DE L ORGANISATION DE L ATTIQUE AVANT SOLON
2et(Ta)(^6£ta ; ces vers forment le premier fragment qui se trouve sur le papyrus ; le second fragment comprend deux parties : d'abord une histoire rapide de l'archontat; c'est là un simple épisode qui se termine 1. 11 , aux mots xauxTiç â'vexa tyjç àpx,îiç ; ensuite Aristote reprend le cours de son récit en parlant des événements qui ont eu lieu après que Solon eut donné une législation à son pays. L'archontat de Damasias doit être placé vers l'an 683; à ce moment a lieu une transformation de cette charge; il y avait, auparavant, un seul archonte nommé pour dix ans; en 683, on établit un collège de neuf archontes, nommés seulement pour un an. M. Blass a, pour défendre cette opinion, deux arguments principaux : il prétend lire, à la première ligne du fragment : 1. A. APXONTA c'est-à-dire ['Epu]^[i]a[v] ap^^ovta; or Eryxias est donné comme ayant été le dernier archonte décennal. Le second argument se tire de l'interprétation du texte : Aristote parle bien réellement de la transformation de l'archontat décennal en archontat annuel ; Damasias est seul archonte ; il garde le pouvoir deux ans ; il est ensuite renversé par un coup de force et remplacé par new/" archontes annuels^ pris quatre parmi les Eupatrides, trois parmi les Apoikoi , deux parmi les Démiurges ; on a ainsi une explication toute naturelle de ce chiffre de neuf archontes sur lequel on a tant discuté. ♦
M. Bergk croit que les vers sur la SetaàxÔsta n'appartiennent pas au livre d 'Aristote ; il croit que le Damasias mentionné dans le fragment est celui qui a été archonte en 639 et il considère tous les événements auxquels il est fait allusion comme antérieurs à Solon (I); Damasias n'est pas seul archonte ; si, entre les neuf archontes , il est seul mentionné , c'est parce qu'il a dû avoir le rôle principal dans ces événements. .
M. H. Landwehr pense qu'il faut accepter l'ordre des événements tel qu'il est donné par le papyrus : la législation de Solon , avec les ïambes sur la Sstaà^^ôeta , — l'archontat de Damasias et les faits qui s'y rattachent ; il ne s'agit pas du Damasias archonte en 639 , mais de celui que , sur la liste du Manuel de K. F. Hermann (2), on trouve pour l'année 585; M. Landwehr cherche à établir, par des calculs, que la date de cet archontat est plutôt 59U, — Glisthène, l'ostracisme, — la loi de Thémistocle sur la flotte. M. Landw^ehr croit que Damasias n'était pas seul ar-
(l) Gilbert, Handh., p. 154, n. 3, déclare accepter, en général, l'explication de Bergk.
(Tj Staatsalt., p. 779.
chonte, mais qu'il a pu jouer un rôle plus important que ses huit collègues.
De ces trois explications , celle qui nous paraît la moins acceptable est celle de Bergk ; dans le fragment, il est question de l'abolition des dettes comme d'un fait accompli ; peut-on penser à une opération de ce genre autre que celle que Solon a mise à exécution? Nous ne le croyons pas (1).
Les raisons données par M. Blass sont très sérieuses ; la première est toute matérielle; peut-elle être résolue? M. Landwehr dit qu'il lui a été impossible de retrouver sur le papyrus les lettres que M. Blass a lues du mot 'Epu^iav ; nous ne pouvons nous prononcer. L'autre argument de M. Blass est aussi très important ; le passage d'Aristote indique réellement une opposition entre ce fait, Damasias seul archonte en charge pendant deux ans, et entre cet autre fait , l'élection de neuf archontes annuels. J'observerai qu'Aristote ne dit pas que Damasias ait été élu et qu'il ait régné illégalement ; si l'on accepte l'explication de Bergk ou celle de M. Landwehr, le maintien de Damasias comme archonte pendant deux ans est un fait souverainement illégal et extraordinaire. On est alors étonné qu'Aristote n'ait pas signalé le caractère d'un tel événement.
Sans parler des raisons historiques que nous aurons à indiquer plus loin, il y a une objection sérieuse qu'on peut faire à M. Blass : c'est que, si l'on admet, comme il le veut, que cette histoire rapide de l'archontat soit simplement un épisode inséré par Aristote dans le cours de son récit , on ne comprend pas que le philosophe n'ait rien dit des autres transformations qu'a subies cette charge ; en 683, on institue neuf archontes pris dans les trois classes sociales d'après une certaine proportion ; à l'époque où Solon devient archonte, en 594, les Eupatrides seuls peuvent être nommés à cette charge ; comment Aristote n'a-t-il rien dit de cette nouvelle transformation de l'archontat?
Les objections que l'on peut opposer à M. Landwehr ne sont pas moins fortes. Si Damasias a été archonte en 590, s'il a gardé illégalement le pouvoir pendant deux ans et s'il en a été chassé par un coup de force , il est étrange que les biographes de Solon n'aient rien dit de ces événements; Solon est nommé archonte, en 594, pour régler le différend entre le peuple et la noblesse ; il opère la SsKràj^ôsta ; après cela , de nouveaux pouvoirs , cette fois illimités, lui sont confiés pour donner une constitution aux Athé-
(l) Voir cependant Gilbert, Handh., p. 124.
DE l'organisation DE l'aTTIQUE AVANT SOLON. 35
niens ; cette œuvre de Soloii a dû nécessairement demander un temps assez considérable ; peut-être n'était-elle pas terminée en 590? En tout cas, si, à cette époque, des événements si graves s'étaient produits, le législateur d'Athènes y aurait été mêlé, ou bien, en admettant qu'il fût déjà parti pour ses voyages, très sûrement quelques traces de ces faits, quelques souvenirs se rattachant à Solon auraient été conservés; une telle révolution ne se serait pas produite sans intéresser celui qui, deux ans ou un an auparavant, avait tenu dans ses mains le sort de sa patrie, sans qu'il en eût ressenti d'une façon quelconque le contre-coup. Nous sommes étonné que M. Landwehr n'ait pas prévu quelles objections on pouvait trouver là contre son explication.
Il y a contre le système de M. Landwehr des objections que l'auteur a lui-même essayé de combattre. Daraasias est archonte en 590 ; après s'être maintenu illégalement au pouvoir pendant deux ans, il est renversé, et on décide de composer désormais le collège des neuf archontes de quatre Eupatrides, trois Apoikoi , deux Démiurges ; c'est, d'après M. Landwehr, de cette façon que le collège des archontes fut composé jusqu'à ce que la réforme d'Aristide eut fait disparaître toutes ces inégalités et ouvert le gouvernement à tous les citoyens. M. Landwehr se heurte ici à l'opinion, généralement adoptée, que Solon n'a permis l'accès de l'archontat qu'aux citoyens de la première classe. M. Landwehr conteste les témoignages que nous avons sur ce point. Le plus clair de ces témoignages se trouve chez Plutarque (1) qui l'emprunte à Démétrius de
Phalère : « T-Jjv Itccovujjiov àpj(^ir)V, ■^v :^p^e T(j) )cuà(X(j) Xaj(^a)V ex toîv ysvwv twv TOC (xeYtffxa TtfJLTiaaxa >cexTY)|ji£VU)v, oÔ<;7rEVTa)cocrio(X£Si(ji.vouç TtpodYjyopeuov. » Malheureusement, ce texte, outre ce renseignement si clair sur le privilège des pentacosiomédimnes, en fournit un autre non moins précis sur le mode de nomination des archontes à l'époque d'Aristide (2), nomination qui se serait faite par la voie du sort. Nous touchons là à cette question du tirage au sort appliqué à la nomination des archontes, question qui, dans ces derniers temps surtout, a été très vivement discutée ; le témoignage de Démétrius a donc été tour à tour accepté ou rejeté selon l'opinion qu'on adoptait sur cette question. La controverse est d'ailleurs ancienne; déjà, dans
(1) Vie d'Aristide, 1.
(2) Voir l'article de M. Nicole, Eludes sur les archontes athéniens, dans la Rev. de philologie, t. IV (1880), p. 52 et suiv., p. 161 et suiv., en réponse à M. Fustel de Coulanges (Le tirage au sort appliqué à la nomination des archontes athéniens); cf. aussi M. Hauvette-Besnault. Les Stratèges athéniens , p. 12 et suiv.
l'antiquité, Idoménée de Lampsaque contredisait le dire de Démétrius(l); Idoménée, comme historien, n'est pas tenu en haute estime parles anciens, et un texte d'Hérodote des phis explicites (2) confirme le témoignage de Démétrius. Quoi qu'il en soit de ce point, il est certain au moins que ce qui , dans le passage de Démétrius, se rapporte au privilège des pentacosiomédimnes n'a, autant que nous pouvons le savoir, soulevé aucune objection dans l'antiquité. Toute une série de textes d'Aristote (3) indique que les citoyens des trois premières classes pouvaient seuls arriver aux charges ; ces textes ont subi quelques interpolations, mais le fait qu'ils mentionnent tous n'en est pas moins sufîisamment attesté , c'est-à-dire qu'il y avait des inégalités entre les classes sociales instituées par Selon ; certaines classes jouissaient de privilèges que le législateur avait refusés à d'autres; et, parmi ces privilèges, était le droit d'arriver aux charges publiques. M. Landwehr cite, pour appuyer son opinion, des vers de Selon (4) auxquels il attribue un sens que nous ne pouvons accepter. Selon dit qu'il n'a ni augmenté, ni diminué la puissance du peuple ; s'il lui avait ouvert l'accès d'une charge comme l'archontat, aurait-il pu parler ainsi? Les Eupatrides peuvent seuls être archontes ; leur enlever un tel privilège , n'est«ee pas diminuer sérieusement la puissance de cette classe? M. Landwehr explique la réforme opérée par Aristide en disant qu'elle a simplement abouti à supprimer la répartition de l'archontat entre quatre Eupatrides, trois Apoikoi, deux Démiurges. S'il en était ainsi, dans le décret d'Aristide (5), ypài^si ^ri^i(T}X(x xoiv:^v elvat xirjv TToXtTeiav xal Toi>; apj^ovTaç e^ 'AÔvjvaiwv Tràvxwv aipe^aôai, il y aurait i(7Y)v et non xoiviîv ; ce dernier mot indique bien qu'une partie des citoyens athéniens n'avaient pas été admis jusque-là à participer au gouvernement et qu'alors ce droit leur a été reconnu ; le reste du passage est d'ailleurs très clair. Sans doute , il est évident que les Eupatrides, jouissant d'un tel privilège, étaient toujours dangereux;
(1) Plut., loc. laud.
(3) Polit, II, 9, 2-3 (1274% 1); III, 6 et suiv. (128l\ 25); VI, 2, 3 (i318^ 29). Harpocr. : V. ©rjTsç xai xà Orixixov.
(4) Fr. 5 :
« Atq[jl({) {xèv yàp ëSwxa xocov xpàto; ô(Taov eTrapxet
Tifx^ç out' à^eXàiv out' eirope^àfjLevoç ' ot ô'eixov 6ijva[jLtv xal xp^lH'-*^'^ ^(rav àyriTOi,
xat TOÏç è<ç>p(X'ra.\i.r\v (iriôèv àetxèç êyeiv xtX. »
(5) Plut., Aristide, 22.
DE l'organisation DE l'aTTIQUE AVANT SOLON. 37
Solon avait au moins garanti an peuple la liberté civile par l'abolition de la contrainte par corps ; il ne put, peut-être ne voulut-il pas, réduire les droits des Eupatrides, et bientôt leur puissance devint assez menaçante pour qu'une révolution fût nécessaire ; la tyrannie fut établie pour arrêter cette puissance de l'aristocratie. M. Landwehr dit que si les citoyens de la première classe avaient seuls pu être archontes, ni Solon, ni Aristide n'auraient pu arriver à cette charge. Solon fut archonte parce qu'il était Eupatride; il appartenait à une des premières familles d'Athènes. Il reçut de son père un patrimoine fort diminué, mais il le reconstitua bientôt par le commerce. Quant à l'archontat d'Aristide, c'est un fait qui a déjà été suffisamment expliqué pour que nous jugions nécessaire de rouvrir la discussion sur ce point (1). Enfin le caractère si fortement aristocratique de l'Aréopage s'explique tout naturellement si l'on admet que, pendant longtemps, ce corps n'a été composé que de citoyens de la première classe, tels que l'étaient les archontes.
Si donc il était possible de se prononcer sur une question si délicate, c'est plutôt l'explication de M. Blass que nous accepterions dans ce qu'elle a de plus général : Damasias succède à Eryxias, comme archonte décennal, mais, après deux ans de règne, il est violemment renversé, et alors on décide de nommer neuf archontes annuels dont quatre seront pris parmi les Eupatrides, trois parmi les Apoikoi, deux parmi les Démiurges. Cette explication est celle qui nous paraît le mieux convenir au texte tel qu'il nous est parvenu du fragment d'Aristote ; ce rapide résumé des transformations de l'archontat peut très bien n'être qu'un épisode analogue à l'épisode sur l'ostracisme qui se trouve sur un autre fragment conservé par le papyrus. Mais, comme nous l'avons déjà dit, la question est trop obscure ; nous possédons trop peu d'éléments pour la résoudre. Nous croyons donc qu'il est du devoir d'une bonne critique de s'abstenir encore et de réserver son jugement.
Ce partage de l'archontat entre les trois classes sociales , si on le place en 683 avec Blass, ou en 639 avec Bergk et Gilbert, serait pour nous un événement véritablement extraordinaire. Jusqu'ici on avait conçu l'Etat athénien à cette époque sur le mo-
(1) Nous croyons inutile de discuter cette opinion de M. Landwehr, que les Athéniens de la quatrième classe, les thètes , n'étaient pas réellement des citoyens, qu'ils étaient métèques, etc. Il y a , dans le travail de M. Landwehr, trop d'opinions de ce genre. 11 aurait mieux fait de nous, donner un bon facsimilé du papyrus que de perdre son temps à ces fantaisies.
dèle des Etats de l'époque héroïque ; toute la puissance n'appartient qu'à une caste de nobles à la fois prêtres et guerriers ; le reste de la population est plus ou moins dans le servage. Pour Schômann, pour Gurtius (1), etc., la révolution, qui a renversé la royauté, n'a profité qu'aux Eupatrides, l'abîme qui sépare les castes s'élargit de jour en jour. M. Gilbert (2) lui-même, qui a connu le papyrus , admet que les Eupatrides sont seuls citoyens de plein droit; il faudrait admettre, à ce compte, qu'en 638 sur neuf archontes , cinq ont pu ne pas être citoyens de plein droit. M. Duncker (3), qui reconnaît la gravité exceptionnelle des faits qui viennent de nous être révélés, propose un compromis : d'après lui, sur neuf archontes, quatre auraient bien été élus par les Eupatrides , trois par les Apoikoi et deux par les Démiurges ; mais c'est seulement parmi les Eupatrides que ces neuf archontes doivent être choisis : les Apoikoi et les Démiurges n'auraient été qu'électeurs ; les Eupatrides seuls auraient été électeurs et éligibles. Dans le texte que nous possédons aujourd'hui rien n'autorise une telle explication. De quelque façon que Ton explique ce texte, si l'on admet qu'en 683 ou en 638 l'Etat n'est plus l'apanage exclusif de la noblesse , qu'on a adopté un système d'équilibre qui va jusqu'à donnor la minorité à la noblesse dans le collège des archontes , il est impossible de ne pas reconnaître qu'à cette époque la puissance de cette caste avait reçu de graves atteintes, que les deux autres classes avaient su conquérir une place importante dans l'Etat et, ce qui est plus grave, dans la religion. Quand ou voit, plus tard, Solon refuser l'accès de l'archontat aux citoyens de la deuxième et de la troisième classe pour le réserver exclusivement aux pentacosiomédimnes, on peut juger de l'importance de l'événement qui s'est produit lors de la chute de Damasias.
Gomment expliquer ces événements? Faut-il voir dans ce partage de l'archontat une concession magnanime faite par la noblesse (4)? Dans ce fait que les Eupatrides n'ont pas la majorité dans le collège des archontes, il y a une telle gravité qu'il nous semble que de telles concessions n'ont pu leur être arrachées que par la violence; le texte d'Aristote indique une lutte très vive ; Damasias est l'élu des Eupatrides (5), il perd le pouvoir par un coup
(1) Schômann, Gr. Alt. I, 341; Curtius, Hist. gr., 1, 372 et 382,
(2) Handh., 115.
(3) Gesch. des Alt., t. VI, p. 125, note 2.
(4) C'est l'opinion de Bergk, Zur Aristot. Polit., p. 99.
(5) Du moins d'après la restitution de Landwehr , restitution nullement certaine.
DE l'organisation DE l'aTTIQUE AVANT S01>0i\. 39
de force; tout porte à croire que ceux qui ont renversé Damasias n'étaient pas ceux qui l'avaient élu.
Mais l'aristocratie des Eupatrides était encore trop puissante pour laisser subsister un état de choses si contraire à ses intérêts et à ses privilèges. La législation de Dracon peut être considérée comme une réaction (1) contre les événements de 683. Bientôt après, un membre de l'aristocratie, Gylon, essaye de s'emparer de la tyrannie; sa tentative avorte, mais cet avortement est accompagné de circonstances qui mettront pour longtemps un trouble profond dans la conscience athénienne; les partisans de Cylon sont massacrés au pied de l'autel d'Athêna et c'est une des plus grandes familles de l'Attique, celle des Alcméonides, qui est accusée de ce sacrilège.
Cet événement est un nouveau ferment de discorde dans une société déjà profondément divisée. Au commencement du sixième siècle, les Eupatrides ont ressaisi tous leurs anciens privilèges ; les deux autres classes , qui avaient peut-être imposé à la noblesse un régime tout à leur avantage, sont tombées dans la situation la plus précaire: non seulement elles ne sont plus représentées dans le collège des archontes, mais leur liberté, leur existence même est menacée. Cependant le triomphe des Eupatrides est moins complet et surtout moins assuré qu'on ne pourrait d'abord le supposer; ils sont divisés (2); plusieurs des chefs des grandes familles nourrissent des projets ambitieux ; ils songent à renouveler la tentative de Gylon et à s'emparer de la tyrannie , et pour cela ils s'appuient sur le peuple ; il lui donneront ce qui lui manquait surtout, des chefs qui dirigeront ses efforts et lui imposeront l'ordre et la discipline nécessaires. Des haines violentes séparent la famille des Alcméonides du reste de la noblesse ; Mégaclès, le chef de cette famille, se fera bientôt le chef des Paraliens, pendant qu'un autre aristocrate, non moins ambitieux mais plus habile, se mettra à la tête des ennemis les plus violents des Eupatrides, les Diacriens , et parviendra ainsi à établir la tyrannie.
(1) Arn. Hug {Studien, p. 22) croit que cette réaction s'opéra sous l'archontat de Dracon ; Bergk {op. laud. , p. 103) la place avant. Je me rangerais plutôt à l'opinion de Hug , me reportant à ce que dit Plutarque de Selon (Sol., 17) : « IIpàiTov [xèv ouv Toùç ApàxovToç v6(jL0uç àveïXs txXt^v twv ^ovtxwv ôcTcavraç. »
(2) Sur les divisions qui régnaient entre les nobles, d'un côté les familles autochtones, de l'autre les familles amenées par l'immigration, il me suffira de renvoyer à E. Curtius, Hist. gr., I, 370, 372.