‹ Les causeurs de la RévolutionChapitre 6 sur 42 · IL VOUS RESSËUDLE EN CORPS ET EM AME · texte numérisé non relu

IL VOUS RESSËUDLE EN CORPS ET EM AME

» Au cùlé droit de l'Assemblée, une gravure d'aprèft' Rubens représentant le Paralytique.

» ... Voulant épargner à mes concitoyens les horreur* d'une peste, je veux qu'on m'enterre à Clamart ; le convoi sera simple et peu nombreux; j'y invile tous les amis de la monarcbiti. »

< besace! C'était en effet le plus gros argumei

conlre le nouveau régime qui semblait réduire [oui le monde à la portion coiijriue.

Les Français sont égaux entre eux, Ainsi le veut la noble clique, Cet aphorisme est sans réplique.

Les Français sont tous malheureux.

Dans les Lubies d'un arislocrate, chacun failentendre ses doléances conlre l'égalilë dans la misère. Voici des ouvriers qui pétitionnent ;

Abl que nous serions sailslïilts SI toujours palriotes,

Au lieu de faire des discrets, Tous taisiez des culottes.

VAlmanacIi de* gens de bien imprime les remontrances des employés aux ifouvernanls :

Puisque votre immense crédit

Peut tout, aujonrrihui, dans la Fruce,

Diminuez notre appétit

Ou bien doublez notre pitance.

Pour notre bien tout est changé

Et tous vos décrets sont sublimes,

Hais vous n'avez donc pas songé -

Qu'on mangeait sous tous les régimes...

Un renlicr fait son testament en 1797 ; « Je n'ai rien, je dois parloul, je donne le reste aux pauvres, t

En 1795, on chantait dans les théâtres le Réccil du peuple. A l'Opéra un plaisant se lève et gravement : « Par pitié, ne l'éveillez pas, qui dort dine. s

Sous le titre de Dialogue constitutionnel, voici une fantaisie assez plaisante. Uu patriote quand même, un de

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ceux qui sacrifieraient la colonie et la métropole ai

principes, cause avec un méconleul timide ;

Mon cher ami, vive la lilierlè I

— Ah! d'oD jouir, monslaur, Je n'ai pas le courage. Comment! que dIs-tu là? Vivo la Uberlé!

— Hâlajl monsieur, je manque et de place et d'ouvrage

— Oui, mais, mon cber ami, vive U liberté :

— En soldat déguisé, malgré moi volontaire, J'ai sur mes pieds pa5sé la nuit entière.

— Cela n'est rien. Vive la liberté !

— Mourant de peur, de froid, charge d'uns g D'un sabre, d'un Tusll, j'ai gardé la lanterne.

— Mais aussi, pense donc ! Vive la litierté 1

— Dans un libelle atlVeui, monsieur, on me — Ob ! c'est égal... Vive la liberté !

— On m'a volé : partout j'ai Eouru pour le dire, J'ai demandé justice, et l'on n'a Tait qu'en rire.

— Mais aussi quel bonheurt Vive la liberté!

— J'ai tout perdu, mais, grdce au Sénat que J'honore, Bien plus que l'an dernier, il faut pajer encore.

— C'est vrai, mais malgré ça, vive la liberté I

— Mais, monsieur, je n'ai plus ni pain, ni sol, ni maille, Et, sur ma foi, je crois qu'ils n'ont rien fait qui valllo.

— Oui, mais, mon cher ami, vive la liberté !

— Allons, puisqu'il le faut, vive la libertàl {Atnianach des oena de bien.)

Le Croquis des croqueur)! (ITJO), à Croque NarmotJ chez Croquant, libraire, rue Croquée, vis-à-vis d'uw marchande de croquets, se gausse de l'hoiinëte BailH \ et de madame Bailly :

1 le grand Baillj Sans qui tout Paris aujourd'hui Ne Fait rien qu'il ne le permette?

, avec sa baguette, Avec ses trois cents purs esprits, ussl bien son l'aris e monde avec sa lunotle.

' Ouant

Quant à la pauvre madame Bailly, elle sonne le tocsin de la bËtise et

Puisqu'on met sur la sellelte une personne sans prétentions comme madame Baill;, ne vous étonnez pas si l'on attaque une femme de génie comme madame do Slael. Comme elle affirmait que tous les ouvrages de son père étaient immorlels : « Ah ! madame, aurait répliqué quelqu'un en la fixant, c'est impossible, car j'en connais de bien fragiles, i

Fauchet, le futur évêque constitutionnel du Calvados, est âprement cbansonné par les faiseurs d'almanachs:

PrËchcr te crime est non plusbeftu talent.

--Oui, je le sais, mois est-ll (bloquent?

— Très éloquent, car 11 prêche d'exotuple.

Et voici pour Dubois-Crancé :

Un do nos ouvriers en lois Oui nos brave-, liUldaU de vils brigands appelle,

Craocé, vient d'escroquer la croii.

11 la méritait, mais... entendons-nous; la(|uelle?

Quant à Louis XVI, réduit au rôle d'automale de Vaucanson, régnant comme une corniche autour d'un plafond, il garde le vain nom de roi et les députés eu ont la puissance; il a le veto, h condition de n'en jamais faire usage. Marchant, dans sa Constitution en vaudevilles, explique son rôle né^lif :

Ce roi sera le ro) de France, Et pourtant il ne sera rien ;

LES CAliStUKS

Slais comme une ombre de puissance Au inoiniiri! prince ïa Lrès bien.

On pourra lui laisser par grâce.

Ou pour mieui dire par altus, l.e doux plaisir de voir sa laca Empreinte sur tous les ècus.

L'Almanach de Coblentz se divertit de ces législaleurs qui semblent dater leurs décrets de l'ilc d'Utopie:

Qu'ils ont d'esprit et de vertus, Lesauteurjdu nouveau système; Le vice était daus le; abus. Ils l'ont placé dans la loi mËme.

Un aulre invite Roblol, chirurgien pédicure, à extirper le Corps législatif. Ayant appris que les députés porteraient des cliapeaux à plume, il approuve en ces termes :

On voit que le gouvernement continue d'être un des* polisme tempéré par des clmnsons.

Sur la Révolution, le peuple, la liberté, l'impertinence de la genl écrivassière s'égaie à mainte reprise.

Un poète, cherchant une rime à peuple, consulte un ancien académicien qui lui répond avec humeur : « Ne dcvriez-vous pas savoir que le peuple n'a iiirimo ni raison?

— Du peuple français nous sommes les pères, disent en se rengorgeant les députés. — Ne vous en vantez pas, messieui's, en vérité, carvolre enfant est bien mal élevé.»

Je plaignais l'erreur populaire, (Quelqu'un s'[!«ria brusquement :

rDË LA RËVOLUTIO». 61 I

On était dans l'aveuglement. H

La TtévoluUon éclaire. H

— Oui certes, vous avez raison, ^M

Lui dis-je, la pitié ilans l'âme : ^^^^^H

Elle éclaire comme ta llamrae, ^^^^^^|

En brûlant la maison. ^^^^^|

La Révolution, écrlE Thabaud, n'a fait que changer de place l'amour-propre et la fortune; plus tard, Daunou

' dira que les révolutions n'ont d'autre résultat que de déplacer les abus. Toute la Révolution, selon M. Stuard, se réduit £l ceci, qu'on pouvait jadis penser sans parler et qu'on peut aujourd'hui parler sans penser. On comprend d'ailleurs que la liberté des terroristes rendit sceptiques ceux qui l'avaient endurée et l'on ne s'étonne plus de

I réflexions comme celles-ci : « Depuis que je connais la liberté, je cherche un coin sur la terre où règne le despotisme. — J'aime mieux en appeler à Louis ivre qu'au peuple à jeun. — Il est infiniment moins rare de trouver an bon roi qu'une bonne multitude. :>

« Ils abolissent la peine de mort, je vais faire mon testament », gémissait un spirituel vieillard en 1848.

Lorsque la Commune de Paris établit le comité des recherches, ou imagina le dialogue suivant entre son président et la Vérité.

LJ'ai de l'e-sprlt du guilt, ^^^^^^H

Partout jD l'entends dire; ^^^^^^H

Si l'on niG vante beaucoup, ^^^^^^^H

C'est que je suis propre à tout ^^^^^^^^Ê

-^H Détruire, déliuire, détruire. ^^^^^^^H

LE PRÉSIDBHt

En tout lieu, l'on doit say<^

Combien je suis aimable.

Et chacun lier de m*avoir Donnerait tout pour me voir

LA VÉRITÉ

Au diable, au diable, au diable.

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