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LA FINALITE IMMANENTE 457

a Nous ne chicanerons pas ici la raison naturelle sur ce rai* Bonnement où, se fondant sur l'analogie de quelques produc* tions de la nature avec les produits de Tart humain (nos macbinesy nos vaisseaux, nos montres), elle conclut que la nature doit avoir pour principe une causalité du même genre... Peut- £tre ce raisonnement ne soutiendrait-il pas un examen sévère de la critique transcendentale i. »

Le célèbre D^ Strauss , dans sa Dogmatique chréHenne^ repro* duit cette difficulté : a Cette preuve, dit*il, est fondée sur IV nalogie de certains produits de la nature avec les ouvrages de l'art ; l'organisme ressemble à une horloge, Fœil aune lunette, le corps d'un poisson à un vaisseau, etc. Or une horloge, une lunette, etc. , sont les œuvres d'une sagesse qui a approprié les moyens à la fin; donc les produits de là nature entière sont l'œuvre d'une intelligence qui est en dehors d'elle. — Mais d'à* bori pourquoi cette intelligence serait-elle en dehors de la nature? qu^est'ce qui force à sortir de la nature? Ensuite l'analogie rn'est que superficielle : les pièces d'une machine, d'une œuvre de rindustrie humaine restent étrangères les unes aux autres ; le mouvement et Funité leur sont imprimés du dehors. Au contraire, dans l'organisation chaque partie est en communication intime, continuelle avec les autres ; elles se servent touteâ les unes aux autres de but et de moyens. Il y a précisément entre les œuvres de l'industrie humaine et celles de la nature

I. CHK de la Rais. pwê. ^ Dialect. transe. Livre II, chàp. m, sec. III. — Trad. fr. de J. Barni, p. 214.

i^ UVRB II. GHÂP. U

cette différence que l'artiste est en dehors des première^ ei forme la matière du dehors au dedans, tandis qu'U est au dedans des autres et forme la matière du dedans au dehors* la vi0 Mi la fin qui hb réalise eUe-mimê ^» »

Le nœud de la difficulté^ comme on le voit par cette ohjec* tion, est dans la comparaison des œuvres de Tart et des qsuvres de la natare. Tant qu'il ne s'agit que de la finalité, l'analogio peut aller jusque-là; mais quand il s*agit de la cause première de la finalité, l'analogie devient inexacte et insuffisante, par la raison que l'industrie humaine suppose une matière préexistante qu'elle détourne de ses fins pour l'approprier aux sienues pro* près ; tandis que la nature ne travaille pas sur autre chose qu*eUe^mème, et n'a pas besoin de sortir d'elle-même pour réaliser ses fins. £n d'autres termes, l'industriel Thomme est $9Um9t et l'industrie de la nature est interne.

Déjà Aristote avait signalé cette différence entre la nature et l'art : la nature agissant du dedans, et l'art du dehors^. Kant a approfondi cette distinction :

c Dans une montre, dit-il, une partie est un instrummt qui sert au mouvement des autres; mais aucun rouage n'est la cause efficiente de la prodaction des autres; une partie existe à eauee d'une autre et non par cellen^i; c'est pourquoi aussi la

1. Straoss, Die Christliche GlauhensUhre, 1840, t. I, p. 385. — Hegel dît égaleoneiU : « Sans doute il y a uq aceofd noerveilleiix entre tea foocUons ta divers organes; mais cette harmonie exige-t^elle un autre être en dehort de Tor* ganiftne? • {Leçons sur les preuves de Vexistence de Dieu, pag. 458.)

2. Arist, PbyB. I. II, g (éd. fierUa, 199, b. SS) ; «^ %a^ c»4» h t^ i^r^ m

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cause productive de ces parties et de leurs formes ne réside pas dans la nature (de cette matière), mais en dehors d'elle dans un être capable d*agir d'après ridée d'un tout possible par sa causalité. Et, comme dans la maclûne un rouage n'en produit pas un autre, k plus forte raison une machine n'en produitelle pas d'autres, en employant pour cela une autre matière (qu'elle organiserait). En outre , elle ne remplace pas d'elle<* même les parties perdues, elle ne répare pas les vices de la construction primitive à l'aide des autres parties, elle ne sa rétablit pas elle-même quand le désordre est entré en elle ; toutes choses que nous pouvons au contraire attendre d'un être organisé. Un être organisé n'est donc pas une simple machine, n'ayant que la force motrice; il possède en lui une vertu forma* triée 9 et la communique aux matières qui ne l'ont pas, en les organisant; et cette vertu formatrice qui se propage ne peut être expliquée par la seule force motrice (par le mécanisme) ^ » En un mot les œuvres de la nature se distinguent des (Buvrea de l'art par les trois différences suivantes : 1» L'être organisé a une vertu formatrice : le germe s'assimile successivement tou« tes lea parties qu'il emprunte au monde extérieur; 9^ il a une tertu réparutriee. Quand il $e dérange, il se répare lui»même; e^eat dans ce sens que l'on dit que la nature est le meilleur mé-^ decin : on sait encore que souvent après les Irfessures, et même lea mutilations^ les parties diatinctes se reproduisent spontané^

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