C. /. A., III
(5) C. I. A. y III, 128 : « 'Eveixa Se ôsfjLaxixoùç xat TaXavriaiouç àycovaç Tptàxovxa TcevTÊ, £T£>,£UTa ETwv xpiàxovxa 8uo, (JLy)vtov xpiwv. »
(6) c. L A., III. 129. Cf. Alb. Dumont, EphéhiCy p. 238.
nus l'iclics , s'emprosseot d'élever des chevaux pour les concours d'Olympie ; Alcméon , par sa victoire, affirme l'opulence de sa maison, et Alcibiade, par le luxe insensé qu'il a déployé, prétend avoir relevé Athènes aux jeux de la Grèce. Les victoires des Cimon-Miltiade portèrent ombrage à Pisistrate et à ses fils; Cimon Goalémos , pour flatter le tyran, le fit proclamer vainqueur à sa place , quand il remporta sa seconde victoire avec le célèbre attelage ; mais , après la troisième victoire , les fils du tyran s'empressèrent de faire disparaître, par une mort violente, un homme qu'une telle gloire rendait dangereux pour leur autorité (t).
S'il y a eu une cité où le désir de remporter une de ces nobles victoires que célébrait toute la Grèce ait enflammé le cœur des citoyens, c'est bien la ville d'Athènes. La passion des concours est une des formes do cet amour de la gloire , de cette cpi)vOT[[Aia qui distinguait les Athéniens. L'agonistique a été un des soucis de leurs hommes d'Etat les plus illustres : les Selon , les Pisistrate, les Périclès, les Lycurgue. Selon a été un des organisateurs de la grande fote Pythique instituée après la première guerre sacrée. Dans Athènes , il institua des récompenses publiques pour les vainqueurs des grands jeux. Les vainqueurs des jeux Olympiques devaient recevoir la somme importante alors de 500 drachmes ; les vainqueurs aux jeux Isthmiques, la somme de 100 drachmes (2).
Pour Pisistrate (3) , il suffira de rappeler qu'il a institué les grandes Panathénées et les Dionysies.
C'est pour avoir des fêtes plus brillantes que Périclès fait élever les Propylées par Mnésiclès , le Parthénon et le grand temple d'Eleusis par Tctinos ; c'est lui qui organise véritablement ràywv {jiouctxdç des Panathénées. Au concours de rhapsodes, chantant les poèmes homériques, il ajoute des concours de musique, de chant, et fait construire pour l'àywv [j-ouaixoç, ainsi constitué, un édifice spécial : rOdéon.
L'œuvre de Lycurgue, nous la connaissons, grâce au décret de Stratoclès que son biographe avait eu le bon esprit de transcrire
(1) Hdrod., VI, 103.
(2) Plut., Solon, 23; Grote(Hù. Gr., III, 142) croit que Solon n'avait pas accordé de prix aux vainqueurs des jeux Pythiques et des jeux Mcméens; cela n'est pas probable; Diogène Laërce (I, 55) dit que Solon institua des prix pour les quatre grands jeux.
(3) A.. Mommsen, Ueort., p. 80 et suiv.
l'aGOiNISTIQUE dans ATHÈNES. 183
et dont aujourd'hui nous possédons, au moins en partie , l'original (1). Les actes de cette glorieuse administration portent essentiellement sur ces deux points : la guerre, la défense nationale et les fêtes religieuses, les processions et les concours. Dans la longue liste des monuments, des objets d'art que Lycurgue a fait élever ou restaurer , nous trouvons mentionnés : le gymnase du Lycée, la palestre, le théâtre de Dionysos, des objets d'or et d'argent pour les processions, des Victoires d'or, le stade panathénaïque, etc. C'est le même homme qui faisait élever des statues à Eschyle, Sophocle et Euripide, qui, pour empêcher les altérations que des acteurs trop peu respectueux envers le génie faisaient subir aux œuvres de ces poètes, ordonna de rédiger un exemplaire officiel de l'œuvre des tragiques et obligea les acteurs à suivre le texte qu'il donnait.
Nous avons vu que Selon avait décerné une récompense publique aux Athéniens vainqueurs à Olympie et à l'Isthme. Le législateur voulait-il honorer de préférence ces deux grandes fêtes? On le croirait s'il ne s'agissait que de la fête d'Olympio , qui a toujours eu le premier rang parmi les fêtes de la Grèce. La mention des jeux Isthmiques à côté de ceux d'Olympie rend la question douteuse. Il est vrai que M. Grote (2) explique ce privilège dont les jeux Isthmiques auraient été l'objet par ce fait que, dans une certaine mesure, ils étaient d'origine athénienne. Quoi qu'il en soit de cette question, nous savons, par d'autres témoignages, qu'au moins dès le cinquième siècle , les Athéniens vainqueurs à Delphes et à Némée recevaient aussi une récompense. Parmi les décrets les plus anciens que nous possédions du peuple athénien, il en est un qui est consacré à régler la question des ayants droit à la nourriture au Prytanée. L'inscription est malheureusement très mutilée. Ont droit à cet honneur : les descendants les plus proches d'Harmodios et d'Aristogiton , les exégètes d'Apollon, les vainqueurs à Olympie, à Delphes, à l'Isthme et à Némée (3). Un peu plus bas , il y a une mention particulière pour
(1) C. 1. A., Il, 240, et aussi 176. Cf. [Plut.]» Vit. X orat., VII, p. 852; Paus., I, 29, 16.
(2) Ilist. Gr., III, 142.
(3) CI. A., I, 8,1. 10 et suiv. :
... ciTYi(7tv xat rà X ov ôt...
... aOxoïat xaxà xaùtà y.aî...
... 'OXupLTClaat] ?)• IIuôoï ?) *Ia6[xoï, v^ Neti6[a...
... aÙTo]tai irjv aiTYicrtv èv IIpuTavejiw
... 7c]poç T^ <jiTTQ<j£i Y-OLza. xatOxà ?
les jeux d'Olympio, et cette mention concerne les vainqueurs de l'àywv ÎTTTrtxoç. Il est malheureusement impossible de dire en quoi consistait cette mention ; tout permet de croire qu'une récompense particulière était , en outre , réservée aux vainqueurs d'Olympie. Est-ce ce privilège accordé ici à la fête Olympique qui explique pourquoi les auteurs , quand ils ont à parler de la nourriture au Prytanée accordée aux vainqueurs des jeux , ne mentionnent que la fête d'Olympie? Socrate, dans V Apologie que lui fait prononcer Platon , déclare fièrement qu'il mérite d'être nourri an Prytanée mieux que tous ceux qui ont remporté des victoires à Olympie soit à la course du cheval monté, soit à la ^uvtopiç , soit au quadrige (1).
Nous avons voulu seulement indiquer d'une façon rapide quelle importance les Athéniens ont attachée de tout temps aux fêtes et aux concours; dans les chapitres qui suivent cette importance sera relevée presque à chaque page. Nous possédons plusieurs catalogues agonistiques pour deux des grandes fôtes d'Athènes , les Théséia et les Panathénées. Malheureusement tous ces catalogues, un seul excepté, appartiennent à des époques où Athènes a depuis lontemps cessé de jouer un rôle important en Grèce. Ces catalogues n'en sont pas moins pour nous de la plus grande importance; ils ne nous permettent pas seulement de connaître en détail la composition des concours et en particulier des concours équestres : ils nous donnent aussi des renseignements utiles sur l'organisation du corps des cavaliers.
... T(^ IIpuTaveito Ô7r6(Jo[i xjéXriTi vevixrjxaai '0Xu[X7ii[a L'inscription paraît être de l'Olymp. 86 = 436 (Rangabc, Anliq. hellén., n° 294) ; mais il est probable qu'elle n'est qu'une copie d'un décret bien plus ancien (cf. ce que dit l'auteur du Corpus attique). Les jeux sont indiqués d'après l'ordre suivi régulièrement, Olympiques, Pythiques, Isthmiques, Néméens. Les restitutions proposées par R. SchÔU {Die Speisung im Prylaneion zu Athen, dans ïllermês, t. VI, 1871, pp. 14-54), pour cette partie de l'inscription, sont complètement inacceptables (v. p. 39) ; il ne peut être question de courses à la Çuvtoptç , à Olympie, à la date de l'inscription.
(1) Platon, Apolog., XXVI, p. 36, D : « OOx ëaÔ' ô ti (jiàXXov, w àvôpeç 'Aôy)vatoi, TTpéTcei ojtwç, ùc, tov toioutov àvôpa èv Tcpuxaveu») aiTeicrôat, ttoXO ye (iàXXov ^ et Tt? u|xc5v ÏTZUM 9) Çuvtoptôi fi j;euY£i vevixYixev 'OXufXTrtàatv. » Cf. aussi Plat., Rép., V, 13, p. 465, D; Plut., Aristide, 27; Athénée, p. 237, f. ^; X, p. 414, a.