‹ Les causes financières de la révolution françaiseChapitre 20 sur 68 · INTRODUCTION XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXV

de la situation parfois gênée du Trésor, et qu'il sache seulement qu'un roi de France est toujours ^ssez riche pour ne pas reculer devant les entreprises qu'exige la grandeur nationale. En outre, l'intérêt du souverain à ne pas consacrer le produit des impositions à de mauvais usagea et à s'en servir pour la gloire de sa couronne, était donné comme une garantie suffisante d'intelligente gestion. N'étant pas consulté sur les sommes qu'il aurait à payer, n'étant pas davantage renseigné sur les dépenses, le pays s'était presque désintéressé de la question du bon ou du mauvais emploi de ses contributions, et pourvu que le gouvernement ne lui réclamât pas de nouveaux sacrifices, il ne témoignait aucune curiosité indiscrète en matière budgétaire. Mais cette indifiërence ne ferait-elle pas place à une ardente curiosité, le jour où un ministre lui aurait indiqué le montant des somnres versées par lui sous diverses formes au Trésor, le total et la décompositioai des crédits soldés annuellement, ainsi que l'écart ou l'équilibre entre les recettes et les dépenses? Ces renseignements lui ayant été une fois fournis, ne se croiraitil pas en droit de les exiger à l'avenir? N'allait-il pas penser que la publicité empêcherait les gaspillages, que Tadministration des finances avait chance d'être menée d'autant plus prudemment qu'elle se sentirait surveillée de plus près, et que si les revenus du Trésor excédaient ses charges, il y avait tout profit à le proclamer, que si au contraire un déficit existait, mieux valait ne pas le cacher, afin d'y parer le plus tôt possible? Seulement, que deviendrait alors le pouvoir absolu avec lequel la royauté disposait de la fortune de la France? N'était-il pas exposé à être compromis et amoindri par l'innovation de Necker?

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