‹ Les cavaliers athéniens (volume 2)Chapitre 21 sur 43 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Dans les Notes sur l'hdortologie athénienne (1), nous avons examiné quelques-unes des questions qui concernent les Théséia. Cette -fête n'est probablement qu'une des parties de cetle grande fête que les Athéniens avaient instituée en l'honneur de Thésée, vainqueur du Minotaure et libérateur d'Athènes ; les Kufepvioue, les Tluavéhee, les 'Ozyogépur, les "Enrriqua et les @foux sont las divers actes de ce grand drame symbolique que les Athéniens représentaient tous Jes ans et dans lequel ils avaient voulu reproduire les principaux #pisodes de l'expédition de Thésée en Crète. Nous avons indiqué, en nous ratlachant à l'opinion de M. Aug. Mommsen , à quelle époque cotte grande fête fut organisée, quelles parties de cet ensemble se développèrent et prirent chaque jour plus d'importance, tandisqued'autresétaientchaque jour réduiteset amoindries. Nous nous sommes appliqué à bien marquer le caractère des £pitaphia. Cette Rte, une des plus originales dé toutes celles qui figuraient surle calendrier athénien, ne comprenait primitivement que des cérémonies funèbres célébrées tous les ans, au nom de l'Etat, sur les tombeaux de ceux qui étaient morts pour la défense-de la pa= trie. Lorsque Cimon eut ramené de Scyros les ossements de Mhésée, ces cérémonies funèbres furent rattachées k la grande féto qui fut alors instituée en l'honneur du héros ; un monument public fut élevé dans un des plus beaux faubourgs d'Athènes, le Céramique, où, déjà avant les guerres médiques , on avait commencé à ensevelir les guerriers athéniens tombés devant l'ennemi. Un peu plus tard encore, on décida que la fête comprendrait une oraison fanbbre de ces morts pour le repos desquels on célébrait les cérémonies sacrées; ce Adyoc dmxdpue, une des créations les plus heureuses du génie athénien, donna à la fête des Epilaphia

A1) Cf p. 188, n. 3.

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po

« LES JEUX RQUESTRES DES THÉSÉTA. 213

iosérion doisont so placer outeo les années 165 et 156. « (l est qu'Anthestérios succède immédiatement à Aris- » tolas, mais cola n'ost pas absolumont certain: il a pu y avoir » deux où lois éponymes entre cos deux archontos (1). » Quant 4 Phaidrias, la date indiquée par le Corpus, 150 avant notre dre, paraît la daie exacte.

Nous avons déjà vu (2) que ces inscriptions contiennent des en l'honneur des agonothètes des Théséia.

Elles RE neont deux parties : le décret honorifique et les catalogues ngonistiques. Nous avons vu qu'une double catégorie de prix était indiquée et par les décrets et par les catalogues, les prix collectifs et les prix individuels; nous avons examiné ce qu'étaïent css prix collectifs : il nous reste A étudier ce que les nous apprennent sur les prix individuels, c’est-à-dire

sur cequi est proprement l'éyüv trmxds des Théséia,

L'ybv fred, aux Théséia, est toujours mentionné après l'äyüs yuuwxé. Dans l'inscription 444, le dernier des concours gymuiques est la course armée, és; après commence l'äyèw rase, Les premiers concours indiqués sont les concours réservés la cavalerie, concours de phylarques et de cavaliers. Dans le calalogue 445, on trouve mentionuës , après la course armée, des concours d'escrime pour les lrois catégories d'enfants (+ñe npôrne, Mis devons, ens spfrrs fhwlxs) ot pour les éphèbes : enfants et éphèbesfont deux de ces exercices d'escrime, la première fois avec la Jancs et le bouclier (y ox «xl Sas), la seconde fois avec le bouclier long (iv Gxsÿ) (3). Après vient encore un concours pour les Sphèbes, la concours du javelot (4) : &x nüv dgféuv dxoriuv. C'est après cb concours que commonce l'éydv fermés ; 60 n'est poititpar les concours réservés à la cavalerie que débute catte fois Déyév Ermuée, mais par le concours particulier appolé Érry laure. Le catalogue 446 présente pour la partie que nous examinons la même disposition, sauf de légères différences, celle-ci entre autres : les éphèbes ne font plus les deux concours d'hoplomachie.

Nous avons dressé la concordance de celles des inscriptions des Mhéséia dans lesquelles la partie relative aux concours de la ca-

» {1} Homelle, op. laud., p. 187.

{) Voir plus baat, p. 188,

65) Sur Le bugeés 6 la péyaupa (A6, 11, 69), voir D. Korolkow, dans les ik, d= d-'aréh. fnst., IX (1884), p. 12.

A) Li s'agit du jet du javelot à pied; nous verrons bientôt ce mime oxercio exécuté par dés gens à cheval.

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valerie a été conservée. Cetle concordance ne comprend que cinq inscriptions, et encore est-ce seulement pour les .trois premières que nous possédons la liste des prix collectifs et des prix individuels ; sur les deux dernières, rien n'a été conservé de ce qui concerne l'ayèv irrmés.

Les inscriptions des Théséia, pour ce qui peuvent être divisées on deux groupes : le premier les inscriptions 443 ot 445; le second comprandrait 446 el les suivantes,

La composition de l'iyèv ixmmé des Théséia | 7 trouvons sur les catalogues 444 et 445, est des plus simples, comme on peut le voir par la concordance que nous avons dresséo. Trois catégories de concurrents exécutent chacune troïs sortes d'exercices : .

1 Les rursanques font :

le diaulos, soit on armes ; soit avec le cheval de gucrre, le diaulos simple , J'acampios simple ; 2? Les cavautens font :

le diaulos avec lo cheval de guerre, Je diaulos simple, T'acampios simple ; 3 Tous, citoyens d'Athènes et étrangers, font : le diaulos, l'acampios,

“Pour deux concours, l'indication dés concurrents n'est pas

donnée. Ce sont :

le concours rw haurpÿ , le concours 49° frreu dxovriov.

Un seul point est un peu obscur : par qui étaient disputés ces deux prix pour lesquels l'indication des concurrents fait défaut ? Dans les catalogues 445 et 416, le concours Try Jaurpÿ est men tionné après le concours du jévelot par les éphèbes , 2x rüv Egféuv mors; faut-il, devant la mention fry 2xumpé, sous-entenûre les mots êx rüv épféuy qui se trouvent à la ligue précédente? On trouve, en eflet, dans l'inscription 445, des exemples de cette omission de mots comme à rüv igf£wv; mais, en examinant la chose de près, on voit qne cette omission ne se produit que là où elle peut 8e produire sans danger pour la clarté; ainsi, les doux exercices d'hoplomachie sont faits tour à tour par les enfants des trois âges et les éphèbes ; l'indication des concurrents est donnée seulement pour la premier des deux concours; on dira, par oxemple, Etoayiüv fe npôme Hiotlac dy 2erBle xat Bépart; mais, pour le second concours, la mention des concurronts fera défaut; où se bornera à écrire émhouæyüy &v usé en sous-cntendant les mots +%e mpdrn Hodas. Le cas n'est pas évidemment le même pour les concours Fer Aaurpÿ OÙ de nou axovrtuv, D'ailleurs, dans l'inscrip-

4 — DB al

ment de ré; les deux autres, pour losquals.

indication relative aux concurrents, sont aussi L nous avons ru qu'ils ne sont guère disputé que pa des 4 Ainsi, sur les dix concours équestres des Théséia, huit nent aux cavaliers, six en droit, deux on fait. | Te e était la composition de l'évèr trruée des Théséia vers lan 160 avant J.-C. , sous les archontes Aro o Anolioe: | mais, quelques années après, vers l'an 150, sous l'arehonte Phaidrias (C. L. 4, 11, 446), nous constatons des chañgaments/considérables, L'uscription consaéréo aux jeux, dont Miltiade, Es Zoilos, a été l'agonothète, est des plus importantes pour n jet; malheureusement , par une coïncidence des plus taie les rares lacunes qu'elle présente portent sur des points essentiels! Le fait important à relever dans ce lexle c'est que, pourles concours d'ééaväols et d'éjorhéx (1), ce ne sont plus les phylärques qui sont indiqués comme élant les officiers commandant l'escadron de la tribu, mais les tareutinarques ; et, dans la liste des prix do T'éqére frruéç, nous ne trouvons plus mention des concours des phylarques. Ainsi, environ entre les années 160 ot 150, il ya eu , dans l'organisation de la cavalerie, une réforme qui d'abord n'a porté, comme nous dirions aujourd'hui, que sur la constitition des cadres ; mais il semblo que bientôt après la réforme s'est étundue au corps tout entier. En effet, sous l'archonte Phaidrias, les cavaliers sont encore nommés ; ils prennent part aux.oncours d'ebavèlx et d'eorhia (col. 1, 53 et 56); ils font une lampadodro= mie (ibid. , 67); dans les deux inscriptions qui suivent (447 et 448), au contraire, ce sont les Tarentins qui font Ja Jampadodro= mie à la place des cavaliers (447, L. 26; 448, 1. 33) Malheureusement ici encore ces deux inscriptions sont très incomplèles ; le commencement du catalogue des prix a été seul conservé et il est même très mulilé; il est, par exemple, impossible de woir si les Tarentins sont nommés à la place des cavaliers pour les concours d'ésavègie et d'eoräia (2), Quant aux prix de l'y frruxée, la partie sur laquelle ils étaient gravés a complètement dispart, L'inétription 446 nous fait donc connaître une réforme de Ia

{1} Pour le concours d'ebavpfx, c’est un hipparque qui est nommé (col. I, 54); pour le concours d'eborala, ce sont deux tarentinarques (ibid, 57).

(2) La reutitution des mots +3n Ieréuv dans le Corpus (448, col. I, À, 19 ct 22) ne doit done pas être considérés comme certaine. Deux fois dans 68 texte il aurait su de lire une lettre de plus à gauche {col. [1, L. 20 et 23) pour voir qui, des tarentinarques où des phylarques, où des hipparques, commande Li tribu.

Pt, dl

cavalerie qui, pour un service paticulier, consiste à substituer les tarentinarques aux phylarques dans le commandement de L'escadron de chaque tribu : sur deux des textes postérieurs à l'in scription 446, 11 n'est resté qu'un seul des endroits où sont consignés les concours de la cavalerie, et là nous voyons que 06 ne Sont plusiles cavaliers qui sont nommés, mais les Tarentins. Nos Lextes ne mous dopneut pas autre chose; nous autorisent-ils à croire quela rélorme, qui n'a atteint d'abord que les officiers , a porté ensuite sur le corps tout entier et que, comme les phylarquesont été remplacés par les tarentinarques , les cavaliers ont été rémplacés par les Tarentins ? C'est un point qui sera discuté dans une autre partie de cot ouvrage (liv. LUF, ch, VE, 3).

Quels changements cotte réforme de la cavalorie a-t-ello amonés dans les concours ?

Nous trouvons, pour les cavaliers d'abord (1), dans la sério des wmcipue, la mention d’une lampadodromie. C'est la première . fois que le fait se produit ; il sera désormais constant; parmi les

ies des Théséia, une sera faite désormais, non plus, Al est vrai, par les cavaliers, mais par les Tarentins.

C'est après le concours du javelot par les éphèbes que commence, dans l'inscription 446, l'iyèv triés. Le premier concours indiqué est le concours frry haured ; ensuile vient le passage si malheureusement mutils; nous le transcrivons en entier.

Snow &e sûv Ep « Orégpusros ‘Hpwrduiros Olvélôoc gudñc.

ray laprpÿ * M Qlitos ['lépuvols Aruveläns que, see. 'Alpxérou Tlavérovloc quite.

«a Pawedac].

(she) (?)« Exénuos ’Apadrou Taortèos que.

féxdu}rio : "Epdèmuos ’Agrérou Huvéiovidoc puAñe.

Comment restituer ou expliquer cé passage ?

{1} Remarquons que ln pari des éphèbes dans ces concours à été singulière

diminuée. Sous l'archonte Aristolas (WMA, col. 1, L 64), ils ne font qu'une

Fr sous l'archonte Anthestérios , ils font encore une lampadodro-

mie QE. c. 1, 35); ils nt de plus deux concours d'hoplomachie et un concours

@efavelot (e. 1, L 35 ct suiv.). Sous l'archonte Phaïdrias, ln lampadodromie

et les exercices d'hoplomachie leur sont supprimés; ils ne font plus qu'un seul coscours, cilui du javelot (16,6. IE, L T1).

“sûrement je. crois (1), lo nom propre "Exéèmuoe.

donné par los lignes 83 et 84. À gauche du nom

un ospaco blanc pour six lettres ; et, comme on a pu lire les

tres YTE, on a restitué Gedye a Te

vu le peu d'espace libre qu'il y

nous verrons cependant qu'elle soulève des objections. Ce qui est certain au moins, c'est que, s'il y avait à cet endroit de l'inscription l'indication d'un concours, il n'y a pas'assez de place pour le nom des concurrents; que, de loule façon, il n'y apas assez de place pour les indications suivantes : be rôv Exrler , Ee sûv quid uv el encore moins à: rüv sapæyrppobrru. La ligos 69 n encors plus souffert; il y a d'abord un espace illisible d'environ quatorze lettres, ensuite les lettres HXA, puis un autre

celui-ci d'environ neuf lettres ; enfin leslettres AO, où l'on peutlire env, = 800, =ho, c'est-à-dire un génitif indiquant le patronymique. On peut ne pas accepter, pour les lettres HEA.. Ja restitution proposée par M. U. Kôhler -w, C'est-à-dire un nom propre dont le nominatif se termine en »< et un patronymique ainsi formé A...o; ce patronymique devant être composé dé treize lettres, puisqu'entre À et ou il ÿ a un espace de dix lettres, peut paraître un peu long (2). On peut donc supposer que les let» Lres HEA font partie d’un nom propre comme Myoxyépas, Mnfazyoss “Hyfouvégoc. Le nom du personnage indiqué dans cette ligne 8? importe pou très probablement, mais ce qu'il imporlerait beau: coup de connaître c'est le litre que portait ce personnäge, litre qui était indiqué dans cet espace illisible de qualorze lettres environ avant les lettres HEA. Nous trouvons, en effet, dans celts ligne 82 un fait qui , sur tous nos catalogues agonistiques des Théséia et des Panathénées, ne se présente que celle unique fois: c'est, dans la liste des prix individuels, dans la liste des prix de L'évdv yuuvode et de l'&ybv ere, l'indication du démotique, pour désigner un personnage, au lieu du nom de la tribu.

La règle suivie dans les catalogues pour ces diverses indica= tions est très simple. Les Athéniens concourent soit entré eux, soit avec des étrangers ; dans le premier cas, on trouve 18 nom de la tribu ; dans le second, l'ethnique ’Aünwtos ; l'indication du dème n'est donnée que dans une seule circonstance, À propos

{1) A. Mommsen avait déjà émis cette opinion (Heort., p. 285). (2) I y a naturellement des noms propres qui ont treize lottres et plus, par exemple ’Ardnribüpes, mais combien d'autres sont moins longs ?

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Al so trouvait pout-êtro quelque indice qui nous aurait éclairé sur Ji nature de cette lraus{ormation.

Une des conséquences de cette transformation a Gé de suppri= mer les concours des officiers de la cavalerie. Il y avait, avant l'archonte Anthestérios , des concours ix süv quhdgrow. Sous cet archonié , il n'y en à pas eu; on peut aussi affirmer qu'il n°y a pas eu non plus de concours de tarentinarques. En at-il 66 de même pour les époques auxquelles se rapportent l'inscription 447 et celles qui suivent? Nous connaissons trop peu l'organisation du corps des Tarentins pour pouvoir nous prononcer. Ainsi, une des conséquences de la réforme aurait été de réduire le rôle des cavaliers dans les concours des Théséia. On doit cependant observer que si les concours &x süv quadpyuv ont élé supprimés, nous trouvons à la place trois concours , qui sont, il est vrai, èx révuv, mais qui peuvent être assimilés aux concours frry haunp@ et 49! Érmou daovrlçor , lesquels sont disputée généralement par des cavaliers. Il on résultorait donc qu'on fait le rôle dos cavaliers n'aurait pas été niduit aux jeux dos Théséia; un nouveau concours leur aurait même été attribué : une lampadodromie.

Nous connaissons donc, pour les jeux des Théséia, deux époques qui sont, il est vrai, Lrès rapprochées l'une de l’autre,

Dans la première époque, les cavaliers ont un rôle très impor= tant : sur dix concours qui composent les jeux équestres de cette fète, six leur sont attribués expressément ; deux autres leur appartiennent en fait. c

Dans la seconde époque, le rôle des cavaliers a été réduit : trois concours seulement leur sont attribués nominativement ; il est vrai que, sur les sept qui restent, cing semblent leur avoir appartenu en fait, Pour la première lois, ils font alors une lampadodromie.

Ces points sont suffisamment établis ; mais nous ignorons :

Si, après l'archonte Phaidrias, on à institué des concours êx mn papaveeppoder analogues aux CONCOUrS zx rüv uképgow qui ont éié supprimés ;

Si ces concours dx +üv raparevappoden ont remplacé les trois concours que nous avons assimilés, pour ce qui concerne les concurrenls, aux concours Frxp euro Où 49" Érrou Guoreiberet 3

Ban , ai les concours êx rû Werdwy n'ont pas été remplacés par des concours éx rüv rapavrlwv , curnme l’a été la lampadodromie.

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