RÔLE POLITIQUE DES CAVALIPNS
nue (1). Je dis que c'est ici la seule façon de comprendre ce passage. Eu effet, si les cavaliers ne sont pas compris dans les Trois-Mille ; si, par exception, ils ont été dispensés d'être inscrits sur le catalogue, que signifient des expressions comme oÙ vrÿ taradéyy pour désigner ceux qui ont des droits civiques ; &w +00 xamhôyou pour désigner ceux qui en ont été privés (2)? Comment expliquer les paroles de Gritias au Conseil (3)? « Il y a dans » la nouvelle Constitution qu'aucun des Trois-Mille ne peut être » mis à mort sans avoir été condamné par vous, mais que les » Trente ont le droit de faire mourir ceux qui sont hors du cata- » logue. » Peut-on admettre que, si une telle exception avait 86 faite pour les cavaliors ; si Je corps civique, sous les Trente, avait été formé de trois mille citoyens plus les cavaliers, un tel fait n'aurait pas été mentionné dans les nombreux cas où il est quéstion de ce catalogue ? Nous avons vu (4) qu'il y avait eu sous les Trenté un catalogue des cavaliers; mais c'était là la règle ordinaire : les phylarques ont dû dresser le catalogue des cavaliers de leurs tribus comme les taxiarques celui des hoplites ; ils l'ont fait sous les Trente, comme ils l'avaient fait auparavant. Peutétretrouvera-t-on que, si des Trois-Mille on retranche mille cava= liers, il ne reste plus que deux mille partisans des Trente pouvant servir commé hoplites ; ce nombre d’hoplites devait paraîtro suflisant aux Trente, puisque lo reste du pouple était désarmé ot qu'ils disposaient d'une garnison lacédémonienne. En ajoutant, au contraire, mille cavaliers aux Trois-Mille, on a un corps civique de quatre mille personnes ; ce chiffre est bien élevé, si l'on pense que le parti aristocratique considérait la nombre des Cing= Mille du temps dés Quatre-Cents, non plus comme une oligarchie, mais comme une véritable démocratie (5). Noûs croyons d’ailleurs que les cavaliers qui ont servi sous les Trente n'étaient pas au nombre de mille : ce chiffre était l’effeclif normal en
{1} C'est la même construction que nous avons déjh trouvée dans le passage de Thueydide relatif à l'effectif de la cavalerie en 431 : voir p. 368. Sur cette construction, ef. K. W. Krüger, Griech. Sprachtehre, & 09, 32, 2; lex exemples donnés par Krüger, nous ne citerons que celui-ci qui oïfre beaucoup d'annlogié avec la phrase de Xénophon : « Ty Geubegiav.… +0 dmb rûv évOpru RAS ECT roplg rertedovres uparémelx cütesbar. » Thuc., V,
(2) Voir plus haut, p. 908.
(3) Xn., Hellén., IE, 3, 81.
{4) Voir plus haut, p. 355 et auiv.
(5) Thu. VAL, 92, 11 2 « Té pv avaerooi perégoe voaobrouc dymxpue dv Gfpor Ayogpevos. »