‹ Les causes financières de la révolution françaiseChapitre 11 sur 68 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

les passions par Tanalyse du cœur humain ; l'envie de plaire, par des opinions ; les amusements, par des plans, des projets \ »

Dans ces conditions, Tappui des salons n'était pas, pour le gouvernement, chose facile à obtenir. Les ministres, cependant, se montraient en général très désireux de le mériter, et la faveur de la cour ne leur .suffisait plus. L'approbation des nobles imbus de doctrines philosophiques» des bourgeois libéraux, des écrivains légers ou sérieux et des abbés mondains, fut l'objet de l'ambition de plusieurs d'entre eux, çt Necker a reconnu en ces termes l'empire qu'exerçait l'opinion publique : « Favorisée par diverses causes, elle s'est accrue successivement; elle règne sur tous les esprits, et les princes eux-mêmes la respectent, toutes les fois qu'ils ne sont pas entraînés par de trop grandes passions... La plupart des étrangers ont peine à se faire une juste idée de l'autorité qu'elle exerce en France. Ils comprennent difficilement ce que c'est qu'une puissance invisible qui, sans trésors, sans gardes et sans armées, donne des lois à la ville, à la cour, et jusque dans les palais des rois... Elle seule, au milieu d'un siècle dépravé, fait entendre sa voix, et sembley tenir les grands jours et comme les assises de Thonneur ' ».

Un roi qui eût compris que la France avait soif de réformes, qu'elle ne supportait plus qu'avec peine d'être tenue à l'écart de la direction de ses propres afiaires, que, spécialement, elle estimait odieux les privilèges des deux premiers ordres, et qu'elle souhaitait avec ardeur un remaniementdansle systèmedes impôts pour en chasser l'inégalité et l'arbitraire, un tel prince eût trouvé dans l'opinion

• Talleyrand, Mémoires, I, 60 et sniv.

* Introduction à V Administration des finances de la France,

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