‹ Les causes financières de la révolution françaiseChapitre 19 sur 68 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

procurant un traitement convenable et en se chargeant de Tentretien des églises. Ce n'étaient pas là des idées nouvelles; elles avaient déjà été exposées sous le ministère de l'abbé Terray. Il avait paru alors à maintes personnes atteintes par les mesures de ce contrôleur général, que les biens ecclésiastiques formaient une sorte de réserve à la disposition de l'État; que mieux valait les aliéner au profit de celui-ci, que d'accabler les contribuables sous le poids des taxes et que de réduire les arréi'ages des rentes. Le gouvernement de Louis XVI ne goûta pas plus cette thèse que celui de Louis XY ; mais elle continua de séduire beaucoup d'esprits, elle fut reprise dans les cahiers rédigés lors de la convocation des Etats généraux, et l'Assemblée Constituante se les appropria.

Après quatre ans et demi de ministère et les services qu'il avait rendus, Necker, estimé du roi et sûr de la faveur publique, voulut mettre le sceau à sa réputation en levant pour la première fois le voile épais qui avait jusqu'alors dérobé à la nation la connaissance de ses finances. Cette initiative était d'une hardiesse que ne distinguèrent ni le roi, ni Maurepas.

Il avait toujours été admis en effet qu'un des privilèges du monarque consistait à être maître absolu des tributs levés sur ses sujets, à les répartir à son gré entre les différents départements ministériels, à ne pas avoir de comptes à rendre, et à ne pas même permettre que personne, en dehors des membres de son Conseil, sût à quel chiffre montaient les revenus de l'État. Le secret qui enveloppait l'emploi fait par le roi de l'argent de la France était présenté comme une nécessité politique, car, disaiton, il importe que l'étranger ne soit pas mis au courant

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