‹ Les causes financières de la révolution françaiseChapitre 7 sur 68 · INTRODUCTION - IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION - IX

mécontentement public se manifesta avec hardiesse. De nombreux écrits discutèrent i*origine et les limites du pouvoir royal, soutinrent que la nation avait des droits, que ses contributions ne pouvaient être accrues que du consentement des Etats généraux, et qu*en Tabsence de ceux-ci, les lois fiscales ne pouvaient être appliquées qu'après avoir été librement enregistrées par les parlements.

Colportées par les brochures, qui étaient la forme sous laquelle s'exerçait à cette époque Tactivité de la presse, répandues par la conversation dans les salons de Paris et des principales villes du royaume, ces idées étaient tout à fait dominantes lorsque Louis XYI monta sur le trône. L*avènement de ce prince, aux bonnes intentions duquel tout le monde rendait hommage et dont on vantait la vertu, fut salué d'unanimes acclamations. Le bruit se répandit qu'il allait accomplir des réformes, alléger des impôts, améliorer le sort du peuple et, dès le principe, l'opinion publique attendit beaucoup de lui. Or, l'opinion publique, pendant toute la durée du règne de Louis XYI, fut une puissance avec laquelle le gouvernement dut compter: à vrai dire, elle exerçait avant la Révolution un empire peut-être encore plus puissant qu'aujourd'hui. Elle ne se composait pas alors des multiples éléments qui la constituent depuis que le peuple a été investi de droits politiques, depuis que l'instruction s'est répandue et que la lecture des journaux de toutes nuances est devenue un besoin quotidien pour la démocratie. Mais précisément parce qu'elle résulte de degrés très divers de culture intellectuelle, qu'à force d'informations elle a été rendue impressionable et changeante, et qu'elle s'égare dans l'appréciation d'intérêts com-

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