‹ Les causes financières de la révolution françaiseChapitre 16 sur 68 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

se suffit à lui-môme, en ce sens qu'il n*â pas besoin d*ètre^ gagé par un accroissement du produit des impositions. A son avis, la France n'avait pas à se préoccuper d'autre chose que de négocier des emprunts, tant que durerait la guerre. La paix faite, il espérait que l'impulsion qu'en recevrait la production agricole et industrielle améliore-* rait le rendement des impôts, et que cette plus-value, jointe à celle produite par la modification de quelquesunes des taxes en vigueur, suffirait pour couvrir l'augmentation de charges occasionnée par l'élévation de la dette publique. « C'est par la modération des impôts que le travail, cette source générale des richesses, est encouragée», a-t-il écrit plus tard*. En thèse générale, rien n'est plus vrai. Toutefois la modération des impôts est affaire de circonstance, et autant il est déraisonnable d'accroître les taxes pour se livrer à des dépenses inutiles, autant il est impardonnable de se refuser aux sacrifices qu'exige l'état de guerre.

Le système de Necker, en grevant l'avenir au profit du présent ne constituait qu'une mauvaise contrefaçon du système anglais, car les ministres et le parlement britanniques avaient toujours soin, avant de négocier un emprunt, de le gager par la création de nouvelles recettes. Il était d'autant plus dangereux à pratiquer en France, que l'équilibre n'existait pas entre les dépenses. Turgot et son successeur immédiat, Clugny, avaient établi que le déficit annuel montait à 30 ou 40 millions, et qu'en outre, les anticipations, c'est-à-dire les paiements assignés sur les rentrées d'exercices futurs, absorbaient 50 à 60 millions de fonds non encore échus. Sans être

*• Administration des finances et la France ^ II, 364.

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