Philoiophie d^ Ampère (Paris, 1866, p. t
S. B. St-HHa)re. Mémoire sur le Sankya, Mémoires de l'Académie des so. morales et polit., t. viii, p. 332. Voir Appendice, diisert. V.
3. La finalité extérieure oa relative, c'est rutililé d'une chose pour une autre chose : la Hnalité interne^ c'est ratllifé respective et réciproque des diverses pariiet d'un même être les unes pour les autres, et de toutes pour l'être tout entier ; c'est en 09 ten? que dftus l'être organisé tout est à la fpis « ha\ et inoyeo »«
caractérise la finalité interne, en disant qu'une production de la nature organisée est à la fois cause et effet d'elle-même; mais elle ne peut être cause à elle toute seule^ il faut qu'elle s'assimile les objets extérieurs qui sont propres à cet usage. Il n'est pas rigoureusement vrai de dire, comme le fait Guvier, que Têtre organisé est « un système clos, 9 S'il en était ainsi, rien n'entrerait, rien ne sortirait ; mais cela, ce n'est pas la vie, c'est la mort : car la mort a lieu précisément au moment où tout échange cesse entre le dedans et le dehors. ^ Si ces considérations sont justes, comment pourrait-on sou* tenir la finalité interne sans admettre en même temps une finalité externe qui en est la réciproque ? Gomment dire que la nature a fait l'herbivore pour se nourrir d'herbe, sans admettre que la même nature a fait l'herbe pour être mangée par les herbivores? Guvier a dit : c Partout où il y a des araignées, il y a des mouches : partout où il y a des hirondelles, il y a des insectes. > Une nature qui aurait fait un herbivore sans avoir fait d'herbe serait une nature absurde. Or la nature n'a pas commis cette absurdité. Ayant fait des herbivores, elle a fait de rherbe; ayant fait des yeux, elle a fait la lumière; des oreilles, elle a fait le son. Si l'un de ces objets a été fait pour jouir de l'autre, pourquoi ne dirait-on pas que l'autre a été fait, en partie du moins, pour servir ou récréer le premier? Ce n'est que la différence de Tactif au passif. Au lieu de dire : l'agneau a été fait pour être mangé par le loup, on dira : le loup a été fait pour manger Tagneau. Sans doute, pour l'agneau, être
mangé est, comme on s'exprime dans l'école, une démmination extérieure : ce n'est pas pour lui une partie nécessaire de son essence : il peut accomplir sa destinée sans cela; ce n'est donc à son égard qu'un accident ; et c'est en ce sens que la finalité extérieure n'est que relative ; mais cet accident, en tant qu'il fait partie de la finalité interne d'un autre être, devient à son tour une fin de la nature ; et l'on peut dire que c'est une des vues qu'elle a eues en créant l'agneau. Il en est de même de l'usage des choses extérieures pour l'industrie humaine. On ne dira pas sans doute, rigoureusement parlant, que les pierres ont été faites pour bâtir des maisons, le bois pour faire des meubles et le liège des bouchons. Mais il sera très-correct de dire inverse* ment, que l'homme étant un animal industrieux, atiimal instrumentificum, doué d'intelligence et muni d'une main, cette aptitude industrieuse lui a été donnée vour tourner à son usage les choses de la nature ; d'où il suit réciproquement que les choses de la nature ont été faites pour être tournées à son usage ; et il est certain que l'aptitude industrielle de l'homme serait une contradiction et une absurdité, si rien au dehors n'avait été préparé pour être utilisé par lui ; et dire enfin que c'est là une pure rencontre, ce ne serait plus seulement sacrifier la finalité externe à la finalité interne : ce serait revenir à la théorie du fortuit, qui supprime toute cause finale d'une manière absolue.
En résumé, la finalité externe est la réciproque de la finalité interne ; et l'une est aussi nécessaire que l'autre. Sans doute
la finalité externe, par cela même qu'elle est extérieure, n'est pas écrite comme l'autre dans l'olyet lui-même; et en considérant un objet de la nature, on ne peut guère y découvrir à priori à quoi il peut servir, aussi en a-t-on beaucoup abusé *. C'est en ce sens qu'il peut être téméraire, comme le dit Descartes, de vouloir sonder les intentions de la Providence; mais les choses physiques et mécaniques étant, d'une manière générale, rattachées à la finalité par leur rapport avec les êtres vivants, on conçoit qu'il puisse y avoir par là dans le monde inorganique un intérêt général d'ordre et de stabilité, conditions de sécurité pour l'être vivant.
A la vérité, l'hypothèse qui rattache la finalité externe à la finalité interne, et le monde inorganique au monde vivant semble en échec devant cette difficulté : c'est que la vie n*a pas toujours existé au moins sur notre globe, et que le nombre des siècles pendant lesquels la matière inorganique s'est préparée à la vie a dépassé considérablement, selon toute apparence , le nombre des siècles où la vie a pu se produire et se conserver. • Si les êtres vivants ont été le seul but réel de la création, pourquoi n'ont-ils pas été créés tout d'abord, et pourquoi la terre ne s'est-elle pas du premier coup trouvée apte à les recevoir? En outre, il semble bien que la vie à son tour ne soit pas indestructible. Nous voyons tel globe de l'univers, la lune par exemple, où la vie parait avoir cessé d'exister, si elle y a jamais eu lieu. Dire que l'univers entier a été créé pour que la vie paraisse pendant un moment sur le plus humble de ses globes, c'est