‹ Les cavaliers athéniensChapitre 35 sur 86 · C. I. A., II · texte numérisé non relu

C. I. A., II

Oîôt èXipTOupYriaav i.Ttl

eÙTa^faç.

Suit la liste des personnages qui ont acquitté la liturgie ; il y en a deux par tribu.

nasiarchie; elles faisaient partie des liturgies dites ordinaires, lyxuxXtot.

De ces concours, le plus ancien paraît avoir été celui d'sùavSpia. Xénophon dit que les Athéniens envoyaient à Délos un chœur qu'ils recrutaient avec le plus grand soin et qui , pour la beauté des hommes , l'emportait sur les chœurs envoyés par les autres villes (1). C'est un concours du même genre que nous trouvons aux Panathénées. Harpocration (2) dit qu'il y avait, à cette fête, un àywv euavSpta; , et il citc , comme autorités , Dinarque , Andocide, Philochoros. De ces trois témoignages, le second doit être rejeté. En effet, pour Andocide , Harpocration renvoie au Discours contre Démosthène. Or, ce discours a été attribué à tort à Andocide : il est l'œuvre d'un rhéteur de l'époque postérieure (3). Mais les témoignages de Dinarque et de Philochoros subsistent. D'autres grammairiens répètent le renseignement fourni par Harpocration sur cet àywv euavSpiaç des Panathénées, l'un d'eux en ajoutant un détail nouveau (4) : c'est que les étrangers n'étaient pas admis à prendre part à ce concours. Enfin, dans un texte épigraphique, le catalogue panathénaïque 965, nous trouvons, parmi les prix désignés sous la rubrique vtxvjTTipta , un prix d'eùavSpia. Il n'y avait donc , à l'époque de cette inscription , au commencement du quatrième siècle , que ce seul concours de ce genre à la fête des Panathénées , et on peut admettre, je crois, qu'il n'y en avait qu'à cette fête. Si Dinarque, si Philochoros , sans parler du pseudo-Andocide , mentionnent seulement ce concours, c'est que probablement il n'y avait d'abord que celui-là.

Cependant, dès l'époque de Dinarque, au milieu du quatrième siècle, l'inscription C. L A., Il, 172, nous fait connaître un concours d'euTa^ia pour une fête que nous ignorons ; enfln , au deuxième siècle , nous trouvons , pour la fête des Théséia , un concours d'eùo7r)via mentionné à côté du concours d'eùavSpia.

II y a pour l'agonistique une règle constante : c'est que les

(1) Mémor., III, 3, 12.

(2) « EOavâpia • Aeivap^oç Iv t(^ xar' 'AYa(Tix>.éov?nava6yivaioiç àytovï^ysTO. 'AvèoxiSriç t' èv Ttf) xax' 'AXxiêiàôou 8r\koX xal 4>i)v6xopoç. »

(3) C. Alcib., 42 : « Autoç Tyyx^vw vevtxyjxojç eOavSpCa xat Xa[JL7rà8i xal Tpaytoèoîç. » L'auteur du discours s'est plu à répéter des anecdotes et des diatribes Contre l'ostracisme (F. Blass, Die Attische Beredsamkeit^ I, pp. 330 et suiv.). Photius et Suidas répètent, en l'abrégeant, ce que dit Harpocration. V. ces deux grammairiens au mot Eùavôpta.

(4) Bekker, Anecd., p. 257, 13 : « EOxvSpta • àywv xtç eOavSpta; toi; TTavaôr,vatot; àyojxevo;, ou xoivwvsïv oOx £$^v toÏç ^évoiç.»

concours vont toujours en se développant; ils sont chaque jour plus beaux et plus nombreux. Si l'explication que nous avons présentée est exacte, nous trouverions ici une des applications de cette règle. Peut-être n'y a-t-il eu d'abord qu'un seul de ces concours, celui d'eûavSpia , et pour une seule fôte athénienne (1), les Panathénées. Plus tard , à ce premier concours peut-être en a-t-on ajouté un second et les a-t-on compris tous les deux dans le programme d'autres fêtes que les Panathénées. Ainsi s'expliquerait comment Dinarque et Philochoros ne parlent que du concours d'eùavâpia pour les Panathénées , comment le catalogue 965 ne mentionne aussi que ce seul concours. Ainsi serait expliqué aussi ce que dit un grammairien , qu'à Vàytàv eùavSpiaç des Panathénées , les étrangers n'étaient pas admis. Une telle règle a existé en effet à l'origine : pendant longtemps , les citoyens d'Athènes ont eu seuls le droit de prendre part à cet àywv eùavSpiaç des Panathénées ; cette règle , comme nous allons le voir , était encore observée au commencement du quatrième siècle. Il n'y avait là rien d'extraordinaire, étant donné le caractère tout militaire de ces concours. Plus tard cependant il n'en était plus ainsi. En tout cas , les catalogues des Théséia nous montrent qu'à cette fête il y avait des prix d'eùavSpia et d'sùouXia même pour les étrangers.

Dans l'inscription panathénaïque 965, il y avait, au sujet de ce concours d'eùavSpia, une difficulté qui avait embarrassé les savants. L'inscription mentionne , après le prix d'eùavSpta , un autre prix dont la qualité n'est pas indiquée , frag. b. , col. II, 1. 26 et suiv. :

H eûavSpia cpu^y) vtxooaet ^ouç H cpuX^ vixwffv) ^otiç.

Cent drachmes à la tribu victorieuse à l'euandrie , un bœuf ;

Cent drachmes à la tribu victorieuse , un bœuf.

Quelle est cette seconde victoire que la tribu a remportée? S'il ne s'agit que d'un second prix, pourquoi est-il de la même valeur que le premier? M. Hermann Sauppe (2) avait proposé une explication qui avait été généralement acceptée (3). Ce savant remarquait qu'à la grande procession des Panathénées , il y avait

(1) La fête de Délos doit naturellement être exceptée.

(2) Comment, de insc. panath., p. 8 et suiv.

(3) SchÔmann et A. Mommsen l'avaient acceptée. Rangabé {Antiq. hellén., II , p. 672) croyait que ce prix était donné à la tribu qui , dans tout le concours, avait remporté le plus de victoires.

un groupe de vieillards portant des rameaux de lierre , ôaXXocpdpot (1); pour former ce groupe, on choisissait les plus beaux vieillards d'Athènes (2). Il trouvait encore que des enfants faisaient aussi partie du cortège, et alors il supposait qu'il y avait entre les dix tribus un concours, dans lequel deux prix étaient donnés, l'un à la tribu qui présentait les plus beaux vieillards, l'autre à celle qui présentait les plus beaux enfants; de là les deux prix qui sont indiqués sur l'inscription 965. Cette explication de Sauppe n'est plus aujourd'hui acceptable. Nous trouvons ce double prix indiqué pour le concours d'suTa^ta dans l'inscription C. I. A., II , 172 ; il serait déjà difficile de voir là un prix pour les vieillards et pour les enfants. Enfin , les inscriptions des Théséia donnent la solution de la difficulté (3). Nous trouvons, dans ces textes, trois prix indiqués pour les deux concours d'sûavSpia et d'eùoirXia : l'un est donné aux fantassins d'élite, l'autre aux cavaliers, le troisième aux étrangers (4). Nous savons, par un grammairien, qu'aux Panathénées les étrangers n'étaient pas admis à concourir; il reste donc deux prix , l'un pour les fantassins, l'autre pour les cavaliers ; ce sont ces deux prix qui sont indiqués par le catalogue panathénaïque C. I. 4-, II , 9^^5, pour le concours d'eOavSpia.

Ces concours ont un caractère essentiellement militaire ; les prix sont donnés aux deux armes qui constituent l'armée athénienne : les fantassins , c'est-à-dire d'abord les hoplites , plus tard les ÈTriXexxoi , et les cavaliers. Généralement, à côté du nom de la tribu victorieuse, on trouve le nom de l'officier qui la commande : le taxiarque pour les fantassins, le phylarque pour les

(1) Aristoph. , Guêpes, v. 544 avec la scolie,

(2) Xën., Banquet, IV, 17 : « ©aXXoçopouç yàp t^ 'A67]v^ toùç xaXoùç yépovxaç èxXeYOvxai, d)ç au[X7i:apo[xapToùvToç uao^ i{kixiot. xoO y.àXXouç. »

(3) Voir Thumser, op. laud., p. 98.

(4) C. /. A., If, 444, coi. I et suiv. :

Page 1