XIV INTRODUCTION
publique un précieux concours lelleTaurait aidé à triom. pher des résistances de l'intérêt privé et de la routine^ Louis XVI malheureusement ne possédaitpas les qualités qui lui eussent été nécessaires dans un temps comme celui où il vivait. Incapable de se rendre compte des désirs de son peuple, d'apprécier la légitimité des changements réclamés, et de prévoir les dangers auxquels il exposerait le trône en ne donnant pas satisfaction au besoin d'améliorations qui était ressenti par tout le royaume, il ne parvint jamais à arrêter dans son esprit flottant et nuageux une politique déterminée : soit favorable aux réformes, soit contraire aux idées réformatrices. Il les pratiqua l'une et Tautrq tour à tour, les adoptant et les abandonnant au hasard, sans dessein prémédité. 11 inspira ainsi à l'opinion libérale des espoirs suivis dedéceptions, irrita son impatience, et par sa versatilité, par sa faiblesse, la convainquit que si la nation ne se mêlait pas elle-même de ses affaires, toute modification sérieuse au régime établi échouerait.
Il n'eut même pas le mérite de bien placer sa confiance : « Ce n'est pas, dit Machiavel, une chose de peu d'importance pour un prince que le choix de ses ministres, qui sont bons ou mauvais, selon qu'il est plus ou moins sage lui-même. Aussi quand on veut apprécier sa capacité, c'est d'abord par les personnes qui Fentourent que l'on en juge. Si elles sont habiles et fidèles, on présume toujours qu'il est sage lui-même, puisqu'il a su discerner leur habileté et s'assurer de leur fidélité; mais on pense tout autrement si ces personnes ne sont point telles ' ». Or, on sait quels sont les ministres que Louis XVI prit pour guides : d'abord un vieillard égoïste, Maurepas,
* Machiavel, Le Prince; OEuvres complètep, 111, !30.