‹ Les causes finalesChapitre 91 sur 142 · O'itique du jugement, g LXXXV · texte numérisé non relu

O'itique du jugement, g LXXXV

Vfl LIVRE II, CiiAP. V

€ Les esprits les frios Tokaîres, dîl Adoi, s'aeconleDt à lé* {lODdfe que rbomme ne peut étie le bal final de la cicatioa que CDmoie éire icoiaL A quoi sert-îU din4-eii, que cet bomme ait taatde talent et d'activité, que, idatÎTemeot à ses intérêts aossi b.en qu'à cem d'antmi, il ait mie si gruide nalenr, s'il manque d'une homme tdontê^ si, à cmâdéra' en lui rîDtérieor, il n'est qa*nn objet de mépris? m Eo considérant non seulement lliomme, mais tont être mond en gé* néral, comme le but de la création, c noos avons nne rusoo poor être autorisés à regarder le monde comme un Sfsièiiie de causes finales. > Le monde a pour bot de deveiiir le tbéàlre, riostroment, Fobjet de la moralité. Pour être approprié à cette Sa, il Huit déjà qu'il soit susceptible de finalité; il bot que les degrés inlërieiirs soient les écbdons par lesquels la natme s'élève i s<m damier terme : il &nt une succession de fius r«2atites qui rende possible cette fi» absolue.

Eu effet, la moralité seule mérite le nom de fin absolue : et par là se trouve résolue l'antinomie signalée plus baut Dieu ne peut sortir de lui-même que pour une fin absolue; et d'autre part, s'il poursuit cette fin absolue, il semble qu'il n'en poisse trouver d'autre que lui-même, et par conséquent qu'il ne doive pas sortir de soi. Hais autre chose est de dire : Dieu, en créant, n'a en pour fin que lui-même ; autre cbose dire : Dieu a en pour fin une nature dont la fin serait lui-môme I^ terme de l'action divine, c'est la nature ; le terme de la natuie, c'est Dieu. Si vous s;]pp:i:!i z la première de ces propositions,

la nature n'aurait aucune valeur par elle-même : pourquoi Dieu alors la créerait-il? Que ne reste-t-il en repos? Si, au contraire, on supprime la seconde^ la nature non plus n'aurait plus de but final, de but absolu, et pourquoi encore Dieu Taurait-il créée? Mais son action sort de lui, en tant qu'il crée une nature, et que c'est bien cette nature, en tant que nature créée, qui est son objet; et elle revient à lui en ce que cette nature ne se suffisant pas à elle-même, ne trouve sa signification et sa raison d'être, et sa fin que dans l'absolu.

Mais comment la nature prend-elle une signification absolue? Sera-ce donc en s'anéan tissant dans l'absolu? Non; car alors il eût été bien plus simple de ne pas la créer. Est-ce en s'absorbant en lui, en se perdant en lui, en s'oubliant? Non ; ce sont autant de formes de l'anéantissement. Si Dieu a créé la nature, c'est pour qu'elle soit et non pas pour qu'elle ne soit pas ; c'est pour vivre, non pour mourir. Le but de la nature est donc de réaliser en elle-même l'absolu autant qu'il est possible, ou si Ton veut, c^est de rendre possible la réalisation de l'absolu dans le monde. C'est ce qui a lieu par la moralité.

N'oublions pas maintenant que, s'il n'y a point de fins dans l'univers, il n'y en a pas plus pour Thomme que pour la na^ ture, qu'il n'y a pas de raison pour que la série des causes soit mécanique jusqu'à l'apparition de l'homme et devienne téléo^ logique à partir de l'homme. Si le mécanisme règne dans la nature, il règne partout, et dans la morale aussi bien que dans

la physique. Sans doute, il pourrait encore y avoir des fins subjectives et contingentes, le plaisir ou l'utilité, mais non pas des fins inconditionnelles et absolues, des fins vraiment morales. La morale est donc à la fois Taccom plissement et la dernière preuve de la loi de finalité.

tmimi'^'mf^m

LE peobUme 0e l'induction.

(Ut. I| eh I, p. 33).

L*auteur d'un travail très-distingué et qui a fait sensation, sui^ le Fondement de Vinduction, M. Lachelier, que nous avons ren* contré plusieurs fois dans le cours de ces études, a posé très-net< tement le problème de l'induction. Mais lorsqu'il passe à la solution de ce problème^ il nous paraît tomber dans le défaut signalé par Aristote, et qu'il appelle |AeTa6aXXeiv eîç dEXXo yevoç, passer d^un genre à un autre. Il pose en effet un problème logique ; il y répond par une solution métaphysique. Comment passe-t-on de quelques à tous? se demande-t-il (ce qui est une difficulté logique), » La pensée est le fond des choses, répond-il ; vraie ou fausse, cette réponse est ontologique, et ne va pas à la question. Au point de vue logique, l'auteur semble se contenter de la solution écossaise, à savoir la croyance à la stabilité des lois de la nature : il formule seulement ce principe avec plus de précision, en le décomposant en deux autres : le principe des causes efHcientes et le principe des causes finales ^; puis il se hâte de passer à la question ontologique qui

1 . C'est d'ailleurs encore une question de savoir si le principe des causes finales i^it (Mirtie intégrante du principe inductif . Nous ne le croyons pas ; car ce n'est que par induction^ selon nous, qu'on peut s'élavarà la oune flaak. Voir pku loUkf p. 600;

l'est pas en cause, ou qui du moins ne sert à rien pour résoudre la difficulté posée.

Un autre philosophe qui a traité la même question, M. Ch. Waddington ^, nous panût, au contraire, avoir mis le doigt sur la vraie difficulté. La voici exprimée avec précision : c Que signifie, dit-il, cette prétendue majeure : les lois de la nature sont générales et stables? Cela veut dire que la nature est soumise à des lois, et pas autre chose. Or, avec une telle proposition, le plus habile logicien«ne pourrait démontrer la vérité d'une seule loi. Prenons pour exemple cette proposition banale : Tous les corps tombent; nous donnera-t-on pour un raisonnement valable, le sophisme que voici : La*nature est soumise à des lois. Or, quelques corps tombent. Donc c'est la loi de tous les corps de tomber, i Le même auteur dit encore avec raison que c si cette croyance à la stabilité des lois était capable de justifier une seule induction^ elle les justifierait toutes. L'er* reur et la vérité, les hypothèses les plus gratuites et les lois les plus constantes, seraient également démontrées. > Voilà, en effet, la vraie difficulté. La croyance générale à la stabilité des lois de la nature, fût-elle admise à priori, comme principe, ne peut nous servir de rien pour déterminer aucune loi en particulier. Lors même que j'accorderais que les lois sont constantes, ou, en d'autres termes, qu'il y a des lois (car qui dit loi, dit une règle constante), cela ne m'apprendrait pas que tel phénomène est une loi, par exemple, la chute des corps abandonnés à eux-mêmes. Reste toujours la question de savoir : Comment savons-nous que c'est là une loi? Comment passons-nous du particulier au général? — C'est l'expérience, dira-t-on, qui en décide. — Mais la question revient toujours : car l'expérience ne fait que multiplier les cas particuliers; et je demande encore à quel signe je reconnaîtrai qu'un fait cesse d'être accidentel et devient une loi générale. — C'est par la répétition, dira-t-on? — Mais quelle est donc la vertu de la répétition? et qu'est-ce que le nombre des cas répétés, en comparaison de l'infini, que j*affirme aussitôt que Tinduction est

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