qui est du premier problème , la nature, employait encore ici. l'analyse des géomètres , a raisonné , suivant notre naturaliste , de la manière suivante : « Un léger poil n'eût pas suffi pour conserver & ces animaux une chaleur à peu près égale ; et une laine épaisse semblable à celle des moutons au* rait rendu le vol impossible* » -^ Gommaat- résoudre ce problème délicat? Le voici : c'est « en modifiant le vêtement de

LE PRlNCaPl W

ce» anhmUEi/e^est^t-dife en transforumirt 1» poikr en phmtes;

^en éomoLi^ à c^s arguies les grandes dimensfons ipi'ils ont

ém» k» femtesf > de manière à « augmenter la snrftoe de»

aîle^^ sans au^^xiefiter sensiblement le poids dn corps ^ w

— (^am^ à la solntion du second problème^ voici la série

d'idée» gu'it a Ma traversear : c Si les plumes étaient sujettes à

être fecito»eni mouittéesy eUes se colleraient tes unes tes

aiilres par la j^ey ce qui gênerait considérabkment le vol, et

même le rendrait impossible, ainsi ^'on le voit chez les ani*

mansr nouilles foreémait. Hais la bienvetUance divine s pahré

à oet* xDooBvénient ai donnant à ces animaux un (nrgane parti»

C€dier séerétwat^ use substance graisseuse dont Foteeau enduit

sies pfames' pow te» revêtir d'un: vernis sec qui^ te» rend si

bten imperméables k l'eauy que ees ajimnaux n'en sont jttmais'

nK>m)lés^.'ir ^

CeU^ cotÉpanâson de tai nâéthode analytique SEVéele procédi! '

des canises finales pî^t servir à^expliq^mr un des* ternies dont

Afi^oies'estservi' quelquefois pour e^i^mer te but,^ à savoir |

*^ eRnBWl(î«bi^<M7S^^ Bii effet, le but'

i?éàt* ée qti«'je ^tii^àt*mdrt=: Ce A'ëèt ddttc qttelqùë dhtisé dé ilîSeés^ihte pôttf lUbi que par hypÔtUësè. Pêt exétti^lb le but de

î. IWd., p> 324. — Voir égaleiittnt,à la sditç du pfeeftge précédent, VunlyBe dii problème de la coloration dés plumes. — Dans le même ordre d'idées, on ffoti¥6ra dmurt}fa. Btaïc {V^Uigt dv la Bautè E0pt9, p. leo) on entretien i^qBant entre le savant critique et le doclenr Broca sur la création du ebameau, c le vais^

52 LIVRE I, GHAF. l

gagner de l'argent n'est qu'une nécessité hypothétique : car je peux toujours vouloir n'en pas gagner. IL n'en est pas de môme de cette autre nécessité, par exemple que je dois mourir : cela est nécessaire d'une manière absolue. Le résultat est donc un absolu nécessaire ; le but n'est que relativement nécessaire. Ainsi d'un problègie à résoudre : il n'est nécessaire que par hypothèse. C'est moi qui le choisis , tandis que je ne choisis pas les conséquences d'un principe : celles-ci s'imposent à moi avec une absolue nécessité.

Il résulte de tout ce qui précède que le critérium cherché de la cause finale, c'est la concordance du présent avec le futur, la détermination de Tun par l'autre. Cependant, malgré toutes les raisons précédentes, ne pourrait-on pas demander encore si ce critérium ne supposerait pas précisément ce qui est en question? Car cette concordance que nous invoquons, n'est surprenante que si Ton imagine d'avance le phénomène futur comme fixé à priori, et comme un terme que la nature doit atteindre, comme un problème qu'elle s'est proposé de résoudre. Dans ce cas, il est vrai de dire qu'une nature aveugle et sans but ne peut pas rencontrer par hasard la meilleure combinaison possible par rapport à tel but. Par exemple, si une cible est posée à un aveugle, et un point dans cette cible, il est extrêmement peu probable que tirant au hasard , sans même savqjj:* qu'il y a un but^ il atteigne ce but ; mais c'est que l'on suppose d'avance qu'il y a un but; supposons au contraire que, sans se proposer aucun but et tirant au hasard , il atteigne cependant quelque

part, cela n'a plus rien d'étonnant. Il en est de même de la nature : si, par une hypothèse gratuite, on commence par supposer qu'il devait y avoir des animaux volant , marchant, se nourrissant , il est très-surprenant, en effet, que la nature ait précisément réalisé ces prodiges. Mais, dira-t-on, c'est précisément ce qui est en question : si Ton admet au contraire que la nature n'avait en réalité aucun problème à résoudre, aucun but à atteindre ; qu'elle obéissait à ses propres lois, et que de ces lois sont résultés un nombre infini de phénomènes divers, qui ne sont que les résultantes de ces propriétés ; quoi de surprenant alors qu'il y ait accord et concordance entre les causes et les effets? S'émerveiller de cet accord, c'est ce représenter d'avance l'effet comme un point fixe que la nature devait viser, c'est-à-dire se le représenter comme un but : c'est donc un cercle évident.

Nous prétendons au contraire que ce qui se présente d'abord comme un effeU prend ensuite le caractère de but, en raison du nombre et de la complexité des combinaisons qui l'ont rendu possible. Nous ne partons pas de l'idée de but pour en conclure que les combinaisons qui y conduisent sont des moyens : mais ces combinaisons, au contraire, ne nous paraissent intelligibles qu'à titre de moyens; et c'est pourquoi l'effet devient un but. Nous partons en effet d'un point fixe^ qui nous est donné dans l'expérience comme un effet : mais cet effet n'étant possible que par une masse incalculable de rencontres^ c'est cet

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