‹ Les cavaliers athéniensChapitre 61 sur 86 · VII · texte numérisé non relu

VII

(2) Thuc, VI, 43, 2.

(3) Ibid., 94, 3.

(4) Voir plus haut, p. 352.

(5) Bœckh, Staats., I, 364; Gilbert, Handb., 171.

(6) Thuc, II, 13, 6; 31, 2.

(7) Hipparch., IX, 6 : « No(jM'ïitû ôè v.cd {xeroixwv çiXoTifxeïaOat àv Ttvaç elç Î7rîttx6v xaôiaxafxévouç. » De vectig., II, 2 : « 'ËTuttxéXeià ye {xt^v ■î^ô' àv àpxsïv [xot ôoxeï, el à<f)é'ko\.\Lev [Jièv 6aa (XYiôèv dxpeXoùvxa t:^v ttoXiv àTijJiiaç 6oxet toTç [JLeToixotç uapéxeiv, à(péXot[xev ôè xal xà auaxpaTeOecôai ÔTiXCxaç (Aexotxouç xotç àcrxotç. » Ihid., 5 : « Kat (XExaôiôovxeç 6' àv (xoi ôoxoOfxev xotç (jt,exoixoiç xùiv xe âXXwv wv xaXèv (xexaôtôovai xal ToO Itcttixoù eùvouaxépouç àv TuoieïaOac xat ôtfxa îdxupoxépav àv xai (istlio) xi^v uoXiv àTcoSeixvuvai. »

(8) Hipparch., IX, 3 ; Hiéron, X.

(9) Hipparch., IX, 4.

(10) Bœckh, Staats. , 1, 368; SchÔmann, Griech. AU., I, 373 et 451; Gilbert, Handh. , p. 309. Un de ces archers à cheval est représenté sur la coupe d'Orviéto.

l'effegïjf du corps des cavaliers. 371

res dans la cavalerie, en observant que c'est là un moyen d'exciter l'émulation des Athéniens, cela seul prouve clairement qu'il ne s'agit pas ici de ces esclaves barbares généj'alement méprisés (1); les mercenaires de Xénophon doivent être incorporés avec les cavaliers athéniens; les archers à cheval étaient organisés à part. Dans les revues, dans les parades, ils étaient distincts des cavaliers athéniens ; ceux-ci défilaient avec l'hipparque en tête ; les archers étaient en avant, précédant même l'hipparque (2).

Des deux moyens proposés par Xénophon, celui qui consistait à armer des mercenaires dut être adopté de bonne heure. Du temps de Démosthène, c'est le mercenaire qui forme la force principale des armées. Quand on n'a pas de mercenaires , quand on en est réduit aux milices civiques , c'est dans les moments d'embarras financier et d'effacement à l'extérieur. Il en était ainsi à l'époque où Démosthène entra aux affaires ; dans l'exposé qu'il fit, plus tard, de la situation qu'il avait trouvée, il disait : « D'infanterie, de cavalerie, il n'y en avait point d'autre que celle de la ville (3). » Dans la première Philippique (4), le même orateur demande qu'on réunisse une armée destinée à faire contre Philippe une guerre d'escarmouches ; cette armée sera formée de 2,000 hoplites et 200 cavaliers. Démosthène veut qu'il y ait un quart de citoyens d'Athènes dans cette armée, c'est-à-dire 500 hoplites et 50 cavaliers. Il semble même que la proportion des mercenaires était d'ordinaire encore plus forte que les trois quarts, à voir avec quelle insistance Démosthène demande qu'il y ait dans cette armée des citoyens athéniens. Quant à permettre aux métèques de servir dans les rangs des cavaliers, nous n'avons aucun témoignage qui montre que les Athéniens aient consenti à accorder une telle faveur aux étrangers qui habitaient Athènes (5).

Nous avons vu que, dans l'armée athénienne, la proportion entre la cavalerie et l'infanterie était en général de 1 à 10 ; c'est aussi la proportion qu'on trouve chez les autres Etats grecs au

(1) Lysias.XV, 6.

(2) Xénoph., Mém., III, 3, l : « Où Y^p S9i toO Ttpôito; tûv iTcitéwv èXayvetv ' xal yàç) oî iTruoTo^oxai toutou ye à^iouvTai. »

(3) Pro Cor., 23 : « 'OuXixriv ôè, luTréa iz'k^v Ttov olxeiwv oOôéva. »

(5) Dans le traité sur les Uevenus, nous trouvons exprimées les mêmes opinions : il ne faut pas obliger les métèques à servir comme hoplites avec les citoyens; c'est là une charge qui les indispose (II, 2; cf. ïhuc, II, 13, 16; I, 143, 1 ; IV, 90, 1); il faut, au contraire, les admettre dans la cavalerie, cela flattera leur amour-propre : « xai [j.£Taôiô6vTe; ô' àv \xoi ûoxou[jl£v toTç (aetoixo'.; Twv àXXtov wv xaXov (xeTaôiôovai xai toù iTtîitxoO eOvouaTspou; àv uoietoSai. »

cinquième siècle. Dès le siècle suivant, un changement se produisit en faveur de la cavalerie. L'époque macédonienne est le triomphe de la cavalerie ; l'armée que Philippe avait organisée (1) comprenait 30,000 fantassins et à peu près 4,000 cavaliers ; celle qu'Alexandre conduisit en Asie avait le même nombre de fantassins, mais la cavalerie dépassait 5,000 hommes (2); à Ipsos, Antigone avait 70,000 fantassins et 10,000 cavaliers (3). La proportion de 1 cavalier pour 10 fantassins se retrouve dans l'ancienne armée de la République romaine : 16,800 fantassins, 1,600 cavaliers (4).

Nous ne disons rien du moyen âge, qui n'est guère qu'une époque de combats de cavalerie. L'armée que Sully voulait donner à la France devait compter 50,000 fantassins et 8,000 cavaliers (5). Pendant les guerres de Louis XIV contre l'Europe coalisée, la cavalerie figure en général pour un tiers : ainsi, dans la campagne de 1673, nous voyons 28,000 cavaliers ou dragons pour 96,000 fantassins ; dans celle de 1692, 100,000 cavaliers sur un effectif total de 450,000 combattants. Chez les coalisés, cette proportion était même plus forte : à Hochstsedt, le prince Eugène et Marlborough avaient en ligne 34,000 fantassins et 30,000 cavaliers (6).

Dans les armées de Napoléon, la cavalerie entrait en moyenne dans la proportion de 1 à 6. La Grande Armée, en 1806, comptait 152,000 fantassins et 30,000 cavaliers (7) ; l'effectif de l'armée qui fit la campagne de Russie était, au 15 juin 1812, de 625,646 hommes et de 157,353 chevaux (8).

Aujourd'hui il semble qu'on soit revenu à cette proportion de 1 à 10, telle que nous l'avons trouvée en Grèce au cinquième siècle ; on peut s'en convaincre par le tableau suivant (9) donnant

(1) J.-G. Droysen, Hist. de l'Hellén., I, p. 164.

(2) Ibid., I, p. 165.

(3) Ibid., II, p. 508.

(4) Th. Mommsen, Hist. Rom., trad. de Guérie, t. I, p. 114. L'armée qu'Hannibal conduisit d'Espagne en Italie comptait cinquante mille fantassins et neuf mille cavaliers {Ibid., II, p. 319).

(5) Général Susane, Hist. de la cavalerie française (Paris, Hetzel, 1874, 3 vol.), tome I, p. 83.

(6) Th. Pasquier, Esquisses historiques sur la cavalerie chez les peuples anciens et modernes, dans les Mélanges militaires, publication de la réunion des officiers (chez Tanera, fasc. 55-59, Paris, 1875, in-12), p. 46.

(7) L. Dussieux, L'armée en France. Paris, 1884, 3 vol., t. III, p. 74.

(8) Ibid., t. m, p. 91.

(9) Je prends ces chiffres dans l'ouvrage de S. Rau, chef d'escadron au ser-

l'effectif du corps des cavaliers. 373

le complet pied de guerre de quelques-unes des principales puissances de l'Europe, moins la France :

Allemagne (1) j

Hommes.

Infanterie, 1,201 bataillons, 1,095,000 Cavalerie, 613 escadrons, 103,000

. , „ . /C.X \ Infanterie, 881 bataillons, 808,000 Autriche-Hongrie (2). . | Cavalerie, 447 escadrons, 67,000

i Infanterie, 460 bataillons, 414,000

Italie (3) 1 Cavalerie, 120 escadrons, 22,000

( plus 4,000 hommes.

l Infanterie, 1,577 bataillons, 1,441,000

Russie (4) | Cavalerie, 1,274 escadrons, 192,000

( sans les milices irrégulières.

vice d'Etat-major, Paris, Berger-Levrault, 1883, 3* édit. : L'état militaire des principales puissances étrangères au printemps de 1883.

(1) S. Rau (op. laud.) , p. 66 et 71.

(2) Ihid., p. 254 et 258.

(3) Ihid., p. 375 et 378.

(4) Ibid., p. 457 et 465.

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