‹ Les causes finalesChapitre 81 sur 142 · Philos, der Unbewusstenf A, IT · texte numérisé non relu

Philos, der Unbewusstenf A, IT

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le point du débat. Hartmann cite Topittion de Kant et de Leibniz : mais ces deux auteurs parlent plutôt de perceptions obscures, indistinctes , d*une conscience extrêmement faible, que de perceptions absolument inconscientes dans la rigueur des termes. Nous n'avons pas d'ailleurs à nous engager dans ces questions qui nous éloigneraient trop de la discussion actuelle. Réintroduire en effet dans Tactivitê la représentation, même inconsciente , tfest revenir en partie à la conception hégélienne qui ramène la finalité à la notion , au concept, à Tidée, et non pas seulement au pur instinct. Or, ce point de vue est celui qui nous occupera dans le chapitre suivant.

Cette dernière transformation de Vhylozdîsim (car la philosophie de Schopenhauer ne mérite guère d'autre nom) suffit à montrer le vide de Texplication de la finalité par Pinstinct.' Mais si la finalité instinctive nous parait inadmissible, nous reconnaissons cependant que la finalité inténtidnnetlô a ses difficultés, qu'il faut examiner de plus près.

La discussion la plus approfondie que nous connaissions eon-* tre rintentionnalisme est celle d'un philosophe hégélien, Fortlage, dans son Histoire des premes de feodstenûe de Dieu *é

Cette discussion résume et complète toutes les difficultés énumérées précédemment. Nous la reproduisons ici :

« L D'après l'argument de Paley, partout où il y a finalité, B

1. Darstellung und Kritik der Beweise furs Daseyn Gottet, Ileidelberg, 1840, p. 237 et sqq. — Bedenken ge^en die Pale^êchf sçh\H»sform, DiOlcplUd QODU^ |'arg;ument de Paley«

LA FINALITB £T L'INTfiNTIOI^ 49I

doit y avoir prélente et en ftcte la conception d'an bot ft at« teindre, et par conséquent une intelUgencô en qui réside ce concept. Si donc on peut produire un seul cas où un but est atteint sans que le concept du but intervienne nécessairement^ Targument est entamé. Par conséquent, pour soutenir cet argu« ment, je suis forcé, partout où la nature par une impulsion aveugle ou par une force secrète de conservation, atteint son but d'elle-même, je suis forcé, dis»je, de recourir sans nécessité au créateur. Par eiemple, si le but (Zu>$eh) de la conservation de soi-même se manifeste dans l'animal, et at«* teint son objet {Ziel) par la préhension de la nourriture, si le but {Zweoh) de la dureté se manifeste dans la pierre comme force de cohésion de ses atomes, et atteint son terme {Ziel) par leur attraction réciproque, je ne peux plus voir le but dans les forces naturelles elles-mêmes (par exemple, dans la cohè* sion, la dureté, dans la faim> Tiustinct de conservation); mais je dois séparer violemment l'un de Vautre* 9

€ On se voit bient6k entraîné h d'autres conséquences encore plus extrêmes. Dans Tactivité artistique du genre humain, par exemple, il se manifeste des buts qui sont atteints par un sentiment agissant & Taveugle, et non pas par un calcul de l'esprit* Combien de fois la critique a-t-elle pu découvrir à un homme de génie des buts atteints après coup auxquels il ne songeait pasi Un calcul quelconque de l'entendement eùt^^il pu présenter à l'esprit de Mozart pour la peinture de certaines émotions de r&me des moyens aussi bien appropriés que ceux que trouvait

ion génie sous Tinfluence de Tinspiration 7 Mais, si la preuve de Paley est considérée comme valable , nous ne pouvons admettre aucun cas où un but déterminé soit atteint par des moyens déterminés, sans que la conception du but se rencontre com me telle dans un certain entendement, et sans que les moyens aient été choisis pour le but par un arrangement intentionnel. Il faut donc croire que, pendant que Mozart composait, l'entendement divin l'assistait comme un maître de calcul, et que pour le but de la passion à exprimer, il lui jetait dans le cœur à mesure qu'il en avait besoin, les moyens soigneusement choisis et appropriés. Si au contraire on nous accorde un instant que Mozart a pu atteindre un seul but dans sa musique par un instinct de sentiment, sans calcul de l'esprit, Targument reçu est entamé ; il peut servir encore & persuader, mais non plus à convaincre. »

a IL Les mathématiques nous donnent un grand nombre d'exemples de finalité atteinte, sans aucun but proposé d'avance, ou pour parler plus exactement de finalité que nous ne considérons pas habituellement comme telle, parce que le but atteint ne parait pas plus important que les moyens appliqués. Kant parle de cette téléologie mathématique dans la Critique dujuge^ ment *.

a D*où vient que, dans ce cas, nous ne nous émerveillons pas comme dans les autres cas sur des arrangements inten-

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