RÔLE MILITAIRE DES CAVALIERS
reposer. A présent, la guerre était continuelle ; il fallait faire campagne l'hiver et l'été; aussi les citoyons d'Athènes éprouvèrent-ils bientôt pour le service militaire cette répugnance contre laquelle Démosthène s'élève et s'indigue si souvent. En outre, l'art militaire, comme le disait le grand orateur, avait fait les plus grauds progrès en bien peu de tomps : la guerre était devenue pour les
L Soldats un métier, pour les généraux une science qui réclamait l'étude de toute la vie, Sparte, qui ne savait faire de ses citoyens que des soldats, aurait pu, mieux qu'Athènes , imposer à ses soldats ce service continu que les transformations de la tactique exigeaïent ; mais lo génie de Sparte Gtait chose trop simple et trop raide; il était absolument incapable de se transformer, de se plier aux exigences d'une situation nouvelle. Sparte avait organisé un excellent corps d'hoplites; tant que les hoplites ont seuls suffñ pour décider du sort des batailles, Sparte a été la première puissance militaire de la Grèce; mais, du jour où la tactique viendrait à changer, Sparte devait déchoir de ce rang. Le génie d'Athènes, plus souple, aurait pu mieux se prêter à ces transformations, qui sont la loi de tout progrès ; malheureusement ici c'est une trans= formation sociale et économique qu'il aurait fallu opérer; pour qu'Athènes eût pu résister à la Macédoine, c'est l'Etat athénien tout entier qu'il aurait fallu changer.
Quant à la cavalerie athénienne , elle a eu quelques glorieuses journées; son histoire se déroule dans cette période d'efforts, d'élaboration féconde qui remplit la seconde partie du cinquième siècle et la première moitié du quatrième. Ce long travail aboutit, vous l'avons vu, à remplacer la tactique dorienne, trop raide, trop uniforme, qui ne dispose que d'une arme, la grosse infanterie, et d'un seul moyen d'action, le choc des boucliers, par la tactique macédonienne qui conçoit une armée comme un riche organisme dans lequel chaque force a un rôle, une fonction pro= pre. Dans cette période de transition, la cavalerie ne prend pas véritablement part à l'action qui décide la victoire; elle ne peut qu'éclairer l'armée, défendre les flancs du corps des hoplites et, une fois la journée décidée, achover la victoire ou protéger la retraite.
La cavalerie athénienne eut tout le succès dans l'expédition que Nicias dirigea, en 425, contre Corinthe; elle contribua grandement au gain de la victoire de Solygeia. Les Athéniens avaient deux mille hoplites et deux cents cavaliers. Le comhut fut long ct acharné; à la fin, les Athénions, grâce à leur cavalerie, parvinrent à rompre les ligues des ennemis, qui prirent la fuite on