‹ Les causes financières de la Révolution française (volume 2)Chapitre 4 sur 54 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

plus complaisants que les membres des cours souveraines.. On critiqua les choix du ministre dès qu'ils furent connus, on accabla de railleries les Notables, à raison de la servilité qu'on leur supposait, on leur dénia hautement le droit de consentir à aucune augmentation des contributions, et le mot d'États généraux fut bientôt dans toutes les bouches. Les mauvaises dispositions du public devinrent plus défavorables encore, quand on sut que Galonné en était réduit à emprunter 70 millions à la Caisse d'escompte, et quand on apprit qu'afln de soutenir les cours des effets royaux à la Bourse, il avait fourni à des intermédiaires, connus comme les pires agioteurs, des sommes importantes, qui furent, du reste, perdues dans une spéculation insensée.

Les dispositions des Notables seraient-elles meilleures? Comme Calonne les avait nommés, il était supposable qu'ils hésiteraient à se prononcer contre lui. Mais il avait cru inutile de s'assurer préalablement de leur dévouement à sa personne et de leurs tendances plus ou moins libérales. Bien plus, au fur et à mesure qu'ils arrivèrent a Versailles, il ne se mit pas en relation avec eux, ne leur parla pas des projets qu'il comptait leur soumettre et ne chercha aucunement a s'entendre avec quelquesuns d'entre eux, afin qu'ils défendissent dans l'assemblée sa politique. Il commit une autre imprudence : aucun des rapports qui devaient être adressés aux Notables n'ayant été rédigé d'avance, il recula à plusieurs reprises la date de la séance d'ouverture et laissa de la sorte à une foule d'intrigues le temps de se nouer. Sur ces entrefaites, Vecgennes mourut, et la disparition de ce ministre qui aurait pu le conseiller, en imposer a ses adversaires et inspirer au roi quelque fermeté, le laissa sans appui dans le ministère, car ses collègues ne cachaient pas leur hostilité. Il ne s'en émut pourtant pas, et lorsque l'assemblée se réunit le 22 février, il parla en orateur certain d'un écla-

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