S LES CAUSEURS
menls séditieux. Mais quand les révolutions arrivenl, les causes sont plus profondes, et ce ne sont plus ceuï qui adniinislrent, c'csl le législateur qu'il faut accuser.
» Au sortir des révolutions, la lassitude est le premier sentiment que les peuples éprouvent; le repos est le besoin de tous; aussi les obstacles que le nouveau gouvernement rencontre pour s'établir viennent-ils comraanément, moins de l'opposition des gouvernés, que du déraul d'habileté de ceux qui gouvernent.
> Un roi absolu est un mal : qui en doule? Mais le gouvernement populaire n'est autre chose que l'assemblage de plusieurs rois absolus : donc la monarchie absolue vaut encore mieux que le règne de la populace.
» Le prince habile dans l'art de gouverner les hommes se sert de leurs défauts pour réprimer leurs vices.
y. La Ivranniene doit pas plus dégoillerde la monarchie. que l'anarchie uo doit dégoûter de la république. Quelle que soit la formedu gouvernement, l'existence du corps poliliqueesl, comme lavie humaine, exposée à milledangers. >
On voit, par ces réflexions, que le duc de Lévis avait profité des leçons de son maître, Sénac de Meilhati. Il appartient à cette classe d'esprits juste-milieu, que leur bon sens empêche de verser à droite ou à gauche, qui ignorenletlescbulesprorondes, et les ascensions sublimes dans la région des éclairs. Ils n'ont pas le secret desmou puissants, mais, comme le remarque Sainle-Beuve, ils nooï servent la petite monnaie blanche de Montaigne, du Saint-Éviemondsans afféterie, du Nivernais' excellent.
1 . C'est encore un amateur en tous genres que le duc de Hiver- Bals, le gecititliotnme lettré pnr excellence, un des grands chatmeurs (lu Wjil* sIëcIc, un de ceux qui couuureut le mieux l'art d*'
vivre avec les autres et avec aoi-méiue, que lord Chesterfleld reconiinandait à son fils de prendre ponr exemple : n Lorsque vous voyez qu'un bomrae est universellement reconnu pour agréable, bien élevé, aimable, en un mot pour un parlitil gentilhomnie, tel, par eiemple, que le duo de nivernaïs, ciamincz^-le, suivez-le avec soin, remarque;! do quel air 11 s'adresse a ses supérieurs, sur quel Ion il est avec ses égaux, et comment il traite ses intérieurs. Voyez le tour de sa. conversation dans les diverses occasions, soit aux vislteï du malin, soit à table, ou enfin aux amusements du soir. Iffllleï-le sans le contrelàirB et soyez son ombre sans être son singe... » Madame GeofTrin, qui avait ses parties défausse bonne femme, lançait sur lui cette boutade que lui avait probablement saumée un de ses fournisseurs d'esprit : s II est manqué de partout : guerrier manqué, ambassadeur manqué, homme d'afliires manqué et auteur maaiqué. — Mon, répondait Horace Walpole il n'est pas homme de naissance manqué, i Comme écrivain, Sainte-Beuve le place au sommei du médiocre, mais dans le le inonde, h l'Académie, le médiocre de l'unit de madame do Rochelbrt charmait davantage que le bon d'uo autre. Pourquoi? Parce qu'à un degré supérieur, il possède la politesse des mœurs, le tact, l'art précieux de tirer le meilleur parti de qualités secondaires, et cette coquetterie d'esprit qui plaît à tous. Parmi deux cent cinquante fables qu'il composa, Je n'en vois pas une qu'on puisse citer comme parfaite, et ce qui semble le meilleur de lui, c'est encore, avec quelques chansons, des petits vers à madame de Mlrepoix, i mademoiselle de Slvry, V Instruction sur l'état de courlisa-n, ces couplets à une jolie janséniste.
Cependant, tel est son prestige que Bouftlers lui adr ^rain chargé d'annoncer des moutons destinés h Saint-Ouen :
C'est là, qu'alin de gêner le moins possible les oUeaui dans leur liberté, 11 avait (iil entourer en fil de fer un bosquet tout entier
LES CiCSEUIls
n. — lE DtC DE BR
Tftici uo des pios grands orî^naai' de son temps, eabnt lurible de U noblesse, incapable de se pli UK discipline quelconque, mauvais mari, fidèle amant, lort éfxis des nonveanlés de tout genre, disciple du
^ M semil de ««lûocl de travail. Ea 1190, on disaU dem«. rdMBwUiélenly : iM.de Niromùs perd ses titres. — dil-il,il n'eMplasduci la cour, mais il l'est toujours au l'amasse. i DaiiTois de Neurcblleau compare sou salon 6 celui de l'bâtaldl RunlMHiillet : * On aunil dit, ajoute-t-il, que sa devise 6tmt mT de Ttirani^r, toujours thai^ en méma temiis de fbuilles, I ftniis et de Oeois. » — Il »in>erle valllammeol et splrituelHi ■eut les inetrlédti de l« Révolution il son é^rard ; ui Ift prison ni ta ruine, ni le dé|iouillemcDt rninpiet ne troublent ce graciaio^^ slolque, qui se diïlsssail de la captivité en traduisant le poéoM i IticÀMrJel, de Forle^uerri, prêt de trente mille vers. S' dur au Parnasse, il est duc en philesophie, en vertu, en grande! dtme. Il s'étoignit à l'âge de quatre- vingt-deux ans, 1 I79)(. S~e&t4l pas vrai que des hommes cemme Nivernais meorel quelquefois, mais ne vieil lissent Jamais, et que leurs contempoisU (lot hien raison da les mettre sur le pavois, car Ils inspirent iM sentiments plus rares poul-Atre que l'admiration Hasympathie, I joie de vivre et l'optimisme? {(Euvret deyivernait, 10 vol. — jf'fq de SivernMt, par Kranc«is de Heurcbàteau et Dupin, !S doOl ità et 21 janvierlSW. — Sainte-Beuve, Couteiie* du Lamii, t. lin I. Ké en l"33, mort en ISM. — Uttrei de Lauragmit \ madame la duehaie d'Urtel, an ï. — Voy. Crimm, Correti dance. — Micbaud, Biographie tiaiveraelte. ~- ArsËnc tloussaT* Galerie du xvlii' siècle.
S. Un autre original, c'est ce Martin, surnomma le Cynlqol bQDune sans nais-iance, sans Tortuoe, san» place, sans talent, qn grâce à un goût exquis en littérature et en musique, «lait dc\n l'oracle de tous les amateurs de speciacles. Sévère jusqu'à I rudesse, mais ioujoura linç&n\a,\, \V fev&\\ la, lerreur des artisM ocres, relUsail loulcs \eï ittittaJ-voi» m. ïm^Sa «»iii \i«m
^^MUocre
Locke, associé par d'heureuses expériences au:i plus illustres chimistes du siècle, Rouelle, Darcet el Lavoisier, auteur d'une tragédie de Jocaste, dont on dît que ce qu'elle présentait de plus clair, c'était l'énigme du sphinx, caractère généreux et magnifique, esprit hardi,
parler avec les princes aussi bien qu'avec les simples marlela. Au caré Poy, on s'empressait naturel lemeat autour d'un homme qui d'un mot pouvait faire une réputation ; g Vous étiez hier i. la piËce nouvelle, demandait l'un. On dit que vous avez paru content? — Oui, quand on a baissé le rideau, répondalt-ll brusque ment.
— Tous ne pensoï donc pas que cola aille loin? — Quatre représentations, salle vide, n El Yatrtl âlait porté, et rarement le public cassait la décision. — Il était très fort aux échecs; un Jour, à propos d'un coup douteux, la galerie l'appelle alin de trancher le débat; un des adversaires croit devoir etitr'ouvrir négligemment sa redingote pour laisser voir un cordon bleu. La cbose expliquée, H. Martin proDouce ces seuls mots : g Vous avez tort, monsieur le duc, reboulonaei-vous.ii — LecomiedeClermont d'Amboise, en grande teuue, couvert d'ordres, attendait qu'na vint lui ouvrir l'orchostre des Français; apercevant M. Martin, It court à lui: • Ètes-vous l'ouvreur, mon cher, demanda-t-117 — ^oll, et vous? > Un prince du sang, dont il n'avait pas voulu accepter une pension, a'Iaiéressait 4 une dobuiaiite et vantait sa voix ; i Cela lient, seEon toute apparence, k ce que monseigneur n'a piint l'oreille juste, réplique Martin. — Elle est jolie comme les amoiiis
— 11 est vrai, mais elle a les cordes hautes détestables. — Eulln mon cher Martin, Je voudrais lui Élre utile, et J'ai compte sui voua aDn de savoir ce que je puis faire pour elle. — Que Votre Altesse lui fasse la renie qu'elle a eu la bonté de m'ofTrir et la retire du tbé^lre, car je veux perdre mon nom, si jamais elle parvient b corriger ses cordes hautes, u — Le prince n'insista
La Harpe avait fait coutre Dorai une attribua à Voltaire ; quand le véritable 3,u dit assez gaiement ; a f)oral avait pris cela pour un arrit, cl c«
Dn matin qu'il déjeunait daos un autre café <\iib \6 ta.lê *.& "s'il, U trouva Je cùocoJai mauvais, en fail lar6inatnaai\*\vBiQîiaà!*.i«>
curieux, prompt à l'épigramme', emprisonné qualie fois, exilé cinq Tois pour ses brochures contre les édits de 1766 et 1770, aimantde la liberté jusqu'à ses ctin et frondeur éternel des gouvernements qu'il préfèR aussi bien que de ceux qu'il dclesic. C'est au retour d'un de ces exils que Louis XV lui demanda : « Qu'avez-voi» fait en Angleterre, monsieur de Lauraguais ? — Sire, j appris à penser. — Les chevauï? s reprit brusquement le roi, et il lui tourna le dos.
Sa linisou avec Sophie Ârnoult est restée célèbib Quatre ans de constance réciproque, cela paraissait esr Iraordinaire à uue époque où l'on ne se piquait guèit d'un tel sentiment, où mademoiselle de Lespinasse lamentait d'avoir perdu la seule verlu qui lui restât, It vertu de la fidélité. Sophie Arnoult s' ennuya la premières
habilliez le àétYi lussl? > dit ïlanin,) il sortit.
Ce raTQDË do lettres et de musique délesta la Révolulinn, qui troublait dans ses iiabituiles et ses goûta, a Vous verrez, n Terrez, il<sait-il, jusqu'où cela peut nous conduire. On tenuti un jour les HiÉâlres que je n'en serais pas surpris. — Vendei' rentes, conselllBit-il en 90 à Grétry, tâchuns que ces gens-tà n'ai plus rien ù nous prendre que dos lêles. » C'est alors aussi q dit a Ducis ta mot, répété maintes Tais depuis : « Je vit jwr cm «lié. u il voulait savoir combien de temps les Franta.Is pouml teoirà ce régime-là. —Il avait vendu ses 1800 livres de renies 4 le capital était déposé dans un coITre. Tous les premiers de] vier; 11 prenait dans ce colTTo de (|uoi vivre peadanL un an, comme s'il avait fait sou oomple avec la mon, 11 ne lalsu I Juste que la somme nécessaire à aon enterremenl. (Voy. le» S venirsde madame de Buwr.)
i. N'allant plus chez madame de Beauharnais où on dlnaiC H revanche o(i on mMiS4\^ beaiiLCOup ; i Je suis las. disdl 'anger mon procVialii aot àviçainsw,. »
pendant une absence du comte, elle se décide à rompre, lait atteler le carrosse, y met ses bijom, ses dentelles, ses lettres, puis, appelant ses femmes : n Qu'on m'apporte les deux enTanls du comte ; ils sont bien à lui. ? Elle les embrasse, c Tiens, dit-elle à son laquais, porte ces enfants dans le carrosse et mène-les à madame de Laaraguais. » La comtesse accepta les enfants et renvoya les hijoMx.
La séparation lit grand bruit, le raccommodement en fit davantage. « Ah ! cruelle, dit le comte au retour d'un voyage, vous avez vojagé plus loin que moi. — Pierre qui roule n'amasse pas de mousse, répondit-elle ; mais, hélas ! mon cœur a amassé bien de l'ennui. Le prince d'Hénin me fera mourir avec ses madrigaux, ses bouquets et ses écus; c'est une vraie pluie d'amour. — Attendez, je vais vous débarrasser de lui! » — Le même jour, il adresse la question suivante à la Faculté de médecine : f Messieurs de la Faculté sont priés do donner en bonne forme leur avis sur toutes les suites possibles de l'ennui sur le corps humain, et jusqu'à quel point la santé peut en être altérée, s La Faculté répond que l'ennui peut rendre les digestions difGcilcs, empêcher la libre circulation, donner des vapeurs, et même ^ la longue, produire le marasme et la mort. Muni de cette pièce, Lauraguais va chez un commissaire, le contraint à recevoir ga plainte, par laquelle il se porte dénonciateur envers le prince d'Hénin, comme homicide de Sophie Arnoult, depuis cinq mois qu'il n'a bougé de chez elle, i Je requiers, en conséquence, qu'il soit enjoint au prince de s'abstenir de toute visite che^ la chanteuse, ittsi:ç\,'-ù. t** ça'eUe soit hors de la maladie d'enftm ûoft^ tW^i 'i^V
atteinte, maladie qui la lueraît selon la décision de 1^ Faculté, ce qui sérail un malheur public et un malheur privé ». ( Voilà I remarque Grimm, une folie bien neuvei 'bien originale, qui au moins ne fait de mal à personne. % S'il se ruinait avec des comédiennes, il n'hésitait paa à prodiguer l'argent pour des expériences scientifiques^ pour la réforme de certains abus. Depuis un tempi' immémorial, les élégants envahissaient la scène da Théâtre-Français, alfeclant de parler plus haut que les acteurs, de braver les spectateurs : par le payement d'unt' indemnité considérable aux sociétaires, Lauraguais fil cesser cet usage absurde. Voltaire lui dédia sa comédie de l'Écossaise et le remercia en termes magnifiques dn service qu'il rendait à l'art dramatique; lui-même disûl plaisamment A ce propos : « Je suis le mar^aillier dt celte paroisse. >
Il fut toujours hanté du démon de la saillie, du besoin de lancier son mot sur les événements politiques et litté-' raires. & On aurait cm voir le monde au lendemain de It création, » disait-il en 1789. Pendant une discussion so] la question de savoir si l'élection des députés se feraî par les trois ordres réunis ou séparés, il interpella Dun^ d'Espréménil qui commençait à se déclarer poap U maintien des privilèges ; « Eh I monsieur Duval, jA ne vous empêche pas d'être noble; ne m'empêchez paà d'être bourgeois de Paris. »
Il disait un jour, en revenant du Palais Royal, qu'il f avait rencontré l'archiehaucelier Cambacérès qui â'dfx chipromenait. Assistant au spectacle dans les dernieq jours de l'Empire, il murmure, en entendant Jouer l'aî^ /a Victoire esta wous ; « C'fcla\l\iLaû\.ïeïo'v?.wî\\i\^AsKâ
DK LA RÉVOLUTION. 305
de triomphe. Aujourd'hui ce n'esl plus qu'un billet d'enterrement. »
On a beaucoup ri, en 1815, de la réponse qu'il fit à un appel de la Chambre des pairs, lorsque l'huissier, après avoir prononcé son nom, ajouta : « Il n'est pas encore arrivé. » Lauraguais qui entrait à l'instant, s'écria : ( Il est arrivé, mais il n'est pas parvenu. »
Au commencement de la Restauration, il rédama contre la mesure qui ordonnait de faire prendre des lettres d'investiture par tous les pairs, tant anciens que nouveaux : ï Nous oflrir de nouvelles lettres de pairie, écrivait-il, c'est proposer le baptême aux gens qui ont reçu l'es trème-onct ion. Cette proposition nous pouvait èlre faite par un enfant de chreur, peut-être par le sacristain de la paroisse, mais assurément point par son curé. > Ainsi, malgré son humeur frondeuse et son libéralisme, il n'abdique pas les sentiments, ou, si l'on veut, les préjugés de sa naissance et de son rang.
Dans ses lettres à madame d'Ursel, Lauraguais rapporte une très ■ curieuse conversation avec Chamforl, qu'il crayonne tout d'abord avec finesse : t II n'avait rien de naturel que beaucoup d'esprit; encore paraissait-il naturel, parce qu'au Heu d'être apprêté, il était impétueux et rapide; c'était le dard du serpent et quelquefois sa blessure. Sans la délicatesse et la singularité de son esprit, il eût été peut-être sans goût, parce qu'il était irascible et manquait d'une vraie sensibilité. Enfin, sans l'art qu'il avait acquis à force de travail, on se fût aperçu trop tût qu'il était né sans talent. Avec tout cela, on ne pouvait guère être plus spirituel, et surtout avoir une Htlion pias saillante, soit par ce qm \ul\ ç
^fonxep^IittA plus
la lêlG, soit par la tournure qui lui élait familière, et qa| répandait tantôt de la lumière sur des choses obscuresl et les rendait bnllanics, tantùl une sorte d'obscurité si les rhoscs les plus claires et leur donnait un air de pm fondeur. »
ChamTort va trouver Lauraguais et lui annonce cet nouvelle : « J'ai fait un ouvrage. — Comment, un livre
— Non pas un livre, je no suis pas si bêle, mais peol être le meilleur ouvrage qu'on puisse faire dans i temps, qui fait parler chacun et ne laisse à personi celui de méditer. — Il doit être curieuï. — Il doit iW, utile; car il mettra dans les mains de tout le monde a qui est dans la bouche de beaucoup de gens, et peut former ainsi l'opinion générale. — Voyons donc le lilre de cet ouvrage. — Vous verrez que ce titre est l'ouvrage lui-même, car il contient tout son esprit : aussi en ai-je fait déjà présent à mon puritain Sieyès... Le voici : Qu'est-ce que le tiers état? Tout- Qu'a-t-ilf liien. Trouvez-vous là des longueurs? Qu'en pensez-vous? — Qu'en elfet il n'est pas possible, en moins de paroles, d'annoncer ou de promettre plus de sottises. — Parbleu, s'il en était ainsi, j'aurais fait un beau présent à nioa ami Sievès. ^ Et que diriez-vous s'il faisait sa fortune?
— Peste! Vous me mettez martel en tête! Ne disieivous pas que ce titre qui m'a paru piquant n'annonçait rien de vrai? Prouvez-le-moi vite... ^ Eh bien, luidis-je, au lieu de soutenir que le tiers est tout, quoiqu'il n'iil rien, je pense que vous conviendrez qu'il est tout, parce qu'il a tout. La ma^^islrature lui appartient absolurooiit. depuis l'avocat jusqu'au chancelier, et celle lon);ue chaîne embrasse même les ministres secrétaires d'Etat.
car, pour avoir ces places, il faut êlre reçu avocat... » Puis Laurnguais rappelle que le tiers a les intendants, les maîtres des requêtes, les subdélégués, tout le commerce, toute la Troance, les dignités de l'Église, la littérature... « De sorte, dit Chamfort en riant de bon cœur, que le pauvre tiers joignait seulement la puissance de l'autoritâ et celle des richesses à l'empire des lumières. Parbleu! j'aurais donné une belle besogne à faire à l'abbé; j'espère qu'on se moquera bien de lui. — Cela n'est pas sur, car ce tiers état, si dislingué, à tant d'égards, du peuple, se confond maintenant avec lui, jusqu'à ce qu'il s'en sépare encore. Le temps des rieurs est passé, celui des furieux arrive; il y a longtemps que l'anarchie est préparée... — Nous n'avons plus que la Basiill»! de barbare, nous verrons si Siejès vient à bout de la démolir. — El que diriez-vous s'il parvenait même à nous en jeter les pierres à la tête? — Pauvres diables que nous sommes! s'écria Chamfort, serait-il donr vrai que nous ne pourrions éviter le danger d'y être enfermés, sans courir le risque d'en être écrasés ?... — El que diriez-vous, repris-je, si la révolution future', avec d'autres eifets que les précédentes, avait la même cause? La philosophie, dont on parlera beaucoup, n'y sera pour rien, et l'amour-propre dont on ne dira mot, fera tout. Depuis François I", le
1. Le S9 avril 17S7, Lauraguais écrit au roi : « Le soûl moyea d'éviter une révalulion quelcoaque ast (l'on foire une. Le sel moyen d'empêcher une destruction totale est de passer à la cons- Ututioo d'Antilolerro,.. Il faut eu prendre la constitution comme nous y avons pris rinoculalion.,. ail n'almc pas plus le despotisme populaire que le despotisme royal ; s Uue m'Importe qne l'hydre n'ait qu'un? tèie ou cent mille, si une tËto ou ccat mille sont armées du mÉme nombre de dents?,,. »
308 LtS CAUSEURS
iDDude a voulu entrer à la cour; ensuite, la ville a voulu entrer dans le monde : eh bien, le public à présent veut entrer partout. — A merveille, (il ChamforI, el pour entrer dans desédifices trop peu vastes pour le conlenir,il en brisera les portes, les fenêtres, les murailles; mais il aura beau faire; le lieu dont il se sera emparé ne serÇJ plus la même place; ell'on pourra écrire, sous les piei des Troyens et sur la terre natale qu'ils rouleront : campos, ubi Troja fuit. Que de sottises l'abbé SieyèsB écrire avec sa plume de fer et mal taillée ! — Cousolei vous! Vous aure^ peut-être fait sa fortune. — Comment9| — J'ignore ce qui arrivera ; mais vous lui avez donné 11 peuple à vendre au tiers état. — Je m'en pendrai, < Chamfort. i
C'est Riva roi qui a formulé sur Lauraguais'ce ju|;&ment pittoresque : « Ses idées ressemblentà des carreaui de vitres entassés dans le panier d'un vitrier; clain une à une, et obscures toutes ensemble. » Le trait d s'applique évidemment qu'aux écrits de cet homni sin{;ulier dont la conversation se distinguait au contrain par la richesse et la précision des souvenirs, la vigneid et la clarté de l'idée, par ce tour vif et primesautier q s'empare de la pensée et y porte la lumière. La plume à~~ la main, Lauraguais se ressentait d'avoir beaucoup étudié Locke; dans un tournoi d'esprit il apparaissait comme un des meilleurs élèves de Voltaire.
DE LA RÉVOLUTION. 3 l'J
m. — LE MARQUIS DE LA FAYETTE'
J'ai connu, disait Frédéric II à La Fayelte, un jeune hoinnic qui, après avoir visité des contrées oii ré^tnaieiit la liberté et l'égalité, se mit en tête d'établir tout cela dans son pays. Savez-vous ce qui lui arriva? — Non, Sire. — Monsieur, il Tut pendu. » La Fayette rit beaucoup de l'apologue, mais la leçon no lui servit de rien. Il appartenait, en effet, à cette race de fanatiques décents que puissance morale d'une idée fixe enchaîne et immobilise dans un symbole infleulble, que l'expérience entame i la surface seulement sans leur enlever une parcelle du dogme auquel ils ont voué leur existence, et qui, regATdant les dures réalités comme des ombres vaines, ne voyant jamais l'homme individuel, l'homme du moraliste, mais l'homme des droits, l'homme abstrait, sorte d'entité métaphysique et nuageuse, se transmettent d'âge en ftge le flambeau des chimères. Son admirable femme lui répondait ce mot si vrai, un jour qu'il se défendait d'être incrédule: « Oh! non! Vous èlre fayeltiste. » Mettez maintenant dans de tels persojmages une grande fermeté d'âme, un fonds de droiture et de vaillance inépuisables, l'amour de l'estime, de la délicieuse sensation du
l.Néen 1757, morten 183i. ~ Mémoires de La Fayette, S vo!. — Recrnauli Warlo, Mimoirei pour *eniir à l'hitloire de La Fayette 1831, 2 vol. — Levasseur, La Fayette en Amérique, 3 vol. — Clialcaiineuf, le général La Fayette, iri-8, 1831. — Sarran^i jeune, La Fayette et la révolution de 1830, 1831, ! vol. — Sainte- Beuve, Portrait» tiltéraire), l. II. — Hicliaud, Biographie ttninerteUe. — fie Loménle, Galerie des cnrttemporains iltuilres, t. V. — iSatut-Uarc Girardla, Enais de littérature, 1. 1".
teurirf it ta multitude, le besoin de l'approbatioi], TOUS aurvj: des héros, des paladins, des enivreurs de foules, d'auUnl jilus daagercui qu'ils se présenleal aaréoli's du preslige de l'espril, de leurs belles aciiwns. d'une répulatiou saos lâche, qu'ils proposent des absurdités t-baruiaotcs assorties aux plus nobles sentiments «I proinellcnl tout d'abord le paradis à leurs fidèles, i M. de La Fajetle et moi, disait Charles X, nous sommes les seuls qui n'ayons pas change depuis 1780 >, et m»daiue de Sla^l lïcrivail : < Qui l'avait observé pouvait saToir d'avance avec certitude ce qu'il ferait dans toute ereasion. > Bel t^loge assurément de l'honuôle boiuoie, du chevaleresque parrain des républiques américaiiies, du prisonnier d'Olniûlj, mais coudamnation formelle île l'utopiste qui vouhiit que le dauphin commentât son histoire de France à l'aimée 1789, de l'inveuLeur de la garde nationale que ses amis américains jugeaient trop di-mocra1c pour son pays, du conspirateur incorrigible sous la Restauration', du brouillon récidiviste ivre di popularité, poursuivant jusqu'au bout la cliimére de ■> monarchie républicaine, aae royautÉ quelconque, selon sa propre expression.
Nul, peut-être,ne commit plus de sottises en poliliqDt: nul, peut-être, n'eut plus d'esprit dans le daugef, fc grâce héroïque dans l'adversité. Un jour qu'il lottiil
1. I Le duc de Laval, parlant des boones Tortunesde La fujia dans sa jeunesse, disait en bégayant ot de l'air lo t>lus sérioiu; s M. Ue La Fnyclle a eu madame de Slmiano et uiadami *
it pas clifise facile ; ne l'avail pas qui
[laralssail faire plus de cas cfc lui pour celle conquélo qM |W ■" "" ''" '■""' " (Saiole-itauve.) C'eal madame de Slvlp*
vainement sur le perron de rHôtel-de-Ville pour arraciier à la multitude un pauvre prêtre, il voit arriver son jeune fils que lui amenait un de ses amis. Saisissant l'occasion auï cheveux, le général se tourne d'un air gracieux vers cette populace frénétique : « Messieurs, j'ai l'bouncur de vons présenter mon fils. » Et il profite d'un instant de surprise pour pousser l'abbé dans l'iulërieur de l'hùtcl cl le mettre en sùrett;. On sait qu'à la suite du massacre de Foulon et de Berthier, il donna sa démission, mais le peuple lui ayant promis plus d'obéissance à l'avenir, il consentit à la reprendre. Le charme n'était pas encore détruit; il crut qu'il l'était après le massacre de son ami le due de La fiochefoucauld ; mais il se pipait lui-mSme, son cœur devait toujours déborder dans son cerveau.
La veille même du voyage de Varenues, La Fayette déclarait à Bailly que les issues des Tuileries étaient tellement gardées qu'une souris n'en pourrait sortir. Le lendemain, Danton demajidait aus Jacobins la léte du général qui, d'un mot, apaisa la foule : « £h bien, de quoi vous plaignez-vous ? Chaque citoyen gagne vingt sous de rente par la suppression de la liste civile, n (Quelqu'un lui ayant crié de prendre la place du fugilif, il répondit par un geste et un sarcasme dédaigneux qui reconquirent sa popularité.
qui, aprÈs une représentation orageuse de la Comédie-Fraasaise, cnvoyail une pomme au général avec ce mot ; s Voici, mon cher général, le premier Truit de la Révolution qui soit venu jusqu'à moi. " Elle lui dis^t aussi : < Les gens trÈa supérieurs dans votre parti le sont auï autres; les gens métllocresaussi; mais noire canaille vaut dâcidémeut mieux que la vOlre. a
tva
Un solliciteur sa prévalait auprès de lui de ses titres de noblesse. « Monsieur, dit-il, cela n'est pas ud obstacle, b Voilà son genre d'esprit, toujours au servÎM i'une action ou d'une idée ', servant d'accessoire, en queliiue sorte de toile de fond.
Ses manières envers la reine sont de l'ancienne cour, ses paroles^ sont de la nouvelle constitution, et son attitude irrite la fille de Marie-Théresse au point de dire : t M. de La Fayette est sensible pour tout le monde, excepté» pour les rois. » Lui, qui ne l'aimait guère non pl<i^| écrit en 1791 : « La reine songe à être belle dans mÊ danger plutôt qu'à le détourner. » Marie-Antoine lie se trompait. La Fayette est sensible pour le roi dans les limites de la constitution de 1791; mais les femmes ne goûtent que l'absolu.
Fendant ses cinq ans de captivité à Magdebourg. Heisse, Olmûtz, La Fayette, par sa patience iuébranluble, la trempe exquise de son àme ardente et forte, présenlu une ligure morale d'une beauté achevée. Rebelle à toute concession, il oppose à ses gediiers un dédaiu persévérant, aiguisé de cette pointe d'ironie aristocratique et de fière gaieté qui ne l'abandonne jamais. Les lettres )
1. H. de La Fayette avait de l'esprit de quoi défrayer IroU (M quatre mtictianls de la première volée; seulement il était boa.. Je m'étais faii l'idée d'un déclamaleur sentimenlAl, d'un pBtrinU à grandes pbrases ; Je trouvai un causeur spirituel plulAt iju'ub orateur... et qui, lorsqu'il parlait, parlait pour agir... Sa paraît était de l'école de Voltaije, i (Saint-Marc Glrardlii.)
S. Tloyer-Collard, bisant allusloo à l'aOMre Hangia, dit à U FayeUe en ISZi : t Vous avez été indignement ealooiniiï pir M. Mangin. — J'ai été outragé, répondit le général, mais dob eaiatMtié. — Bd ce cas, vous avez été impw». >
madame d'Hénin, écrites avecde la suie et un cure-dents sont légères, sémillantes et ^acieusement attendries. Quand on l'invite à donner des cûdscIIs contre la France, s'il vent voir s'adoucir son sort : « Le roi de Prusse est bien impertinent, s répondit-il. Lorsque, au sortir de la prison de Magdebonrg, on lui confisque l'Esprit d'Hclvétius, et le Sens commun, de Payne, il demande si le gouvernement les regarde comme des objets de contrebande. Lui eolève-t-on couteaux et fourchettes, il observe, en riant, * qu'il n'est pas assez prévenant pour se tuer lui-même t, et il mange tranquillement avec ses doigts, en observant qu'il a vu les Iroquois en faire aulani. e Quoiqu'on m'ait ôtë avec une singulière afTectalion quelqnes-uns des moyens de me luer, je ne compte pas profiter de ceux qui me restent, et je défendrai ma propre constitution aussi constamment, mais vraisemblablement avec aussi peu de succès, que la constitution naliounle. > Il a le stoïcisme aimable, il est un martyr de bonne compagnie, et s'il ponsse à l'excès ce que madame de Tessé appelle la faiblesse d'une graniie passion, on ne saurait lui en vouloir de penser que sa retraite « affiche et entretient l'idée que la liberté n'est pas abandonnée sans exception et sans retour' ». — Comment s'étonnerait-il d'être à Olmfltz au moment où les partisans de la liberté sont partout proscrits? — Soufl'rant et persécuté, il pense aux paysans de son village et les prie de rester bons patriotes. « Les abus de
1. C'est un sentiment à peu prâs semblable qui dictait un mot de romaine a madame Perler, à laquelle sa belle-sœur ajiprenall que ioors m»ris venaient d'être empiisoniiÈS le 2 décembro 1851 : * Où ïoudrals-tu donc- qu'ils (usseatl ï
l'aiicieii régime, dit-il, étaient bien plus multipliés kI la Révolution n'en a pas été moins faite paur le bonheur dn peuple. *
Il se dérobe aux avances de Bonaparte, refuse la ^guité de sénateur, la légation des Etats-Unis, s'applique fc se eonserver comme un exemplaire de la pure doctrine B Li liberté, « exemplaire précieux et à peu près unique, 1 tache et sans errata, avec le Victrtx causa iii$ placuit pour épigraphe ». D'ailleurs le génie de Napoléop lui plait; il l'admire sansl'envier; comme il porte en Ini une ambition qu'il croyait plus haute et plus noble, il lui parle d'é^'al à égal. Napoléon avait deviné quu le meilleur moyen de l'empêcher défaire de l'opposition en plein vent était de lui permettre l'opposition du léteà-tête. Un jour il l'eiilretenait de ce qu'il faisait pour le clergé, t Je l'interrompis pour lui dire en riant : — • Avouer que cela n'a d'autre objet que de casser U > petite fiole (le sacre). — Vous vous moquex de la petite liole, et moi aussi, répondit-il, mais, croyez qu'il nous importe au dehors et au dedans de faire déclarer le pa|K et tous ces gens-là contre la légitimité des Dourbous. * Vue autre fois, le premier consul voulut le faire parler sur ses campagnes d'Amérique et tenter ainsi sa vanité : ( Ce furent, dit-il en coupant court, les plus grand» inléréts de l'univers décidés par des rencontres is juitrouilles. > Sou esprit était moins en garde contre di> autre genre de flatterie, quand le grand enjfilcur lui rappelait la haine qu'il inspirait aux rois et à l'uristo- ^«r«Ue européenne, et la naïveté incurable du maître de* Péntonies de la Révolution reparaissait enli»^re lorsfil n^pélail à BowaçavVft -. * \iu gouvernement libre et
» vousàja tête, voilà ce qu'il me faut. » La liberté, l'ordre et la gloire réunis, quel rêve de perfection idéale I La Fayette était à demi conquis; il avouait qu'il prenait à ces conversations de Bonaparte plus de goût qu'on ne devrait en avoir pour un despolu : elles durèrent trois ans, jusqu'au consulat à vie; alors il se retira dans sa terre de la Grange et se renferma dans un système de désapprobation tacite et inoffensive. Mais Bonaparte ne Iti perdit pas de l'œil un instant : « Tout le monde est corrigé, disait-il, il n'y a qu'un seul homme qui ne le soit pas, La Fayette ! Il n'a jamais reculé d'une ligne. Vous le croyez tranquille; eh bien, je vous dis, moi, qu'il est tout prêt à recommencer. » — « Le silence de ma retraite, écrivait La Fayette, est le maximum de madéfé- I reiice : je suis comme cet enfant qui s'obslinail à ne pas I dire A, de peur qu'on ne l'obligeât ensuite à dire B. n I Avec Bonaparte, il fallait aller jusqu'au bout de l'alphabet'.
On sait qu'il usa jusqu'au bout on (lue ce âe p cher la royauté de vivre el la Repu! I que de née la royauté; que l'émeule trouvât oujours en lu u censeur k l'eau de rose, tandis qu 1 ése a t toute s sévérités pour les gouvernements, quil prétendit jouer le rûle de maire du palais de Louis-Philippe, garder
1. g Bonaparte, écrit La Fayette, a réuni au plus haut degré quaire Tacullés essentielles : calculer, préparer, hasarder et attendre... Il me disait : < Les adversaires de la Révolution n'ont » rien à me reprocher, }e suis pour cuxuti Selon qui afei Iforlune n. (it/emoirei de La Fayelle, t. V.) J'avais do l'allrail pour Bonaparle : J'avoue même que, dans mon aversion de la tyrannie, je suis moins choqué encore dt patlon d'un seul. »
^^P 3Ifl
W l'auituda d'un citoyen roi en face d'un roi ciloyen,
I de meurer sous la monarchie de Juillet une sorte de lord-
^^^ protecteur, de Poligflac populaire, et comment fui ^^^k déjouée cette prétention. Souscrirons-nous mnialeuaul ^^^■. 8u jugement de Rivarol qui l'accuse de D'avoir renversé ^^^H une cour que pour ramper devant les rues, de ^^^B l'empereur, de Chateaubriand, qui ne voient en lui ^^^p « qu'un niais sans talents civils ni militaires, un esprit ^^^ borné auquel l'aveuglement tenait lieu de génie n Xeui- W là ont frappé trop violemment, et n'ont vu qu'un des
L côtés du personnage. Mais comment ne point ajiprouvïr
^^H cette foudroyante apostrophe de M. do Serre : « Il a ilii ^^^P éprouver plusieurs fois, il a dû sentir, la mort dansTàme ^^^B «t la rougeur au front, qu'après avoir ébranlé les masses ^^^1 populaires, non seulement on ne peut pas toujours les ^^H arrêter quand elles courent au crime, mais qu'on es) ^^^T souvent forcé de les suivre, quelquefois de les conduire! i W Henri Heine compare La Fayette à ce gouverneur qui
I accompagnait son élève dans les maisons de prostitutien
pour qu'il ne s'y enivrât pas, puis au cabaret pour qa'u moins il ne perdit pas son argent au jeu, et le suiva^ enfin dans les maisons de jeu pour prévenir les dueb qui pouvaient s'ensuivre, mais si le duel arrivait inéntable, le bon vieillard lui-même servait alors de second. La Fayette fut ce débonnaire gouverneur du peuple; ' prêtant à r.elui-ci ses propres vertus, toujours dîsposjl
s'embarquer pour l'inconnu, à quérir un grand peul-Alrt^ i oubliant dans son amour brûlant et stérile pour ti
r liberté abstraite les libertés pratiques, conlrôlédi
^ garanties, serviteur maladroit de cette maîtresse imp^
^ rieuse, compromettant ses principes par son zèle méflif
à la défiiiidre, cœur généreux", politic|ue plus que médiocre. Rien ne le caractérise mieux que cette parole profonde d'un député à prqpos de la constitution de 1791 : « Maintenant que nous avons fait des lois pour une nation, il faut s'occuper de faire une nation pour ces lois.» Mais quand donc les utopistes se sont-ils préoccupés d'instituer des lois appropriées au tempérament 4e leur nation ?
Un ^Tand seigneur lettré et érudit,ayant appris l'histoire diplomatique avec MM. de Rayneval et de Rnlhière ', iréquenlé Barthélémy, Saint- Lambert, ChamTorl, Hales-
1. Madame Récamier rendait Ifommage à la bonté deLaKayetle: « Je suis persuadée, dti-eUe, que M. de Là Fayette n'a jamais désiré une léle. ^- Jamais, appuya Iléranifer; ce n'est pas qu'il n'eût peut-être bien besoin d'en avoir une. a
i. NE en 1775, mort en 1S13. — Viiiemaln, Souveniri conteraporaita, U. rfe Narboane. — Sainte-Beuve, Couseriej au Landi, t. Tl, VMI, X, XI.
3. Rayuevai, premier commis aux aflUIros étransËres pendant viDgl ans, la meilleure mémoire et lo meilleur jugement de publicislo qu'il y eût alors. Rulliièro, ancien socrËCaii-o du baron de Breleuil à Saint-Pétersbourg, contldant du maréchal de Richelieu, poète de la duchesse d'Egmonl, secrétaire de Monsieur, écrivain spirituel, savant et habile, narrateur fort redouté de Catherine II, que Sainle-Beuve compare ù. llivarol et CbamtorI, mais plus diplomatique et plus enveloppé, observateur très subtil, « ctierchanl partout des sujets d'épigrammes, de comédie, d'histoire et s'y appliquant ensuite sous main, k loisir, avec lenteur, sans s'exposer au public, en se bornant ii captiver la société de son temps, et en se ménageant une perspective lointaine vers la postérité ». a M. de Rnlhière, dit madame Nocker, laissait percer dans sa conversation une nuance do son état d'historien, qui
r COI
'Serbes, Turgot, plus palriole qu'homme de cour, gardant peudanf l'exil une dignité d'attilude admirable, indépendanl de son parti, supérieur à sas propres soulTraneM comme à safurtune, heureux dans sa studieuse retraite drf 1800 à 1809 au milieu de ses livres, avec des amis tels (p madame de Stafil- le duc de Broglie, MM. de Traey, d Jancourl, flme délicate, dévouée, chevaleresque, aide d camp favori, ambassadeur et surtout conseiller sagaceè
visait à 1b pédanterie; 11 melLalt une Irop grande impurtSDM l'examen d'un petit fait et à. toutes ses Clrcoastances; il ne voui jamais voir l'opËi'a que derrière les coulisses, i Da Jour, Dus> louL bouleversé vient lui faire partd'uQe lettre de rupture dejei Jacques, et demande cunseii ; t Ce que j'en pense? Pestai Ti de bons, d'excellents matériaux pour ma comédie. > (La oomd du Méfiant qui ne vit jamais le jour.) Cependant Dusaulx fnsl et veut répondre à Rousseau : « Gardez-vous-oa bieu, s'é< Bulliiére, vous le rendriez cent fois plus fou avec votre lettre à Plutarque. Et puis, il est boa que vous sachiez qu'il n'a plus de force que lorsqu'il a tort... Et, de bonne foi, qu' d'un liommo qui en est venu au point [la cbose est certaine) dei métier de son propre chien, ot cela parce que les caresses d« pauvre auimal âlaient, comme les vôtres, trop fréquentes, et qi y avait là-dessous quelque mystËre caché7... » Et it détailla, m doute en l'enjolivant, t'bi.stolre des moineaux que Rousseau naurr sait chaque matiu : t J'avais bien te droit, lui ftlt-ll dire, de croi que nous Eussions les meilleurs amis du tnondel point du tout, ne valaient pas mieux qu» les hommes. Je veui tes caresser, voila mes étourdis qui s'envolent comme si j'eusse été on oiM de proie. Ils n'auront pas élé, j'en suis sur, a doux rues it ■ maison, qu'ils auront dit pis que pendre de mol. u RulhlËre, onaR] en train, raconte comment il a pu se maintenir jusqu'ici auprès I Jean-Jacques. Ce n'est point en le flattant, mais plulût en le brf quant, en lui demandant d'un air délihâré, quand il parle A méchants : < Est-ce que vous croyez aux méchants, vous? (Ta avoir peur de son ombre. > Rulbière ne se contente pas d'étro 11 ^t profession de tlnesse. Le^ regrets qu'il excita moiiM « qu'il ne but pas prendre au pied de la lettre sa répuudi
Napoléon, auquel il avail t'arl do dire toute la vérité en la rendant supportable, o de faire épuiser le calioe en sachant emmieller le fond comme les bords »; talent souple et fin, apte à tout, capable de rendre les plus grands services à son pays, bref un Ségur plus complet, un homme d'Etat auquel les circonstances n'oul donné que des heures au lien d'années, auquel la fortune ne sembla octroyer ses faveurs capricieuses que pour les lui
de mécbancelé. t Tout, écrit Salnte-Beme, semble indiquer en lui l'boDDSle liomme socialemeDl parlant : s Lesgens d'esprits, disaiL 11, a se penneUent quelquefois des iKtns mats, mais il o'^a que les > sols qui ^sent des méchanceies. d (Sainle-Beuve, Causeries du Lundi, I. IV.) Il avait (ait construire dans son Jardin une Jolie roDtaiae que surmoniall une statue de l'Amour. Un Jour que madame d'Egmont l'y était venue visiter. Il mit telle iuscrlptiou ui^esMus de la. statue :
ÉElÉ parut sur celle rive I
Narbonno appelait M. de Raynoval le plus modeste des faiseurs liabiles, et M. de Rulhiëro lo plus sensé desbeauK esprits. On allribue à celui-ci defort malicieuses épigrammes, ceile-cl, parexemple, sur madame du DefTand devenue aveugle :
Elle 3 voyail dans son eaUace :
Diderot, dans une lettre k Maigooti, fournit une preuve curieuse de la Mgaelté gabUte at ratflnée de RullUÈre. Il avait pour maiime
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retirer presque aussîldl; lel se présente h nous, d'après Villemain, Iccomle deNarbonne. Le portrait est-il flaUé? Villemain a-t-il pr4lé de son éloquence à son hérosï On pourrait le croire, si le témoignage de tous ceux qui ont couna Narbonne ne confirmail le jugement de son ancien secrétaire, si Talleyraud, Napoléon, Fonlanes, bien d'autres, n'avaient rendu Justice au chevalier d'honneur de Madame Adélaïde, au ministre de la guerre de 1792, au généreux défenseur de Louis XVI.
Droz, qui l'avait vu à l'œuvre à Besancon en 17*10, alnn qu'il était à la fois colonel de sou régiment et comm»ndant des gardes nationales du Doubs, exprimait mjq admii'alion de sa conduite : « Vuycz-vous, disail-il plot lard, pour Taire impunément et heurcuscraenl une grande révolution, il faudrait des hommes comme celi dans tous les postes diiYîciles : et où en trouver seulement deux ou trois?» Talleyrand, qui s'habituait aisément à la disgrâce de ses amis, comme à sa propre élévatioa.
qae, dans uQe société, on peut avec un peu d'auenlion deviner II
« Il en Ut 011 ma présence l'application cbez mademoiselle Bornais : il sitrvlut sur lo soir un peraounage qu'il De connaisni> pas; mais ce personnage ne parlait pas haut; il avait do l'aisaoM daus le maintien, de la pureté dans l'expression, et une politesse ft'oido dans les manières, i t C'est, me djl-îl H l'oreille, ua homnie I qui lient ï la cour, d Ensuite il remarqua qu'il avait presque lou- Jours la main droite sur sa poitrine, les doigta fermt^s cl les on^ei en dehors : o Alil ahl ajouta-l-ii, c'est un eiempt des gardes d* B corps, et il ae manque que sa baguette, i Peu de temps aprè^s tt* bomme conte une petite histoire : o Nous étions quatre, dil-d, g madame et monsieur tels, madame de... et mol « ; sur ceiii moa iDstitulour continua : « He vollâ entièrement au fait, mon liomntf il marié; la femme qu'il a. placée la troisième est sOrenient II 3, et il m'a appris son nom en la ni
avait le seDlimeot le plus vif des talents de Narbonne : « Il a plus d'esprit que moi, observait-il, mais il est moins sage. On l'accusait d'être léger, du temps de l'Assemblée légistalive ; ces propos-là sont une représaille des esprits lourds ; au fond il n'y a de léger en lui que sa conversation qui est charmante. Il est du reste très sérieux, trop sérieux même. 11 s'attache, il se passionne, il a trop de zèle. S'il rentrait dans les affaires, il se dévouerait sans mesure, dans un temps où on n'est que trop porté à le faire et à en abuser... D'ailleurs il ne veut rien, n'a besoin de rien. Il aime l'étude : des livres, desamis, voilà tout. Il ne faut pas s'inquiéter pour lui, qui ne souffre ni ne s'inquiète pour lui-même, n On est toujours philosophe sur ce qui ne vous concerne pas et Talleyraud avait commencé par l'intime raillerie des choses. Napoléon, bien qu'il reprochât parfois à Narbonne de rester embabouiité de libéralisme, prenait uu vif plaisir à ses conversations, sollicitait sans cesse ses conseils, et ne songeait à rien moins qu'à lui confier l'éducation du roi de Rome. « Onllalle trop autour de moi, s'écriait-il, j'en suisexcédé. Le croiriez-vous? Pour n'être pas flatté» même au bivouac, il m'a fallu prendre comme aide de camp un courtisan, homme d'esprit de la vieille cour... Narbonne sait par cœur les négociations de l'ancienne Europe, comme Bassano les débats de l'Assemblée constituaule; ce sont deux vieilleries qu'ils font valoir. » Et, plus, tard à Sainte-Hélène : « Jusqu'à l'ambassade de H. de Narbonne à Vienne, nous avions été dupes de l'Autriche; en moins de quinze jours, M. de Narbonne eut tout péuétré, et M. de Mcttcrnich se trouva fort gêné de cette nomination. »
L'encens de M. deNarboiine élailfin et ne portail p à la têle. Arcueilli devant la cour par cette question i t Eh bien, que disent-ils de Dautzcii? Que disenl-iU dft Luizen? s il répond ingéuieusement : « Ah ! Sire, le; nns disent que vous êtes un Dieu, tes autres que vous Ëlea un diable; maïs tout le monde convient que vous Ële plus qu'un homme. » La duchesse de Karbonne i demeurée lervente royaliste, l'empereur te sut et n &cha pas trop : « Âh çh, mon cher Narbonne, il n'et pas bon pour mon service que vous voyiez trop souveal votre mère; on m'assure qu'elle ne m'aime pas, vrai, Sire, elle en est restée à l'admiralioit. »
Dans l'intimité, il revenait volontiers sur ce goût d l'esprit chez Napoléon. « Mais, enfm, lui demandail-<Mlî l'empereur a-t-il de l'esprit comme Voltaire? — Ah( non, il est trop souverain pour cela. — Comme Césarf Taisez-vous, mou cher; il n'a pas été si bien élevé. » Uh autre fois, à propos d'une visite de Narbonne à l'Écoli normale : « L'empereur, si puissant, si victorieux, n'a inquiet que d'une chose dans le monde; des gens q parlent, et à leur défaut des ^ens qui pensent; el, cepU dant, il les aime assez, ou du moins, il ne peut 5*9 passer... >
Mais la flatterie délicate de Narbonne n'est le pi souvent que le passeport de ses sages avis, avis pi voqués, discutés, répétés sans cesse, etmalheureuseuK inécoutés. Il combat les velléités de schisme, il blli laconduile de l'empereur envers Pie VII: «Vous lesav Sire, il n'y a pas assez de religion en France pour en foi deux. ■» Et comme Napoléon lui cite le cardinal Maury q f taitforl bien ses fonctiom â!3st^V«\&(^%dK Paris, mai
sans avoir ses bulles. — Non, Sire, reprend N.irlioiine,il trompe Votre Majesté; c'est un transfuge de Rome qui vous conseille la guerre contre elle, de peur d'avoir h lui rendre des comptes en temps de paix... »
Il se prononce avec la même fermeté contre la campagne de Russie*, contre celte guerre du temps et de l'espace qu'il prophétise : « On a mesuré les Russes en Italie, en Prusse, eu Allemagne; on en a eu raison partout; on ne sait pas encore ce qu'ils peuvent être au fond de la Russie, armés de leur climat, de leur barbarie et de leur fanatique désespoir, » Vainement l'empereur s'efforce de le convaincre, vainement il lui montre sur la place du Kremlin la grande année paradant comme au Champ de Mars. « Je dis. Sire, qu'elle est déjjk reposée, répond Narbonne, et peut se mettre en roule pour aller prendre ses cantonnements en Lithuanie et dans la Grande Pologne, en laissant aux Russes leur capitale, comme ils l'ont faite. » Rien n'ébranle cette pénétration profonde; rien ne trouble l'accord de la parole avec la pensée. L'empereur, dans un moment d'impatience, ayant commandé de brûler une voiture qui lui appartenait, lui fait envoyer par le grand maréchal mille louis avec quelques livres de choix, dans une cassette. Narbonne accepta les volumes et distribua l'or aux soldats. Le lendemain, avant l'heure du départ, l'empereur lui dit doucement : « Eh bien, Narbonne ', l'avarie du bagage
1. < Où B9[ le garde-fou de ce génie? murmurait-n devant VEIIevaain. C'est à ûe pas y croire. On est entre Bediam ol le Pan-
i i. On m dB.as les Iffémoiret de BouTienne,« que il. deiaCliaEseï
préfttd'Arras, dilà l'empereur dans une harangue-, a\Ae'a%.\.^awki-
LtS CAUSEURS
est réparée, vous avez reçu?... — Oui, Sire, avec rcMoaaïssance, mais comme Votre Majesté le permettra sans >doute, je n'ai gardé de l'envoi et de la cassette que les bïvres, entre autres deux traités de Sénèque : de Beneteiis el de Palientia. Encampagnecelaestbou à porter •oi. ï L'empereur saisit parraitement ce latiu au eet ne dit rien.
L'attitude, spirituellement modeste et simplement héroïque do Narboime, pendant cette campagne de Russie, d'où le capitaine, si longtemps réputé invincible, reveuait, tel que le poète Eschjlo a mis eu scène le roi de Perse, fugilir et seul, avec un carquois vide, rappelle te noble el palrioUque langage qu'exilé, décrété d'accusation, mis hors la loi, il tint vingt et un ans auparavant à Pitt,qui le pressait de questions habites sur l'étal intérieur de la France, t L'houneur est encore dans les camps de la République, disait-il ; prenez garde d'unir, malgré eui, tous ceux que vous enveloppes de \t même haine. Nous autres bannis et condamnés par TOHlumac^ nous sommes de mauvais témoins sur U forrv el l'esprit de la France; nous ne voyons que les crimes jarliels dont nous avonssenti l'atteinte ; mais déifa-vuus de ce qu'ils peuvent receler derrière eux d'andaceHd'éneririe!... A la menace de la guerre el del'innsiou, j'ai vu accourir sous le drapeau tricolore d» «illiefs de Toloulaires ; j'ai vu des officiers royaliste» r réfubUrains sous le Te» de l'ennemi, et le poial
^ » pM M M n*«n. * Ga «al il dire an Mnw Uuû de NutimM
« Mm feitd» M npMW «B |>lnsi4U. — Le nuit punr-
■ I*»' *U* *» Subtue. p» fttB qoe tw Mimoiru m
d'iioiiiieur de naissance bien moins puissant que la consigne... Personne no vous livrera le secret et la force de la France. Ce secret et celle force sont partout, i
Nai'bonne considérait avec raison que les hommes qui ont loucbé an gouvernement ont contracté une autre dette encore que celle de la fidélité commune; qu'ils sont engagés à leur pays, comme dans la religion le prêtre l'estàriionime dont il a reçu la confession; qu'il y a là un secret que rien ne permet de révéler, ni to malheur, ni même le crime de ceux qui l'ont confié. Il a compris, défini, pratiqué dans les circonstances les plus délicates le patriotisme tel que nous l'entendons aujourd'hui, ce sentiment pur, mystique et exalté, qui ne rapporte pas tout au roi, au chef de l'État, mais à la France, cette auguste personne morale, quels que soient ses gouvernants, bons ou mauvais, sentiment qui nous fail cbérir cette France comme une mère aime son enfant, comme le paysan aime son champ, le soldat son drapeau, sentiment connu de Jeanne d'Arc, de l'Hôpital, de Richelieu, mais qni, depuis un siècle surtout, s'est /âtt peuple, s'est enraciné dans l'àmo do chacun, et qui, parfois assoupi aux heures de tranquillité, se réveille et sonne — comme une fanfare aux jours de péril et d'angoisse.
f BEL'GXOr, RŒDZaES, FIEVCE, POATALtS, ABNACLT, LEtlERHE, miLU&CO
CaraciËre de BeugnoL — Les catiters des Mats ^neranx.
»il'eq>rit de DupODt de Nemours. — Conienateun oa oooXTfis. — M de SéiiioBville. — Jean Boa, le coDveotiaDDel. — L* fiH M U pliilosopliie du charbuiioier. — Le courage d^îgnorer «I It ■a{(e^^c de croire. — Zd« conslilatiOD démonirée par ia chim- Oaocie. — Ludovieo reduce, fftnricut redivivut. — Les Bouleiu — L'ue étude à taire sur les larcias Utléraires. — Réplique i Beagnot au comte dt Sarcellus. — Les f Lncrojables t du DIrec loire, — La démagogie parisienne de lîW. — Apologue. — nouvel héiel de Ramboullki. — Co moraliste politique : Fiérti sa correspondance avec Bonaparle. — La séance ilu 9 ThennI dor. ~ Les nallDDS qui Unisïeai dans les bureaux ou les couloir — L'opinion publique est celle 'jui se tait.— Souveulrs d'un soi génalre. — La Feuille. — H faut aussi des proclamations pourli balles. — Musson le roistiflcaieur. — Les vers solitaires de U inlerre. — Polëmicjuc de Midiaud conlre Joseph Cbénier. — S ^^^ réponse à madame de Staël. — Le Jacobin Ismo roj-alisé. — Tw ^^^^ mois onéreux. — Il m'a presque parlé. — Ceux qui confonds ^^H la fin d'un acte avec la ûo d'une pièce.