V, 36; VI
(4j Timée, qui avait écrit un livre sur les 'OXufjLTriovTxat , Hermippos , Héracleidès attestent ce fait : « ôxi XafXTrpa; r^v olxia; , iTVTcoTpocpiQxoToç xoO ttoctt- 7C0U. « Aristote plaçait cette victoire dans la 71^ Olympiade ; cf. Diog. Laërce, VIII, 51; Millier, Frag. Hist. Grssc, I, p. 215, frag. 93 de Timée. Empédocle lui-même fut vainqueur « Ïixttoiç » à Olympie, Athénée, I, 5 (p. i, 3 e).
(5) VI, 197 : « 'lôito; 8è xoù; [xèv TcXoufftouç xal xoùç Tca/eTç xal xoùç èvôo^ou; xaî Toù; PeXxiouç xat xoù; ôXîyouç xat xoù; y^ç)r\(jzo\JZ xal xoùç luTreaç (I)v6[xaÇov. » Cf. Hérod., V, 77 : « 01 Ôè 'iTTTCoêoxai èxaXéovio ol uaxéeç xcov XaXxiôéwv. »
(6) Pro corona, 320 : « TiQvtxaùxa au xai xotjxwv ëxa<jToç év xàÇsi xat (iéya; xat Xa(i.7cpài; tTCTroxpoçoç, èytù S' àaôev:^;, 6[xoXoyâ). »
l'aGONISTIQUE en GRÈCE. 171
de ce genre qui ait été remportée par un Athénien, fît éclater aux yeux de tous la splendeur nouvelle de la famille des Alcméonides(l); une série extraordinaire de victoires olympiques rendit le nom de la famille des Cimon-Miltiade populaire dans toute la Grèce (2). La ville entière d'Athènes , du temps de Platon , célébrait la gloire de la maison de Lysis , qui s'était aussi illustrée par des victoires aux concours équestres des grandes fôtes de la Grèce (3). Un tel luxe, comme le chante Eschyle (4), était la digne parure de l'opulence excessive :
La fête Olympique prit peu h peu un caractère aristocratique très marqué , qu'elle n'avait pas avant l'introduction des jeux équestres; ces jeux deviennent bientôt la partie la plus importante de la fête ; toutes les maisons les plus riches , les plus illustres de la Grèce , les rois, les tyrans s'y disputent à qui étalera le plus grand luxe, à qui fera les plus grandes dépenses ; tous ceux qui viennent disputer la victoire à la course des chars, à la course du cheval monté, ne se contentent pas d'avoir les plus beaux attelages ; ils arrivent suivis d'un cortège nombreux , et ils ont souvent dépensé des sommes extravagantes pour lui donner le plus d'éclat (5). Bientôt ce sentiment se forma peu à peu dans les esprits que, pour avoir le droit d'étaler son faste, défaire montre de sa richesse, il ne suffisait pas d'être riche, il fallait aussi être d'une maison illustre. Thémistocle heurta très vivement ce sentiment quand il voulut rivaliser avec Gimon , le fils du vainqueur de Marathon, offrir des banquets, dresser des tentes brillantes, enfin étaler tout le luxe , tout l'appareil qu'un riche pouvait déployer à Olympie; ces dépenses qu'on excusait, qu'on approuvait chez le descendant d'une maison comme celle des Gimon-Miltiade, illustre par tant de victoires olympiques , on les trouvait déplacées chez un homme de moins grande noblesse comme Thémistocle (6).
(l)Hérod., VI, 125.
(2) R, VI, 35 et 103.
(3) Platon, Lysis, 205 c : a "A 6è ii ttoXiç ôXyi aôei Tcepi AyipLoxpàtouç xal AufftSo; ToO TcàuTTOu Tou TTatSôç v.cd TcàvTwv Tiepi x(J5v TcpoYovcûv, ttXoijtouç Te xat luiroxpoçiaç xat vtxaç IIuOoî xat 'Io-6[xot xal Nep-ecf xeOpiuTrotç Te xai xéXriai. »
(4) Prométhée, 466.
(5) Pour les dépenses faites par Alcibiade , voir G. I. Hertzberg, Alkihiadès,
(6) Plutarque, Thém., 5.
On saisit bien quelquefois des protestations contre la faveur excessive dont jouissaient les jeux équestres, des traits d'ironie lancés contre cette victoire à laquelle le mérite, la valeur personnelle n'ont aucune part ; Xénophon raconte que c'est Agésilas, le roi de Sparte, qui poussa sa sœur Gynisca à faire courir à Olympie ; il voulait que cette victoire tant vantée pût être décernée à une femme et montrer ainsi qu'elle était la preuve non de la valeur mais de la richesse (1).
Mais ces attaques furent impuissantes ; aux critiques qu'on dirigeait contre cette victoire due à la richesse seule, on répondait en citant l'exemple des héros ; on montrait que déjà, quand Héraclès institua les jeux, cette coutume de concourir avec les chevaux d'un autre était mise en pratique ; c'est avec les chevaux d'Héraclès lui-même qu'Iolaos fut victorieux (2). Le sentiment de toute la Grèce maintint la victoire à la course des chars au premier rang parmi les victoires olympiques ; et AlcilDiade , dans ce discours si intéressant que lui fait prononcer Thucydide, pouvait dire aux Athéniens que par son luxe , par l'extravagance de ses dépenses il avait servi la république; car, à la vue de la inagniûque théorie qu'il avait conduite à Olympie , les Grecs avaient pris une idée beaucoup plus grande de la puissance de cette ville d'Athènes qu'ils croyaient ruinée par la guerre (3).
(1) Agésilas, IX, 6. On a trouvé dans les dernières fouilles d'Olympie l'inscription reproduisant l'épigramme que nous connaissions déjà {Anthologie ^ XIII, 16) sur cette victoire de Cynisca [Archssol. Zeit., t. XXXVIl, 1879, p. 151, n°30I):
SuàpTaç {jLÈv paa-iXyjs; è[i.o\ uarépeç xai àôeXçoi • ap{Aa(7t ô'wxuTuoôwv ittucov vixûaa Kuvtaxa eïxova Tàvô'ëa.TYiffa. Movav ôé [xe çajxc yuvaixôiv
'EXXdcSoç èx nâ.aoLc, tovÔe Xaêetv (TTSçavov.
(2) Paus., V, 8, 3 « "Eaxiv 'loXaoç ratç 'HpaxXéouç 8pa[xà)V Vuttoiç • "^v ôè àpa èx TcaXaioO xa6e(7TY]xoç àywviUcrOat xal àXXorptaiç Ïttitoiç. » Pausanias ajoute que, dans Homère , aux jeux institués par Achille en l'honneur de Patrocle , Ménélas a emprunté à Agamemnon un des deux chevaux de son char. Cf. 11., XXIII ,
(3) Thuc, VI, 16.