VI INTRODUCTION
Au contraire, que se passa-t-il? Le gouvernement de Louis XY se trouvait en présence de dettes très considérables. Les dépenses ordinaires dépassaient les revenus normaux. Il aurait donc fallu renoncer aux dépenses inutiles et restreindre notamment celles de la cour. Le roi et ses ministres n*en eurent pas le courage, et ils augmentèrent les contributions, en même temps qu'ils négociaient de nouveaux emprunts. Ces deux mesures soulevèrent un mécontentement général: le roi avait en effet promis que les relèvements de taxes édictés pendant la guerre cesseraient avec les hostilités. Or, comme aucun document ne renseignait le public sur la gestion financière ; comme les parlements, investis pourtant du droit d'enregistrer les édits bursaux, ne connaissaient euxmêmes ni le chiffre des charges annuelles de TËtat, ni celui des charges extraordinaires imputables à la guerre, ni remploi des tributs levés sur les peuples ; comme enfin il n'était pas un Français qui, à voir le faste dont s'entourait le monarque et les faveurs qu'il prodiguait autour de lui, ne crût les ressources dont il disposait très supérieures aux besoins réels de la chose publique, un mouvement général d'opinion se prononça contre les sacrifices exigés du pays après la signature de la paix. Il fut si fort que les cours souveraines s'en firent l'écho ; elles reprochèrent au roi de manquer à ses engagements, elles réclamèrent des économies, et la cour des Aides engagea Louis XV, dès 1763, à convoquer les États généraux. L'opposition parlementaire ne pouvait pas à la vérité forcer la main au gouvernement, et un lit de justice en avait raison. Mais elle excitait l'esprit public contre « le despotisme ministériel », elle donnait naissance à une foule de brochures, bref, elle était gênante. Bientôt les