‹ Les cavaliers athéniens (volume 2)Chapitre 38 sur 43 · LES CAVALIERS DANS L'ART ET LA LITTÉRATURE D'ATHÈNES · texte numérisé non relu

LES CAVALIERS DANS L'ART ET LA LITTÉRATURE D'ATHÈNES

Cette querelle d'un père contre son fils qui le ruine par ses prodigalités , par ses dépenses, par sa manie des chevaux, est une des scènes que la comédie antique se plaisait à reproduire, Une autre comédie d'Aristophane, l'Anagyros, débutait par une scène semblable; mais ici le père était plus faible; le jeune homme, querellé par son père, se meltaità pleurer, et aussitôt le vieillard, aitendri par ses larmes, feintes peut-être, oubliait sa colère ; pour consoler son fils , il promettait de lui acheter un très beau, un très grand cheval.

On saitcomment finitlacomédie des Nuées, Le fils consent à aller à l'école de Socrate ; il y apprend ce double raisonnement, le fort et le faible, et aussitôt le père recueille les fruits de celte belle Gducation : il est bafoué, puis battu par son fils et, qui pisest, convaincu, on vortu du fameux raisonnement , d’avoir êté justement battu : « Quand j'appliquais mon esprit à la cavalorio, » dit d'un air pineé l'élève de Socrate, « jo n'étais pas capable de dire trois » mols sans me tromper ; Socrate m'a guéri de cette passion , et » aujourd'hui je suis passé maître en pensées subtiles , en dis- » Cours, en méditations philosophiques (1). » La conclusion d'Aristophane est dans ce cri du vieux Strepsiade : « Sois cava- » lier; il vaut mieux pour moi entretenir un quadrige que d'être » roué de coups (2). »

Le cavalier que dépeint Aristophane dans les Nuées est ce jeune homme, ce wxvisxos de bonne maison, riche, insolent, dépensant sans compter pour satisfaire ses caprices; il peut mal tourner , il peut aller à l'école des sophistes; cependant Aristophane n'ose pas être trop sévère pour lui ; est-ce bien la faute du jeune Pheidippide s'il en vient à battre son père ? Ce père n'est-il pas le vrai coupable? N'a-t-il pas faussé le naturel de son fils par une mauaise éducation? Parmi ces brillants jeunes gens, les amis d'Aristophane, combien avaient 6t6 conduits chez les sophistes pa: leurs parents? Les Alcibiade, les Théramène, les Gritias auraient ils fini aussi tristement, si, au lieu d'aller 4 l'école des sophistes, ils avaient fréquenté les gymuases comme on le faisait autrefois?

De ce portrait, tracé par la main d'Aristophane , on peut rapprocher le portrait d'un autre cavalier, celui-ci non plus un personnago idéal, créé par l'imagination d’un poète, mais bien réel et bien vivant : c'est l'hipparque Midias. Cette fois ce n'est plus un poète indulgont, bienvoillant même, qui s'amuse à poindre

(1) V. 1401 ot auiv.

(2) V. HO4 et suiv.

Page 1