‹ Les cavaliers athéniens (volume 2)Chapitre 31 sur 43 · RÔLE MILITAIRE DES CAVALIERS · texte numérisé non relu

RÔLE MILITAIRE DES CAVALIERS

d'investissement des Athéniens atteindraient les lignes de contre approche dés Syracusaius, Gette buuille fut encore une vicloire pour les Athéniens ; il y eut une mêlée très confuse : le stratège Lamachos, isolé un moment de ses troupes, fut provoqué en combat singulier par le cavalier Callicratès. Dans ce duel, le fantassin ot lo cavalier so tuèrent l'un l'autre (1). À un momont du combat, la retraite se trouvait fermée à une partie de l'arméo syracusaine , qui ne fut sauvée que par l’action vigoureuse de la cavalerie (2).

Malgré bien des lenteurs et des hésitations, le blocus de la place s'opérait pou à peu; le mur d'investissement allait être terminé ot porté jusqu’à la mer. La reddition de Syracuse ne paraissait plus être qu'une question de temps, quand l'arrivée du Lacédémonien Gylippe vint tout changer : il relève le courage des assiégés ; eux qui parlaient déjà de se rendre, pensent à prendre l'offensive, fallait à tout prix empêcher les Athéniens de continuer le mur jusqu'à la mer, Gylippe fait élever un mur perpendiculaire pour

les arrêter. Deux combats s'engagent : dans le premier, les Athéniens sont victorieux, parce que l'on se bat dans l'intervalle des murs, là où les Syracusains ne peuvent faire usage de leur cavalerie, Gylippe reconnaît aussitôt son erreur : après la bataille, il convoque ses soldats , il leur dit que Ja faute n'était point à eux, mais à lui seul ; qu'en s'engageant ainsi dans les retranchements il avait rendu la cavalerie et les gens de trait inutiles aux hoplites ; il ajoute qu'il va les ramener à l'ennemi , car des Doriens, des habitants du Péloponnèse ne peuvent admettre qu'ils soient vaineus par des Tonions et des habitants des îles (3). Gylippe conduisit, cette fois, ses hoplites à une plus grande distance du mur; il plaça les cavaliers et les gens de trait sur le flanc des Athéniens, dans l'espace libro où finissaient les ouvrages des deux partis. Au milieu de l'action , la cavalerie, attaquant l'aile gauche des Athéniens qui était devant elle, la mit en fuite, ce qui entraîna la défaite de tonte l’armée. Nous avons ici un exemple de l'intervention de la cavalerie dans le combat des hoplites, dans ce qui est l’action décisive ; les cavaliers ne chargent pas vérita=

11) Plut., Niciar, 18 2 a Aropovutels à Aduayo: nérm rüv Dupexacluv ob Lerele érigerogérove, “Hv BE mpütog abrü KaXkopärne, évip mokqurè al Ouuoutdre Mpès roûrov Éx nponkfoswg xarartè: à Adpayes duovondynss, mal Jabbv niv mgbcepor, alrx Babe val rend Bpeu auvardave 1 Ka)lwxpäten »

(2) Thuc., VI, 101 et 102.

(8) 1, VII, 5, Zet3.

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progrès de l'art militaire. Elle avait été si longue que, pour beau- | coupde Groes, le service militaire était devenu un métier; la paix | rétablie, tous ces soldats se trouvèrent désœuvrés et incapables de gagner leur vie ; d'autre part, lesclasses sociales, dans lesquelles les milices civiques étaient recrutées, avaient été si éprouvées qu'elles ne sentaient plus que la fatigue et le dégoût du service. En même temps, le métier militaire devenait chaque jour plus diflcile : « Personne ne pourra devenir un excellent joueur | » de dés on d’osselets s'il ne s'applique à ces jeux dès l'en- = fance, ot il suffira de prondre un bouclicr ou une autre » arme quelconque pour devenir du jour au lendemain un bou » hoplite (1)! » Les milices civiques avaient eu leur moment de gloire héroïque; dans les guerres contre les Perses, elles avaient sauvé la Grèce; elles avaient des qualités précieuses, surtout l'esprit de sacrifice et le dévouement 4 La patrie; mal- | heureusément, la guerre du Péloponnèse amena dans les divers Etats grecs une recrudescence déplorable des discordes civiles; la lutte entre les partis en vint à un degré de fureur.et de férocilé qu'on n'avait pas vu jusqu'alors (2); le sentiment patriotique reçut de ces luttes une atteinte profonde. En même temps, avec le développement croissant de la démocratie, l'esprit d'indiscipline devenait chaque j jour plus fort dans les armées ; les généraux ne pouvaient manier qu'avec les plus grands ménagements ces hommes qui, dé retour dans leur ville, allaient devenir peut-être leurs accusateurs ot même leurs juges.

Toutes ces raisons expliquent les changements qui se produisirent après la guerre du Péloponnèse. Lorsque Cyrus le Jeune résolut de marcher sur Babylone pour renverser son frère, le roi de Perse, près de treize mille Grecs, qui faisaient de lu guerre leur métier, répoudirent à son appel. C'est Iphicrate (3), dik-on , qui organisa le premier corps de troupes mercenaires que les Athéniens ont possédé,

Ces troupes nouvelles ne pouvaient avoir ni la même organisa tion ni le même armement que los milices civiques. Uno réforme de l'armement était nécessaire ; elle était préparée dopuis longlemps ; alle fut exécutée par Tphicrate. La guerre du Péloponnèse et sur

(1) Platon, Rép. 11, 15 (574 c); tout ce chapitre est très intéressant ; le prine cipe de la division du travail y est très nettement exposé ; cf. encore le chap, VAL du livre IL.

@) Thue., LUE, 84 et suis.

13) Cf. Curtius, Hést. Gr,, TV, 277 avoc les textes,

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soldat et celle du général. Chacun de ces arts s’est

Grèce librement , en suivant une marché AL teudance , es qualités du génie grec. Ge développement régulier et harmonique est une des lois les plus heureuses du génie grec; il règle la succession des genres dans la littérature, celle des écoles en architecture et en sculpturo ; il préside aussi aux transformations de l'art militaire.

Nous trouvons là encore une série d'évolutions qui se sucebdent dansun ordrelogique, l'une produisantl'autre, otaboutissantäcréer enfin, après une série d'efforts réguliers et méthodiques , un type idéal longtemps entrevu et poursuivi. On sait quelle influence la gymnastique a exercée sur la civilisation hellénique; grâce à elle, l'éducation nationale a 86 complète et harmonique ; elle à pu satisfaire à la fois les besoins du corps et ceux de l'intelligence; Ja rhétorique a produit des orateurs comme Périclès, Lysias, Eschine et Démosthène; l'art militaire de la Grèce, en arrivant enfin à constituer l’armée d'Alexandre et des Diadoques, a produit une œuvre qui n'est inférieure à aucune des plus belles créations du génie grec. Aujourd'hui, quand on parle de génie militaire, d'organisation militaire dans l'antiquité, c'est le grand nom de Rome qui efface tous les autres ; il serait facile de montrer qu'ici encore le génie romain a été moins original, moins fécond que le génie grec. Loin de nous assurément la pensée de vouloir rabaisser le génie militaire de Rome; la création de la légion suffit à sa gloire. Lorsque, par la division en manipules, au temps de Camille (1), la légion fut devenue aussi propre à l'attaque qu'à la défense, elle constituait une troupe de ligno supérieure à la phalange grecque, qui a toujours eu de la raideur et do la lourdeur. Mais, après avoir cré6 la légion, le génie de Rome s'est arrêté; los changomouts introduits après Camille ne marquent pas un progrès sérieux pour l’art militaire ; même après Ja campagne d'Hannibal, après l’écrasement des légions à la Tré- Die, à Trasimène, à Cannes par les cavaliers numides, les Romains ne sont pas arrivés à former une bonne cavalerie.

Jamais l'armée romainé n'a été un ensemble aussi savant et aussi habile de forces différentes que l'était l'armée grecque d'Alexandre. Mais les événements ont été favorables à Rome ; si le choc, qui devait un jour heurter l'un contre l'autre le monde hellénique et le monde romain, au lieu de se produire au deuxième siècle, s'était produit au commencement du quatrième,

(1) Voir Lange, loc, laut,

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