LES CAVALIERS DANS L'ANT ET LA LITTÉNATURE D'ATIÈNES
la défend contre le soleil; ce chapeau aux larges bords, le petasos, était la coiffure des voyageurs; dans les monuments figurés, il est attribué très souvent aux éphèbes et aux cavaliers (1); la poésie n’a pas dédaigné de le décrire et Sophocle de le faire porter sur la scène par un des personnages de son Œdipe.
Dans le morceau lyrique, où le pobte célèbre sa patrie, un des plus beaux chants de la muse antique, Sophocle après avoir chanté l'olivier, don d'Athôna, célèbre cot autre don très puissant, dû à une grande divinité, le don das beaux coursiors, des boaux poulains et le don de l'empire de la mer ; « c'est loi, fls de Cronos, qui as placé cette terre À ce degré de gloire , roi Poseidon, » car c'est ici que tu as inventé le frein qui dompte les coursiers; » par loi, le navire, poussé par les bras des rameurs, court sur » la mer, accompagné d'innombrables Néréides (2). » Sophocle fait ce qu'avait fait avant lui Aristophane dans les deux chants lyriques de la parabase des Cavaliers ; il associe la cavalerie à la marine ; Athôna et Poseidon sont les deux divinités bienfaitrices de l'Attique : l'une lui a donné l'olivier, l'autre lui a donné le cheval ; d'ailleurs Poseidon et Athôna, qui sont les dieux protecteurs d'Athènes, sont aussi les dieux des cavaliers ; tous les deux portent le même surnom, frmoç (3); l'éloge de la cavalerie, chez les deux poètes, va de pair avec l'éloge de cette marine qui faisait la puissance et [a gloire d'Athènes.
Bientôt après ce chœur, « prend part à l'action et entre pour » ainsi dire en scène cette agile cavalerie athéuienne dont le » poële n'a pas saus dessein, ramené tant de fois l'éloge (4). » Lorsque Théséo apprend que Gréon a enlevé les deux filles d'Œdipe, il ordonne aussitôt à tout le peuple, fantassins et cavalièrs (5), de quitter le sacrifice et de poursuivre le ravisseur, Le chœur entonne un chant lyrique ; il décrit le combat qui va avoir lieu, il prévoit, que, dans la poursuite, les cavaliors arriveront les promiers, qu’ils auront à soutenir seuls l'attaque de l'ennemi; il les suit dans leur course, il chante d'avance leur victoire (6). Peut-être le « fuyard dirigeait-il vers le couchant ses chevaux et » ses chars; il sera pris; terrible est le dieu Arbs qui habite » cette contrée, terrible est la valeur des fils de Thésée ; le frein
{1) Sur le rérasos, el. K.-W, Hermann, Prévatal., 6, H. Biümner, p. 180. €) V, 707 et suiv.