‹ Les causes financières de la révolution françaiseChapitre 23 sur 68 · INTRODUCTION XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXI

les privilèges. Ils trouvèrent surtout odieux ceux qui exemptaient de la plus grande partie des impôts les membres de la noblesse et du clergé. En effet, ils se sentaient accablés par une multitude de taxes aussi mal assises que mal réparties. Comment n'auraient-ils pas dès lors prétendu alléger le fardeau qu'ils étaient seuls à supporter, en réclamant que les nobles et les ecclésiastiques, en eussent aussi leur part? L'extension des impôts aux classes privilégiées leur semblait d'autant plus équitable, que celles-ci étaient réputées plus riches et possédaient réellement des biens immenses. Durant tout le cours du règne de Louis XVI, ces sentiments ne firent que grandir. A l'époque où nous nous arrêtons, ils étaient déjà partout répandus. Ils étaient destinés à s'accentuer encore, et grâce à l'impulsion des idées nouvelles, aux désordres financiers de la fin du règne et à l'apathie gouvernementale, ils allaient acquérir, à la veille de la réunion des Etats généraux, la force d'un courant irrésistible.

Ceci sera, au surplus, mis en lumière dans un prochain volume. Il relatera aussi les actes de l'administration des contrôleurs généraux qui ont succédé à Necker, la progression des emprunts et du déficit, l'intervention stérile de rassemblée des Notables , la rentrée en scène des parlements, la politique néfaste de Necker, quand il eut obtenu pour la seconde fois la direction des finances, enfin les vœux divers émis dans les bailliages. Les antécédents de la Révolution étant de la sorte passés en revue, nous aborderons l'histoire financière de l'Assemblée Constituante dans des conditions qui en faciliteront singulièrement l'étude.

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