‹ Les causeurs de la RévolutionChapitre 17 sur 42 · MO LES CAUSEURS · texte numérisé non relu

MO LES CAUSEURS

tJses, OÙ il a tort; il moUil lâchement sur les points les plus importants où il a raison; ce soni do sols enranls que les hommes... C'est à peu près en vain que je m'efforce derallierle tiers; les esclaves volontaires font plus de tyrans que les tyrans ne font d'esclaves, et nul ne fait plus de mal au peuple que lui-même ■. >

C'esl alors qu'il publie celle proleslation enflammée) qui consomme le divorce avec les ordres privilégiée, el conlient ce passage demeuré célèbre :

t Dans lous les pays, dans tous les âges, les arislocrates ont implacablement poursuivi les amïs du peuple, elsii par je ne sais quelle combinaison de la fortune, il s'ea est élevé quelqu'un dans leur sein, c'est celui-)^ surtmil qu'ils ont frappé, avides qu'ils étaient d'inspirer h

i. Dès 1779, It écrivait dans le méirie sens: ■ Je dis M je soullendr» i toutes les puissances de la terra que les esclaves sont au'i coupoles que leurs tyraDS, el je oe sais si la liberté a plus à <r plaindre de ceux rjul ont t'insoicncre de l'envabir, que de l'Imbu clllilë de ceux qui ne savent pas la défendre, i

3. 4 ...Ce nia des lions, lion lui-m^me à ttte de Cbimdre, CM bomme si posi tir dans les Tails, était tout roman, tout poésie, IWU cnthauslasmc, par l'imagination et te langage; on reconnidMil l'amant de Sophie exalté dans ses sentlmenis et capable de saut lice ; < Je la trouvât, <Ilt-!l, cette femme adorabto. Je sui m «qu'était son âme, cette ûme formée des mains de la oatura diH > un moment de mngnlllcence, i Jllrabeau m'enchanta de ttàit d'amour, (te souhaits de retraite dont il bigarrait des diseusstor* arides... Trop tùt pour tui, trop tard pour celte cour, il so Tcnni à la cour el la conr l'acheta. 11 mit en Jeu sa renonmiéc dett»; une pension et une amliassade. Cromwell fut au moment (la U*quer son avenir contre un titre et une ambessadel Malgré sa s»perbe, Mirabeau ne s'évaluait pas assez haut... La tomtw In délH de ses promesses... sa vie eut montré sa faiblesse dans lo bioe: sa mort l'a laissé en possession de sa Force dans le mal. • iClUr tnaubiiand.i

TOireur par

terreur par te choix de la victime... Ainsi périt le dernier des Gracques Je ia main des patriciens; mais, atteint du coup mortel, il lança de la poussière vers le ciel en attestant les dienx vengeurs ; et de celle poussière naquit Uarius : Marins, moins grand pour avoir exterminé les CimbreS] que pour avoir abattu dans Rome l'aristocratie de la noblesse.

B Qu'ai-je donc fait de si coupable? ajoutait-il, j'ai désiré que mon ordre fut assez liabile pour donner aujourd'hui ce qui lui serait infailliblement arraché demain...

s J'ai été, je suis,jeserai jusqu'au tombeau l'homme de la liberté publique, de la constitution. Malheur aux ordres privilégiés, si c'est là plutôt être l'homme du peuple que celui des nobles ; car les privilèges finiront, mais le peuple est éternel. »

La Provence tout entière tressaille, s'ébranle à la voix de Mirabeau, et lui prodigue des ovations Jusqu'alors sans exemple. Â Lambesc, les olficiers municipaux l'attendent hors de la ville; des milliers d'hommes, de femmes, enfants, prêtres et soldats crient : « Vive le comte de Mirabeau! Vive le père de la pairie! » Les boites de tirer, les cloches de sonner, et lui, fondant en larmes : « Je vois coinmeii! les hommes sont devenus esclaves ; la tyrannie s'est entée sur la reconnaissance !» — On veut dételer sa voiture, mais lui : « Mes amis, les hommes ne sont pas ftiits pour porter un homme, et vous n'en portez déjà que trop, t Ainsi l'homme d'État reparaît sans cesse à côté du tribun.

 Âix, à Marseille, le triomphe est encore plus éclatant. Il reçoitde tous les corps de garde les honneursnailitaires.

Kt i-ES citisEuns

les aulorilés viennent le visiter, les fenêtres sAnI tontes on. Jeux louis pour le Toir passer, sa vuiliire coa- Terte de palmiers, de lauriers et d'oliviers, 1c peaple baisant les roues, les Temmes offrant leurs enfants poar qu'il les bénisse, cent vingt mille voix, depuis le niuusso jusqu'au millionnaire, poussant des acclamations. « Me» amis, dil-il à ses concitoyens, baissai }'oppressi<Hi sulaut ^uo vous aimez vos amis etvonsne serez pus opprimë^l i Marseille lui envoyant des députés, des paysans «ot ari'ëlé de les suivre, de les conduire chez la comtesse de Mirabeau, et de lui adresser une harangoe provençale, où se Irouvent ces mois : tAquo est une trop belle nutt série pena que manqué. C'esl une trop belle race, serait péché qu'elle mauquAl', »

Tempérament fougueus eL seusnel, caractère indom^ table, mobile et passionné, conliant et prodigue, adomiettr di'S vertus qu'il n'avait point pratiquées, incapable d'envie, de haine, de vengeance, aimé de ses amis, emporté parfois par des violences de premier mouvement, mais sachant à merveille réfréner son àme, d'une activité prod!(,'ieuse(le lendemain n'était pas pour lui l'imposlrur qu'il est pour Ions les hommes), ayant au plus haut degré le courage du moment', prompt à la riposte, étincelnnl

1. La populai'Hé de Mirabeau qui n'allât [na tarder ï eoonu : tout le royaiimu, se manirestail parfois d'une manière «Ht { pïi|nan[e: t Voue avez de bien manvaU chevaux, remarquait n ' vuyagvur au garçon de la poste entre Calais et Amiens. — rui, mes deux cbevaui do irait sont mauvais, mais mon MîrabMa tA excellent. » ^ Le cheval de charirc. i[ui ëtalt au milieu, s'app«tall Mirabeau, comme celui qui faisai' lo [ilus fur! de rouvrajfC. 1

i. Il QC réussit pas du prime ahoi'd à s'imposer à l'AsseinbU*- Tandis que la droite le traite d'a^^assiii, de {[ueux, de scËIArat. i|«i CliampcCDeij prétend qu'il a la peiUe vérole â l'âme. bMucauf I

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de verve el de saillies, né pour lo commandemen!, insiiiuanl comme un disciple de Machiavel, connaissant profoiiiiémen! et les hommes et l'art de les conduire à t-cs fins secrètes, devinant les rapports intimes des causes el des effets, fertile eu expédients, pauvre, travaillé de besoins i, peu scrupuleux sur les moyens de les satisfaire mais doué d'une imagination qui aimait le grand, affamé de gloire et capable de s'oublier luî-mÊmi! devant la détresse de la chose publique', tel apparaît tout d'abord Mirabeau, le premier des orateurs el surtout le seul homme politique de la Révolution, avec Talleyrand, jusqu'à Napoléon. Il aimait Ja louange dans le grand et le pelil,

feignaient de tui préférer llarnave. i Vous avez enterré Mirabeau, g disait Duport à Harnave après un discours. RJvaral étriiail : « Mirabeau est plus ccrl^-aja, Barnave est plus orateur, d

1 , Aprts son enlenlP arec la i^nur, il mène granil train el Goranl rend hommaee'à ses dîners, qui éialent, parall-il, les plus agréables du inunde. Pas de domestiques importuns ou Indiscrets; ehlre les convives se dressaient des servantes b. quatre étages, couvertes d'assiettes, de vures, de bouteilles, de tourcheltes, etc., cbacun se servait tout seul. Enire les services un coup de sonacUe appelait I g t la l' ' Et t *tùL E r d* 1

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vous en occuper l — Moi ! Moa, en >énlë. j ai ou bien au lie obu^a fi bire que do penser à. toutes ces bagatulles. Savoz-vous daus tguellc cri^o nous sommes? Savez-vous que riiorriliie agiolage est à son comble ? Savez-vous que nous sommes au moment où 11 u'y aura pout-fitre pas un écu dans le trÉsor public? — Je souris de \I3K im homme dont la bourse était si mal garnie y songer si peu

. et s'efiliger si fort do la misère publique, sans s'occuper do sa ^^tmm panicutiâre.

LES CAUSEURS Dtiinonl : < Je lui disais un jour qn'en failde louanges, il déjeuneruit d'un éléphant ei souperail d'im

-cU'oi]. » Il n'y avait rien d'uniforme et de soalenn chci 1 âme allait par sauts el par bonds; elle obéissail ll}|usiears maîtres i.

se munirai) Tort enlêlé de noblesse. Madame de Staël

[ afTirmc que lorsqu'il parliiil de Coligny, il ne manquait jamais d'observer : t L'amiral de Coligny, qui, par parenthèse, Plail mou cousin... «Quelqu'un le nommait uujutir RiquGlLi :s Oui, monsieur,repart-il,nousnousappelions Riqueiti avant la féodalité. » Apres l'abrogation des titres de noblesse, il lance cette boutade : « Avec volr^ ttiquetti, vous avez désorienté l'Europe pendant Irois jours. « El comme son valet s'avisait de l'appeler a Monsieur B tout court ; t Apprends, maraud, fait-il îndiiirié, que j'entends bien rester toujours pour toi : c Monsieur le comte. »

Il a an plus haut point l'esprit de sa situation, l'esprit de trait uni à l'esprit de profondeur et d'à-propos. Ha ian\(:, disait Locke, est la seule maîtresse que j'aî^ toujoui'scourlisée. On voudraiEque Mirabeau n'eût coi^ d'autre amante que la politique, du moins lend-il i elle de toutes les forces de son esprit, de son génie, et^ plupart de ses mois sont-ils politiques ^ En 1782, rM conirant îi NeuchJktel des exilés de Genève, il lei

1. 1 II trEdta plusieurs questtoDS importantes dans de vËritil Bci'i's do flËvre et les profondes comblnalsoBS de son esprill s'it» rcssonlaleni paa plus quo la vigueur de son éloqueii (Cabanis,)

± ■ La FaïoUe a une armée, disail-ll k Suleou, mats J'ai m ?uîaii 11 caractérise d'un mol l'hlslolre el le génie ds g

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des états généraux de France comme d'un évéueuienl qui ne peut pas manquer : « Je serai député, conclut-il, et je rétablirai votre pairie. »

C'était pour lui nn véritable plaisir d'affubler les gens de sobriquets. Par exemple, il traite Brissol de jockey littéraire , appelle Sieyès, Mahomet ; d'Espréinénîl , Crispin-Catilina; Camus, le Drapeau rouge; lo roi de Prusse, Alaric-Colin ; La Fayette, un Graudisson-CroniwelKIl accusait ce dernier de ne désirer que la gloire dt^s gazettes, Weclter de voir tout le royaume dans la rue Vivienne, c'est-à-dire dans le jeu des fonds et les affaires de finances. * C'est, disait-il, une horloge qui retarde. » Quand ce ministre présente son plan de finance aux états généraux, Mirabeau s'écrie : t Voilà sans doute de brillantes perspectives; nos ressources sont hypothéquées sur la foi et l'espérance, à condition que nous ferons la charité ' ». « Nous appelons Clermont-Tonnerre le Pitt de la France. Soit, mais il faudrait savoir si M. Pitt serait flatté d'être appelé le Clermont-Tonnerre de l'Angleterre. » Il

toute une maison souveraine : a Ne ma parlez pas de votre iliic de Savoie, mauvais voisia de Uiiile liberté ! u

A propos de la régence, il demande qu'aucun prince ne puisse Être i^gent sans avoir prâté serment à. la coDslitution. Momlusier ayant objecté qu'un prince n peut avoir été empêché de prêter germent par un vojage outre-mer i; Miralitau riposte: a Le discours du préopinant va Être imprimé; je demande à on rédiger r«Tfliuni. Outre-Mer, lisez Oalre-Rhin. s Et cette plaisaolerlB décida la question.

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