LES CAVALIERS DANS L'ART RT LA LUTTÉRATURE D'ATHÈNES
il doit subir, devant le Conseil encore en charge, l'examen appelé dokimasie. Cet examen avait pour objet d'établir que le personnage était dans les conditions requises pour occuper les fonctions auxquelles il avait été nommé; mais on ne se bornait pas là ; on pouvait examiner la vie entière du personnage, lui demander compte de Lous ses actes. Des ennemis de Mantithée lui reprochent d'avoir servi comme cavalier sous les Trente , et d’être, par conséquent, un ennemi de la démocratie; ils montrent que le nom de Mantithée se trouve sur les catalogues de la cavalerie sous les Trente, et ils demandent que cet arislocrate soit exelu du Conseil. Le sujet ne prêtait pas à ces nurrations dramatiques dont nous trouvons des modèles accomplis dans les discours contre Eratosthène, contre Agoratos, dans la défense d'Euphilétos pour le meurtre d'Eratosthène ; il s’agit ici simplement d'un citoyen qui vient repousser une accusation calomniouse sur sa conduite et ses opinions politiques.
L'art consisiait à peindre un caractère, à montrer, par ce que disait le personnage, ce qu’il était ; avec les trails que fournissait Mantithéo, sa situation, son âge, sa vie passée, il fallait composer un caractère capable d'intéresser les juges et de conquérir leur sympathie. Le personnage quo Lysias a mis en scbne est un
jeune aristocrate à mœurs militaires, un cavalier; il est plein En aa: son allure est un peu Are et dédaigneuse, mais franche et ouverte, et c'est précisément par sa loyauté, par sa franchise, disons le’ mot, par sa rondeurtoute mililaire, qu'il saura gaguer ses juges.
L'exorde ($$ 1-3) ost un morceau très court, mais très prestement enlevé. Mantithée se félicite de l'occasion que lui offrent ses ennemis ; 1 ne doute pas que, après qu'il aura parlé, toutes les calomuies qu'ils ont dirigées conire lui ne soient dissipées, qu'on ne lui rende, à lui, pleine justice, et qu'on ne les considère, eux, comme des scélérats.
Le discours comprend ensuite deux-parties. Dans la première, l'orateur réfule l'accusation portée contre lui, Son argumentation est précise mais rapide ot légèrement haulaine ; il dédaigne d'insister, de développer longuement ses preuves comme un véritable aceusé ; il dit qu'il n'a pas été cavalier sous les Treate, qu'iln'a pris aueune part aux événements de cetté époque car, pendant presque tout le temps qu'a duré ce régime, il était rolonu loin
rie F. Blass, Antsehe Beredsankest, 1,6: 515-521, et l'édition Prühberger, LS
Len. SE