‹ Les causes finalesChapitre 80 sur 142 · Phil de la nature, § 360> tr. fr. de Vera, p · texte numérisé non relu

Phil de la nature, § 360> tr. fr. de Vera, p

iAiNËÏ. Si

482 LiVaS il, CBfkP. m

pour Hegel» riostioct fût lui-même le dernier mot de la (insilité. Avant tout, 4aQS sa pensée la QnaUté est noOmf çoaçep^, eu du wpinsnn moment de lanotion.etrinstinctn'en estqa*uneiarm9« C'est seulement daos la sv^oh^ bégéUetwe qm la finaUtâ s eit de plo^ en plus çanfopdue avec Tactiviié aveugle de la naturoi Mais Téçote qui ^ le plus décidément adopté et défeudu U doctrine de la finalité instinctive est celle de SçbopeulUiuer,

Cette école « l^e^ncoup insisté sur le principe de fiuaUté; ip^s,

comme Vécole liégélienne, elle tfûrme uue finalité inconjt* cîeute, et trouve d«ns l'instiuct le type de cette ftu«}ité

c II n'y a absolument aucune contradictiopi dit Fr^ueu^tad^ I ^pettre qu'uue force, nn iusUnct plastique erée par uqe tendance aveugle des muvres qui ensuite ^ révitlent à Veptee* dément au^ytique comoie couformep ik m but. Vw fimUH

û^n^^iem$ n'est donc p^^ une cuntr j^dipUon «» ai{;e«k», et de ta ovation d'«n créateur per^unnel du monde tendant k des boti

cupsciene résiult^^^ussi peu la négation de l'baroionie du monde^ ga« 1% négfition de rb^rpiçnie des org^^çs résulte de VaffirwA^

tion qn'nne vertu plastique ucvaniqne igit d*une U,w^ inean«« Ôwte d«w ks BltclfiS et d«ns l«s «nimap)[.. yoppQ«t)pn wUtotéliqne mtx% h cau«e e£Sci^te et 1% cau$e finale n'«8t «R M*

cun? mm^ MonUqne «veci'oippnâtiQn «ntre ta q«q«ç incuwH ciente et k c«use intelligente* Car la «aufe fimle eUe«n44M

peut être ineonsciente \ ii

1. Franensladt, Briefe ^^r die Moftgi^MftO^ l%ti(»MA^(I^P«!&^SV]t Lettre Si, p. US

Schopenhauer s'exprime de la même manière : « L'admiration et rétonnement qui ont coutume de nous saisir à la vue de la finalité infinie qui se manifeste dans la construction de l'être organique, repose au fond sur la supposition naturelle, mais fausse, que cet accord des parties entre elles et avec Tensemble de Torganisme, ainsi qu^avec ses buts extérieurs, est réalisé par le même principe qui nous sert à la concevoir et à la juger, et par conséquent par le moyen de la représentation; qu'en un mot, de même qu'elle existe pour l'entendement, de même elle n'existe que par l'entendement. Sans doute nous ne pouvons rien réaliser de régulier, ni de conforme à un but que sous la condition du concept de ce but; mais nous ne sommes pas autorisés à transporter ces conditions à la nature qui elle* même est un prius de tout intellect, et dont l'action se dis« tingue delanêtre d'une manière absolue. Elle conduit à terme ce qui nous paraît si étonnamment téléologique, sans réflexion et sans concept de but parce qu'elle est sans représentation, phénomène d'origine secondaire *. »

« Il semble, dit encore le même auteur ^ que la nature ait Youlu nous donner un commentaire éclatant de son activité productrice dans l'instinct artistique des animaux ; car ceux-ci nous montrent de la manière la plus évidente que des êtres peuvent travailler à un but avec la plus grande sûreté et précision, sans le connaître, et sans en avoir la moindre représentation...

i. Vie Welt aU Wille, (T. II, ch. 26.) 2. Ihid.

484 LIVRB II, CHAP. lll

Les instincts artistiques des insectes jettent beaucoup de lumière sur l'action de la volonté sans connaissance qui se manifeste dans les ressorts internes de Torganisme, et dans sa formation... Les insectes veulent le but, en général, sans le connaître, précisément comme la nature quand elle agit d'après des causes finales : ils n'ont même pas le choix des moyens en général : c'est seulement le détail qui dans les cas particuliers est abandonné à leur connaissance, b

Telles sont les raisons des partisans de la finalité inconsciente. Mais cette doctrine, avons-nous dit, peut prendre deux formes. La finalité peut être considérée comme un instinct, et c'est la doctrine de Schopenhauer, ou comme une idée, et c'est la doctrine de Hegel. Étudions d'abord la première, la seconde sera l'objet du chapitre suivant.

Attribuer à la nature une activité imtincHvBy c'est dire que la nature agit comme les abeilles et la fourmi, au lieu d'agir comme les hommes : c'est le zoomorphisme substitué à Tanthropomorphisme. Nous n'y voyons aucun avantage.

En eflet la vraie difficulté, la difficulté profonde en cette question, c'est que nous ne pouvons expliquer l'activité créatrice de la nature, qu'en la comparant à quelque chose qui est dans la nature même , c'est-à-dire qui est précisément un des effets de cette activité. C'est ce que Kant exprimait par ces paroles : « Peut-on faire dériver la possibilité interne de la nature agissant spontanément {laquelle rend d'abord possibU tout art et peut-être même la raison), d'un autre art encore,

mais d'un art surhumain? » Cette difficulté, la vraie , la seule, s'applique évidemment à Thypothèse d'un instinct primitif tout aussi bien qu'à l'hypothèse d'une intelligence primitive. L'instinct n'est pas moins un fait de la nature que l'intelligence elle-même; et, dans l'un comme dans l'autre cas, on transfor* mera l'efiet en cause.

Que si l'on se contente de dire, comme Schopenhauer, que l'instinct n'est qu'un commentaire de l'activité créatrice, c'està-dire un symbole, un exemple qui peut en donner quelque idée, on se demandera en quoi ce commentaire est plus lumineux que celui que nous trouvons dans l'intelligence, ou dans le mécanisme proprement dit. Il y a en effet dans la nature trois modes d'action, le mécanisme, l'instinct et la pensée. De ces trois modes, deux seulement nous sont connus d'une manière distincte : le mécanisme et l'intelligence. L'instinct est ce qu'il y a de plus obscur, de plus inexpliqué. Pourquoi des trois modes d'action de la nature, le commentaire le plus lumineux de l'activité créatrice serait-il précisément celui auquel on ne comprend rien ? Toute la science, depuis Descartes, tend à supprimer les qualités occultée : l'instinct est essentiellement une qualité occulte : le choisir pour faire comprendre la finalité, lorsqu'il est lui-même le cas de finalité le plus incompréhensible, n'est-ce pas expliquer obscurum per obseuriusf Enfin entre les trois modes d'action de la nature, l'un inférieur, l'autre supérieur, l'autre intermédiaire, pourquoi choisir comme type précisément celui qui n'est qu'un moyen terme? Le méca-

486 l'I'^HB II, GHAP. lU

nisme est infi&rienr; mais il a l'ayantage d'être le plus simple de tous ; rintelllgence est le plus compliqué » mais elle & Tayantage d'être le terme le plus élevé. L'instinct n'offre ni l'un m l'autre de ces deux avantages : phénomène moyen, il semble bien n'être qu'un passage de l'un à l'autre, du mécanisme à l'intelligence, n'être qu'un cas plus particulier et plus complexe du premier, ou l'état rudimentaire du dernier. En tout cas, il semble n'avoir en aucune manière le caractère d'un principe.

A un autre point de vue, l'instinct tombe encore sous les mêmes difficultés que rintelllgence i on reproche en effet i celle-ci de ne nous être connue que sous la condition de l'organisation. Sommes-nous autorisés, dit-on, à supprimer cette c(mdition, et à nous représenter à l'état pur, et comme antérieure il la nature une faculté qui ne nous est donnée que comme un résultat? Quelle que soit la valeur de cette objeôtion^ eUe vaut aussi bien contre l'instinct que contre l'intelli* gence : car l'instinct comme l'intelligence est lié & l'organisa^ lion : il n'y a pas plus d'instinct que d'intelligence dans lei êtres inorganiques*

Mais si l'hypothèse de la finalité instinctive n'offre aucon avantage sur celle de la finalité intelligente» en revanche eUs présente de bien plus] grandes difficultés. 11 reste toujours à savoir comment une cause >tteint un but par des moyens appropriés, sans avoir ni connu ce but, ni choisi les moyens? Il &ut se rendre bien compte de la question. Admet-on, on U'adme^pn pas l'idée de but? Si on l'admet^ cette idée implique

LA FINALIUS fîT L'INTENTION 4OT

néceâsairômetit, qu'on le Veuille oti non^ que tel résultat étant prédéterminé (par exemple voir ou entendre)) la cause efficiente, qui en tant que cause efficiente était Busceptible de prendre des millions de directions différentes» a circonscrit le choix de ces directions à celles qui pouvaient amener le résultat demandé, or qu'une cause occulte produise cette Umltation et détermination , sans qu'Où dise pourquoi , c'est toujours en revetilr k l'tiypothèse du liasard.

Dira-^t^ou qu'une seule de ces directions était possible, et que toutes les autres sont exclues par la nature même de la causer c'est alors écarter la cause finale pour, revenir à la cause effl* ciente ; c'est le splnorisme* En effet, que vient fliire ici l'idée de Dut, et en quoi est-11 but, si chacun dés effets est contenu anté* rîeurement dans celui qui précède^ et si tous ensemble ne sont que le déroulement de la nature de chaque être f Dans cette hypothèse, il n'y a pas plus de cause finale en physiologie qu'en géométrie.

Dire avec Sehopenhauer : « Dé ce que la finalité existe pour rintelligence ^ il ne s'ensuit pas qu'elle existe par rintelli*gence, » c'est au fond supprimer la finalité» Il f^ut choisir entre la finalité aubjéôti/oê et la finalité i^èêtineH^ê. Si la finalité n'existe que pour l'intelligencej eu réalité elle n'existe pas du tout : c'est un phénomène illusoire* « C'est notre entendement, dit SchopenhaUer, qui saisissant l'objet au moyen de ses pro*< près formes, temps, espace, causalité, produit d'abord la pluralité et divisibilité des parties et de leurs fonctions^ et tombe

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ensuite dans Fétonnement sur la parfaite harmonie et coopération de ces parties résultant de l'unité originelle : en quoi, par conséquent, il admire sa propre œuvre ^ » S'il en est ainsi, la finalité n'est qu'une conception subjective : mais alors, Fobjection de Herbart citée plus haut^ revient : si nous portons avec nous le concept de finalité, pourquoi ne l'appliquons-nous pas partout, et à toutes choses, comme la causalité? Si nous ne le faisons qu'à l'égard de certains objets, c'est que ces objets présentent certains caractères particuliers : ces caractères ne viennent pas de nous; ils doivent donc avoir une cause objective : or rinstinct n'est^pas une cause : c'est une non-cause; car entre l'indétermination de la faculté instinctive et la détermination rigoureuse du but, il y a la disproportion de l'infini au fini.

Au reste l'insuffisance de la théorie de Schopenhauer est confirmée par l'aveu et la réforme même de son disciple et successeur Hartmann, qui sans aller lui-même jusqu'à la conception de la finalité intelligente, fait cependant un chemin de retour vers cette conception* En effet, Schopenhauer avait séparé complètement la volonté et la représentation (der WiUe und die Vorstellung). La représentation» qui est le fond de l'acte intellectuel, n'était pour lui qu'un fait secondaire {ganz seeundaren Ursprungs). Hartmann, au contraire, rétablit le lien entre ces deux faits , et il dit très-justement : c La tendance

2* Voir page 475.

n'est que la forme vide de la volonté,..^ et comme toute forme vide n'est qu'une abstraction, le vouloir est existentiel ou actuel seulement dans son rapport avec la représentation d'un état présent ou futur. Personne ne peut en réalifé vouloir pU' rement et simplement, sans vouloir ceci ou cela. Une volonté qui ne veut pas quelque chose n'est rien : ce n'est que par la détermination de son contenu que la volonté acquiert la possibilité de l'existence, et ce contenu est représentation. Ainsi donc, point de volonté sans représentation, comme Ta déjà dit

AristOte : ôpexTtxov Se oOx aveu <pavTa(r(aç (D. an. III, 30) ^. » .

C'est là, ajoute Hartmann, la cause de Terreur et de « l'insuffisance {die Halbheit) de la philosophie de Schopenhauer qui n'avait reconnu comme principe métaphysique que la volonté, et faisait naître la représentation ou l'intellect matériellement. »

Hartmann admet donc que la volonté est impossible sans représentation : seulement, pour lui, cette représentation est primitivement inconsciente : la finalité resterait donc toujours finalité inconsciente. Néanmoins, il y aurait un grand pas de fait : on aurait accordé à la cause première le réel de l'intelligence, sauf à ne considérer la conscience que comme un phénomène accessoire, ce qui reste à discuter. Il ne s'agirait plus d'une cause inintelligente, mais d'une intelligence inconsciente, ce qui est différent. La question change de terrain : peut-il y avoir des représentations sans conscience? Tel est maintenant

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