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CHAPITRE PREMIER

DE l'organisation sociale et politique de l'aTTIQUE avant SOLON.

Il nous faut aller jusqu'à Solon (1) pour trouver une mention formelle et certaine des cavaliers attiques ; c'est lui qui institua dans Athènes la classe sociale, et par là aussi, comme nous le verrons, le corps militaire des cavaliers. Avant d'examiner cette partie de l'œuvre du législateur, il est nécessaire d'examiner ce qu'était l'Etat athénien, au point de vue politique et social, au commencement du sixième siècle. La division des classes instituée par Solon présente des obscurités nombreuses et, en particulier, la création d'une classe d'iTiTryîç , un siècle et demi avant qu'Athènes songe à comprendre la cavalerie dans son organisation militaire , n'est pas un des points les moins obscurs du problème.

L'organisation politique et sociale de l'ancienne Athènes se résume pour nous en trois faits principaux : la division de la

(1) Larcher {Mém. de l'Acad. des Inscr., t. XLVIII, p. 84) : « Le territoire de cette ville (Athènes), sec et peu propre à nourrir des chevaux, l'empêcha, dans les premiers temps, d'avoir de la cavalerie dans les faibles expéditions qu'elle entreprit. On n'en trouve aucune trace dans l'histoire avant le temps de Solon. Ce fut ce législateur qui institua l'ordre équestre. » Malheureusement Larcher ne dit rien du passage si important de Pollux , VIII , 105 , sur les naucraries ; c'est ce que lui a reproché très vivement K.-F. Hermann, de equitibus atticis, p. 6.

population et peut-être aussi du territoire en quatre tribus , — la division de la population en trois classes , — le synoikismos ou centralisation politique de l'Attique dans Athènes.

Le premier de ces faits était attribué à l'ancêtre de la race Ionienne, Ion. Si, comme nous l'avons vu , la légende d'Ion est relativement récente , cela ne veut pas dire que la division en quatre tribus, ce fait qui a servi de point de départ à cette légende, doive aussi être considérée comme ayant été instituée aune époque récente ; tout au contraire ; cette division est particulière à la race ionienne ; elle a été apportée par elle dans l'Attique ; elle remonte donc à la période la plus reculée de l'histoire de ce pays. Ces tribus ont-elles jamais formé une division delà population en castes? Pour l'Attique au moins, rien ne nous autorise à le penser; si jamais les tribus ont servi à marquer une hiérarchie sociale, tout ce que nous savons sur cette question nous montre que, quand elles ont été introduites en Attique, le sens de cette division était perdu ; la hiérarchie sociale était indiquée non par les quatre tribus, mais par les trois classes des Eupatrides, Géomores, Démiurges.

La légende de Thésée, beaucoup plus ancienne que celle d'Ion, se rapporte à des faits plus récents. A côté de tous les exploits fabuleux qui forment la légende poétique du héros , nous trouvons deux grands actes politiques qui lui sont attribués : la création de l'unité nationale et la division de la population en trois classes, a Sous Gécrops et les premiers rois jusqu'à Thésée , » dit Thucydide (1), « les habitants de l'Attique vivaient dans des communes » dont chacune avait sonprytanée et son bouteutérion. » L'opération par laquelle un pays ainsi divisé, ainsi morcelé en petites communes, était centralisé et formait un Etat était désignée par les anciens sous le nom de auvotxtafxdç. Cette opération a pour conséquence de supprimer dans chaque commune le prytanée et le bouleutirion, c'est-à-dire l'indépendance politique, et de créer, pour tout le pays , un unique prytanée et un unique bouteutérion , dans une ville qui devient alors tout l'Etat (2) , et où se trouve centra-

(l) Le prytanée est en général l'édifice où les magistrats tiennent séance et prennent le repas, le houleuterion est le lieu où le Conseil tient ses séances. Cf. Schômann, Gr. AU., 1, 399; Gilbert, Handb., 118, 259; Fust. de Cou\.,Cité anl., p. 166.

(2)Thuc., II, 15, 2 : « KaTaXuaaç twv àXXwv TtéXewv xà Te pouXeuxiQpia xai xà; àpxàç Iç T^jv vuv iroXtv o^ffav Ev pouXeuxi^ptov àiroôeiÇaç xai Trpuxaveïov ^uvtjixia-e iràvxaç, xat ve[xo|Aévouç xà aOxwv éxàaxoviç ôcTiep xal Tcpo xoO, fivdcYxaae [jlk^ TcoXei xaùxig XP^<T6ai. » Hérod,, I, 170 : « 'ExéXeue êv ^ouXeuxinpiov "Iwvaç xexx^aôai... xà; 8è

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lisée la puissance politique, éparse auparavant sur tous les points du territoire. Par là, les habitants de tous le pays deviennent les citoyens d'une môme cité; le synoikismos de Thésée, par exemple, fait Athéniens non seulement tous les habitants libres d'Athènes, mais tous ceux de l'Attique.

L'unité nationale étant ainsi faite , Thésée aurait ensuite organisé le pays (1) ; et pour cela il aurait divisé la population en trois classes. L'existence des trois classes d'Eupatrides, Géomores, Démiurges, à côté des quatre tribus des Géléontes, des Hoplètes, des Aigicoreis et des Argadeis, nous est connue par Plutarque (2), Diodore (3), et par deux textes d'Aristote, l'un reproduit dans les scolies de VAxiochos dQ Platon (4), l'autre nouvellement découvert sur un papyrus du musée de Berlin (5).

Pour ce qui regarde le rôle et les attributions de ces classes , nous voyons que les Eupatrides occupent seuls les fonctions publiques ; ils connaissent les lois civiles et religieuses , ils sont xa\ ô(Tiu>v xaUspwv I^YiYTiTat (6); les Géomores forment la population agricole, enfin les Démiurges sont la classe ouvrière , le rej^vtxov eôvoç. Le fait que, dans chaque tribu, le ^uXoêaaiXeuç est un Eupatride (7) montre que les quatre tribus comprenaient des membres de chacune des trois classes; « si, » dit Wachsmuth (8), « les » deux tribus des Géléontes et des Hoplètes sont plus particuliè- » rement composées de nobles , dans les deux autres les familles » aristocratiques ne faisaient pas défaut. » Cette opinion est aussi celle de Schômann , de K.-F. Hermann , de Gilbert (9). Un texte important (10) , la loi de Dracon, ordonnant que le meurtre d'un citoyen mort sans enfants soit poursuivi par les membres les

àXXa; uoXiç otxvKJievaç {xriôèv e<70ov vo[xi!îe<j6at xarocTrtp el 8^(ioi elev. » Cf. Fustel de Coul., Cit. Ânt., p. 147 et suiv. ; Gilbert, Handb., p. 106; Philippi, Beitrdge, p. 233 et suiv., et surtout le livre spécial de Era. Kuhn , Ueber die Bntst. der Stddt., avec le compte rendu que j'en ai donné, Revue historique, t. XXIII, sept.-oct. 1883, p. 161 et suiv.

(1) Thuc, II, 15, 2 : « Ta te àXXa ôiexoajxyiore t:^v x^pav. »

(2) Plut., Thésée, 25.

(3) Diod., I, 28.

(4) Edit. Bekker, p. 465.

(5) Pour ce papyrus, voir p. 31 et suiv.

(6) Plut., op. laud., 25.

(7) Pollux, YIII, 111; avec la correctiou de N. Wecklein , Der Aréopage etc., p. 38.

(S) Hell. AU.,l,3b6.

(9) Schômann, Gr. Alt.. 1 , 369; Curtius, Hist. gr., L, 372 et 382; Gilbert, Handb., 115; Philippi, Beitr., 275.

(10) C. I. A., I, 67; Dem., c. Macart., 57.

plus distingués de la phratrie , peut être considéré comme confirmant cette explication.

M. Kuhn a démontré que , si quelquefois le synoikismos a eu pour conséquence d'amener dans la ville capitale la population des campagnes, ce fait est loin d'être général; le plus souvent, au contraire , la population est restée sur ses terres, dans ses dèmes. Gela est surtout vrai pour l'Attique (1) ; plusieurs siècles après le synoikismos , au commencement de la guerre du Péloponnèse , c'est encore dans les campagnes que vivaient les Athéniens et c'est avec beaucoup de peine qu'ils se résignèrent à quitter leurs dèmes pour s'enfermer dans Athènes, au moment de l'invasion d'Archidamos (2). Les familles nobles seules ont dû se transporter dans la ville par suite du synoikismos. La création d'une capitale répond surtout à un besoin politique mais les intérêts de la religion ne sont pas sacrifiés ; qui dit unité politique, à cette époque , dit surtout unité religieuse; c'est un culte commun, celui d'Apollon Patrôos et de Zeus Herkéios , qui est le signe et la garantie de l'existence de l'Etat athénien. On comprend donc qjie les familles nobles , qui étaient en possession des divers cultes , aient dû quitter les campagnes et s'établir dans la ville qui devenait le centre politique et religieux du pays.

Cette réunion des Eupatrides dans la capitale est attestée de la manière la plus formelle ; Plutarque rapporte (3) qu'un des griefs qu'on avait contre Thésée, c'est la violence qu'il avait faite aux Eupatrides en les arrachant à leurs anciens dèmes ; l'auteur du Grand Etymologique (4) dit qu'on appelait Eupatrides ceux qui habitaient la Ville, et rewpyoi les habitants du reste du pays. Cette dernière explication nous fait comprendre quel est le sens qu'il faut attribuer au nom "ATcoixot (5) , donné par le nouveau fragment d'Aristote aux citoyens de la deuxième classe. Les Eupatrides , dit le Grand Etymologique^ habitent la capitale, et les TecapYoi le reste du pays. Les rewpyoi sont donc ceux qui sont loin de la capitale ; ce sont, comme le dit Aristote , les "Attoixoc. Athènes, alors, c'est simplement l'Acropole et la région qui est au sud de cette

(1) Thuc, l. C. : « ve|AO[Jt.évou; ta aÛTôiv Ixà^touç écTrep xat Ttpo tou. »

(2) Thuc, II, 16.

(3) Thésée, 32; cf. entre autres, E. Curtius, Hist, gr., I, 374.

(4) « EÙTcaxpiôat exaXoOvTO ol aùxè to àaTU oIxoOvtsç... yetopyoi ôè ot tïjç dIXXrjç Xwpaç olxTQTopeç. » Chez Solon, fr. IV, v. 6, le mot àaxoi s'oppose à ôyi{xoç et désigne les Eupatrides. Cf. Platon, Critias, UO, c, et surtout Hésychius, 'AYpoiwxai. (Voir ce texte, p. 31, n. 2.)

(5) Frag. b, 1. 7, voir p. 32.

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colline (1); là se trouve le dème des Ku5aÔr,va{(ov, nom qu'Hésychius (2) traduit par svSo^wv, c'est donc le quartier des Eupatrides ; beaucoup d'ouvriers, de démiurges, sont venus se fixer dans la ville, dont les agrandissements (3) leur fournissaient des travaux ; ils s'établissent surtout au nord , là où sera le dème des Potiers (4) ; c'est à partir de ce moment que le mot de "Attocxoi a dû devenir synonyme de FewpYoi , pour désigner cette population de la campagne , qui formait la deuxième classe sociale de l'Attique.

Ces trois faits , la division en tribus, la division en classes et le synoikismos constituent pour nous la plus ancienne organisation de l'Attique. Le premier de ces faits appartient certainement aux Ioniens; les traditions indiquent que c'est à cette race qu'il faut aussi attribuer la centralisation du pays, et, si l'on suit Plutarque et les traditions qu'il rapporte , c'est encore à elle qu'il faudrait rapporter la division en classes. La chose , cette fois , semble plus douteuse ; les familles aristocratiques de l'Attique , tout en se proclamant autochtones , prétendaient aussi se rattacher à quelque héros des vieilles légendes de la race grecque ; et, comme le centre de ces légendes n'était pas l'Attique, il en résultait que le plus grand nombre de ces familles, qui se disaient autochtones, par une étrange contradiction, plaçaient leur origine hors de l'Attique. Malgré cette contradiction , ces légendes sur l'autochtonie ne doivent pas être absolument écartées. Elles sont le souvenir d'une époque où les habitants indigènes se sont trouvés en présence d'envahisseurs étrangers ; cette population indigène comprenait déjà des familles nobles, qui ont maintenu leurs droits devant l'étranger ; des explications qui nous sont parvenues, telles que EÙTraxpiôat = aÙTox 6ov£ç (5) , nous autorisent à croire que , lorsque les Ioniens sont venus en Attique, il y avait une société divisée ainsi en trois ordres, que les étrangers, en donnant à ce pays une organisation nouvelle , en introduisant entre autres la division en quatre tribus , ont respecté cette institution des clas-

(1) Thuc, II, 15, 3 et suiv.

(2) Cf. « KuSaôrivaïoç ëvSo^oç 'AOyjvaîoç. »

(3) Les agrandissements d'Athènes par suite du êynoikismos sont attestés par Tiiuc, II, 15, 2 : « *Â7ràvTa)v ^Bri ^uvxeXouvTwv âç aOxi^v \ie'{i\r\ Y8vo|i.évri Tcapeô60ri... » Sur toute cette question cf. Gilbert, Die ait. Komenv., p. 242.

(^i) Aristoph., Scolies, Eq., 772; Aves. 395; Suidas, « KwXiàôo; xepajifjeç, et KepafAeixot, KepajjLeixoç. »

(5)Hesych. : « EÙTraxptÔat . aùxoxôovsç oùxi iTnfjXuôeç.. » Mœris : a EÙTcaTptôai 'ÀTTixwç, aOxoxôoveç *EXXrivtxco<:. » [Dém.], contre Néère, 74 : « Tô àpxaiov... if) pa- (TiXeia xûv àet ùuepexovxwv ôià xà aùxoxôoveç eTvai. »

ses qui a fonctionné à côté des quatre tribus , et que chacune de ces deux divisions répondait à des besoins particuliers.

Cette organisation , autant qu'il nous est permis d'en saisir quelques traits à l'aide des rares renseignements qui sont parvenus jusqu'à nous , un Etat centralisé, avec une population divisée en classes ou castes , dont la plus puissante a son séjour dans la ville qui est devenue la Cité , cette organisation présentait de nombreux dangers et des causes sérieuses de désordre. Il y avait déjà un premier antagonisme dans la population par la division des classes , par l'opposition entre patriciens et plébéiens ; le séjour des Eupatrides dans la capitale vint donner à cet antagonisme un caractère ou plutôt une force nouvelle. Puisque le synoikismos s'était opéré en faveur d'Athènes , tout porte à croire que cette ville avait déjà quelque importance ; cette importance dut être singulièrement accrue , quand les premières familles de tout le pays vinrent s'établir dans la nouvelle capitale. On avait déjà l'opposition entre la noblesse et le peuple, on eut l'opposition entre la ville et la campagne (1), entre la capitale et la province ; sans doute, dans un petit pays comme l'Attique, où les rapports étaient incessants entre la ville et cette campagne qui n'était guère que sa banlieue, le contraste devait être moins grand qu'en d'autres pays entre l'homme de la campagne et l'homme de la ville ; le premier était obligé de venir constamment dans Athènes pour les assemblées, les fêtes , etc. ; le second avait très souvent une propriété rurale qu'il devait cultiver et surveiller (2). Pour ce qui touche particulièrement à notre sujet, les Eupatrides, en venant s'établir dans Athènes , n'avaient pas cessé tout rapport avec le pays d'où ils étaient venus, il avaient conservé les propriétés qu'ils

(1) Les deux termes usités sont àaxu et àypoç; un citadin qui a des propriétés à la campagne va elç àypouç, un Athénien domicilié dans un dème rural dit : « t6v £(i,àv 6ïi(JL0v. » Cf. Aristoph., Ach., 32 :

« 'ATioêXeTCtov elç TÔv àypov, elpTr)vyiç èpwv (TTUY<*>v [iièv àffxu, xàv S'èfxèv ô^jxov Ttoôtûv. »

M. Haussoullier, la Vie municipale enAttique, p. I84etsuiv., a montré quelle riche matière ces oppositions entre la ville et la campagne offraient aux poètes comiques. Aux textes qu'il a cités, j'ajouterai le joli passage du commencement des Nuées y les vers dans lesquels Strepsiade, homme des champs, raconte son mariage avec une femme de la ville , de la grande famille des Alcméonides ; cf. sur ce passage une scolie reproduite par Suidas : « àypotxoç, è^ ào-Teoç, » où l'opposition est bien indiquée entre l'homme des champs : « àypoixoç , IStoirpàytiLtov. et la yvvT^ «oXtTix^l, t^ 86Çi[i aOxouaa toO yésoMi xal t^ èv àaxti ÔiaTpiêîj. »

(1) Haussoullier, op. cit, ,185.

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y possédaient ; on peut même admettre que tous les Eupatrides n'ont pas été forcés de venir dans Athènes , ou qu'ils n'ont pas voulu profiter de ce privilège, qu'ainsi un certain nombre d'entre eux étaient restés dans leurs dèmes (1).

Ces réserves faites, on ne peut méconnaître que, même au cinquième et au quatrième siècle, il y avait des différences sensibles entre l'homme de la ville et celui de la campagne; chacun avait son caractère particulier, et les poètes comiques se plaisaient à les opposer. Dans la période qui précède Solon et même encore après lui , ces différences étaient bien plus grandes , ou plutôt il s'était établi entre ces deux parties de la population une opposition des plus vives qui séparait véritablement l'Etat en deux camps (2).

Les incidents de la lutte entre les Eupatrides et les deux autres classes nous sont malheureusement inconnus. L'histoire de l'Attique, depuis la chute de la royauté, se concentre autour d'un seul point, l'archontat ; tout ce que nous savons de cette période, ce sont les modifications successives de cette charge ; c'est sur ce point que se livre le combat d'abord entre l'ancienne famille royale et le reste des familles nobles , puis entre les nobles et le peuple. Cette importance de l'archontat avait déjà été signalée ; elle a été plus particulièrement attestée par Aristote dans un texte récemment découvert. Sur un papyrus, acquis aujourd'hui par le musée de Berlin (3), on a trouvé divers fragments empruntés au

(1) Curtius, Hist. gr., I, p. 381.

(2) Un passage d'Hésychius est surtout important : « 'AypotôiTac • àypotxoi , xai yevoç 'A6:^vr](nv, ot àvTtSieorxéXXovTO TrpàçxoùçEÙTcaxpiôaç, ^v ôè tûv rewpywv, xaî Tpixov xà xc5v AyjfJLtoupYwv. »

(3) Ce papyrus a été acquis en 1879 par le musée de Berlin avec un lot d'autres papyrus venant tous de Fayoum-, il contient divers fragments. M. Fr. Blass le publia le premier , Hermès, t. XV (1880), p. 366; il attribuait ces textes à Théopompe ; mais Th. Bergk, dans le Rhein. Mus., t. XXXVI , N. S. (1881) , p. 87, Aristoteles Politic der Athener, a soutenu que le fragment relatif à Damasias appartenait au livre d'Aristote sur les IloXixeïai, opinion qui a été admise par Blass {Hermès, XVI, p. 42) et qui est aujourd'hui acceptée de tous les savants. Cf. Fr. Susemihl, Jahresherichte de Bursian, t. XXX (1882), I, 20-22 ; Gilbert, Handb., p. 123. M. Hugo Landw^ehr a publié une dissertation De papyro Berolinensi, n° 163, Berlin, 1883; une reproduction photo-lithographique du papyrus étant malheureusement impossible, M. Landwehr a publié une reproduction d'un facsimilé qu'il avait tracé du papyrus. Dans ce travail , M. Landwehr annonçait la publication d'une étude historique relative à ces fragments ; elle a paru dans le Philologus, 5, suppl. , 1" fasc. (p. 97-196), sous le titre de Forschungen ZUT àltern attischen Geschichte, Gôttingue, 1884. A la fin de cette publication , p. 195, M. Landwehr déclare que le fac-similé qu'il a publié du papyrus contient des fautes et il les indique; d'après lui, c'est la transcription du fac-similé

grand ouvrage, malheureusement perdu, du philosophe sur les constitutions des cités grecques. Le fragment qui concerne notre sujet est d'une telle importance pour l'histoire ancienne d'Athènes, surtout pour l'histoire de la lutte des partis , qu'il est nécessaire d'examiner en détail toutes les questions qu'un tel document soulève.

8t^ TaUTYlV TTjV

Trot xtav (1) * if^exk Bs. xauxa Stot xwv (2)

[suTcaTptSwv] Aa(ji.aaiaç alpeôeU ap)(^o)v erv) Suo

5 [7rpoc7Tâcç T^ç TTOÀjewç llr\kix(s^Yi [p]ia t^ç àp)(95ç • Ira

[^avTO §'] à[cr]To[l Stoc] to crraata^stv [apjpvxaç IXsaÔat [xeTTapJaç (Jiev sÙTcaxpiSwv, Tp[el]{; S' aTTOixwv, 8uo [Se 8yi(xi]oupYÔ5v • xat oôxoi tov (xexà Aa(ji,affiav :qp [$av £vt]auTOv (3) • xal S^Xov ô'xt [asyi^xyiv Suvajxtv

10 [^'^X^v ^] «pxt»iv • cpaivovxai y^P «[^^ axJadtaÇovxsç

[xauxyjç evexa] x^ç ^^yji<i ' oXcoç Se SiexéXouv xot Ttpoç

(^) o\ |xsv àp)(^7)V xal Tçpocpafftv ej(^ovx£ç xV

[xwv] J^pewv aTCOxoTTiqv • aujjLéeêv^xet y^p aùxoTç Y^" [veaôjai Trevyjatv * oî Se x9) TToXtxeia ôua)(£paivovxeç

15 [Sià xo] [Leyxkriv Ysyovgvai [xsxaêoXi^v • eviot [xèv Stà

[xTr)V TTJpoç àXXi^Xouç cpiXovetxiav • i^crav Se aî axàdstç [xpeïç (Jt,ia jjt,]èv xwv TiapaXiwv, ojv TrpoetaxiQxet Meya [xXrjç ô 'AXx[ji.£Ci)]voç • o5xot S' ISoxouv (xocXtaxa âtwxeiv

Il y a, sur ce passage, trois explications différentes.

D'après M. Blass, Aristote , dans les fragments conservés, avait commencé par traiter de la législation de Solon , et , à ce propos , il avait transcrit les ïambes composés par le législateur sur la

qui donne le texte certain. Il est très regrettable qu'avant de publier ce fac-si-* mile l'auteur^ne l'ait pas suffisamment collationné; on se demande si toutes les fautes sont relevées (par ex. : fr. 1 b., 1. 13 , faut-il lire auixêeêi^xei ou ouveêeêi^xei ?), si, à côté de ces fausses transcriptions pour les mots, il n'y a pas de fausses transcriptions pour la forme des lettres, pour les espaces en blanc, etc.

(1) Peut-être faut-il lire : « 8ià xaùxinv Tiiv\ upàç.... çiXoveixiav. »

(2) Blas avait lu toïv, et il restituait âôvoïv, à la ligne 4. Landwehr prétend avoir lu twv, et il restitue eOTtarpiSûv (?).

(3) Il y a là deux signes que Blass avait transcrits comme donnant ô;. Landwehr est très incertain.

(4) Blass (p. 44) : « xà upàç [axàatv], » Bergk (p. 100) : « xà Ttpo [EoXtovo;]; » Landwehr, qui, dans son premier travail (p. 22), avait proposé « xà 7rp6<T[8ev], » dans le second (p. 116), propose « xà 7cp6<y[6ev ixri\. »

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