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Sur les abus des causés finales, voir TAppendice

m LIVRE î, CHAP. VI

une bien grande disproportion entre le moyen et le but. Lé préambule du drame et l'épilogue semblent bien longs par rapport au drame lui-même. D'ailleurs même parmi les êtres vivants, la moitié au moins, c*est-à-dire le règne végétal, parait aussi insensible que le minéral ; et s'il jouit de la vie, c'est sans le savoir. Enfin, la sensibilité sourde et diffuse des animaux inférieurs ne vaut guère mieux que Tinsensibilité absolue. Qu'importe à l'huître d'être ou de n'être pas?

Il nous est absolument impossible de savoir dans quelle proportion est dans l'univers la matière vivante et sentante avec la matière non vivante ou non sentante : ce n'est pas par l'étendue des espaces ou des temps que la valeur des choses doit se mesurer. Pascal a dit avec raison : c Nous relevons de la pensée, non de l'espace et de la durée. » Que si la vie existe dans tout l'univers, ce qui n'a rien d'impossible, peu importe qu'il y ait de vastes espaces de temps ou d'étendue qui en soient dépourvus. Il n'est pas plus étonnant qu'il n'y ait pas d'animaux dans la lune, que dans les glaces du Nord ou les déserts de l'Afrique. Ces vastes espaces peuvent être des magasins, des réservoirs de matière qui serviront plus tard à entretenir le grand mouvement de circulation nécessaire à la vie dans l'univers ^ Le monde peut avoir besoin d'un squelette de

1. Il faut dire très-réservé dans la supposition des causes finales quand il s'a^l du monde inorganique, mais il n*en faut écarter aucune systématiqueirent : c De même que la force du soleil, dit un savant illustre M. Grove, après s'êtra exercéi il y a bien longtemps, nous est maintenant rendue par le charbon formé sous riufluence de cette lumière et de cette chaleur, de même les rayons dd soleil, perdus en vain aujourd'hui 'dans les déserts de sable de l'Afrique, servi-

LE MÉCANISME El LA PlNAfJTÉ 27!

tnatière morte, comme les vertébrés ont besoiti d'une charpente qui supporte les tissus. Il nous est absolument impossible de rien spécifier sur les rapports des deux ordreâ; il nous suffit dé montrer leur liaison nécessaire : ce qui nous permet d'entrevoir que l'un étant la base de l'autre, peut posséder ainsi, par communication et par anticipation, une finalité qu'il n'aurait paà en lui-même.

On nous présente aujourd'hui comme une conséquence né« cessaire de la théorie mécanique de la chaleur, la perspective d*un état final, où tout le mouvement de l'univers étant converti en ehaleur, lès chodês tomberaient dans un éternel et absolu équilibre» oe qui rendrait toute vie impossible. L'illustre Glausins a appelé mtopiè cette transformation constante du mouvement en chaleur, et^ il a formulé cette loi en ces termes : € L* entropie d& VunitètB imd tfBfs un îtût mtJiMmm%; plus l'univers approche de cet état limite, plus les occasslons de nôuveaujt chang^ements disparaissent; et si cet état était atteint à la fin , aucun autre changement n'aurait plus lieU, et l'anivers se trouverait dans un état de mort persistante. » Mais cette hypothèse a été contestée par un des fondateurs mêmes

h>nt un Jour aa moyen de la ohlmle «t de la lAècanique à éclairôp et à chaufTef 1^ habitations des régions plus froides. » (Hevud àet eourt icientifiq, 1** série, t. îlh p. 689). — « Des boucbes de ces volcans dont les convulsions agitent si souvent la croûte da globe s'échappe sans cesse la principale nourriture des plantes, l'acide carbonique ; de l'atmosphère enflammée par les éclairs, et du sein même de la tempête descend sur la terre cette autre nourriture, non moins indi&pensable des plantes, celle d'où vient presque tout leur aiote, le nitrate d'ammoniaque, que reniériuent les pluies d'orage. » (Dumat et Boussingault, Essai de statique ûlUmque, 1814.)

de la théorie mécanique de la chaleur, par Mayer ^. Des con* séquences aussi lointaines d'une théorie aussi nouvelle et aussi délicate peuvent légitimement être mises en doute. Newton croyait que les données de son système du monde conduisaient nécessairement à admettre que l'équilibre du monde se dérangerait, et qu'il faudrait la main du Créateur pour le rétablir; mais depuis, il a été démontré qu'il s'était trompé et que les lois mêmes du système planétaire suffisent à en garantir la stabilité. Les plus grands savants peuvent donc se tromper sur les conséquences de leurs propres découvertes. De plus , si un tel état de choses, semblable à celui qu'on nous prédit, devait arriver, ce serait le cas de dire que la nature, n'ayant.plus rien à faire, n'aurait qu'à s'évanouir tout à fait, comme la danseuse indienne : et comme quelques savants pensent aujourd'hui que la science conduit nécessairement à l'idée d'un commencement 2, peut-être trouveront-ils aussi qu'elle conduit à l'idée d'une fm. Mais c'est pousser bien loin, et peut-être bien au-delà de ce qu'il nous est permis de conjecturer, les inductions et les hypothèses. Contentons-nous de considérer le monde tel qu'il est

1. Revue des courg tctenlifiqueSf !'• série, t. \, p. 159. — Voir aussi W mémoire de M. Toi ver Preston sur la possibilité de se rendre compte de la coH" Hnuation de changements périodiques dans Vunivers, conformément à la tendance à l'équilibre de température, Pliilosophical Magazine, tome VIII, p. 152, 1879 (voir l'analyse de ce mémoire dans le Journal de physiquede d'Almeida, 1880, p. 65); enfin Du commencement et de la fin du monde d'après la théorie mécanique de la chalevr, par P. Polie {Bulletins de VAcadémie royale de Belgique, 2* série, l. XXXVI, n» 12, 1873).

2. Ibid.f t. VII, p. 124. — Maxwell, Rapports des se, phys, et des se, ma* thém, (Revue scient. 2^ aérie, t. I, p. 236). Voir aussi Carc, Le matérialisme et la science, note B, p. 287.

Nous venons de voir que, par son rapport avec le monde organique le monde physique et mécanique peut être considéré comme ayant une finalité relative, qui suffit pour en expliquer l'existence. En outre, cette finalité relative une fois admise, on trouvera, dans ce monde considéré en lui-même, des exemples de finalité interne, moins saillants que dans le monde organique, mais qui ont aussi leur signification : c'est une finalité sourde, un acheminement à la finalité.

C'est ici le lieu de rappeler que nous avons établi plus haut une première loi, que nous avions provisoirement distinguée de la loi de finalité , et que nous avons appelée loi de concor* danee mécanique * . Nous avons accordé comme hypothèse provisoire, qu'une simple concordance ou accord interne de phé* nomènes, sans rapport visible à un phénomène ultérieur, ne paraissait pas à priori inconciliable avec une cause mécanique. Mais si l'on y regarde de plus près, on verra que c'était beaucouptrop concéder.

La constance des coïncidences doit avoir une cause spéciale, disions-nous ; mais cette cause peut-elle être une cause physique? c'est ce qu'il faut examiner de plus près. Nous devons laire ici une nouvelle distinction. Ces coïncidences peuvent être de deux sortes; ce sont : 1® la simple répétition^ ou le grand nombre des phénomènes ; 2® la concordance proprement dite entre des phénomènes divergents. Or, le premier cas n'a rien d'incompatible avec la cause physique, mais cela est loin d'être aussi

1* Voir plus haQfy chap. I, p, 73»

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évident pour le second. Par exemple , la fréquence des orages dans une saison ou dans une contrée donnée demande certaî« nement une c::plication spéciale» mais rien qui sorte du domaine des causes physiques ; car le nombre ou la répétition n'est pas au*dessus des forces d'un agent physique. Au contraire, une convergence, une direction commune donnée à des éléments par hypothèse indépendants ne peut être attribuée à une cause physique que si on suppose dans cette cause une loi interne qui détermine dans tel ou tel sens le mouvement et la direction des éléments, en d*autres termes, si on prête è la matière un instinct d'ordre et de combinaison qui est préci* sèment ce que nous appelons la loi de finalité. Si nous ne sup* posons rien de pareil, il ne reste que la rencontre fortuite des éléments, par conséquent Pabsence de cause. En partant de ce principe, voyons si Ton peut donner une explication exclusive*ment mécanique de tout ce qui se présente à nous sous forme de système et de plan, en un mot, sous une forme régulière et coordonnée. Considérons les deux exemples les plus saillants de ce genre d'explication : à savoir, l'explication de la forme des cristaux dans la cristallisation , et Thypothèse cosmogonie que de Laplace.

On explique la production des formes cristallines des miné^ raux par une agglomération de molécules dont chacune a précisément la même forme géométrique que le tout. Ainsi un tétraèdre sera composé de petits tétraèdres, un dodécaèdre de petits dodécaèdres. Fort bien; la dernière apparence sen« lible que présentent ces corps est suffisamment expliquée par

là. Mais il edt évident que pour le philosophe la question n'est pas résolue. D'une part» en effet, il &ut admettre que les molécules intégrantes» dirigées par une géométrie sourde, savent trouver d'elles-mémçs le mode de juxtaposition qui leur per-* met, en se joignant, de reproduire la figure des éléments : car des pyramides jointes par leurs bases ou par leurs sommets, ou par leurs angles, ne font pas des pyramides. En vertu de quelle loi physique» une telle rencontre a-t«»elle lieu T Ne faut»» il pas supposer que la force quelconque qui produit cea (ormes, a en elle-même quelque raison ou mobile qui la détermine à s*écarter de toutes les formes irrégulières pour se circonscrire dans celle-là seule qui formera une figure géomé« trique régulière? En second lieu, en expliquant la forme géométrique du minéral par la superposition ou juxtaposition de molécules de mêmes formes, on ne &it que reculer la question ; car d'où vient la figure des molécules intégrantes ellesmêmes? L'expliquera-t-on par la forme des atomes élémentaires, ou par leur mode de distribution dans l'espace ¥ Mais pourquoi les atomes auraient-ils des formes géométriques régulières? si Ton exclut toute idée rationnelle, pour s'en tenir à la conception de la pure matière, il n'y a nulle raison pour que les particules élémentaires aient une forme plutdt qu'une autre, et le nombre des formes irrégulières devrait l'emporter de beaucoup sur celui des formes régulières ou géométriques. Quant à leur mode de distribution, nulle raison pour qu'il soit plutôt celui-ci que celui-là, et par conséquent nulle raison pour qu'un ordre quelconque en puisse sortir. Même consé-

quence, si au lieu d'admettre des atomes, on admet des points géométriques, centres de forces, ou même la divisibilité à Tinfini: dans aucun cas^ la forme géométrique ne sera un fait primitif et devra toujours se résoudre en un processus antérieur des particules composantes, impliquant une sorte de préférence ou de choix pour telle forme plutôt que pour telle autre *. Le hasard ne peut être invoqué ici : car une pareille constance ne peut être fortuite : il faut donc une raison qui dirige le mouvement vers cette forme ; il faut donc, en quelque sorte, qu'elle préexiste avant d'exister : nous retrouvons là ce que nous avons signalé dans l'être vivant, à savoir la détermination des parties par le tout, et du présent par le futur : la seule différence, c'est que le cristal recherche cette forme sans y avoir aucun intérêt ; mais il est possible que cela importe à d'autres êtres qu'à lui, et que la forme précise et régulière de chaque substance soit une condition d'ordre et de stabilité, indispensable à la sécurité générale.

Nous pourrions donc faire descendre plus bas encore que nous ne l'avons fait cette échelle décroissante qui, partie du &it de l'industrie humaine, nous avait conduit pas à pas jusqu'à la force organisatrice : nous retrouvons quelques vestiges du même principe jusque dans Varchitecture des atomes^ comme

i. « Corpus eamdem figunim babet oum spatio guod implet. Sed restât dabium car tantum pdtius et taie spatinm impleat qiiàm aliad, et ita cur, exempii causé, BÎt potius tripedale qiiam bipedale, et cur quadratum potius quam rolundom. Hujus rei ratio ex corî)OPum natiirâ reddi non possit ; eadem enim materia ad quamcumque fi},'upam indelerminata est. (Leibniz, opéra philosophicaf id. Erdmann, Coafeasio contra atbeistas, p. 41-46.)

on Fa appelée, art inférieur à celui qui se manifeste dans les végétaux et dans les animaux, art cependant, car il n'est pas le résultat nécessaire des lois mécaniques .

C'est une erreur très-répandue de croire que partout où l'on rencontre de la géométrie, la cause finale doit être absente; sous prétexte qu'il y a contradiction entre la géométrie qui est le domaine de la fatalité inflexible, et la finalité qui est celui de la contingence et de la liberté. Mais ce qui, dans la géométrie, est absolument nécessaire, c'est simplement la notion d'espace et les lois logiques : tout le reste vient de la liberté d'esprit. L'espace en lui-même est vide et nu ; il contient toutes les formes en puissance, mais aucune en acte ; aucune ligne ne le traverse, aucun point n'y marque de limites ; aucune figure, aucun solide ne s'y dessine tout seul. C'est l'esprit seul qui crée les figures géométriques, soit en les tirant de lui-même, soit en en empruntant les éléments à l'expérience. C*est lui qui, par la révolution d'un point engendre la ligne, soit droite, soit courbe; par celle de la ligne, les surfaces, par celle des surfaces, les solides ; c*est lui qui engendre toutes les figures de différentes espèces, qui par conséquent construit par une sorte d'architecture tout le monde géométrique. Sans doute, telles figures étant données, la logique veut que telles conséquences s'en tirent nécessairement ; mais il n'est nullement nécessaire que les figures soient données*

Si donc nous voyons dans la nature des formes géométrique^ régulières^ nous ne devons pas penser que ces formes résultent

Béoeisaireiiicâit de la ntftnre de retendue, qm eit par elle» même indifférente à toutes formes. Entre tontes les figures en nombre infini, régulières ou irréguliëres, que les choses au» raient pu prendre^ il faut une raison précise pour expliquer la formation des figures r^lières. Tout au plus pourrait-on imaginer que par un frottement pendant un temps infini toutes les formes anguleuses auraient disparu, et tous les corps élé^ mentaires réduits à la forme arrondie : mais il se troute pré^ cisément que c'est la seule forme exclue par les combinaisons diimiques, et que la nature ne s'élète à la forme arrondie que dans les êtres fifants» par une sorte de géométrie supérieure à oelle des corps bruts : au contraire, toutes les formes cristol* Unes sont anguleuses, sans cesser d'être régulières. Aucune Sélection naturelle ne peut rendre raison de ce singulier fait Il faut admettre une nature géomètre, comme une nature artiste, comme une nature industrieuse; et ainsi nous retrôu* Tons dans la nature tous les modes de ractifité iniellectuélie de l'homme. De même que H. Claude Bernard admet dans l'être organisé un desHn eitat, de même il y a en quelque sorte un deinn trutaUiqué, une architecture minérale, uùe idée dirècificê de l'évolution chimique. L'élément physique, comme tel, ne contient absolument rien qui explique cette 1^^ culte d'obéir à un plan.

Passons maintenant du petit au grand, et de rarôhitecture de la molécule à rarchtteclure du monde ; voyons si l'hypothèse de Laplaee eiclut ou rend inutile la ftnalite.

Le inonde solaire forme un système dont le soleil est le centre et autour duquel tournent, dans un même sens, un certain nombre de planètes^ dont quelques-unes ont des satellites, qui tournent également dans le même sens : or, il se trouve, comme nous l'avons vu plus haut, que cette disposition est précisément la plus favorable à l'existence de la vie, au moins sur la terre ; quant aux autres planètes , leur habitabilité ne paraît non plus faire question. Mais en mettant à part l'utilité d'un tel arrangement, reste toujours raccord, l'ordre, la symétrie, le plan. Or, c'est cet accord et ce plan que Laplace explique d^une manière toute physique par l'hypothèse de la nébuleuse. Cette explication semble être à peu près Tinverse de celle qu'on donne de la cristallisation ; ici, on explique la forme totale comme une addition ou composition de parties homogènes t ici, au contraire , on expliquerait la forme du monde comme le résultat d'une division, ou démembrement d'un tout homogène. C'est, en effet, le démembremetît, ou division de la nébuleuse qui a donné naissance aux différents astres aujourd'hui séparés, qui n*en sont en réalité que les débris» La nébuleuse primitive était donc déjà le monde actuel en puissance : elle était le germe confus qui, par le travail intérieur des éléments, devait devenir un système. Mais, qu'on le remarque bien, la nébuleuse n'est pas un chaos; elle est une forme déterminée d'où doit sortir plus tard en vertu des lois du mouvement, un monde ordonné. La question, comme plus haut» n'est que reculée : car elle revient à se demander :

comment la matière a-t-elle pu trouver précisément la forme qui devait conduire plus tard au système du monde? Gomment des actions et des réactions purement externes et sans aucun rapport avec un plan quelconque ont-elles pu, même à l'aide d'un frottement intini, aboutir à un pian? Gomment l'ordre serait-il sorti du désordre? La nébuleuse, c'est déjà Tordre : elle est déjà séparée par un abîme du pur cbaos. Or, il ne faut pas se le dissimuler, la négation absolue de la finalité est la doctrine du chaos. Si vous n'admettez pas quelque chose qui guide et dirige les phénomènes, vous admettez par là même qu'ils sont absolument indéterminés, c'est-à-dire désordonnés : or comment passer de ce désordre absolu à un ordre quelconque? Et où trouve-t-on trace de ce chaos primitif? «H ne sufBt pas , dit lin philosophe qui est en même temps un savant, H. Goumot, d'établir la possibilité du passage d'un état régulier à un autre : il faudrait saisir la première trace du passage de l'état chaotique à l'état régulier pour se permettre l'insolence de bannir Dieu de l'explication du monde physique, comme une hypothèse inutile ^. »

Sans doute, le système du monde manifeste un certain nombre d'accidents qui ne peuvent en aucune feçon s'expliquer par la cause finale, et qu'il ne faut pas chercher & y ramener. < Pourquoi Saturne est-il pourvu d'un anneau, dont sont privées les autres planètes ? Pourquoi la même planète a-t-elle

i. Conroot, B$$ai sur les idées fùndamentaleSf 1. 11^ c. XIL

sept lunes, Jupiter quatre, et la terre une seule, tandis que Mars et Vénus n'en ont pas du tout ? Ce sont là autant d*accidents , autant de faits cosmiques ^ » Mais nous verrons plus tard que la théorie des causes finales n'est pas engagée à nier Fexistence de l'accident dans la nature. On peut même dire que c'est l'accident qui suscite la théorie de la finalité : car c'est parce que nous trouvons du fortuit dans la nature que nous nous demandons : pourquoi tout n'est- il pas fortuit ? Mais si le détail paraît fortuit, l'ensemble ne l'est pas» et a bien tous les caractères d'un plan.

On sait que c'est par une raison tirée de la simplicité du plan de l'univers que Copernic s'est élevé à la conception du vrai système du monde. Alphonse le Sage, roi de Castille, choqué des complications que supposait le système de Ptolémée disait : a Si Dieu m'eût appelé à son conseil, les choses eussent été dans un meilleur ordre. » Or, il se trouva qu'il avait raison. Ce n'était pas l'ordre de l'univers qui était en défaut^ mais le système. C'est pour éviter les complications du système de Ptolémée, que Copernic chercha une disposition plus simple, qui est précisément celle qui existe : « Il eut la satisfaction, dit Laplace, de voir les observations astronomiques se plier à sa théorie... Tout annonçait dans ce système cette belle simplicité qui nous charme dans les moyens de la nature quand nous sommes assez heureux pour les connaître K x» Ainsi Laplace

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