‹ Les causes financières de la révolution françaiseChapitre 13 sur 68 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

parfait représentant de la classe des grands seigneurs spirituels et frivoles, mais incapable de comprendre et de partager les nobles passions qui voulaient que le gouver* nement introduisit plus de justice dans la société; ensuite un prudent diplomate, Yergennes, habile à diriger les relations extérieures de la monarchie, mais imbu de ridée que la moindre atteinte portée aux institutions serait périlleuse, et n*ayant pas assez de perspicacité pour distinguer l'abîme auquel les procédés financiers de Galonné menaient la royauté; enfin un prélat ambitieux, Brienne, doué pour tout talent du génie de Tintrigue.

Au début de son règne, Louis XVI paraît pourtant avoir senti que divers abus étaient à corriger et que Tadminis* tration de son royaume gagnerait à certaines modifications. Il appela en effet au ministère, d'abord Turgot et Malesherbes, puisNecker. Mais qu'on ne s'y trompe pas : s'il confia à Turgot la direction de ses finances, ce n'est pas à la suite d'entretiens qu'il aurait eus avec lui et dans lesquels il aurait apprécié soit son rare mérite, soit l'opportunité en même temps que les avantages de la ligne de conduite que celui-ci comptait suivre. Non, il lui confia le portefeuille de la marine, et ensuite le contrôle général, simplement parce que Maurepas le lui avait conseillé, et le ministre d'État ne recommanda Turgot au roi que parce qu'il le savait honnête homme, grand travailleur et fort goûté de la secte philosophique à laquelle appartenaient tous les écrivains en renom : ces dispensateurs de la renommée allaient donc immanquablement «hanter les louanges du vieux ministre. Voltaire et les encyclopédistes vantèrent en eifet l'entrée de l'ancien intendant de Limoges dans le conseil du roi. Seulement il arriva une chose que Maurepas n'avait point prévue :

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