‹ Les causes finalesChapitre 43 sur 142 · DvwiD, ch. VI, g VI · texte numérisé non relu

DvwiD, ch. VI, g VI

%, n)ld., ch. VI, g H;

dans tous les cas précédents, l'explication tirée de notre ignorance parait suffisante ; et nous pouvons y avoir recours aussi bien par exemple que les astronomes pourraient le faire pour les exceptions apparentes qui contrarieraient la loi de Newton. La loi de Futilité des organes et de leur appropriation se vérifiant dans un nombre infini de cas, il serait peu raisonnable de la mettre en doute, parce qu'elle ferait dé&ut dans quelques cas particuliers : car il paraît vraisemblable que c'est notre science plutôt que la nature qui est en dé&ut.

B. Organes rudim$ntaiTe$. Cependant, si l'on peut soutenir avec avantage que dans beaucoup de cas l'inutilité des organes n'est qu'apparente et s'explique par notre ignorance, il n'en est pas de même lorsque les organes par leur structure même manifestent d'une manière évidente leur propre inutilité : c'est ce qui a lieu dans les organes dits rudimentaires dont le nombre est considérable et qui semblent la pierre d'achoppement de la finalité.

En voici des exemples : « La femme porte sur la poitrine les deux mamelles destinées h nourrir l'enfant nouveau-né ; chez l'homme les mamelles ne se développent pas^ mais les deux mamelons existent. Beaucoup de mammifères , les chevaux en particulier , peuvent secouer leur peau et chasser ainsi les mouches qui les incommodent; c'est un muscle membraneux attaché à la peau qui Tébranle ainsi. Ce muscle ne manque pas chez l'homme, il est étendu sur les côtés du cou, mais il est sans usage ; nous n'avons oas même la &culté

de le contracter volontairement; il est donc inutile comme muscle. Les mammifères dits marsupiaux, tels que leskanguroos, les sarigues, les thylacines, tous les quadrupèdes en un mot de la Nouvelle-Hollande, sont munis d'une poche si* tuée au-devant de Tabdomen et où les petits habitent pendant la période de la lactation ; cette poche est soutenue par deux os et fermée par des muscles. Quoique placé à l'autre extrémié de l'échelle des mammifères, Thomme porte et devait porter la trace de cette disposition qui, chez lui, n'est d'aucune utilité. Les épines du pubis représentent les os marsupiaux, et les muscles pyramidaux ceux qui ferment la poche des kanguroos et des sarigues. Chez nous, ils sont évidemment sans usage J Autre exemple : le mollet est formé par deux muscles puissants appelés les jumeaux, qui s'Insèrent au talon par l'intermédiaire du tendon d'Achille ; à côté d'eux se trouve un autre muscle long, mince, incapable d'une action énergique, et nommé plantaire grêle par les anatomistes. Ce muscle, ayant les mêmes attaches que les jumeaux, fait exactement l'effet d'un mince fil de coton qui serait accolé à un gros câble de navire. Chez l'homme, ce muscle est donc inutile ; mais chez le chat et les autres animaux du même genre, le tigre, la panthère, le léopard, ce muscle est aussi fort que les deux jumeaux, et il contribue à rendre ces animaux capables d'exécuter les bonds prodigieux qu'ils font pour atteindre leur proie. Inutile à l'homme, ce muscle est donc très-utile aux animaux dont nous parlons. »

JANBT, 14

« Voici un exemple encore plua signiûodtit Dan$ l^s ^m« maux' herbivores, le cheTaî, le bœuf, dans œrtftin^ rongeur^i le grod intestin présente un i^aste repli m toxïm^ de (iul-de*^C appelé oœcum. Ghei Thomme, ce repli ii'exisite pa$« maU il ^i représenté par un petit appendice auquel sa forme et $a loA* gueur ont fait donner le nom d'appendice vermiformQ« Les ali^ ments digérés ne peuvent pas pénétrer dans cet app^ndio^ étroit, qui est dès lors sans usage ; mais si par malheur un corps dur, tel qu'un pépin de fruit ou un fragm^ut d'oa, $*in« •Inue dans cet appendice, il en résulte d'abcMfd une iuQamoi^r tien, puis la perforatiooi du eanal intestinal» accidents suivis d'une mort presque certaine. Ainsi noua sommes porteurs d'uu organe qui non^seulemenl est sans utilité, mai9 qui peut de* iwnir un danger sérieux. Indifférente awc indiv4du«i la naturel les abandonne à toutes les chances de destrucUou l aa 9oUW eitude ne s'étend pas au delà dQ Veapèce, dont elle a d'aiUeuni assuré la perpétuité K »

Darwin, à son tour» cite les exemples suivants ;

« Je présume qu'oa peut considérer l'aile h^tftrde dQ certaine oiseaux comme un doigt à l'état rudimeutaire ; chea qq grautf nombre de. serpents, un des lobes du poumon est rudimen*taire \ che» d'autres , il eiiiste des rudinsents du tmsvik et des Biembres postérieurs. On peut citer lea dents observées chez les fcstus des baleines et eelles dont on oeinstate r^xistenee cbeK les jeunes veaux avant leur naissance» et qui ne p^rc^tiamaîs

h Ch. Marlins, D9(*unité organique (Re«. des Ihux- Mondes, 15 juin fSS*).

LES FAITS CONTRAIRES 2ii

les gencives. On m'a même assuré, d'après des témoignages de valeur, que l'on pouvait découvrir des rudiments de dents chez les embryons de certains oiseaux. Bien ne semble plus simple que les ailes soient formées pour le vo^, et cependant beaucoup d'insectes ont leurs ailes tellement atrophiées qu'elles sont incapables d'agir, et il n'est pas rare qu'elles soient enfermées sous des éljtres fermement soudées Tune et l'autre^. »

Les faits que nous venons de citer sont incontestables ; on cm pourrait oUer vraisemblablement beaucoup d'autres. Mais quelle est la signification de ces faits? G'est Ik la question.

U n'y a que deux explications connues des organes rudimen-* taires : ou bien, la théorie de l'unité de type de Geoffroy Saint- Hilaire ; ou la théorie de l'atrophie des orgwea par le défaut d'habitude, de Lamark et de Darwin. Or, ni Tune ni l'autre de ces deuxexfdicationsnesonten contradiction avec la théorie de la tinalité. Nous avons vu en efTet qu'il ; a deux sortes de finalité : la finalité d'usage et la finalité de plan. U n'est nul* ktment impliqué dans la théorie que la seconde serait néces« smroment sacrifiée efc même subordonnée k la première. Le type restant te mftme, osk comprend que la nature, soit en raœpUfiant soit e» l'invertisM^t* soit en en changeant lea pro*

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