‹ Les cavaliers athéniensChapitre 45 sur 86 · CS K · texte numérisé non relu

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L'inscription la plus claire et la plus complète, celle qui nous fait le mieux comprendre la disposition générale de ràycov itittixoç des Panathénées , est l'INSGRIPTION Peyssonel, C. L A., II, 968, elle contient ràvwv I-kuixoç en entier; les lacunes ne portent que, sur des points de détail.

Les jeux équestres forment , sur ce catalogue , deux catégories bien distinctes pour chacune desquelles il y a un programme et un emplacement particuliers.

Les jeux de la première catégorie ont lieu dans un endroit que nous ne connaissons pas ; la copie de Peyssonel s'arrête juste aux mots EN TOI (1. 16). L'on a proposé diverses restitutions : M. U. Kôhler écrit, dans le Corpus, Iv tm [ 'EXeuaivuo] , d'après l'indication qui serait fournie par l'inscription 969, fr. B, 1. 1 : [Ev 'E]X£U(7tvt[w] ; cette dernière lecture n'est nullement certaine (1), et d'ailleurs, dans l'inscription 968, le mot 'EXeuatviw semble bien long (2) pour l'espace qui reste à remplir à cet endroit. M. A. Mommsen écrit, dans le tableau qu'il a dressé des jeux équestres des Panathénées (3) , Iv Tw toSio) ; Bœckh (4) avait mis Iv tw axaSio) et pensait qu'il s'agissait du beau stade panathénaïque bâti par l'orateur Lycurgue (5).

Les jeux qui ont lieu en cet endroit, quel qu'il puisse être, sont réservés aux seuls citoyens d'Athènes; les vainqueurs sont toujours des Athéniens et ils sont désignés par le nom de la tribu. Ces jeux comprennent douze concours, subdivisés en trois parties : « La première n'a pas un titre particulier, déclarant » pour quelle classe d'hommes ces combats étaient destinés, » comme cela est déterminé par les autres rubriques correspon- » dantes; il s'en suit donc que les jeux qui y sont placés étaient » proposés à tous les Athéniens (6). » Cette première partie comprend six concours : les deux exercices de Vol-ko^ocxtiç et de l'-^viox^^ et quatre courses de chars , un diaulos et un acampios (7) faits

(1) Voir le chap. VIII.

(2) La plus longue ligne complète de l'inscription, la 31% n'a que 28 lettres; avec le mot 'EXeuatviœt , la ligne 16 en aurait 32.

(3) Heort., pi. IV, après la p. 152.

(4) Kleine Schr., VI, p. 394.

(5) C. LA., IL 176 ; [Plut.], Vit. X or., p. 852.

(6) Bœckh, Kleine Schr., VI, p. 395.

(7) L. 20-21, au lieu de 2;[£UYei l7r|]7rtxw[i], restitution de Bœckh, acceptée par M. Kôhler dans le Corpus, nous écrivons 2;[£uY£t àxà(x|]7T;i[ov] ; la copie de Peyssonel indique même un v à la fin de I'utiixo). Sur aucun de nos catalogues, nous ne trouvons pas de course, ^eûyei iTiTitxtù ; en admettant que ces mots soient

tour à tour avec la ^uvwpiç et avec le ^éu^pç. Lu seconde partie comprend le concours séparé des phylarques, la troisième celui des cavaliers. 11 y a trois courses pour les phylarques et trois pour les cavaliers :

les phylarques font : le diaulos Ïtttco) TzoksiLKjxri Iv ô'uXotç,

le diaulos ittttw TcoXefAiar^, l'acampios simple ; les cavaliers font : le diaulos iWa) TroXeixtcTY], le diaulos simple, l'acampios simple.

Ces jeux de la première catégorie présentent donc une grande analogie avec ceux des Théséia ; ils ne se sont faits que par les Athéniens et ils comprennent ces trois parties que nous avons trouvées aussi sur les catalogues des Théséia : concours pour tous les citoyens , concours pour les phylarques , concours pour les cavaliers. Les seules différences un peu importantes consistent en ce qu'aux Panathénées les concours faits par tous les citoyens ne comprennent que des courses de chars et les exercices particuliers de l'apobate, en ce que les phylarques ne font pas le diaulos simple mais deux diauloi avec le cheval TroXsfxtd'nîç, une première fois en armes, une seconde fois sans armes.

Les jeux de la deuxième catégorie ont lieu à l'Hippodrome ; cette fois l'indication de remplacement a pu être copiée par Peyssonel. C'était un champ de courses de huit stades situé dans la localité appelée les Ecliélidai (1), non loin de la ville (2); Rangabé le place près des marais qui s'étendaient entre Athènes et le Pirée (3) ; on y célébrait des jeux équestres et Xénophon le cite parmi les endroits où la cavalerie faisait ses exercices (4).

Les jeux de l'Hippodrome ou de la deuxième catégorie comprennent :

synonymes des mots Ïttttwv Çeuys' (C- '• -^m 965), il faudrait une seconde indication, soit TioiXtxw , ireXeito soit ôtauXov, àv.àfjLTctov ; du reste, la course de l'acampios avec le Cs^ïo; est indiquée dans les autres catalogues à cet endroit. Voir la concordance.

(1) Etym. mag. : « 'Ev 'Exs^iSwv • tôttoç ''A^'i^^al (nraStœv ôxtw, èv w ai luTcoSpo- (jifai, àno TTivoç 'ExéXou. Hésychius : 'Ev 'ExeXiôwv. Etienne de Byz. : 'ExeXt- 8 ai. Cf. C. Bursian, Geogr. von Griechenland, I, p. 240 et 271. L'emplacement de l'hippodrome est encore douteux; Art. Milchhôfer le placerait à l'ouest du Pirée; les Echélidai ne sont pas un dème (voir le deuxième fasc, p. 6 et suiv. du texte des Karten von Attika de E. Curtius et J. A. Kaupert).

(2) [Dém.], C. Euerg. et Mnes., 76.

(3) Ant. hell, p. 685.

(4) Hipparch., III, 1 et 10.

lo Des concours auxquels peuvent prendre part et les citoyens d'Athènes et les étrangers , Ix ttocvtwv (1. 42) ;

2o Des concours auxquels ne peuvent prendre part que les citoyens athéniens , comme l'indique expressément la rubrique placée en tête de ces concours , Ix xwv iroXixixwv (1. 54) ou plutôt

Ix TCOV TtoXtTÔoV (1).

Les courses £x tô5v ttoXitôv de l'Hippodrome ou de la deuxième catégorie diffèrent de celles de la première catégorie^ en ce que pour celles-ci la mesure est toujours indiquée : c'est ou un diaulos ou un acampios ; mais la qualité de l'attelage no l'est jamais, on ne trouve que la simple indication apjxart, ^suyec ou ^uvwpiSt. A l'Hippodrome ont lieu ces mêmes courses ; mais il y a de plus des courses pour lesquelles la qualité (non l'âge) de l'attelage ou de la monture est indiquée ; ainsi , il y a la course

Ititto) TtoXuSpojxto , ap(ji,aTt TroXsfxtaxYipiw, ap[i,aTt 7ro[X7ctX(o , ^uvoipi8t 7roX£(j.taTYip(a ;

on ne trouve pas la mention de la iuvwpU 7ro[A7rix7]. Il semble que le chiffre normal des concours ex tôv ttoXitwv dans rHijjpodrome était de huit (2) :

Çeoyst

StauÀov

^euyet

àxàfXTitov

^uvwpiât

StauXov

^uvojptât

àxatxTTtov

apixart

TToXeiXlCTTlÇlW

Çsuyet

TrOfXTTtXW

^uvwpiât

'K0ks.[Ll(JT/\çiçi

ï-RTZiO

7roXuâpo{jt,w .

Les concours Ix ttocvtwv sont, comme le dit Bœckh (3), ceux qui sont permis aux concurrents sans différence de patrie. Les concours des Panathénées ont été de bonne heure ouverts aux étrangers. Puisqu'une des ambitions des Athéniens était de faire qu'une de leurs fêtes prît pour les Hellènes l'importance d'une fête nationale, ils devaient nécessairement y appeler les étrangers. Pour l'àywv aoudtxoç, uous voyons, au milieu du cinquième siècle, Phrynis de Mytilène obtenir le premier le prix de la cithare aux Panathénées (4) ; bien d'autres textes confirment ce témoignage (5).

(1) Voir p. 24Ô.

(2) C'est le nombre qui est donné par C. l. 4., 969 A ; dans l'inscr. 968, il manque la course : ^eûyki àxà(X7rtov.

(3) Kleine Schr., VI, p. 400.

(4) Aristoph., Nuées, 971, scolie (Ister, frag, 49, tome I, p. 425 de Millier), (b) Exékestide, vainqueur deux fois aux Panathénées (Aristoph., Aves^ U ;

L'àywv Y^pixoç, tel que nous le connaissons par nos catalogues, est entièrement un àywv U tovtwv; les étrangers figurent sur ces catalogues beaucoup plus que les Athéniens, et ceux-ci, quand une victoire leur est attribuée, sont toujours désignés par l'ethnique. L'àywv kTcixoç formait le plus ancien divertissement de la fête ; il était véritablement une institution nationale; peut-être fut-il ouvert aux concurrents étrangers dès la réorganisation des Panathénées par Pisistrate. Malgré cela, on continua de tout temps à réserver quelques-uns de ces concours aux seuls citoyens d'Athènes; ces concours sont : les jeux de Và-Koëavriç et de l'fjvtoyoç, considérés aussi comme nationaux par les Athéniens ; les courses avec les chevaux TtoXsfxiaTr^ç et TrofXTrtxoç soit montes , soit attelés; enfin des courses du diaulos ou de l'acampios avec le char à quatre ou à deux chevaux.

Ce qui est particulier aux courses de l'àywv U iràvxojv, c'est qu'on tient compte de l'âge du cheval qui doit courir. Il y a, des courses avec le poulain, ittttoç tcwàixoç, avec le cheval arrivé à sa pleine croissance , I'tcttoç tsXeio; ; et , comme les courses peuvent se faire avec le cheval monté, avec le char à quatre chevaux et avec le char à deux chevaux, on a ainsi les six courses dont nous avons parlé à propos des jeux d'Olympie (1). La composition de ce concours n'était pas particulière aux Athéniens ; ces six courses formaient l'àywv iTTTTtxoç des jeux d'Olympie , de Delphes (2) et des autres jeux dont nous connaissons la composition (3); partout elles constituaient véritablement ràya)v îtittixoç; elles en étaient la partie la plus importante et la plus brillante ; c'est à ces courses que nous verrons, dans les catalogues Panathénaïques, les Ptolémées, les Attales, les Eumènes, se mettre parmi les concurrents et remporter des victoires; c'est à ce concours que sont réservés les prix les plus élevés.

Voilà la disposition générale de Vàytbv Itckixoç des Panathénées , telle qu'elle nous est donnée par l'inscription Peyssonel , un peu

Polcmon, frag. \7 , tome III, p. 130 de MûUer) ; Ion d'Ephèse, qui a été vainqueur à Epidaure, vient concourir aux grandes Panathénées (Platon, Ion, 530, A et B).

(1) Page 166 ; cf. aussi p. 205.

(2) Bouché-Leclercq , Atlas pour l'Hist. Gr. ^ p. 58 et suiv. Krause, Olympia, p. 96. Aux jeux Pythiques, il manquait la course ^uvwpiôi tcwXix^. Nous n'avons pas à parler des courses de mules, instituées à Olymple l'an 500, mais abolies en 444.

(3) Cf. surtout le catalogue des jeux d'Aphrodisia en Carie, C. /. G., 2758, Le catalogue III contient un àYciJV Itctcixo;.

avant le milieu du deuxième siècle, eutre 168 et 164. Il nous sera facile à présent d'expliquer les autres catalogues.

L'INSCRIPTION 965 est , nous l'avons dit (1) , le plus ancien des catalogues panathénaïques ; elle est du commencement du quatrième siècle ; elle donne la liste des prix avec leur valeur respective. L'inscription est malheureusement mutilée; sur la partie conservée sont indiqués les prix de la deuxième catégorie : d'abord, les prix de l'àycov Ix tcocvtwv; on n'a pu lire que deux indications, le prix TTwXtxto ^suyst et le prix ^suyst aSYicpàyt») ou teXeiw (2); après, viennent les prix des concours sxtwv ttoXitwv; ici, l'inscription est complète; nous connaissons donc, pour le Commencement du quatrième siècle, la composition de cette partie des concours ; il y a trois prix :

Le prix I'tttki) xIXyiti 7roXeij,t(7T7)pi(o ,

— ^euyst TToXsii.tcTvipiw ,

— î^suyet izoïK-Kiy-tù.

Il est difficile de dire combien de courses comprenait l'àywv Ix TravTwv à l'époque à laquelle appartient le catalogue. Nous ne croyons pas qu'il en ait compris plus de quatre. Très probablement, les jeux équestres des Panathénées ont eu, au moins à partir du cinquième siècle , un développement parallèle à celui que nous connaissons pour les mêmes jeux à Olympie. Jusqu'en 268, l'àywv iTTTTtxoç, à Olympie (3) , ne comprend que les courses : api^axt TeXeioo inaugurée dans l'Ol. 25 = 680,

iTtTrw xsXriTt — 33 = 648 ,

^uvwpiût TeXsia — 93 = 408 ,

ap[jLaTt TcwXtxw — 99 = 384.

Les courses ^uvwpiSt TrwXtxvi et xsXviTt ttwXixw furent inaugurées la première dans l'Olympiade 128 (= 268), la seconde dans l'Olympiade 131 (= 256). L'inscription 965 n'indique plus aujourd'hui que les deux courses apjxaTt reXeiw et apixan TTwXtxÔ) ; cette dernière course n'a été introduite à Olympie qu'en 384 : c'est là à peu près la date de notre inscription ; on voit que si les Athéniens n'ont pas été cette fois les initiateurs , — ce que nous ne savons pas, — ils ont au moins suivi de très près l'exemple qui leur avait été montré (4).

(1) Voir p. 228.

(2) Voir p. 205 et suiv.

(3) Voir p. 166.

(4) M. Aug. Mommsen {Heortol. , p. 156, note) est étonné de ne pas trouver

On peut, je crois, affirmer qu'à l'époque à laquelle se rapporte le catalogue 965, ràywv l-Kmxoç est célébré tout entier sur le même emplacement et qu'il ne prend qu'un seul jour. En effet, en admettant qu'il y ait eu alors quelques-uns des jeux que , d'après l'inscription Peyssonel , nous avons appelés de la première catégorie , ces jeux n'ont pu comprendre que les deux exercices de l'apobate et, peut-être , deux courses de chars (1) ; ils n'ont pas compris des courses au cheval monté ; car la course I'uttco uoXe- (xtorTÎi , qui est , nous le verrons , la principale des courses au cheval monté, est comprise alors dans les jeux de la deuxième catégorie.

Du catalogue 965 , nous passons aux catalogues 966 et 967, qui sont du commencement du deuxième siècle; nous franchissons donc deux siècles.

Nous commençons par l'INSGRIPTION 967; peut-être est-elle

sur l'inscription 965 aucune indication de course à la ÇyvwpCç ; il rappelle les vers de la comédie des Nuées d'Aristophane (v. 28 et 1302), où l'on voit que ce char était à la mode auprès des jeunes Athéniens en 423. Une chose est certaine, c'est que l'inscription n'indiquait pas de course ^uvwpiSi 7toXe(xtcrxYipia ; la partie consacrée aux courses dites %o\e[Liaxr\çioic, est intacte dans l'inscription, et on ne trouve, sous cette rubrique, que les deux courses Ïtztzio v.é\-r\'zi etÏTuirwv Çeuyei. Je crois, assurément, que l'indication d'nne course à la ^uvwpiç devait se trouver sur l'inscription , mais que cette course était la course ^uvtoptôi TsXeicf de l'àYwv èx iiàvTtov. Cette course n'a été courue, pour la première fois, à Olympie, qu'en 408 ; peut-être n'a-t-elle été ajoutée à l'àycov des Panathénées que vers la même époque, un peu avant, un peu après, selon que les Athéniens ont donné l'exemple ou l'ont suivi; en tout cas, je ne crois pas, comme Mommsen, que cette course fût déjà pratiquée, dans Athènes, en 423, à l'époque de la représentation des Nuées d'Aristophane. Des vers de cette comédie, cités par M. A. Mommsen, on doit rapprocher un passage de la comédie de la Paix (v. 899), — le scoliaste attribue ces jeux à la fête des Apaturies, ^- dans lequel le comique a décrit un àywv Ittuixoç. Cet àycov ne peut guère être que celui des Panathénées : dans ce passage , on ne trouve mentionnées que les courses àpixari et xéXyiTi. Assurément, on ne peut pas tirer grand' chose, pour l'histoire des concours , d'un passage dans lequel le poète ne cherche que des rapprochements obscènes; cependant, c'est précisément pour cela que des courses de char à deux chevaux auraient pu être mentionnées ; il y aVait là une matière facile pour les plaisanteries du comique; rappelons, en effet, que ce surnom de Euvwpiç fut donné à une courtisane que Diphilos prit pour sujet d'une de ses comédies (Kock, Com. AU., Frag. II, pars I, p. 565). Ce qui peut encore prouver que la course ^uvwpiôi 7i6Xe[jLiaTyipiqc n'a été introduite qu'assez tard dans les concours, c'est que, sur aucun de nos catalogues, nous ne trouvons la course ^uvwpCôi TCojjiTcix^. Les courses à la ^uvtopiç n'ont été ajoutées aux concours qu'après les autres courses, et le nombre en a toujours été plus faible, .sauf quelques exceptions, pour des concours peu importants, cf. p. 217, n. 1, et 252, n. 3. (l) Comme dans l'inscr. 966, I.

la plus ancienne. Cette inscription contient deux catalogues ; du premier, un court fragment seul a pu être déchiffré : il nous a donné la liste de quatre courses de ràytov Ix Tràvrwv avec les noms des vainqueurs. Les courses , sauf une seule, qui est douteuse, sont

les suivantes : [apfxaxt TrwXtxw] , xeXviTt xeXsiw , cruvwpiSc TsXsia , apfxaTi

xeXetto. Parmi les noms des vainqueurs, nous trouvons les trois filles de Polycratès d'Argos , qui remportèrent aussi des prix au concours ex ttocvtwv indiqué sur l'inscription 966, col. I; les deux inscriptions 967 et 966 sont donc à peu près de la même époque.

Après ce premier catalogue, en vient un second sur lequel on a pu lire une partie des prix de laywv yuptxoç et le commencement de ràywv iTz-Kuaç. Ce qui est particulier à ce texte , c'est l'absence des jeux de ràTroêàxT]? et de l'vjvtox^oç; après le dernier concours, ôttXityiv, de ràywv yuptxoç , sont indiqués les prix ex Tràvxwv de l'àyàv ÎTTTrtxoç; c'est là un fait sans autre exemple pour les catalogues des Panathénées , sur lesquels a été conservé le commencement de ràyà)v ÎTTTrixoç. Lesjeux de l'apobate étaient, comme nous l'avons dit, des exercices nationaux pour les Athéniens; M. A.Mommsen(l) suppose qu'ils étaient célébrés même aux petites Panathénées. Les jeux équestres n'ont eu lieu, l'année des jeux de ce second catalogue , qu'en un seul endroit ; peut-on supposer que cette fois ràya)v ex Travxwv a précédé les concours ex xwv TîoXixwv et que ces derniers concours, comprenant, avec lesjeux de l'apobate, les courses de chars 7roXe[ji.tcrx7Îpta et 7ro(i,7rtxa , étaient gravés, après l'àycov ix ttocv- T(ùv, sur la partie aujourd'hui perdue de l'inscription ? Un fait analogue serait indiqué par le second catalogue de l'insc. 969. Peut-on, au contraire, songer à l'explication suivante : sur la frise de la cella au Parthénon , il y a plusieurs représentations du jeu de l'apobate (2); si le sujet de cette frise est réellement la procession des Panathénées, peut-on supposer que, primitivement, ces jeux étaient célébrés pendant la procession même, par exemple quand elle défilait sur l'Agora et que cet usage existait encore l'année à laquelle se rapporte ce second catalogue de l'inscription 967 ?

Par une coïncidence singulière , ou n'a pu déchiffrer sur les deux catalogues que les quatre courses qui sont les plus anciennes du concours équestre d'Olympie ; les deux catalogues reproduisent exactement (3) le programme de ce concours entre 384 et

(1) Heort., p. 124.

(2) Michaelis, Der Parthénon, pi. XII, n<" 44-68. Voir p. 151 et suiv. du présent ouvrage.

(3) Voir plus haut, p. 240.

268. Il semble cependant qu'à l'époque de l'inscription, le concours èx TravTwv des Panathénées , outre les quatre courses à'pfjtari xtkeit^ , apjjiaTi TTwXixS) , xsXviTt xekeiiù , cruvwpiSt xeXeict , devait aussi Comprendre les deux courses x£Xy)ti ttwXixcJ) et auvwpiSi tcwXcxyj et que l'indication de ces deux courses se trouverait sur l'inscription si elle n'avait pas été mutilée. Le fait n'en doit pas moins être relevé ; les deux courses qui manquent ici sur nos catalogues n'ont été mises sur le programme d'Olympie l'une qu'en 268, l'autre qu'en 256 ; les Athéniens auraient-ils attendu au commencement du deuxième siècle pour les ajouter à l'àyaiv ex Tràvxwv de leur fête nationale ?

Les DEUX CATALOGUES 966 sont très importants. Le premier donne l'àyàv ex Ttavxtov au complet avec les six courses réglementaires ; après Voiyoiv ex TiravTtov, était indiqué l'àywv ex twv tcoXitwv ; cette partie de l'inscription a disparu (1). Ce qui fait l'importance de ce catalogue, c'est qu'il nous fait connaître, pour la première fois, cette nouvelle catégorie de concours , qui est toujours indiquée la première sur nos catalogues et qui est réservée tout entière aux citoyens athéniens. Dans ce catalogue, cette catégorie ne comprend que quatre concours, l'àTrogàTViç, l'fiviV^oç, un diaulos et un acampios pour le char à quatre chevaux. .11 semble que nous avons là l'origine de cette classe particulière de concours ; le programme en est encore très pauvre ; on ne croit pas utile de leur réserver un emplacement particulier. Il est bien certain cette fois que les jeux n'ont été célébrés qu'en un seul endroit ; la partie de l'inscription où sont gravées les prix de l'àyàv ÎTTTctxoç est très lisible ; on peut se convaincre qu'il ne s'y trouvait aucune indication relative à l'emplacement.

Le second catalogue est beaucoup plus complet ; les jeux qui furent célébrés cette année furent plus brillants et les concours plus nombreux. A la ligne 28 se trouve la mention Iv Téji k7roSpo(A(i) ; les courses eurent donc lieu à deux endroits différents , et ici , comme sur l'inscription Peyssonel , l'indication de l'Hippodrome se trouve devant les jeux de la deuxième catégorie. Les jeux de la première catégorie qui n'étaient qu'au nombre de quatre sur le catalogue 966 , I , sont au nombre de huit (2). Mais c'est surtout

(1) Il semble que, cette fois, le nombre de ces concours était assez faible (u Yacat spatium versuum 2-3, » lit-on dans le Corpus), à moins de supposer que la suite des prix se trouvait sur la deuxième colonne.

(2) L'attribution de ces huit concours est un point très important qui sera discuté plus loin.

l'àyàv ex Travxwv qui a eu Cette fois un éclat extraordinaire ; le nombre normal des courses de ce concours est de six; l'inscription a malheureusement beaucoup souffert en cet endroit , il est cependant possible de voir que onze courses au moins étaient indiquées pour cet àywv ex iravTwv ; peut-être y en avait-il douze ; on a pu mettre un nombre double d'exercices ; nous avons vu un exemple de ce fait dans les catalogues des Théséia pour les concours des phylarques (cf. concordance C. I. i., IT, 445).

Les jeux qui sont mentionnés sur ce second catalogue ne se distinguent pas des jeux indiqués sur le premier, seulement parce qu'ils sont plus complets , mais aussi par la qualité des concurrents. Dans l'àywv £x TTdcvTwv , nous trouvons quatre rois ou fils de roi; dans l'àyàjv Ix twv TioXtTSv, les vainqueurs appartiennent à des maisons athéniennes célèbres par leurs victoires dans les concours, les Mnésithée-Arkétos , les Mikion-Eurycleidès , les Dioclès-Gharinos (1). Sur le premier catalogue, on trouve aussi le nom d'un roi, mais dans raya)v Ix twv ttoXitwv et non dans l'àyobv Ix Tcàvxwv; le roi Ptolémée , fils de Ptolémée, est vainqueur au SiauXov à'pfxaTt (l. 40) ; et il est désigné comme appartenant à la tribu Ptolémaïs ; c'est donc en qualité de citoyen athénien qu'il a pris part aux concours ; le roi a voulu flatter le peuple athénien.

Ainsi à ce moment, vers 191 av. J.-C, l'àyoiv îtittixoç des Panathénées peut comprendre deux catégories de concours qui ont chacune un emplacement particulier, et cet emplacement pour les concours de la deuxième catégorie est l'Hippodrome.

Nous franchissons un intervalle d'environ vingt-cinq ans ; nous trouvons alors trois catalogues C. L i., II, 968, 969 I, 969 II, qui sont à peu près de la même époque et qui nous montrent l'àycbv ÎTUTTtxoç parvenu au développement le plus complet que nous connaissons. Les jeux delà première catégorie se trouvent alors complètement constitués avec les trois sortes de concours Ix tô5v

TToXtTÔSv, £X TWV CpuXap)((OV, Ix TWV ÎtCTTSCOV.

Nous connaissons le catalogue 968 ; nous n'avons plus qu'à expliquer les deux catalogues qui sont sur l'inscription 969.

Le CATALOGUE 969 A est mutilé en tête; on trouve d'abord l'indication des deux concours du diaulos et de l'acampios pour la iuvwpiç, les vainqueurs sont des Athéniens ; les noms ont disparu,

(1) Pour tous ces noms, voir le ch. IX.

mais il est resté l'indication de la tribu ; nous avons donc ici la fin des concours èx xcov ttoXitcov de la première catégorie.

Après, viennent, comme clans l'inscription 968, les concours de la cavalerie, mais avec des différences. D'abord , au lieu d'avoir les trois courses des phylarques , puis les trois courses des cavaliers, on s'est appliqué à faire alterner une course des cavaliers , puis une course des phylarques. Ici encore nous trouvons l'indication de six courses; si nous acceptons le texte que les éditeurs de l'inscription ont donné, nous avons deux courses pour les phylarques , trois pour les cavaliers ; la sixième course est une lampadodromie : à qui faut-il l'attribuer ? Des noms des concurrents il n'est resté (1) que les deux lettres finales flN ; il me semble qu'on doit se décider pour les cavaliers , plutôt que pour les phylarques ; nous ne connaissons pas de lampadodromies pour les phylarques ; nous en connaissons aux Théséia pour les cavaliers, et, ce qui est significatif, ces lampadodromies des cavaliers ont été ajoutées aux jeux des Théséia (2) à l'époque qui est à peu près celle de l'inscription 969 A.

Il résulterait de ceci que, dans l'année à laquelle se rapporte ce catalogue, les phylarques n'ont eu à faire que deux concours. Gela surprend un peu; trois courses constituent toujours le concours des phylarques ; en outre ici, il semblerait plus naturel que, puisqu'on a attribué une lampadodromie aux cavaliers, on les ait exemptés d'une course. A la ligne 6 , les deux copies de Ross et de . Wordsworth donnent :

...i SiauXov l[v ottXoiç]

[ex TWV ÎTTTrjswv.

Disons d'abord que la restitution donnée par le Corpus , [(luvtopiSjt âiauXov ev oTiAotç est inacceptable , il n'y a pas d'exemple d'une course de chars exécutée par la cavalerie dans ràywv kirixoç ; cette restitution est due à Ross, qui s'est borné à répéter, ligne 6 , le mot (Tuvwptôi qu'il avait lu à la ligne 4; il est très probable qu'il faut [tWto 7coXs[jt.i(7T9î]t. Cette course I'tcttw ttoXeiaictt^ SiauXov ev §7rXotç

figure dans le concours des phylarques sur l'inscription Peyssonel, ligne 28 et suiv. ; un diaulos Iv oTrXotç est aussi attribué aux phylarques, dans un concours des Théséia (3) ; pour les cavaliers, au contraire , nous ne trouvons pas d'exemple d'une course ev

(1) Wordsworth lisait à cet endroit : ...0EQN Xajjiiràôi.

(2) Cf. p. 220 et suiv.

(3) Cl. A., II, 444; II, 77.

^TtXotç. Les deux copies, que nous avons de l'inscription 966 donnent toutes les deux, ligne 7, les lettres EHN ; on a donc été autorisé à restituer [ix. twv ÎTCTrJéwv; nous croyons que, devant le double témoignage de Ross et de Wordsworth, il est d'une bonne critique de s'abstenir de toute affirmation ; Ton voit cependant quelles difficultés cette lecture soulève. De plus , en restituant ex Twv (puXapx^wv, OU aurait cette suite régulière d'un concours de cavaliers alternant chaque fois avec un concours de phylarques; c'est là un point qui n'est pas sans importance. Toutes ces raisons nous ont amené à attribuer dans notre concordance ce concours itcttc») TcoXefjLiffTri aux phylarques.

Les concours de la cavalerie sont terminés par une lampadodromie. C'est là un renseignement important : il nous indique que la journée est terminée, les lampadodromies n'ayant jamais lieu que le soir, à la nuit. L'àyàiv îtcttixoç des Panathénées prenait donc, à cette époque, deux journées : dans la première, avaient lieu les courses de la première catégorie; dans la seconde, celles de l'Hippodrome. Il en était sûrement de même pour l'époque à laquelle se rapporte le catalogue 968 ; mais, à présent, le doute n'est plus possible.

Après les concours de la cavalerie, l'inscription mentionne les concours auxquels tous les citoyens d'Athènes pouvaient prendre part ; l'indication ex tô5v ttoXitûv était donnée par l'inscription ; on a pu lire sur la pierre assez de lettres pour que cette fois la restitution soit certaine. La mention de l'Hippodrome ne se trouve plus aujourd'hui sur l'inscription ; nous croyons qu'elle s'y trouvait ; il y a assez de place pour cette indication, à gauche des mots tx Tcov TcoXtTwv. En tout cas , nous n'hésitons pas à mettre tous les concours , indiqués après la rubrique U tô5v ttoXitôv , parmi ceux qui ont été faits à l'Hippodrome. Le catalogue 969 A, indique la même disposition des jeux que le catalogue 968; nous trouvons dans l'un et dans l'autre une double catégorie de concours. Dans le catalogue 968, c'est la mention de l'Hippodrome qui marque la division entre les deux catégories de concours; dans le catalogue 969 A, c'est la mention de la lampadodromie ; cette mention suffit, à défaut de l'autre, qui peut-être se trouvait aussi sur ce texte.

Dans le catalogue 969 A , nous avons encore à constater une légère diff'érence avec l'inscription 968; les concours ixTcSv tcoXitôSv ont eu lieu cette fois avant les concours ex TiavTwv. Les huit courses , qui constituent normalement les concours des citoyens dans l'Hippodrome, se trouvent toutes indiquées ici ; il est clair que la restitution [Ix tûv iTnrstov ïlTZTzt^ TroXuSpo(i.[({)] , donnée par le Corpus ,

ligne 34, doit être rejetée (1); il n'est plus question de la cavalerie depuis les lignes 18-19; une telle course, et en un tel endroit, ne peut être attribuée à la cavalerie. La façon dont les mots Ïtztxm 7:oXu§p(i{ji.({) sont placés montre qu'avant il y avait une autre indication, probablement les mots Ix twv TroXtxwv; cette indication a pu très bien être répétée ici devant un exercice d'un genre nouveau , une course au cheval monté succédant à des courses de chars.

Aux concours Ix tô5v ttoXitwv succèdent les concours ex Travxwv. Il y a une difficulté à la première ligne; la copie de Ross donne seulement IPPOlOOnN. M. Aug. Mommsen (2) a restitué Iv xw iutto- [Sp]o[|A]wt ; cette restitution est des plus séduisantes, surtout si l'on remarque que, dans les deux copies de l'inscription , un N a été souvent transcrit par erreur (3) à la place d'un | ; il faut cependant observer que la restitution ^uvojpiSt TrwXtxîi èv tw kTroSpc^fxw est incomplète et qu'elle s'écarte un peu de ce qui est la formule ordinaire : £V T(j) iTTTroSpofxw ex ttocvtojv |uvwpiSt TTwXtxrj.

Le CATALOGUE 969 B est des plus incomplets ; il ne donne l'indication que de neuf concours : les deux premiers sont l'àiroêaTTiç et V-}\vio-/oç ; viennent ensuite sept courses à char ou au cheval monté, parmi lesquelles sont des courses avec les chars TroXei^tarvîpta et 7to{x7ctxa. Nous avons donc là les concours ex twv ttoXitûv de l'Hippodrome. Dans le catalogue 969 A , nous avons vu qu'à l'Hippodrome les courses éx tô5v ttoXitwv ont précédé les courses Ix TravTwv, mais là ces courses de l'Hippodrome venaient après celles de la, première catégorie; on peut supposer que dans le catalogue 969, B, les courses Ix Tràvxojv étaient indiquées après les courses Ix tô5v tcoXixwv; il n'en reste pas moins à expliquer pourquoi les concours du stade ne sont pas indiqués après les concours d'apobate. Plusieurs explications se présentent : nous croyons que la plus simple consiste à admettre que, dans l'année à laquelle se rapporte ce catalogue , les courses n'ont eu lieu qu'à un seul endroit, probablement l'Hippodrome ; nous avons déjà vu d'autres exemples de ce fait ; nous essaierons plus loin de l'expliquer (4).

Il y a d'ailleurs, à propos de ce catalogue 969, B, un point très obscur, qui impose la plus grande réserve : c'est l'explication , à

(1) M. U. KOhler a suivi la lecture de Wordsworth ...EQN innQI xtX. Cette lecture ne nous paraît pas acceptable ; dans Tinscr. 968, 1. 54, le concours I'utcw 7ioXv)8p6[X({) est indiqué comme étant éx TcàvTwv.

(2) Heortol., planche IV, insc. Ross., 23.

(3) L. Il, 7coXstJi,i(7TYjpiov; 1.28, uoXe[JLt<7Tepiav, etc.

(4) Voir p. 249 et suiv.

la première ligne du fragment , des lettres : ... EYSINIiîN. M. U. Kôhler, dans le Corpus, restitue : [àiroêaTYiç Iv 'EXjsuatviw ; M. Aug. Mommsen(l), propose ENEXEAIAQN. L. Ross, et Wordsworth , qui ont copié l'inscription, pensaient, — et Bœckli(2), ne repoussait pas cette explication , — qu'il s'agissait ici des concours de la fête des Eleusinies ; il n'est pas bien sûr que cette opinion doive être rejetée (3).

Le fait général qui ressort de l'examen de tous ces catalogues , c'est qu'à l'àywv îtcttixoç des Panathénées , il y a deux catégories de concours :

La première catégorie ne comprend que des concours faits par des Athéniens, simples citoyens ou cavaliers ;

La deuxième catégorie comprend :

Des concours ouverts aux citoyens et aux étrangers , ràywv ex TîàvTOJV ;

Des concours réservés aux seuls Athéniens , U twv ttoXitwv , lesquels consistent en courses de chars et, en particulier, de chars

Ce qui constitue véritablement ràywv ituttixoç des Panathénées, ce sont les jeux de la deuxième catégorie; on les trouve toujours sur les catalogues ; les jeux de la première catégorie manquent, au contraire, assez souvent.

Si l'on croit que le catalogue 969, II, ne concerne pas les Panathénées, on trouve, en plaçant les autres catalogues dans l'ordre chronologique , un développement régulier des jeux équestres ; ces jeux ne comprennent d'abord que les concours de la deuxième catégorie (catal. 965, 967, I et II) ; les concours de la première catégorie apparaissent , pour la première fois , sur le catalogue 966, I, ils se développent (966, I[), et se trouvent enfin constitués sur les catalogues 968 et 969, I. Une conclusion, dans ce cas, paraît seule légitime , c'est qu'à partir de l'année à laquelle se rapporte le catalogue 966 , I , les jeux équestres des Panathénées ont compris régulièrement les deux catégories de concours.

(1) Heort., planche IV.

(2) Kleine Schriftm, VI, p. 438.

(3) Nous ne croyons pas qu'il y ait eu, dans les concours ex tôîv iro^irôiv, deux fois la course levyzi 6tau>ov (voir dans le Corpus, 1. 4 et 14). Voir dans notre concordance la restitution que nous avons donnée de ce passage ; peut-être , à cause de la lecture de Wordsworth (1. 10) , faut-il transposer les deux courses àpfxaTi 7roXe(i,i(TTYipt(|) et (juvtoptôi 7îo>e|i.t<TTripia à la place l'une de l'autre.

Si l'on admet au contraire que le catalogue 969, II , concerne les Panathénées , il faut en conclure que , certaines années , les jeux comprenaient la double catégorie de concours, que, d'autres années, au contraire, ils n'en comprenaient qu'une, la deuxième. On aurait alors, d'un côté, les catalogues 965, 967, I et II, 966, I, 969, II, de l'autre, 966, II, 968, 969, I.

Une troisième hypothèse se présente encore.

Les jeux pour lesquels nous trouvons cette double catégorie de concours ont été plus brillants naturellement parce que le programme était plus complet, plus varié ; très souvent alors , il y a, pour chacune des deux catégories de concours, un emplacement particulier ; dans ce cas, c'est l'Hippodrome qui est désigné pour les concours de la deuxième catégorie. Les jeux ont alors un éclat extraordinaire ; nous avons trois catalogues qui donnent cette indication ; sur ces trois catalogues (966 , II ; 968 ; 969 A) , nous trouvons, parmi les vainqueurs, des personnages du fjhis haut rang; chaque fois , des rois se sont mis parmis les concurrents de ràycbv ex TiavTwv. La première fois, ce sont les quatre fds du roi Attale, Eumène, qui est lui-même qualifié du nom de roi, et ses trois frères Attale, Philétairos, Athénaios ; la seconde fois , c'est Mastanabal, fils du roi de Numidie, Massinissa, et père du célèbre Jugurtha , c'est Ptolémée Philométor , alors roi d'Egypte avec son frère Physcon ; la troisième fois , c'est Antiochus Eupator (1).

Gomme, au contraire, nous ne trouvons jamais de rois parmi les vainqueurs de I'ocywv Ix ttocvtwv quand l'indication Iv tw itittoâpofxw n'est pas donnée parles catalogues, on pourrait supposer que les jeux, pour lesquels on trouve cette double catégorie de concours ayant chacune un emplacement particulier , se rapportent aux grandes Panathénées ; ils comprennent un nombre considérable de concours; les Ptolémées, les Attales , les Antiochus, ne dédaignent pas de se mettre au nombre des concurrents ; à côté de ces jeux si brillants, il y en a d'autres, plus simples, plus modestes; ils ne comprennent généralement qu'une des deux catégories de concours, ils sont toujours faits en un seul endroit, ils se rapportent aux petites Panathénées.

La question de savoir s'il y avait des jeux aux petites Panathénées est encore incertaine ; on est porté à croire aujourd'hui qu'il n'y en avait pas , ou au moins qu'il n'y avait que des con-

(1) Sur tous ces personnages, voir Bœckh, Kl. Schr., VI, p. 401.

cours d'importance secondaire (1). C'est , par exemple , l'opinion de l'homme qui a le mieux étudié les fêtes religieuses d'Athènes, M. Aug. Mommsen. Nous aurions donc ici un argument en faveur de l'opinion contraire. Cet argument se trouverait même confirmé, dans une certaine mesure , par le fait suivant : dans le catalogue 966, I, 1. 41, est consignée une victoire du roi d'Egypte Ptolémée à une course SiauXov apfxart; ce n'est pas comme étranger, ainsi que le font les rois qui font courir à l'ày^v ex Tràv- Ttùv, que Ptolémée a pris part au concours , c'est comme citoyen d'Athènes; il a obtenu la victoire à un concours réservé aux seuls citoyens athéniens, et c'est comme citoyen athénien, comme membre de la tribu Ptolémaïs qu'il est désigné. Comme cette victoire se trouve indiquée sur le catalogue d'une année où les jeux ont été faits tous en un même endroit, c'est-à-dire d'dne année, où, d'après l'hypothèse que nous discutons, ce senties petites Panathénées qui auraient été célébrées , on verrait dans l'acte du roi Ptolémée , concourant cette année-là dans l'àycav sx tSv TToXtxôov, une preuve que l'àywv Ix Tràvtwv des grandes Panathénées avait seul un grand éclat et pouvait seul attirer des souverains ; le roi n'a pas voulu concourir à l'àywv sx ttocvtwv, parce que cette année-là on célébrait les petites Panathénées.

Nous ne croyons pas que cette explication soit acceptable. S'il y a eu des jeux équestres aux petites Panathénées, il nous semble qu'ils ont dû être analogues à ceux des Théséia , qu'ils n'ont dû comprendre que les jeux de la première catégorie, c'est-à-dire

les concours ex xwv ttoXitôov , ex Twv <puXap)^ov , ex xôov ÎTTTtewv , COnCOUrS

qui précisément manquent ici. Le grand àycbv ex Tràvxwv , avec les chevaux jeunes ou en pleine croissance, est le grand concours des jeux équestres dans toute la Grèce : il a un éclat extraordinaire ; on ne peut , par cela même , le célébrer à des intervalles trop rapprochées. A la fête d'Athêna comme à la fête de Zeus Olympien et d'Apollon Pythien , ce concours ne devait être célébré que tous les quatre ans (2).

(1) «Kleinere Hippodromie » d'après Aug. Mommsen, Heortol., p. 116 et surtout p. 124 et suiv., 161 , note. Ce qui nous porterait à croire qu'il y a eu des petits concours aux petites Panathénées, c'est qu'avant l'institution des grandes Panathénées, quand il n'y avait qu'une fête annuelle, cette fête comprenait déjà des jeux équestres : il n'est pas probable qu'on ait complètement supprimé ces jeux annuels ; on a pu en réduire l'importance pour accroître celle des jeux de la fête qui revenait tous les quatre ans.

(2) L'anthippasia mentionnée sur l'inscription de Glaucon (v. p. 197) a eu

Nous ne croyons donc pas qu'il soit question des petites Panathénées sur aucun de nos catalogues ; nous croyons qu'ils se rapportent tous à la grande fête d'Athêna , qui était célébrée tous les quatre ans ; nous admettons qu'il en est ainsi même du catalogue 969 , II. Nous reconnaissons , en même temps, que les catalogues indiquent un développement régulier des jeux équestres du commencement du quatrième siècle au milieu du deuxième. Du quatrième au deuxième siècle , ce développement a surtout porté sur les jeux que nous avons appelés de la deuxième catégorie ; au moins dès le commencement du deuxième siècle , ces jeux paraissent constitués; en tous cas, ràYa)v U ^rdcvrwv a déjà les six courses réglementaires. A partir du commencement du deuxième siècle, ce sont les jeux de la première catégorie qui prennent un développement régulier. Le milieu du deuxième siècle marque , pour nous , le moment du plus grand développement de l'aYcbv î-rtTrtjcoç des Panathénées. Les jeux prennent alors deux journées : ils se font, le premier jour, en un endroit que nous ne connaissons pas; le second jour, ils se font à l'Hippodrome. Pour chacune de ces deux journées , il y a une catégorie particulière de concours. Cependant, quelle que soit la dévotion des Athéniens pour la déesse, la fête n'a pas chaque fois le même éclat, ou, au moins, les concours peuvent être plus brillants telle fête plutôt que telle autre ; telle année , pour les grandes Panathénées, des rois, des personnages de haut rang se font inscrire parmi les concurrents ; on donne alors plus d'éclat aux concours ; on leur consacre alors deux journées : on fait à la fois les concours de la première et de la deuxième catégorie. Quand , pour des raisons diverses , les jeux équestres devaient être plus modestes , quand il n'y avait ni roi , ni prince , ni haut personnage parmi les concurrents , on ne consacrait qu'une journée à ràycbv iTcmxoç , qui alors ne comprenait que les jeux de la deuxième catégorie (1). Tel a été le cas , par exemple , dans l'année à laquelle appartient le catalogue 969, II.

La disposition générale des jeux équestres des Panathénées étant à présent connue , il nous reste à examiner quelle part la cavalerie prenait à ces jeux.

lieu aux grandes Panathénées ; de même, Xén., Banquet ^ 1, 2 : « 'Hv {lèv yàp nava6»ivaia)V twv (xeyaXwv licuoSpofxia.

(l) Il y avait aussi les deux exercices de l'apobate.

Nous ne trouvons la mention de la cavalerie que sur deux catalogues : 968 et 969, I. Sur le premier, nous voyons attribués aux phylarques : le diaulos ittttw 7co);£[jt,taTri Iv oTcXotç ,

le diaulos iWio TtoXefAtffTYJ ,

l'acampios simple ; aux cavaliers : le diaulos iuttco TroXeixtdTyî ,

le diaulos simple ,

l'acampios simple.

Nous avons là , sauf quelques différences que nous avons (îéjà relevées (1) , ces deux groupes de trois courses au cheval monté que nous avons déjà trouvées sur les catalogues des Théséia et qui , là aussi , étaieiït attribuées aux phylarques et aux cavaliers. Sur le catalogue 966, II*, nous avons vu qu'il y avait huit concours parmi les jeux de la première catégorie. Cette partie du catalogue présente des lacunes regrettables. Les cinq premiers concours sont les deux exercices de l'apobate et trois courses de char. Pour aucun de ces exercices , il n'y a de doute possible sur la qualité des concurrents. Des jeux , tels que ceux de l'apo* bâte , des courses de chars au diaulos et à l'acampios ne peuvent être attribués qu'à des citoyens athéniens ; ces cinq premiers concours sont donc sûrement faits uniquement par des citoyens athéniens. Restent trois concours dont l'indication n'a pu être déchiffrée que d'une façon très imparfaite : ititto)..., 1. 22; iWi})..., 1. 24; àxa(j!,[7rtov] . . . , 1. 26. Disons d'abord que la restitution luTro) Tîkiw (1. 22), proposée par Rangabé et acceptée par M. U. Kôhler, est tout à fait inacceptable. Il ne peut être question, en cet endroit, de la course au cheval monté en pleine croissance ; d'ailleurs , l'expression ittttw xeXsiw ne se trouve sur aucun de nos catalogues (2). Je crois que nous devons reconnaître ici ce groupe de trois courses au cheval monté, qui est attribué à la fois aux phylarques et aux cavaliers dans les catalogues 444, 445 des Théséia, et dans le catalogue Panathénaïque 968. Nous restituons donc ainsi ce passage (3) de l'inscription 966, II : i7TTC({) 7r[oXe[jt,i(jTyi âiauXov]

(1) Voir p. 237.

(2) On ne trouve que deux formules : Ïtvttwv Zieuyei TrwXixw ou àôrifàYw (cat. 965) ou xéXviTt TsUiw (966 I, 967, I et II, 968, 969, I).

(3) Nous croyons que les cinq courses qui précèdent sont : Tt^vioxoç, l'àTroéà- Trjç, le diaulos ^uvwptôt, l'acampios (^uvwpiSi), et le diaulos écpfxaxt. Il y aurait eu ainsi deux courses à le ^uvwpiç et une seule course au ^evyoç, ; la course Çeuyei àxà^Tciov manque dans les jeux ex twv tcoXitwv de la seconde catégorie du catalogue 968.

l'iTTcw [StauXov]

àxà[ji.TTtov [iTTiroj].

Mais , dans les deux catalogues des Théséia et dans le catalogue panathénaïque, on trouve deux fois ce groupe de trois courses au cheval monté ; il est attribué une première fois aux phylarques (1), une seconde fois aux cavaliers, et les rubriques ex tô5v cpuXapx,wv, èx Twv iTT-rcecov sont toujours indiquées. Dans le catalogue 966, II , au contraire, ce groupe ne se trouve qu'une seule fois ; de plus, l'indication des concurrents ne devait pas être sur le marbre ; il semble, en effet, que, par exemple, à la ligne 22, il n'y avait pas assez de place à droite du mot Ï-h-km pour les mots 7to)^£ixtcrT9î StauXov Ix

XœV TToXtXWV (ou plutôt £X TTOCVTWV), OU £X TCOV CpuXocp/WV OU SX TWV ITTTOWV.

A qui faut-il donc attribuer ces trois courses ? Aux cavaliers, à leurs officiers les phylarques? On ne peut pas songer à rapprocher de notre texte le catalogue 446 des Théséia, qui n'indique des courses que pour les cavaliers; nous ne sommes pas encore à l'époque des Tarentinarques. Les noms des vainqueurs ne nous apprennent pas grand'chose : le seul que nous connaissions sûrement est Dioclès , fils de Gharinos (1. 23) ; un personnage du même nom a remporté le prix à la course à cheval du diaulos ix ttocvtwv aux Théséia , sous l'archonte Anthestérios (2) , quarante ans environ après l'époque à laquelle appartient le catalogue 966 , II. Le second vainqueur se nommeXlalliphon et est très probablement fils de Galliphon ; nous connaissons un personnage du même nom qui a été le père d'une canéphore (3). Quant à Agathoclès, le troisième vainqueur, il nous est complètement inconnu. Ce qui est sûr, au moins , c'est que tous ceux de ces vainqueurs que nous connaissons sont Athéniens.

Le fait seul que ce groupe des trois courses n'est indiqué qu'une seule fois par l'inscription suffit pour prouver, à ce qu'il nous semble , qu'elles doivent appartenir à la classe des concours ouverts à tous les citoyens athéniens, qu'elles sont ex Trficvxwv dans le genre des courses Ix tcocvtwv de ràywv itt-ttixoç des Théséia. En effet, puisque nous n'avons pas deux fois ce groupe de courses, une première fois pour les phylarques , une deuxième fois pour les cavaliers , il faudrait donc supposer, pour attribuer ces cour-

(1) Nous avons relevé (p. 237) les différences que les concours des phylarques présentaient dans le catalogue 968.

(2) C. 1. A.,U, 466, col. Il, 1. 92. Sur la famille Dioclès-Charinos , voir le chapitre IX.

(3) 'Aôyivaiov, Vil, p. 480, n» 3 ; Dittenb., Sylloge, 382.

ses à la cavalerie, qu'ici officiers et soldats ont concouru ensemble. Nous n'avons aucune preuve que des concours de ce genre aient existé; les concours sont toujours èx twv <pu}vap)^(ov, Ix twv îtt- Ttewv ou èx TràvTwv ; officiers et soldats ont pu concourir ensemble , mais dans les concours Ix Tràvrwv ; dans ce cas , ils ne font plus partie en quelque sorte de l'armée , ils ne sont que citoyens. De ce que l'indication des concurrents ne se trouve pas devant un concours, Bœckh, en étudiant l'inscription Peyssonel(l), concluait que ce concours devait être ouvert à tous les citoyens. Nous avions été amené à la même conclusion en étudiant, sur les catalogues des Théséia (2), les concours iWw XafjLTrpÇ) et àtp' tWoo àxov- T(2;ovTt; nous avons rapproché ces deux concours du concours ôttA^tyiv; ils sont tous les trois Ix Tràvxwv, mais les deux premiers sont disputés le plus souvent par des citoyens qui appartiennent à la cavalerie. Nous croyons aussi que les trois courses au cheval monté du catalogue 966, II, sont des concours Ix TtàvTwv du même genre ; des gens qui appartiennent à la cavalerie font le plus souvent la course iTnrw TcoXsfjitaTTi ; mais les citoyens qui n'appartiennent pas à la cavalerie peuvent aussi concourir.

Sur le catalogue 965, nous trouvons (col. II, 1. 11) , la course VTTTrw x£Xy]ti parmi les concours placés sous la rubrique TroXsfAKTxyipiotç ; le second de ces concours est une course de char ÏTzizm Çeuyet. Rangabé attribue aux cavaliers et la course au cheval monté et la course des chars ; ceci est une erreur évidente, car les cavaliers ne font pas de courses de chars ; le concours itttcwv i^suyet 7coX£[jiicrTep((}) est certainement une course ex tûv ttoXitûv ; tout indique ici encore qu'il en est de même de la course feo) xéXviTt

TT0Xe(Jt.l(7TYipi(}).

Nous trouvons donc :

Au commencement du quatrième siècle, le concours feto x^Xtjti 7coXe(jt.taTr)pi(j) parmi les jeux de la deuxième catégorie; il est ouvert à tous les citoyens athéniens ;

Un peu après le commencement du deuxième siècle , ce concours fait partie des jeux de la première catégorie; il est de plus accompagné de deux autres courses, le diaulos et l'acampios avec le cheval ordinaire; il s'est ainsi constitué un groupe de

(1) Voir p. 236. On peut alléguer que Bœckh tirait cette conclusion du rapprochement de trois groupes de courses dont deux étaient précédés de l'indication des concurrents ; nous croyons cependant que l'observation de Bœckh a une portée plus grande.

(2) Voir p. 216 et suiv.

trois courses au cheval monté que désormais nous trouvons toujours réunies sur les catalogues ; à cette époque, il n'y a qu'un seul groupe de ces trois courses, et tous les citoyens d'Athènes peux^ent se mettre parmi les concurrents;

Un peu avant le milieu du deuxième siècle, nous trouvons ces trois courses encore parmi les jeux de la première catégorie ; mais alors il y a deux fois ce groupe de trois concours; la première fois , elles sont attribuées aux phylarques , la seconde fois aux cavaliers.

On voit toute l'importance de la question : si nous devons accepter les faits tels que nous les présentent les catalogues, c'est donc dans l'intervalle qui sépare l'inscription 966, II, de l'inscription 968, c'est-à-dire environ entre 191 et 168-164 , avant J.-G. , que la cavalerie a été appelée nominativement à prendre part aux

concours de ràycbv ÎTTTrtxoç.

Toute la discussion porte sur un seul point , les modifications du concours l'-^Tto) 7ro)^£[jt,t(7T7i. L' 'iTTTroSpofxia des Panathénées est la grande fête hippique d'Athènes ; elle comprend surtout ce qui donnait le plus grand éclat à ces fêtes, des courses de chars. Les courses au cheval monté ont été pendant très longtemps on petit nombre ; au quatrième siècle , il n'y en avait encore très probablement que deux; l'une était Vi-ktkjù xeXviTi de ràywv U Tràvrwv (1), l'autre était n'-Kirt») xeXy)Ti TroXejxtaTYipia) de ràycav sx tûv tcoXitwv. Lorsqu'on décida, au commencement du deuxième siècle, de faire des courses sur deux emplacements différents, on devait forcément être amené à mettre sur le programme un plus grand nombre de courses au cheval monté. En effet , les jeux de la deuxième catégorie comprenaient déjà , parmi les courses que peuvent faire les seuls citoyens athéniens, toutes celles qui sont faites avec les chars TroXsfjt.tff'nipta et -jropiTnxà. Pour ces jeux de la, première catégorie que l'on voulait instituer, il ne restait donc plus que des courses avec les chars ordinaires , soit quatre courses , le diaulos et l'acampios pour la iuvwpiç et pour le Çeuyoç ; à moins de se borner

(l) Nous avons indiqué , p. 240, quelles raisons nous avions pour croire qu'il en a été ainsi. Dans ce petit nombre de courses au cheval monté que comprennent les jeux équestres des Panathénées, encore au quatrième siècle et après, ne peut-on pas trouver un argument en faveur de l'explication d'après laquelle la frise de la cella au Parthénon doit représenter véritablement la procession et non les concours? Puisque les courses au cheval monté sont en si petit nombre, la plus grande partie des gens à cheval représentés sur la frise appartenaient bien réellement à la cavalerie ; or les cavaliers ne prennent part au concours qu'au deuxième siècle.

à répéter plusieurs fois ces mêmes courses, on n'avait d'autre moyen pour mettre de la variété dans les jeux, que d'ajouter au programme des courses au cheval monté. On prit donc la course iTiTTO) xeXviTt 7ro>.£[x[(7Tvipt(f) qui était daus les concours de la deuxième catégorie; à cette course avec le cheval de bataille, on ajouta une course à l'acampios , une autre au diaulos avec le cheval ordinaire ; l'on constitua ainsi un groupe de trois courses. Ces trois courses, comme la course Ï-ktkù 'Kolei^iarri quand elle faisait partie des jeux de la, deuxième catégorie^ pouvaient d'abord être faites par tous les citoyens athéniens. Cependant une course comme VÏ-KTzud 7roXe[jt,t(7Tri concernait plus particulièment les cavaliers; on fut donc amené à leur attribuer nominativement le groupe des trois courses qui s'était constitué autour de la course itctco) tcoXe- IxtffTri ; on eut ainsi l'occasion d'augmenter le programme des jeux de Ici jwemière catégoï^ie; on donna à faire les trois courses aux phylarques et aux cavaliers ; c'est de cette manière que fut formé le double groupe des trois courses que nous trouvons sur les catalogues 444 et 445 des Théséia et sur le catalogue Panathénaïque 968. Il est très probable que c'est quand on fit passer la course iTtiro) TroXefxiaTri de la deuxième catégorie dans la première, qu'on ajouta au programme la course ititto) TroXuSpojxw ; cette course ne faisait point partie des concours au quatrième siècle, à l'époque du catalogue 965; on voulut ainsi que, dans les jeux Ix Twv TToXtxcSv de la deuxième catégorie , il y eût toujours une course au cheval monté.

Tels sont les faits que nous présentent les catalogues des Panathénées ; mais ces catalogues sont peu nombreux , ils sont presque tous à peu près de la même époque ; il nous restera à étudier, dans le chapitre suivant, si nous pouvons trouver chez les auteurs des témoignages pour confirmer les résultats auxquels nous sommes arrivés ici.

Ainsi nos catalogues nous font connaître trois moments importants dans le développement de ràywv ÎTnrtxoç des Panathénées : le commencement du quatrième siècle, — le commencement du deuxième, — le milieu du deuxième. Chacune de ces périodes est marquée par un accroissement nouveau des concours. Du quatrième au deuxième siècle, cet accroissement a été, en somme, assez faible ; il n'a guère porté que sur les jeux de la deuxième catégorie et en particulier sur ràycùv U Tràvxwv, qui, très probablement, de quatre courses a été élevé à six. Vers le commencement du deuxième siècle, on institue une nouvelle catégo-

rie de concours qui sont tous réservés aux citoyens athéniens.

Si nous comparons les jeux équestres des Théséia avec ceux des Panathénées , nous remarquons qu'aux Théséia il n'y a guère que des courses au cheval monté ; ce qui domine , au contraire , dans les jeux des Panathénées, ce sont les courses de chars.

Les jeux équestres des Panathénées ont donc ceci de particulier, au moins si on les compare aux jeux des Théséia :

1° Qu'ils comprennent cet àyc^v iy. ttocvtwv que nous trouvons aussi à Olympie, à Delphes, etc. , et qui, dans toute la Grèce, constituait véritablement ràywv îtittixoç ;

2° Que les concours sx twv tzoKixî^^ comprennent des courses avec

les chars dits 7roA£[jt,K7T7ipta et irofATrixa.

Ce sont ces deux catégories de concours qui donnent aux jeux équestres des Panathénées un caractère particulier. On peut supposer qu'à l'origine ils constituaient seuls ces jeux. Peut-être quand Pisistrate réorganisa la fête, la réforme, en ce qui concerne ràYa>v ÎTrTcixoç, a consisté à instituer un àywv Ix Ttavxwv sur le modèle de celui d' Olympie, en réservant pour les citoyens d'Athènes les anciennes courses avec les chars TroXsjxKTTTipta et TOjxTctxa. En tout cas , les transformations que nos catalogues nous permettent de constater ont consisté en ce qu'on a ajouté à ces deux catégories de concours :

1° Les courses avec le char simple pour lesquelles la distance est indiquée , ^suys' SiauXov, ^suyst àxa(ji,7rtov, ^uvwpiSt ôiauXov , ^ovwpiSi àxa{i.7rtov ;

2o Les courses iWo) TroXsfxtorTyî ;

En un mot, les courses qui constituent les jeux équestres d'autres fêtes , par exemple les Théséia. A partir du deaxième siècle, l'àydliv iTTTTtxoç des Panathénées peut donc comprendre une première catégorie de concours qui lui est commune avec les jeux de plusieurs autres fêtes; de plus, il comprend toujours une seconde catégorie de concours qui n'appartient qu'à lui seul.

Les jeux des Panathénées sont ouverts à tous les Grecs : ils sont essentiellement des concours ex TravTwv ; c'est du moins le caractère qu'ils présentent dans nos catalogues du deuxième siècle. Nous ne connaissons que les vainqueurs des jeux gymniques et des jeux équestres. Ici encore , la comparaison avec les catalogues des Théséia est intéressante : aux Théséia, dans les jeux gymniques indiqués comme étant Ix Tràvxwv , ce sont presque toujours des Athéniens qui sont victorieux ; aux Panathénées, l'àyc^v Yuptxoç n'est composé que de concours ex TràvTwv ; les vainqueurs sont presque toujours des étrangers. Pour les jeux équestres èx

TTdcvTwv, nous n'avons, dans tous les catalogues que nous possédons, qu'un unique exemple d'une victoire remportée par un Athénien (1). Les jeux des Théséia sont donc exclusivement athéniens; ceux des Panathénées sont , au contraire , devenus véritablement des jeux helléniques.

On comprend alors pourquoi la cavalerie n'a été appelée que fort tard à prendre part à ces jeux des Panathénées , et pourquoi elle n'y a jamais joué qu'un rôle secondaire. Aux Théséia , nous avons vu que, sur dix concours, six au moins appartiennent aux cavaliers ; aux Panathénées, si nous prenons l'inscription la plus complète , nous voyons que ràywv iTiTrtxoç comprend vingt-trois concours et que six seulement appartiennent à la cavalerie.

Nous ne prétendons pas que tous les résultats auxquels nous sommes arrivés soient certains. Dans tout le courant de cette discussion , il ne faut cesser de se rappeler qu'elle ne repose que sur nos cajialogues Panathénaïques , que ces catalogues sont peu nombreux , qu'ils sont tous , sauf un seul , incomplets ; que , môme sur les parties conservées, souvent la lecture n'est pas certaine ; enfin , qu'il n'est pas -sûr que tous ces catalogues se rapportent aux Panathénées. C'est ce malheureux état de nos ressources qui a rendu la discussion si minutieuse, si longue, si pénible. Bien souvent , nous avons dû présenter sur une même question plusieurs explications différentes ; nous ne pouvions nous dérober à cette nécessité. On nous reprochera d'avoir construit un système; il nous semble que ce système était déjà dans les faits eux-mêmes, tels que le hasard nous les a livrés, conservant tel catalogue plutôt que tel autre, effaçant sur les catalogues conservés telle partie où pouvaient se trouver des faits en contradiction avec le système qu'indiquent les faits qui nous sont connus. C'eût été peut-être un manque de courage que de ne pas tirer des faits tels qu'ils se présentaient les conclusions que nous proposons ; mais nous n'hésitons pas à reconnaître que ces faits sont trop peu nombreux pour permettre des affirmations. Arriver à quelques résultats probables : nous ne pouvions pas avoir d'autre ambition en travaillant sur des textes si imparfaits.

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