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Ibid

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lui, c Texistence » et la a réalité » des phénomènes i. Dès lors» comment concevoir que notre sensibilité puisse commander ainsi à Tordre des choses, et, comment les lois du mouvement^ pour plaire à notre entendement, se contraindraient-elles à former des touts composés et harmonieux ?

L'auteur établit que la loi de la pensée est Tunité. Mais, dit-il, il y a deux sortes d'unité : Tune est une unité de nécessité, l'autre une unité de convenance et d'harmonie. Or si le mécanisme dé l'univers satisfait rigoureusement à la première de ces deux unités, il faut en outre^ pour satisfaire à la seconde, que l'univers soit un organisme. Ainsi, en tant que pensée pure» l'entendement impose aux phénomènes la loi du mécanisme ; en tant que mêlé à la sensibilité, il leur impose la loi de la finalité. Nous ne pouvons comprendre cette théorie. Nous admettrions qu'on nous dit : Les phénomènes sont ce qu'ils sont, et nous n'y pouvons rien changer; peut-être sont-ils exclusivement mécaniques; mais, comme nous y voyons de l'ordre que nous ne pouvons pas expliquer, il nous plaît de. supposer une cause finale ; nous nous abandonnons à cette hypothèse, qu'elle soit vraie ou fausse, parce qu'elle nous est agréable et commode. Mais ce n'est pas ainsi que l'auteur l'entend. Il paraît croire que le mouvement tout seul n'a aucune raison pour former des composés réguliers, et même des composés quelconques; et nous avons cité de lui plus haut un beau passage, où il s'explique très-fortement . dans

!• Fondement de l'indaction, pag. 85 et suiv.

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€0 m» Miei lois du moavciiieiit oe soffiseot donc pas à ^Uquer rhanaonie de rum^eis; il y a on autre principe. Mais alors qoe fient bire id votre sensibilité Y Qn*importe que cela Toos plaise on non Y cela est paroe qae cela est, et xm parce qu'il tous est agréable qoe cela soit. On peut soatenir, si Ton Teutj dans un canse-finalisme exagéré, que Dieu n'a fait le monde que pour nous plaire, qu'il a allumé les soleils et les étoiles pour que nous puissions les contempler) Mais donner comme une preuve des causes finales ce qui n'en est qu'une conséquence excessive et exclusive, c'est intervertir Tordre des idées.

Dira4«on que par sensibilité il Êiut entendre, non la sensibi* lité bumaine, mais la sensibilité en général, et par pensée, non la pensée humaine, mais la pensée en général T Dans ce sens, on pourrait soutenir que la pensée à l'état par se manifeste dans l'univers par le mécanisme, et que, liée h la fusibilité, elle s'y manifeste par la finalité t Mais alors, \l ne s'agir^t plus de la faculté qui nous donnerait le principe des fins^ mais de la caute des fins elles-mêmes, en tant que préalablement accordées comme objet d'expérience; de la télcologie critique OQ passerait sans nous prévenir à la téléologie dogms^tique \ on supposerait doue ce qui est en question, à savoir la validée objectiYe du priacifte de fiuaUté. Enfin veut-on dire que la sensibilité bumsÂoe çt la sensibilité en géaéral Qe font qu'un^ et quei I9

i. Voir plus haat, I. I, c. V» p. 241 : « Le monde d'Epîcore avant la reocootn des atomes. ...»

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nature n'étant que le jeu de notre esprit, identique à Tesprit en général, nous sommes autorisés à conclure de Tun à l'autre ; si donc c'est un besoin de notre pensée et de notre sensibilité de concevoir les choses comme ordonnées, cela est vrai de toute pensée et de toute sensibilité, et la nature, n'ayant aucune existence objective, en dehors de l'esprit qui la pense et de la sensibilité qui en jouit, est forcée pour être quelque chose, de se conformer aux exigences de l'un et de l'autre. S'il en est ainsi, nous ne voyons là qu'une manière très-compliquée et très*enchevêtrée d'exprimer ce que nous soutenons ici, c'est que la finalité est objective et non anbjective ; car il sera toujours per* mis de distinguer Fesprit subjectif, en tant que circonscrit dans les limites de la conscience individuelle ou de la conscience huniaine, et l'esprit objectif qui anime tous les autres hommes en dehors de moi, avant moi, après moi, et qui anime également tQus les autres êtres. Que la nature existe en vertu des lois de cet esprit objectif, c'est ce qui n'est nié par aucun de ceux qui reconnaissent la finalité dans la nature : mais en tant qu'elle tire ses lois de cet esprit objectif, c'est elle qui s'impose à notre pensée et à notre sensibilité (c'est-à-dire à la seule

pensée, à la seule sensibilité que nous connaissions directement) : ce n'est pas nous qui l'imposons à la nature.

En un mot : ou bien l'on admet que le mécanisme ne peut absolument pas, malgré la théorie des chances heureuses, produire un tout ordonné ; dès lors, comme le monde en réalité nous a toujours présenté jusqu'ici un tottt de ce genre, il

faut bien reconnaître qu'il y a effectivement et objectivement un principe de finalité dans l'univers ; et la pensée, unie ou non à la sensibilité, ne peut que le reconnaître et ne le constitue pas. Ou bien au contraire, on soutient que c'est la pensée liée à la sensibilité, qui porte avec elle le principe de la fina<! lité, dès lors comment la nature peut-elle et doit-elle s'accorder avec la pensée, de manière à produire, pour lui plaire, les înnombrables prodiges d'appropriation dont se compose Punivers? Et dire que la nature c'est nous-mêmes, c'est passer perpétuellement du sens subjectif au sens objectif, suivant le besoin du moment, par un perpétuel va-et-yient d'équivoques, où s'abtme toute pensée distincte.

§ II. — Finalité immanente.

Si, d'un côté, entraîné par les tendances générales de sa philosophie critique, Kant semble conclure à la doctrine de la subjectivité des causes finales, de l'autre par certains côtés de sa théorie, il ouvre les voies au contraire à une doctrine trèsdifférente et plus profonde , qui tout en objectivant la cause finale, comme la philosophie antérieure, lui donne une nouvelle forme et une tout autre signification. C'est le lieu de revenir ici sur une réserve faite par Kant dans la Raison pure, et déjà indiquée plus haut\ mais trop importante par ses conséquences, pour ne pas être expressément mentionnée :

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